Maurice Najman

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Najman.

Maurice Najman, né le 7 décembre 1948 à Paris et mort le 4 février 1999 à Paris[1], est un journaliste ayant travaillé notamment au journal Libération et au mensuel Le Monde diplomatique. Militant d'extrême gauche, trotskiste libertaire passionné par l'underground, c'est une des figures du mouvement contestataire de Mai 68, ayant notamment cofondé les comités d'action lycéens ou CAL en 1967.

Biographie[modifier | modifier le code]

Maurice Najman (qui parle yiddish) est issu d'une famille juive polonaise. Son père fut un militant communiste et sa mère, Solange, fille d'une cousine de Rosa Luxemburg, Maria Luxemburg[2] est une rescapée d'Auschwitz. Maurice a un frère cadet, Charles Najman, né le 17 avril 1956, qui militera avec lui dans les années 1970 et deviendra plus tard écrivain et cinéaste. Il réalisera notamment La Mémoire est-elle soluble dans l'eau ? (1996), un film qui met en scène les témoignages de sa mère Solange avec d'autres rescapés des camps de la mort.

Elève au Lycée Jacques-Decour, Maurice fonde le noyau initial des Comités d'action lycéen (CAL) en décembre 1967, alors qu'il étudiait au lycée Jacques-Decour à Paris[3]. Il participe au film de Romain Goupil, Mourir à 30 ans (1982), tourné en hommage à Michel Recanati, militant lycéen et responsable du SO (service d'ordre) de la Ligue communiste[3]. Comme l'écrit un fondateur du Mouvement d'action Universitaire (de Mai 68), Jacques Bleibtreu, « Maurice était juif, incontournablement, résolument définitivement juif, et athée sans le moindre trouble. Maurice était antisioniste, sans l'ombre de l'esquisse d'une complicité avec la secte infâme des négateurs »[4].

Membre de l'Alliance marxiste révolutionnaire (AMR, un parti trotskiste de tendance pabliste et libertaire) dans les années 1970[5], il obtient un poste de responsabilité au Parti socialiste unifié (PSU) à la suite de la fusion, en 1974, de celle-là dans celui-ci[5], puis quitte ce dernier pour participer à la fondation des Comités communistes pour l'autogestion (CCA) en 1977.

Féru de contre-culture et d'underground, Najman assiste au seul concert en France des Sex Pistols, au Chalet du Lac (septembre 1976)[6]. Il partage sa vie avec Maggy Bohringer, ex-femme de l'acteur, fin 1977[6], touchant à l'héroïne alors qu'il passe ses nuits au Palace avec Alain Pacadis et Fabrice Emaer[6], tout en continuant de militer.

Najman est ainsi mis en contact avec le Tchèque Pavel Hartel via un ami de Libération, Jacques Pasquier, et part en Tchécoslovaquie, sous une fausse identité, soutenir le groupe Plastic People of the Universe[5]. Il rencontre Václav Havel grâce à Peter Uhl[5]: ce mouvement donnera naissance à la Charte 77[5]. Début 1977, à Paris, Najman organise le soutien de Plastic People: Jean-François Bizot, d'Actuel, finance le disque, accompagné des textes de la Charte 77 et d'un livret fait par Kiki Picasso et les graphistes de Bazooka[5]. Après la chute du mur de Berlin, Vaclav Havel le chargera d'organiser l'Assemblée des citoyens[6].

À l'élection présidentielle de 1981, il soutient la candidature de Coluche, puis, à celle de 1988, ayant rejoint la Fédération pour une gauche alternative (FGA), celle du dissident communiste Pierre Juquin, qui était appuyé par le PSU et la LCR[3]. Il joue alors un rôle important dans la campagne de Juquin, en ayant fini avec la drogue.

Après la chute du mur de Berlin, il rencontre le chef du renseignement extérieur de la RDA, Markus Wolf[3]. Il sort un documentaire sur le sujet, Le Dos au mur, pour France 3, primé au festival d'Angers[3] et un livre, L'œil de Berlin - Entretiens de Maurice Najman avec le patron des services secrets est-allemands[7]

Maurice Najman a travaillé comme journaliste pour Libération, L'Événement du Jeudi, L'Autre Journal et Les Nouvelles Littéraires[3] ; son dernier article, sur la guerre du Golfe, sera publié dans Le Monde diplomatique[3]. Il rencontre également le sous-commandant Marcos au Chiapas (Mexique)[3].

Il continuera à militer dans les années 1990, travaillant notamment en liaison avec le DAL (Droit au logement)[3].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Ariane Chemin, Disparition : Maurice Najman Une figure de la génération lycéenne de Mai 68, Le Monde, 6 février 1999
  2. Christophe Nick, Les Trotskistes, Fayard, 2002, p. 31
  3. a, b, c, d, e, f, g, h et i Vincent Noce (journaliste à Libération), Mort du journaliste Maurice Najman ; Militant gauchiste; il avait travaillé à «Libération»
  4. Jacques Bleibtreu, Portrait de Maurice Najman, L’École émancipée du 23 février 1999
  5. a, b, c, d, e et f Christophe Nick, Les trotskistes, Paris, Fayard,‎ 2002, 616 p. (ISBN 2213611556 et 978-2213611556), p. 512 sq.
  6. a, b, c et d Christophe Nick, Les trotskistes, Paris, Fayard,‎ 2002, 616 p. (ISBN 2213611556 et 978-2213611556), p. 520 sq.
  7. Markus Wolf, L'œil de Berlin : entretiens de Maurice Najman avec l'ex-patron des services secrets est-allemands, Paris, Balland, coll. « Essais Document »,‎ 14 mai 1992, 335 p. (ISBN 978-2-7158-0944-4 et 2715809441)