Les Restos du cœur

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Les Restaurants du cœur
Les Relais du cœur

Cadre
Forme juridique Association loi de 1901
But Lutte contre la pauvreté
Zone d’influence Drapeau de la France France
Drapeau de l'Allemagne Allemagne
Drapeau de la Belgique Belgique
Fondation
Fondation 1985
Fondateur Drapeau : France Coluche
Identité
Siège Paris, Drapeau de la France France
Personnages clés Drapeau : France Coluche
Président Drapeau : France Olivier Berthe
Secrétaire général Drapeau : France Paul Derveaux
Trésorier Drapeau : France Hervé Guerin
Méthode Distribution de nourriture
Financement Donations, subventions
Membres 64 500
Slogan On compte sur vous
Site web www.restosducoeur.org

Les Restos du cœur[1], ou plus formellement Les Restaurants du cœur – Les Relais du cœur, est une association créée, en France, par Coluche en 1985 et ayant pour but d'aider et d'apporter une assistance aux personnes démunies en leur distribuant gratuitement de la nourriture.

Cette association a pour particularité d'avoir bénéficié du soutien de plusieurs personnalités françaises, dès ses débuts, et d'une vaste médiatisation, ce qui retient l'attention de la classe politique, permet d'établir de nouvelles lois, et attire la participation de nombreux bénévoles.

Les Restos du cœur se composent de dix antennes nationales et de 119 associations départementales[2]. Des associations distinctes, mais de nom et d'actions similaires, sont aussi actives en Belgique et en Allemagne.

But[modifier | modifier le code]

Ancien autobus de la Compagnie des transports strasbourgeois, offert aux Restos du Cœur

Fondée par Coluche en 1985, Les Restos du cœur, association reconnue d'utilité publique, a pour but « d'aider et d'apporter une assistance bénévole aux personnes démunies, notamment dans le domaine alimentaire par l'accès à des repas gratuits, et par la participation à leur insertion sociale et économique, ainsi qu'à toute l'action contre la pauvreté sous toutes ses formes »[3].

Création[modifier | modifier le code]

Le 26 septembre 1985[4], Coluche, en direct sur Europe 1, se révolte contre les gaspillages alimentaires d’une société de consommation et dénonce la destruction des surplus agricoles en France et en Europe :

« Quand il y a des excédents de nourriture et qu’on les détruit pour maintenir les prix sur le marché, on pourrait les récupérer et on essaiera de faire une grande cantine pour donner à manger à tous ceux qui ont faim. »

L’idée est ainsi lancée. Le premier restaurant du cœur ouvrira ses portes en France le à Nœux-les-Mines[réf. nécessaire].

En 1985, au Parlement européen, le député belge José Happart prend la parole et dénonce une situation économique dont sont victimes des millions de personnes.

« N’est-il pas inadmissible que le coût des soins de santé et des charges dues à la pauvreté sera plus important que celui d’une aide alimentaire fournie à la société concernée ? »

Il demande donc que ces surplus chèrement stockés et détruits soient mis à la disposition de ceux qui en ont besoin.

À noter que deux ans auparavant, en septembre 1983, dans une chronique radiophonique, Daniel Balavoine avait émis l'idée d'une « banque alimentaire »[5].

Résultats[modifier | modifier le code]

  • En 2011-2012, le nombre de bénéficiaires des restaurants du cœur est évalué à 900 000 personnes pour la saison 2011-2012[6]
  • En 2009-2010, plus de 109 millions de repas ont été distribués aux gens dans le besoin.
  • En 2008-2009, 103 millions de repas ont été distribués par les Restos du cœur. Le nombre de repas servis depuis la création dépasse le milliard[7]

Aides[modifier | modifier le code]

Aide alimentaire[modifier | modifier le code]

De septembre à juin (juillet, suivant les sites) les bénévoles distribuent :

  • des paniers-repas équilibrés, à cuisiner chez soi ;
  • des repas chauds, pour les sans-abri ;
  • une aide spécifique pour les bébés.

Aide au logement[modifier | modifier le code]

« Disposer d’un toit est une étape élémentaire de l’insertion sociale. L’aide au logement prend des formes diverses, qui vont de l’hébergement d’urgence à l’accompagnement vers une location stable »[8]

Les Restos du cœur viennent en aide aux personnes en difficulté de logement via :

  • les centres d’hébergement d’urgence : accueil de quelques nuits les personnes avec accompagnement social et éventuellement une aide médicale et psychologique).
  • les lieux de vie : ces lieux accueillent pour un long séjour, souvent à la campagne afin de retrouver les habitudes d'une vie collective active
  • les résidences sociales, afin de permettre aux occupants de prendre leur autonomie et de retrouver un logement stable).
  • l’accès à une location stable

Les Restos bébés du cœur[modifier | modifier le code]

Ceux-ci remplissent une mission d'aide pour les parents en précarité par la fourniture de :

  • une aide alimentaire adaptée aux bébés de moins de 18 mois
  • une aide matérielle appropriée (vêtements, couches, produits de puériculture et d’hygiène, jeux pour enfants et prêt de matériel)
  • des conseils en pédiatrie et diététique, un espace de partages et d’échanges avec d’autres parents et des bénévoles (puéricultrices, sage-femmes, infirmières, pédiatres, assistants sociaux) ;

Au total, 70 Restos bébés sont situés dans toute la France et aident chaque année entre 20 000 et 30 000 bébés[9]

Les bénéficiaires[modifier | modifier le code]

Les bénéficiaires de ces aides sont des personnes dans la précarité, des personnes seules ou de familles monoparentales, des chômeurs en fin de droit (La moitié des personnes accueillies sont au chômage, déclarait Olivier Berthe en novembre 2013[10]), des retraités disposant du seul « minimum vieillesse » ou encore les jeunes de moins de 25 ans ne disposant pas du RSA.

Les Restos du cœur parlent d'une pauvreté prenant un autre visage, avec la venue des travailleurs pauvres[11],[12].

Structure et organisation[modifier | modifier le code]

L'association nationale[modifier | modifier le code]

Fondée par l'humoriste et acteur Coluche en 1985, l'association nationale « Les Restaurants du cœur - Les Relais du cœur » est une association loi de 1901. Reconnue d'utilité publique par décret le 7 février 1992. (décret, publié au Journal officiel le 13 février 1992) elle a pour objectif d'aider les plus démunis et de participer à la lutte contre l'exclusion sociale. Les Restos du cœur veillent à la satisfaction de certains besoins sociétaux et se substituent à l'État pour remplir une mission d’intérêt général.

Elle est membre fondateur du « Comité de la charte de déontologie des organisations sociales et humanitaires », groupement d'associations qui s'est constitué afin de vérifier leur transparence financière. Elle est propriétaire du nom et du logo « Restaurants du cœur », dits « Restos du cœur ».

Budget des Restos du cœur en 2005

Chaque année, l'assemblée générale élit un conseil d'administration, qui choisit parmi ses membres le président et le bureau. Ceux-ci mettent en œuvre de façon collégiale la politique des Restos définie par le conseil d'administration en se réunissant chaque semaine. L'association nationale a pour vocation :

  • de centraliser les achats et d'approvisionner les départements en denrées alimentaires
  • d'inciter les départements à s'engager dans l'aide à l'insertion de leurs bénéficiaires et de leur apporter à cet effet l'appui technique et l'aide financière nécessaires
  • d'assurer la formation des bénévoles
  • de veiller à la cohérence des messages grâce aux chargés de missions
  • de contrôler et consolider les comptes des associations départementales, de veiller à leur bon fonctionnement et au respect des règles
  • d'assurer la communication générale des Restos.
  • d'aider et d'apporter une assistance bénévole aux personnes démunies, notamment dans le domaine alimentaire par l'accès à des repas gratuits, et par la participation à leur insertion sociale et économique, ainsi qu'à toute l'action contre la pauvreté sous toutes ses formes.

Leurs différentes actions sont: l'aide alimentaire, le logement, l'insertion par emploi et les Restos bébés du cœur. Les ressources financières étant limitées, les Restos du cœur essaient de réduire le montant des frais généraux (8,5 % des ressources). En conséquence, plus de 90 % des ressources sont consacrés aux actions de l'association. Ce qui a permis de dégager un excédent de 7 millions d’euros en 2007 (affectés aux fonds de prévoyance).

Les associations départementales[modifier | modifier le code]

Les 119 associations départementales sont réparties dans 96 départements. Autonomes juridiquement, elles fonctionnent sur le même principe que l'association nationale (Assemblées générales, Conseils d'administration, Bureaux) et lui sont liées par un contrat d'agrément.

Dans toute la France, les associations départementales gèrent, animent et coordonnent les actions sur le terrain avec 52 000 bénévoles dans près de 1 950 centres Restos qui accueillent environ 800 000 bénéficiaires chaque année. Elles ont pour vocation de mettre en œuvre toutes les activités d'aide alimentaire, d'aide à l'hébergement, d'aide à l'insertion (tels les Jardins du cœur), d'activités culturelles, de lieux à vie

Toutes ces activités d'aide à l'insertion contribuent à faire de ceux que l'on appelle les bénéficiaires des gens comme tout le monde. Sous cette appellation d'« aide à la personne et à l'insertion » se rangent aujourd'hui différents types d'activités qui vont :

  • des ateliers aux jardins
  • des camions ou de la « maraude » dans les grandes villes, aux solutions d'hébergement à plus long terme
  • de la sortie culturelle aux pique-niques.

Bien que l'aide alimentaire reste l'activité la plus visible des Restos, elle ne permet pas à elle seule de sortir durablement de l'exclusion. Désormais, l'aide à l'insertion est considérée, aux Restos, comme prioritaire.

La consultation « Les Restos Demain » qui a réuni en 1998-1999 plus de 13 000 bénéficiaires et bénévoles (événement d'importance qui n'avait jamais eu lieu) a confirmé cette nécessité d'évolution et renforcé la volonté d'aller plus loin dans le partenariat bénévoles-bénéficiaires.

Un souci de clarté[modifier | modifier le code]

Les Restos du cœur sont attentifs au bon emploi des fonds mis à leur disposition par les donateurs et les collectivités publiques. Organisation essentiellement financée par les donateurs et les collectivités publiques et animée par des bénévoles, les frais généraux sont très réduits (environ 8 % des ressources), les dépenses superflues sont éliminées. La procédure d'appels d'offres permet d'obtenir les meilleurs prix. Ainsi, plus de 90 % des ressources financières sont consacrées aux actions.

Conformément à la législation, les comptes de l'association sont visés par un Commissaire aux comptes. Les dérives isolées constatées dans quelques groupes locaux ont été sanctionnées ou transmises à la Justice.

Votée en 1988, la loi Coluche innove en permettant aux petits donateurs (les plus nombreux) de bénéficier d'avantages fiscaux jusque-là réservés aux grands donateurs. Sa dernière version permet aux donateurs des Restos du cœur de bénéficier d'une réduction d'impôts de 75 % pour un don allant jusqu'à 470 euros. Au-delà, et dans la limite de 20 % des revenus, la réduction est de 66 %. Chaque donateur reçoit :

  • un reçu fiscal, au verso duquel figure le bilan financier agréé par un commissaire aux comptes ;
  • le compte d’emploi des ressources qui détaille les sommes engagées par les Restos.

L’association Les Restaurants du cœur - Les Relais du cœur est membre du Comité de la Charte pour promouvoir le don en confiance, et certifier la transparence de ses activités caritatives et la bonne gestion et utilisation des dons qu’elle reçoit de la part du public.

Depuis 1987, les Restos du cœur bénéficient du « Programme européen d'aide aux plus démunis » (PEAD). L'organisme s’inquiète des menaces qui planent sur la reconduction de ces fonds, et sur les restrictions d’accès aux surplus agro-alimentaires européens aujourd’hui menacés. Ils doivent trouver les ressources nécessaires pour financer les actions. Au cours du contrôle de l’association en 2003 par la Cour des Comptes, bien qu’elle ait pu noter dans son rapport officiel l’inadéquation des structures initiales pour suivre une croissance aussi considérable de ses activités, et bien qu’elle suggère certains points pour en rationaliser la gestion (par exemple une plus grande professionnalisation de certaines fonctions clés liées à la comptabilité et les approvisionnements, et une meilleure formation des bénévoles capables d’assurer un contrôle des activités), elle n’ignore pas que l’essentiel de ses activités est effectué avant tout grâce au support vital de ses nombreux bénévoles, et que de nombreux efforts ont été entrepris pour améliorer les autres points, et engranger les fruits de l’expérience. « Après une enquête approfondie sur les opérations liées à la production de l’émission [télévisée annuelle de promotion], la Cour n’a constaté aucun flux financier contestable. » Elle constate aussi que les frais de gestion et de collecte sont parmi les plus bas constatés pour des associations travaillant dans ce domaine d'aide sociale, que si les frais de gestion ont inévitablement augmenté en volume sur la période étudiée, ils se sont aussi très sensiblement réduits en taux. Dès lors, elle conclut et « constate pour sa part que l’emploi des fonds collectés auprès du public est conforme, pour l’essentiel, aux objectifs poursuivis par les appels à sa générosité. »

Les acteurs[modifier | modifier le code]

Les donateurs des Restos du cœur[modifier | modifier le code]

Répartition des ressources financières des Restos du cœur

Il existe différents types de donateurs :

  • des enfants aux retraités, des artisans aux multinationales, des mères de famille aux stars ; ils constituent le plus sûr soutien, chacun à sa manière ;
  • ceux qui offrent généreusement leurs services (prêt de locaux, transport, imprimerie, etc.) ou participent aux diverses manifestations autorisées ;
  • ceux qui donnent de l'argent, en achetant le CD des "Enfoirés", en léguant leur bien ou en abandonnant leurs droits d'auteur ;
  • ceux qui font des dons en nature (livres, vêtements, denrées alimentaires, produits d'hygiène, etc.) ;
  • Subventions de l’Union européenne et autres organismes ;

Les manifestations au profit des Restos sont soumises à une réglementation juridique et fiscale très stricte.

Sont interdits :

  • Les collectes ou ventes sur la voie publique ou à domicile.
  • Les opérations commerciales n'ayant pas eu l'agrément des Restos du cœur.
  • Le mailing de prospections financières hors ceux qui émanent du siège.

Les associations caritatives rendent des services non marchands et par conséquent ont des difficultés pour trouver des ressources financières permettant de financer leurs actions. La pérennité des Restos du cœur repose principalement sur la générosité des citoyens. L'État a voulu favoriser les dons à destination des associations reconnues d’utilité publique en accordant un crédit d’impôt sur le revenu correspondant à 75 % du montant du don.
Pour promouvoir son action auprès du public et lui permettre de faire appel au don en confiance, la section française de l’organisation, en tant qu’association, adhère au Comité de la Charte.

Les bénévoles[modifier | modifier le code]

Dès la première campagne des Restos du cœur lancée par Coluche en 1985, les bénévoles étaient 5 000 à répondre présents. Aujourd'hui, ils sont plus de 55 000, aussi différents que possible, à travers toute la France avec un point commun essentiel : la fidélité à cette générosité initiale, et ce hors des instances politiques ou religieuses. Leur action se fonde sur la Charte des bénévoles dont les 5 points sont garants du bon fonctionnement de l'association. Pour mener à bien leur mission, une formation « maison » permet aux bénévoles d'acquérir les compétences et les techniques nécessaires à leur mission. Un duo de formateurs professionnels et de bénévoles expérimentés anime des séminaires où se retrouvent des volontaires venus de tous les départements.

Des formations sont mises en place afin d'apprendre à :

  • savoir gérer un centre Restos
  • accueillir dans un relais ceux qui n'osent pas entrer dans une administration
  • accompagner ceux qui demandent un soutien moral
  • aider ceux qui ont des difficultés à faire face aux loyers de l'appartement qu'ils ont enfin obtenu.
  • être animateur dans un Atelier ou un Jardin du cœur.

Les artistes[modifier | modifier le code]

Le créateur Coluche le savait : le meilleur moteur qu'il pouvait offrir aux Restos, c'était sa propre image et celle de ses amis. En un hiver, il a constitué autour de son idée une bande d'Enfoirés.

Lors du lancement officiel des Restos le , il offre à Daniel Balavoine le parrainage de son association. Il fut l'un des premiers artistes à en faire la promotion, multipliant les appels aux dons sur l'antenne d'Europe 1. Le , au cours d'une mission humanitaire en Afrique, l'hélicoptère qui le transporte s'écrase en marge du Paris-Dakar. Daniel Balavoine n'aura été parrain que trente jours.

Le , Coluche anime une émission sur une chaîne nationale, diffusée tout l'après-midi : un plateau exceptionnel réunissant des hommes politiques de tous bords, des animateurs de toutes les chaînes de télé et de radio, des artistes de tous genres et des sportifs de toutes disciplines.

Il demande à Jean-Jacques Goldman de lui créer un tube fédérateur, permettant de mobiliser les foules. Le chanteur lui offre La Chanson des Restos, interprétée par des artistes emblématiques de l'époque de tout bord: Coluche lui-même, deux acteurs (Yves Montand et Nathalie Baye), un homme de télévision (Michel Drucker), un sportif (Michel Platini) et un chanteur (Jean-Jacques Goldman).

En 1989, une première Tournée d'Enfoirés voit Jean-Jacques Goldman, Michel Sardou, Eddy Mitchell, Véronique Sanson et Johnny Hallyday parcourir la France pour recueillir des fonds.
À partir de 1992, le concert des Enfoirés, qui réunit de plus en plus d'artistes et de personnalités du spectacle, du sport… rassemble et encourage les bénévoles des Restos. Il est devenu un événement médiatique très populaire. À chacune de ces occasions, les médias relatent l'action de l'association et rappellent où l'on peut adresser ses dons.

Les Enfoirés manifestent leur soutien à l'association en abandonnant les bénéfices des concerts et albums issus de ceux-ci.Le principal objectif de la Tournée des enfoirés est de dégager des ressources financières supplémentaires pour mettre en place les actions de solidarité. De plus, cela constitue une action promotionnelle pour l’association en vue d’attirer de nouveaux donateurs. Cette action permet de dégager un fort excédent : 21 millions d’euros en 2007.

Alors qu'ils devaient être provisoire en attendant une solution pérenne permettant de juguler la montée de la pauvreté, les Restos du cœur sont aujourd’hui toujours en activité, et l’appel à la générosité du public est plus que jamais nécessaire, année après année.

Le , les pensionnaires d'On n'demande qu'à en rire (émission de France 2) ont réalisé un sketch pour la 27e saison des Restos du cœur, avec un hommage à Coluche. Le sketch obtient la note de 100/100[13]

Parrains/marraines des Restos du cœur[modifier | modifier le code]

Chronologie des Restos du cœur[modifier | modifier le code]

Le nombre de repas distribués n'a cessé d'augmenter (atteignant 100 000 000 en 2009). Malgré cela, et malgré la crise économique et sociale des années 2007-2009, les aides de l'État et de l'Europe diminuent[14].

  • 1985-1986 : Le , Coluche, sur les antennes d'Europe 1, lance l'idée : « J'ai une petite idée comme ça. Si des fois y'a des marques qui sont intéressées pour sponsoriser une cantine gratuite qu'on pourrait commencer par faire à Paris …, nous on est prêts à aider une entreprise comme ça qui ferait un resto qui aurait comme ambition, au départ, de distribuer 2 000 à 3 000 couverts par jour ». Les Restos du cœur étaient nés, et plus de 5 000 bénévoles distribuent cet hiver-là 8,5 millions de repas.
  • 1986-1987 : La deuxième campagne commence sans Coluche, disparu en . Comme il l'avait réclamé au Parlement européen en , la CEE ouvre la porte de ses stocks. En province, des associations autonomes se créent. Fidélisées par un contrat d'agrément, elles porteront les noms et logo : Restos du cœur. Les 6 000 bénévoles distribuent 11,5 millions de repas.
  • 1987-1988 : À la fin de l'hiver, les Restos décident d'organiser une « intercampagne » pour continuer à aider les plus pauvres des bénéficiaires durant toute l'année. 7 300 bénévoles distribuent 22 millions de repas.
  • 1988-1989 : Le 20 octobre, le Parlement français vote à l'unanimité la « loi Coluche » : « chaque personne ayant fait un don, même modeste, à une association, bénéficie d'une réduction d'impôts ». 8 500 bénévoles distribuent 25 millions de repas.
  • 1989-1990 : Les Restos créent les Relais du cœur, qui accompagnent et encouragent les bénéficiaires dans leurs démarches de réinsertion, et les Camions du cœur, qui offrent chaque soir des repas chauds aux sans-abris dans les rues de Paris, et ce, malgré la création du revenu minimum d'insertion. 10 200 bénévoles distribuent 26 millions de repas.
  • 1990-1991 : Les Restos signent une convention avec le ministère du logement et lancent les Toits du cœur, dans le but d'aider à l'hébergement de personnes en cours de réinsertion. 11 000 bénévoles distribuent 28 millions de repas.
  • 1991-1992 : Les Restos affirment que « l'aide à l'insertion est aussi importante que l'aide alimentaire ». Ils créent les Ateliers et les Jardins du cœur où les bénéficiaires peuvent retrouver les réflexes de la vie sociale ainsi qu'un savoir-faire. 13 200 bénévoles distribuent 29 millions de repas.
  • 1992-1993 : Les Restos ouvrent à Val d'Akor une maison de vacances tenue par d'anciens bénéficiaires et une première résidence sociale à Châtellerault, destinée à héberger pour 3 ou 6 mois des personnes en cours de réinsertion. 17 000 bénévoles distribuent 31 millions de repas.
  • 1993-1994 : Les premiers Relais bébés ouvrent : distribution de nourriture adaptée aux enfants de moins d'un an et conseils aux jeunes mamans. 20 000 bénévoles distribuent 36 millions de repas.
  • 1994-1995 : Les Restos vont plus loin : relais, jardins et toits du cœur se multiplient partout en France. 25 000 bénévoles distribuent 75 millions de repas.
  • 1995-1996 : Les Restos inaugurent la Péniche du cœur, amarrée quai d'Austerlitz à Paris, qui accueille 70personnes sans domicile dans un but de réinsertion, pour une durée allant de deux semaines à trois mois d'hébergement, ainsi que 3 résidences sociales à Poissy, au Mans et à Dijon. 25 000 bénévoles distribuent 50 millions de repas.
  • 1996-1997 : Les Restos multiplient les projets d'aide à l'insertion. Ouverture d'une résidence sociale à Chabanais. 31 000 bénévoles distribuent 61 millions de repas.
  • 1997-1998 : Les Restos ouvrent leurs premiers ateliers CLE (Communication, Lecture, Écriture) de lutte contre l'illettrisme ainsi que deux résidences sociales à Montbard et Toulon. 35 000 bénévoles distribuent 59 millions de repas.
  • 1998-1999 : Au sein des Restos se tient une vaste consultation « les Restos demain ». Organisée dans toute la France, elle réunit plus de 13 000 personnes (bénévoles et bénéficiaires) autour de débats animés sur leur avenir commun. De ces rencontres sortent mille et une interrogations et une évidence : il est temps de « distribuer autrement » l'aide alimentaire et d'améliorer l'écoute et le dialogue. 40 000 bénévoles distribuent 60 millions de repas.
  • 1999-2000 : Les Restos ont 15 ans. Grâce aux Restos demain, l'aide alimentaire évolue en étoffant le choix et la qualité des produits distribués. Les bénévoles et les bénéficiaires prennent plus de temps pour dialoguer. 40 000 bénévoles distribuent 55 millions de repas.
  • 2003-2004 : 43 000 bénévoles distribuent 66,5 millions de repas.
  • 2005-2006 : 48 521 bénévoles ont accueilli 676 756 personnes et ont servi 75 millions de repas dans 1 965 centres ou annexes.
  • 2007-2008 : 91 millions de repas distribués par 51 500 bénévoles à 700 000 personnes accueillies dans 1 950 centres. 25 300 bébés de moins de 12 mois aidés dans 250 Restos et Points bébés du cœur.
  • 2008-2009 : augmentation des personnes accueillies de 12,5 % en moyenne, soit 800 000 personnes accueillies et 100 millions de repas distribués.
  • 2012-2013 : 130 millions de repas distribués par 66 000 bénévoles à 960 000 personnes accueillies.

Les Restos à l'étranger[modifier | modifier le code]

Belgique[modifier | modifier le code]

Les Restos du cœur, en tant qu'association distincte, sont également présents en Belgique depuis 1986 et comptent 16 Restos (12 en Région wallonne, 2 en Région flamande et 2 à Bruxelles). Le premier d'entre eux est ouvert à Liège par Coluche le . Immédiatement, il est décidé d'ouvrir toute l'année et, comme ailleurs, le service offert est rapidement dépassé.

Les Restos du cœur de Belgique offrent également divers services (social, juridique, aide à la réinsertion) et propose diverses aides (administratives, financières, médicales, logements…). 15 des 16 Restos se sont regroupés pour former la Fédération des Restos du cœur de Belgique (En effet, le Resto du cœur de Seraing, étant géré depuis 2009 par la commune).

Depuis 1987, les Restos du cœur de Bruxelles et Liège mettent également en place l'Opération Thermos[15]. Il s'agit d'un distribution de repas chauds aux sans-abri, d'octobre à mars. L'association fonctionne grâce aux dons des particuliers (absence de subsides)[16]. L'antenne liégeoise offre également le gîte : environ 4 500 nuitées pour l'hiver 2007-2008.

Dates marquantes[modifier | modifier le code]

  • octobre 1985 : l’idée des Restos du cœur de Coluche est immédiatement reprise par des étudiants de l’école de commerce Solvay. Ils s’organisent pour prendre en charge la gestion, la centralisation et la coordination en Belgique. Des contacts sont pris dans tous les pays avec des firmes et des entreprises alimentaires, des compagnies de transport… Des particuliers qui ont du temps ou du matériel à prêter.
  • février 1986 : Coluche vient officiellement inaugurer les Restos du cœur à Liège en apportant son soutien à l’ensemble des Restos du cœur de Belgique.
  • 1991 : naissance de la fédération. Les Restos du cœur présents sur le terrain s’unissent en une fédération des Restos du cœur de Belgique : Bruxelles, Liège, Mouscron, Mons et Wavre seront rejoints au fil des années par d’autres entités qui ouvriront leurs portes dans différentes villes de Wallonie.
  • 1992 : le pendant de la loi Coluche est voté en Belgique : une disposition fiscale permettant d’obtenir une réduction d’impôt pour les dons destinés aux associations qui fournissent de la nourriture, des soins ou un logement aux personnes en difficulté.
  • 2001-2003 : la fédération devient une fédération nationale avec l’arrivée des Restos du cœur de Maldegem puis d’Ostende.
  • 2011 : les 15 Restos du cœur de Belgique et la Fédération célèbrent officiellement les 25 ans des Restos du cœur en Belgique.

Livres[modifier | modifier le code]

  • Thérèse Jeunejean, Au cœur des restos, Couleur livres, 2011). Préfacé par William Dunker (que l’on retrouve aussi depuis 2009 sur la scène du Tour Restos du cœur de Belgique, initié par le groupe Sun 7 Boulevard et parrainé par Michael Jones, ce livre-reportage va à la rencontré des bénévoles, salariés et clients des Restos du cœur de Belgique.
  • Les Critiques aux fourneaux, au profit des Restos du cœur, éditions 4 chemins,2008 (ISBN 2847841830) - Gourmand World Cookbook Awards 2009

Allemagne[modifier | modifier le code]

Depuis 1996, on peut aussi trouver des Restaurants des Herzens en Allemagne, à Erfurt et Leipzig :

  • À Erfurt, un programme culturel avec du théâtre et de la musique et même un Père Noël pour les enfants. En 2004, la diminution des dons a résulté en une réduction des heures d’ouverture.
  • À Leipzig, les bénéficiaires doivent payer 50 centimes par repas car sinon la distribution de repas serait impossible à financer par manque de subventions. En revanche, une navette gratuite conduisant les gens de la gare centrale au restaurant a été mise en place.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. C'est bien l'orthographe utilisée par ses fondateurs, en lieu et place du plus classique restaus
  2. Voir sur le site de l'association, rubrique organisation.
  3. But de l'association, sur le site restosducoeur.org
  4. Il y a 25 ans, l’appel de Coluche, sur le site europe1.fr
  5. « Hommage - Daniel Balavoine, engagé et enragé », francesoir.fr, 14 janvier 2011.
  6. Dépêche AFP, « Nouveau record de fréquentation pour les Restos du cœur », Le Monde, 2 mars 2012.
  7. Présentation. Site officiel des Restos du cœur, août 2012.
  8. Aide au logement, sur le site restosducoeur.org.
  9. Les Restos bébés du cœur, sur le site restosducoeur.org.
  10. « Restos du cœur : un million de bénéficiaires attendus cet hiver », Le Nouvel Observateur, 23 novembre 2013.
  11. restosducoeur.org, 2013
  12. [PDF]Contribution des Restos du cœur, conférence gouvernementale de lutte contre la pauvreté et pour l’inclusion sociale, 10 et 11 décembre 2012.
  13. [vidéo] Hommage des humoristes d'On demande qu'à en rire, sur France 2
  14. « Les Restos du cœur inquiets pour leur campagne d'hiver », NouvelObs.com.
  15. « Opération Thermos », sur thermos-liege.be
  16. Corentin, « Restos du cœur et Opération Thermos : Un Noël solidaire », sur lexiophiles.com/,‎ 12 décembre 2008

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

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