Érard de Brienne-Ramerupt

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Armoiries : burelé d'azur et d'or, au lion d'or, brochant sur le tout[1],[2].

Érard de Brienne (v. 1170 † 1246) est un seigneur de Ramerupt et de Venizy, et également prétendant au comté de Champagne. Il est le fils d'André de Brienne et d'Alix de Vénizy.

Biographie[modifier | modifier le code]

Au début du XIIIe siècle, il se révolte avec les Joinville et les Marigny contre le jeune Thibaut IV de Champagne, mais l'intervention du prince héritier Louis de France met un terme à la coalition des vassaux[3].

Profitant de la croisade décidée lors du Concile de Latran, il prend la croix et décide de se rendre auprès de son cousin Jean de Brienne, roi de Jérusalem, avec l'espoir d'épouser Philippe de Champagne, la fille d'Henri II, comte de Champagne et roi de Jérusalem, et d'Isabelle de Jérusalem. Avant de partir pour la Terre Sainte, il se rend auprès de Philippe Auguste pour lui demander la permission de s'éloigner de France, ce à quoi le roi consent. Puis il en profite pour faire part au roi de ses intentions : "Le Roi de Jérusalem est mon cousin germain, peut être voudra-t-il me donner en mariage une des filles d'Henri, Comte de Champagne, mais je ne voudrais l'épouser qu'avec votre assentiment." Ce à quoi le roi répondit : "Ce ne sera pas moi qui ferait votre mariage avec elle, et ce ne sera pas moi qui l'en empêcherai, mais soyez certain que je rendrai toujours justice à ceux qui s'adresseront à mon tribunal." Remerciant le monarque, il prépare ensuite son départ[4]. Cependant, cette conversation est rapportée à Blanche de Navarre qui fait envoyer à Érard Guy de Dampierre afin de lui faire abandonner son projet. Érard répond évasivement et quitte la Champagne en juin 1213. Blanche avertie, elle considère dès lors qu'Érard n'est plus son vassal et lui confisque ses terres. Dans le même temps elle envoie Lambert de Chatillon à la poursuite d'Érard qui le fait arrêter à Marseille comme simple voleur. Il y reste quelque temps avant d'être libéré et de pouvoir enfin partir pour la Terre Sainte, suivi de prêt par Lambert de Chatillon.

N'ayant pu retenir Érard en France, elle en appelle au pape Innocent III qui fait réaliser par son légat en France, Robert, une enquête pour connaitre le degré de parenté entre les deux futurs époux et savoir s'il n'était pas d'un degré prohibé. Le résultat de l'enquête fait apparaître qu'Érard, par sa mère, Alix de Vénisy, était l'arrière-petit-fils de Fleury, le frère du roi Louis VI le Gros, tandis qu'Henri II, le père de Philippe, était par Marie, sa mère, arrière-petit-fils du même Louis le Gros. Ils étaient donc cousins au neuvième degré. Le pape, par une bulle du 16 décembre 1213, ordonne au patriarche de Jérusalem, Albert et à l'archevêque de Tyr de s'opposer par l'emploi des peines canoniques à cette union. La bulle précéda l'arrivée en janvier 1214 d'Érard à Saint Jean d'Acre, accueilli par les deux ecclésiastiques qui lui notifient la décision papale. Suite au décès du patriarche de Jérusalem, le pape écrivit en février 1214 à son successeur Raoul, pour savoir ce qu'il en était et rappela son opposition à ce mariage.

Après un an passé, vers mars-avril 1215, Philippe, logée chez son beau-frère, le roi de Jérusalem, profitant de l'absence de ce dernier et de celle du patriarche Raoul, s'échappe du château royal pour rejoindre Érard en son hôtel. Ils se marièrent dès le matin suivant. Le roi Jean, à son retour, et apprenant la nouvelle, témoigna d'un mécontentement de façade, qui ne trompa personne tant l'intérêt de son cousin lui importait. Aussitôt, le trésorier du Temple, Geoffroy, prévient le pape. Mais en cette même année, le concile de Latran ayant assoupli le législation ecclésiastique sur le mariage, en ne prohibant les mariages que jusqu'au huitième degré canonique, le mariage d'Érard et de Philippe, ne fut pas contesté.

Dès lors, le couple embarque en juin 1215 pour la France, mais leur voyage, surveillé par les agents de Blanche de Navarre, est une épreuve. Arrivé à Gênes, Érard trouve Lambert Bouchu, chambrier de Blanche de Navarre, qui le provoque en duel au nom de la comtesse. On ne sait s'ils se battirent, mais toujours est-il qu'Érard fut ensuite emprisonné. Il fit en vain appel à la justice génoise, qui se refusa à statuer sur son cas, le pape ayant avertit qu'il excommunierait tous ceux qui porteraient aide à cet ennemi de l'Église qu'était Érard. Au bout de 5 mois, il profite du mouvement important de voyageurs en route pour Latran, pour s'enfuir de Gênes. Mais alors qu'il passe par le Puy en Velay, il est arrêté sur ordre de la comtesse. Cette arrestation étant illégale, puisqu'Érard avait le statut de croisé, il est rapidement libéré.

Il arrive finalement en janvier 1216 en Champagne, où il déclenche la guerre de Succession de Champagne en revendiquant le comté de Champagne au nom de sa belle-sœur Alix et de son épouse Philippe contre Blanche de Navarre, veuve du comte Thibaut III de Champagne (frère cadet d'Henri II) et régente au nom de son fils Thibault IV.

Le conflit, qui connaitra beaucoup de trêves, et dont les actions d'Erard étaient plus proche du brigandage que de la guerre, verra Erard excommunié une première fois par l'archevêque de Reims le 25 avril 1217, mais cette excommunication n'étant pas appliquée par tous les prélats dont les Évêques de Langres d'Auxerre et de Troyes, le pape Honorius III prononça lui-même le 2 février 1218 son excommunication ainsi que celle de son épouse et de 25 de ses partisans.

Le 8 juillet 1218, Erard propose une nouvelle trêve de 4 ans, dans laquelle il demande à Blanche d'intervenir auprès du pape pour qu'ils reçoivent, lui, son épouse et ses partisans, l'absolution. Il demande également la restitution de ses terres, confisquées depuis 1213, et la somme de 3000 livres par années durant la trêve.

Finalement, voyant ses partisans passés tous les uns après les autres dans le camp de Blanche, et celle-ci ayant respecté tous les termes du traité de 1218, il se décida à lui vendre au plus cher ses prétentions. Et c'est par le traité du 2 novembre 1221 qu'Erard et son épouse renoncent à toutes leurs prétentions sur le comté de Champagne, tant de leur chef que du chef d'Alix, la sœur de Philippe, s'ils héritaient d'elle, ne réservant leurs droits qu'au cas où Thibaut IV décéderait sans descendance. En échange, ils obtinrent une somme de 4000 livres et une rente de 1200 livres.

Le pape put alors lever l'excommunication, et les époux, après avoir reçu en mai 1222 les 4000 livres prévues au traité, obtinrent leur rente par des immeubles disséminés de par le comté dont la prêvoté d'Herbisse, les seigneuries de Saint-Mards-en-Othe, de Maraye-en-Othe et de Villeneuve-au-Chemin, fiefs qu'il revendra sauf la dernière.

Erard décède en août 1246.

Sceau de Érard de Brienne-Ramerupt .

Mariages et enfants[modifier | modifier le code]

D'une première épouse nommée Hélisende, morte peu après 1210 et dont on ne sait rien d'autre[5], il a eu :

  • André de Brienne[6], cité en 1211.

Remarié à Philippe de Champagne-Jérusalem, il a[6] :

  • Henri de Brienne, seigneur de Ramerupt et de Vénisy, tué le 8 février 1250 à Mansourah au cours de la septième croisade,
  • Érard de Brienne, tué en février 1250 en Palestine au cours de la septième croisade,
  • Marie de Brienne († après 1221), mariée à Gaucher, sire de Nanteuil-la-Fosse, puis d'Hugues, seigneur de Conflans,
  • Marguerite († 1275), mariée à Dirk van Beveren,
  • Héloïse,
  • Isabeau († 1274/1277), mariée à Henri V comte de Grandpré,
  • Jeanne mariée vers 1250 à Mathieu III, baron de Montmorency,
  • Sibylle, abbesse de Ramerupt en 1245,
  • Alix, citée en 1245.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Armorial de Rietstap
  2. EarlyBlazon
  3. Louis de Mas Latrie, Histoire de l'Île de Chypre sous le règne des princes de la Maison de Lusignan, Paris, Imprimerie Impériale,‎ 1852-1861 (lire en ligne) (OCLC 156109086)
  4. M.H. d'Arbois de Jubainville, Histoire des Ducs et Comtes de Champagne,‎ 1865
  5. Les Europäische Stammtafeln la donnent comme étant Hélisende de Rethel, veuve de Thomas, comte du Perche, mais cela pose un problème chronologique, ce dernier étant mort en 1217.
  6. a et b Foundation for Medieval Genealogy