Thibaut II de Navarre

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Thibaud II de Navarre ou Thibaud II[1] roi de Navarre, également Thibaut V de Champagne et de Brie, né en 1239 et mort le 4 décembre 1270 à Trapani, en Sicile, est le fils de Thibaud Ier roi de Navarre et comte de Champagne, et le frère d'Henri Ier de Navarre qui lui succédera en 1270.

Biographie[modifier | modifier le code]

À la mort de son père en 1253, il hérita du trône sous la régence de sa mère et la tutelle de Jacques Ier d'Aragon, et dut faire face dès le début à des problèmes d'État.

Il épouse en 1258 Isabelle de France (1242-1271) fille du roi Louis IX de France et de Marguerite de Provence mais le mariage demeura stérile.

Le 27 novembre 1251, il avait dû jurer les fors (fueros en espagnol) de Navarre, mais imposa une limitation au pouvoir des grands seigneurs. En effet, jusqu'à ses vingt-et-un ans, Thibaut ne pouvait normalement pas juger sans le conseil d'un tuteur, lui-même contraint d'écouter l'avis de douze magnats constitués en une sorte de jury. Mais Thibaut n'accepta pas de se soumettre aux fors et obtint du pape Alexandre IV l'introduction des rites français de l'onction et du couronnement (en 1257 et 1259), afin de doter la monarchie navarraise d'une légitimité religieuse et de l'appui spirituel de l'église.

La bourgeoisie appuya le monarque, en lui versant notamment des impôts extraordinaires, et le roi leur fournit, en contrepartie, du prestige et du pouvoir politique. Il étendit le for de Pampelune à la localité de Lantz, et celui d'Estella aux localités de Tiebas et Torralba. Il fonda Espinal en 1269.

Il poursuit l'amélioration de l'administration du Trésor royal amorcée par son prédécesseur, et organisa le premier recensement de la population du royaume, qui comptait alors plus de 30 000 feux, soit 150 000 habitants. Les comptes de 1266 ont permis de constater que 6,75 % des recettes étaient affectées à l'administration civile, 33,84 % à l'administration militaire et 59,6 % à la maison royale.[réf. nécessaire]

En 1257, il possédait déjà des terrains sur la paroisse de Saint-André-des-Arts à Paris et y fait

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construire une demeure dite « Hôtel de Navarre », achevée en 1260, à l'emplacement des no 47 & 49 de la rue Saint-André-des-Arts, dans le 6e arrondissement de Paris[2].

Il trouva un appui chez Saint Louis, qui lui accorda sa fille Isabelle de France en mariage en 1258. Dès lors, Saint Louis joua le rôle d'arbitre dans les relations extérieures de son gendre. Ainsi, le roi Alphonse X de Castille autorisa l'usage des ports de Fontarrabie et de Saint-Sébastien par la Navarre (qui en avait besoin pour ses exportations), tant que Thibaut vivrait, et ce à la suite d'une promesse de mariage entre Blanche de France, fille de Saint Louis, et Ferdinand de La Cerda (23 octobre 1255-1275), héritier d'Alphonse X.

En juillet 1270, il embarqua vers la Terre sainte avec son beau-père pour une croisade au cours de laquelle le roi de France trouva la mort à Tunis. Lors de son retour de la croisade, il mourut à Trapani en Sicile avant même d'avoir atteint la péninsule Ibérique. Son épouse le suivit quatre mois plus tard dans la tombe. Son frère Henri lui succéda.

Références littéraires au roi Thibaud[modifier | modifier le code]

Dante cite le roi Thibaud au Chant XXII de l'Enfer, première partie de la Divine Comédie

« Mon Guide s’approcha de lui, et lui demanda d’où il était ; et celui-ci répondit : « Je suis né dans le royaume de Navarre. « Ma mère, qui m’avait eu d’un ribaud, destructeur de sa vie et de ses biens, me mit au service d’un soigneur. Puis je fus domestique du bon roi Thibaud : là, je m’adonnai aux fraudes dont je ronds compte dans ce feu. »[3] »

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Sa généalogie sur lke site FMG
  2. Marquis de Rochegude, Promenade dans toutes les rues de Paris, par arrondissement, Paris, Hachette et Cie, 1910.
  3. Commedia, Inf. XXII, 52 (texte original) - Trad. Lamennais

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