Thomas Hardy (écrivain)

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Thomas Hardy

Description de l'image  Thomashardy_restored.jpg.
Activités Poète, écrivain
Naissance 2 juin 1840
Stinsford, Dorchester, Dorset, Angleterre
Décès 11 janvier 1928 (87 ans)
Dorchester
Mouvement Naturalisme
Distinctions Ordre du Mérite (Royaume-Uni)

Œuvres principales

Signature

Signature de Thomas Hardy

Thomas Hardy OM (2 juin 1840 - 11 janvier 1928) est un poète et romancier anglais appartenant au courant naturaliste. Auteur devenu aujourd'hui classique, il a particulièrement influencé D. H. Lawrence. Il a reçu l'ordre du Mérite en 1910.

Il se considérait lui-même d'abord comme un poète, n'écrivant des romans que pour gagner sa vie. La majorité de son œuvre, qui se déroule essentiellement dans la région fictive du Wessex, dépeint des personnages en lutte contre leurs passions et les circonstances. Sa poésie, publiée après ses 50 ans, est jugée d'une qualité égale à ses romans, surtout depuis sa relecture par un groupe d'écrivains anglais, The Movement, dans les années 1950 et 1960.

Biographie[modifier | modifier le code]

Thomas Hardy naît dans une famille anglaise modeste à Higher Bockhampton, lieu-dit du village de Stinsford, voisin de Dorchester dans le Dorset, comté du sud-ouest de l'Angleterre, où son père exerce la profession de tailleur de pierre. Sa mère, lettrée, lui donne cours à domicile avant qu'il ne soit inscrit à l'école locale à l'âge de 8 ans. Il arrête ses études à 16 ans et devient apprenti chez John Hicks, un architecte local. Il travaille ainsi dans le Dorchester avant de partir pour Londres en 1862, où il étudie au King's College de Londres. Il remporte des prix du Royal Institute of British Architects et de l'Architectural Association.

De ses études, il garde le goût de la poésie latine. En autodidacte, il apprend le grec pour pouvoir lire Homère et le Nouveau Testament. Sur le plan des idées, il se forme en lisant John Stuart Mill et adhère aux idées de Charles Fourier et d'Auguste Comte. Charles Darwin et la critique biblique lui font perdre la foi religieuse dont il porte le deuil toute sa vie. Se sentant rejeté par une société de classe londonienne qu'il exècre, il décide de rentrer dans son Dorset provincial cinq ans plus tard pour se consacrer à l'écriture.

Très tôt, il écrit des poèmes, dont certains sont publiés trente ou quarante ans plus tard. En 1867, à son retour de Londres, il se tourne vers le roman pour essayer de vivre de sa plume. Passées les premières difficultés, il réussit honorablement. En 1870, il rencontre sur un chantier de restauration d'une église de Cornouailles sa future femme, Emma Gifford, qu'il n'épouse qu'en 1874. Il publie bientôt dans des revues et des magazines. De 1871 à 1896, il écrit quinze romans et quatre recueils de nouvelles. Une demi-douzaine de grandes œuvres émergent de cette production inégale :

Si Hardy est violemment critiqué pour sa noirceur, le succès est au rendez-vous. Dès 1897, son roman Tess d'Urberville est un tournant. L'ouvrage est adapté au théâtre et joué à Broadway, puis porté au cinéma en 1913, 1924 et, bien plus tard, en 1979 par Roman Polanski.

Tous ses romans, marqués par une prose riche et un humour corrosif, sont ancrés dans un cadre régional. Sans exception, ils se déroulent dans le sud-ouest de l'Angleterre. Le Dorset et les comtés voisins se trouvent transmués en royaume littéraire que Hardy appelle le Wessex, du nom de l'ancien royaume des Saxons de l'Ouest. Le Wessex apparaît comme une province aux localités imaginaires et à la nature préservée, Arcadie opposée au Londres de la société victorienne. Peintre acerbe du milieu rural, Hardy accorde à un souci pointilleux à rendre le climat, la beauté et la rudesse de la nature anglaise du XIXe siècle, terreau d'histoires tragiques où les protagonistes, pris en étau, deviennent les victimes des conventions et de l'hypocrisie sociales avant de connaître une mort brutale.

Après le scandale déclenché par la critique radicale du mariage et de la religion qu'est Jude, dont les exemplaires sont vendus cachés dans du papier d'emballage à cause de l'exposé qu'y fait l'auteur de l'"érotolepsie"[1], Thomas Hardy, abandonne le roman. Il se consacre alors à ce qu'il considère comme son chef d'œuvre, Les Dynastes (The Dynasts), vaste drame composé de trois parties, publiées respectivement en 1903, 1906 et 1908. Sorte de Guerre et Paix en vers, cette Illiade des temps modernes utilise l'épopée napoléonienne afin d'élaborer des scènes qui présentent alternativement les conflits intimes des gens ordinaires comme des personnages historiques mus par une soif darwinienne du pouvoir et les batailles, les paysages immuables de la nature et les tergiversations d'un destin incarné par un chœur allégorique. Réputé trop difficile à mettre en scène et mal accueilli à l'époque, Les Dynastes préfigure à bien des égards un genre cinématographique mais ne bénéficie toujours pas de l'estime de la critique.

Hardy écrit, au long de sa carrière, près d'un millier de poèmes inégaux, dans lesquels cohabitent satire, lyrisme et méditation. Les élégies de Veteris Vestigia Flammae, écrites après la mort de sa première femme, survenue en 1912, au cours d'un voyage retraçant chacun des lieux qu'ils connurent ensemble, forment un groupe d'une perfection rare. Remarié en 1914 avec sa secrétaire, Florence Dugdale, de trente-neuf ans sa cadette, il s'entiche en 1924, à l'âge de quatre-vingt-quatre ans, de l'actrice Gertrude Bugler qu'il identifie à son héroïne Tess et pour laquelle il projette une adaptation dramatique de son roman.

Thomas Hardy commence à souffrir de pleurésie en décembre 1927 et en meurt en janvier 1928 à Dorchester, après avoir dicté son tout dernier poème à son épouse et secrétaire sur son lit de mort. Lettres et notes du défunt sont détruites par les exécuteurs testamentaires et sa veuve fait paraître les siennes la même année.

Le nom de Thomas Hardy fut proposé et examiné 25 fois en 26 ans pour le prix Nobel de littérature. Mais il fut systématiquement rejeté car son œuvre était jugée trop pessimiste.

Éditions françaises récentes[modifier | modifier le code]

  • L'Homme démasqué, traduction par Diane de Margerie de Barbara of the House of Grebe, Motifs, 2008 (ISBN 2-268-06416-1[à vérifier : isbn invalide])
  • Le Maire de Casterbridge : histoire d'un homme de caractère, traduction par Philippe Néel de The Mayor of Casterbridge, Folio no 1603, Gallimard, 1984 (ISBN 2-07-037603-6)
  • Tess d'Urberville, traduction par Madeleine Rolland de Tess of the d'Urberville's, Le Livre de poche no 184, 1956 [réédition 1995].
  • Les Forestiers, traduction par Antoinette Six, revue par Robert Sctrick de The Woodlanders, Phébus libretto, 1996
  • Poèmes du Wessex, traduit de l'anglais et présenté par Frédéric Jacques Temple, éd. bilingue, Éditions de la Différence, coll. « Orphée », Paris, 1990.
  • Le Retour au pays natal, traduction par Marie Canavaggia de The Return of the Native, éditions José Corti, 2007. (ISBN 978-2-7143-0939-6)
  • Métamorphoses, traductions par Pierre Coustillas, Françoise Vreck, Michel Krzak et Noël De Beer de quatre nouvelles ("What the Shepherd Saw", "A Changed Man", "The Grave by the Handpost", "Enter a Dragoon"), illustrations d'Anne Careil, éditions de l'Arbre vengeur 2007. (ISBN 978-2-916141-13-8).
  • Loin de la foule déchaînée, traduction par Thierry Gillyboeuf de Far from the Madding Crowd, Éditions Sillage, 2011

Adaptations cinématographiques[modifier | modifier le code]

Le Maire de Casterbridge
Under the Greenwood Tree
Far From the Madding Crowd
Tess d'Urberville
Jude l'Obscur

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. L'"erotolepsy" est un néologisme inventé par Thomas Hardy pour décrire un débordement transgressif de sensualité et de sexualité empéchant celui ou celle qui en souffre de respecter les codes moraux.