Eneko Arista

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Statue d'Eneko Aritza, située Place de l'Orient, à Madrid (J. Oñate, 1750-53)

Eneko Aritza ou Eneko Arista (né v. 771 - mort en 851) fut le premier roi des Vascons de Pampelune, de 824 à 851.

Biographie[modifier | modifier le code]

Selon la Chanson de Roland, âgé de sept ans, il aurait été présent aux côtés de son père à Roncevaux ce fameux samedi 15 août 778 lors de la victoire des Vascons sur l'arrière-garde de l'armée de Charlemagne.

Eneko Aritza était fils d'Íñigo Ximenes Arista († 781), comte de Bigorre, et hérita de territoires qui s'étendaient de Pampelune jusqu'aux hautes vallées des Pyrénées, de l'Irati (Royaume de Navarre), au val d'Hecho (Aragon). Après la mort de son père, sa mère, Onneca ou Iñiga (ou Leodegundia des Asturies), épousa en secondes noces le Banu Qasi Musa ibn Fortún de Tudela, un des seigneurs de la vallée de l'Èbre, dont l'aide amènera Eneko sur le trône[1],[2].

L'avènement du premier roi de Navarre ou roi de Pampelune ne s'est pas fait sans heurts, tant sur le plan intérieur, en raison de l'opposition d'une partie de la population chrétienne (minoritaire) à l'alliance avec les Musulmans, qu'extérieur, la Navarre étant menacée d'un côté par l'Émirat de Cordoue (en 781, 'Abd al-Rahmān Ier s'était emparé de Pampelune) et de l'autre par l'empire carolingien, avec les interventions de Charlemagne d'abord, puis de son fils Louis le Débonnaire. Le royaume de Navarre, (ou royaume des Basques) est donc né d'une alliance entre les Musulmans et les Chrétiens qui ont désobéi à l'autorité religieuse pour défendre leur indépendance.

En 824, les Vascons d'Eneko Aritza écrasent une seconde fois l'armée franque commandée par les comtes « Eble » et « Asinaire  » lors de la troisième bataille de Roncevaux, alors qu'elle retournait au nord de la Loire après avoir « pacifié » Pampelune. Eble est envoyé captif à Cordoue mais Asinaire que les basques « considéraient comme du même sang qu'eux » reçoit la permission de retourner chez lui[3]. Après cette victoire, Eneko Aritza est couronné roi de Pampelune[4]

En 842 après la bataille de Balma Pampelune est prise par l'émir Abd al-Rahman II. L'année suivante en 843 l'émir lance une seconde offensive contre Pampelune et Eneko Arista est de nouveau défait et son frère Fortun Íñiguez est tué. En 845, atteint de paralysie peut-être à la suite de blessures reçus au cours des défaites des années précédentes, il doit laisser la corégence du royaume à son fils García. ce dernier doit encore faire face à une nouvelle expédition cordouane contre Pampelune et Tudèle en 850 avant de succèder à son père qui meurt en 851/852 [5].

Union et descendance[modifier | modifier le code]

Il épousa Onneca ou Tota, peut-être une fille d'Aznar Ier Galíndez, comte d'Aragon et de son épouse, qui pourrait elle-même être une fille du duc Loup II de Gascogne et une sœur de la dame Onneca ou Iñiga, mère d'Eneko Aritza[6]. De cette union naquirent[7] :


Précédé par Eneko Arista Suivi par
-
Roi de Pampelune
825-851
García Ier Íñiguez et peut-être
García Jiménez

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Christian Settipani, La Noblesse du Midi Carolingien, Oxford, Linacre College, Unit for Prosopographical Research, coll. « Prosopographica et Genealogica »,‎ 2004, 388 p. (ISBN 1-900934-04-3), p. 107
  2. Ainsi que l'indique Christian Settipani, l'ordre des deux mariages est discuté selon les auteurs (lui-même préfère placer celui avec Musa ibn Fortún en premier), ce qui ne modifie pas la forme générale des arbres généalogiques
  3. Eginhard Vie de Louis le Débonnaire AD 824
  4. Selon Béatrice Leroy Histoire du Pays Basque éditions Jean-Paul Gisserot, 2005 « vers 830 peut-être en 824 » p. 17 .
  5. Évariste Lévi-Provençal. « Du nouveau sur le royaume de Pampelune au IXe siècle ». Dans: Bulletin Hispanique. Tome 55, N°1, 1953 p. 22.
  6. Christian Settipani, Ibid, page 109
  7. Christian Settipani, Ibid, page 99


Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Évariste Lévi-Provençal. « Du nouveau sur le royaume de Pampelune au IXe siècle ». Dans: Bulletin Hispanique. Tome 55, N°1, 1953. p. 5-22.