Nutriment

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Les nutriments, ou éléments nutritifs, sont constitués dans le corps par l'ensemble des composés organiques et inorganiques nécessaires à l'organisme vivant pour entretenir la vie. Le processus d'assimilation des nutriments est la nutrition.

Les nutriments sont des composants élémentaires contenus dans les aliments, ou issus de la nature ambiante. Ils sont utilisés par l'organisme pour couvrir ses besoins physiologiques, notamment de croissance et de développement. Un nutriment peut être directement assimilé sans aucune modification chimique.

Classification par fonction[modifier | modifier le code]

Nutriments énergétiques[modifier | modifier le code]

D'un point de vue diététique, la diète devrait être composée de :

  • lipides : de 35 à 40 % des calories totales (dont acides gras saturés : 12 % maximum)[1] ;
  • glucides : < 55 %[2] des calories totales.

Ils sont parfois classés en macronutriments (nutriments dont l'organisme a besoin en grande quantité), les vitamines et minéraux étant classés en micronutriments.

Nutriments de constitution et d'entretien des tissus[modifier | modifier le code]

  • protéines, lipides, éléments minéraux (Ca, P)

Nutriments de régulation du métabolisme[modifier | modifier le code]

  • vitamines (certaines sont des cofacteurs enzymatiques)
  • acides aminés essentiels, acides gras essentiels
  • éléments minéraux : Na, K, Ca, P, Mg, S, Fe, Zn, etc.
  • éléments traces (oligo-éléments) : I, Cu, Co, Cr, Mn, V, Mo, Ni, Pb, etc.

Nutriments à fonction mécanique (péristaltisme intestinal)[modifier | modifier le code]

  • fibres alimentaires (cellulose, hémicelluloses)

Nutriments à fonction sensorielle (appétence)[modifier | modifier le code]

  • arômes : odeur et saveur formant la flaveur
  • les nutriments jouant sur la couleur
  • les nutriments jouant sur la consistance (eau, etc.)

Parmi les nutriments, on distingue traditionnellement :

L'eau[modifier | modifier le code]

L'eau est le liquide le plus indispensable de tous les nutriments, elle a un caractère essentiel pour tous les processus biologiques : comme réactif, comme solvant et comme moyen de transport. Elle participe de manière essentielle aux processus osmotiques et aux échanges thermiques.

Besoins quotidiens moyens pour un individu adulte de 60 kg : 2,8 litres

Ces besoins sont couverts par :

  • Les boissons : de 1 à 1,5 litre
  • Les aliments solides (eau contenue) : env. 1,2 litre
  • La production interne (endogène), la digestion des autres constituants des aliments : de 0,3 à 0,4 litre.

Exemples de teneurs en eau :

Produit Teneur en eau
Eau de boisson 100 %
Tomates 95 %
Fruits/légumes frais 90 %
Jus de pommes/Lait entier 87 %
Viandes (crues) 65 % - 75 %
Pain 35 %

Les glucides[modifier | modifier le code]

Les glucides ou carbo-hydrates sont les sucres et les substances apparentées (amidon, fibres, etc.).

Les glucides sont les constituants majeurs des denrées les plus consommées (fruits, légumes, céréales). Ils constituent la principale source d'énergie dans l'alimentation, car la plus facile et la moins chère à produire (il y a une relation directe entre le niveau de vie et la part des glucides à l'apport énergétique total).

Importance dans la nutrition[modifier | modifier le code]

  • Apport calorifique : 4 kcal ou 17 kJ/g (pour les glucides assimilables)
  • Caractère indispensable pour une diète équilibrée (assimilation des lipides)
  • Apport de fibres alimentaires (indigestes (non-assimilables) servant de "ballast" et d'accélérateur du transit intestinal)
  • Saveur sucrée (appétence)
  • Contribution à l'élimination de substances indésirables peu solubles dans l'eau, éliminées sous forme d'associations solubles dans l'eau, la voie urinaire.

Actuellement, les diététiciens recommandent d'augmenter la consommation d'hydrates de carbone complexes provenant des légumineuses, des céréales complètes, des légumes et des fruits, notamment pour accroître l'apport en fibres.

Exemples de teneurs en glucides et en fibres :

Produit Glucides totaux Fibres et céréales Glucides assimilables
Riz naturel sec 76,3 % 2,2 % 74,1 %
Lentilles (sèches) 57,6 % 17,0 % 40,6 %
Soja 28,3 % 22,0 % 6,3 %
Noix 16,7 % 10,6 % 6,1 %
Fromage (Gruyère) 1,5 % - -
Entrecôte de bœuf 0,5 % - 0,5 %

Classification des glucides (dans l'alimentation)[modifier | modifier le code]

Monosaccharides[modifier | modifier le code]

Disaccharides[modifier | modifier le code]

Réducteurs :

Non réducteurs :

Oligosaccharides[modifier | modifier le code]

Polysaccharides[modifier | modifier le code]

Assimilables :

Non assimilables :

Polyols[modifier | modifier le code]

Glycosides[modifier | modifier le code]

Les lipides[modifier | modifier le code]

Il existe trois types de lipides. Les acides gras mono-insaturés (AGM) et poly-insaturés (AGP) sont présents dans les huiles végétales et jouent un rôle protecteur contre l'athérosclérose. Les acides gras saturés (AGS), présents dans les graisses d'origine animale (la viande, les produits laitiers et les œufs), sont responsables des dépôts lipidiques dans les parois des vaisseaux sanguins, une maladie dont les manifestations sont liées à l'ischémie des tissus irrigués par les vaisseaux lésés : ramollissement cérébral, angine de poitrine et infarctus du myocarde, insuffisance rénale et hypertension artérielle, artérite des membres inférieurs, etc.

Les AG insaturés augmentent les besoins en vitamine E, qui les protège de l'oxydation. Les margarines végétales sont toujours supplémentées en vitamine E et les huiles végétales en contiennent naturellement beaucoup (surtout lorsqu'elles ne sont pas raffinées).

Exemples de teneurs en lipides :

Produit Lipides totaux Acides gras saturés Acides gras mono-insaturés Acides gras poly-insaturés
Entrecôte de bœuf 11,8 % 4,96 % 5,6 % 0,47 %
Soja 18,3 % 2,39 % 4,09 % 10,73 %
Fromage (Gruyère) 32,1 % 17,12 % 9,30 % 1,80 %
Noix 62,5 % 6,83 % 10,94 % 41,69 %
Riz naturel sec 2,20 % 0,61 % 0,55 % 0,81 %

Les protéines (protides)[modifier | modifier le code]

À l'heure actuelle, dans la société occidentale, les personnes carencées en protéines sont rares et ne se rencontrent que dans des situations dramatiques de malnutrition.

Exemples de teneur en protéines :

Qualité des protéines (acides aminés)[modifier | modifier le code]

Les protéines sont composées d'une vingtaine d'acides aminés (AA) dont huit sont «essentiels» à l'organisme humain. Leur présence dans la ration alimentaire est indispensable, l'organisme étant incapable d'en assurer la synthèse. Il s'agit de valine, leucine, isoleucine, thréonine, tryptophane, phénylalanine, méthionine et lysine.

Les aliments peuvent être diversements répertoriés en fonction des proportions d'AA essentiels qui composent les protéines qu'ils contiennent.

Certains fournissent des protéines dites de «haute valeur biologique» car elles offrent les AA essentiels en proportion presque adéquate. Ce sont, d'une manière générale: certaines céréales (riz complet, blé de Khorasan complet), le quinoa, le sarrasin[3], les produits laitiers (yogourt, fromage, lait si on le digère [cf lactase]), œufs, viande[4], certaines légumineuses (haricots, lentilles, soja). Les autres légumineuses et céréales sont moins bien équilibrées, les protéines des premières sont pauvres en méthionine et en tryptophane, celles des secondes ainsi que des noix sont pauvres en lysine. On recommande donc de consommer chaque jour des représentants de ces deux groupes (soit : céréales et légumineuses ou noix et légumineuses) pour optimiser sa ration de protéines. D'où les plats complets végétariens issus de la plupart des sociétés qui ont eu leur propre façon de combiner les aliments protéiques : Dahl et pita, haricots et chips de maïs, couscous et pois chiches, lentilles et noix de cajou, houmous et pain lavash, soupe de pois cassés et croûtons de pain, etc. Cette théorie dite de la «complémentarité des protéines» est très présente dans le milieu végétarien. Des études récentes sur des populations végétariennes non pratiquantes de cette théorie n’ont décelé aucune carence protéinique. Elle est de plus en plus considérée comme dépassée.

Exemples de teneur en acides aminés :

Produit Valine Leucine Isoleucine Thréonine Tryptophane Phénylalanine Méthionine Lysine
Entrecôte de bœuf 1,29 % 1,92 % 1,18 % 1,07 % 0,26 % 0,97 % 0,59 % 1,99 %
Soja 1,76 % 2,84 % 1,78 % 1,49 % 0,45 % 1,97 % 0,58 % 1,90 %
Fromage (Gruyère) 1,74 % 2,45 % 1,34 % 1,49 % 0,42 % 1,43 % 1,55 % 2,19 %
Lentilles (sèches) 1,39 % 2,11 % 1,19 % 1,12 % 0,25 % 1,40 % 0,22 % 1,89 %
Noix 0,77 % 1,14 % 0,67 % 0,54 % 0,17 % 0,66 % 0,22 % 0,44 %
Riz naturel sec 0,50 % 0,69 % 0,34 % 0,33 % 0,09 % 0,42 % 0,17 % 0,30 %

Les vitamines[modifier | modifier le code]

Les principales sources de vitamines sont les fruits, les légumes et les céréales.

La vitamine C abonde dans les fruits et les légumes (agrumes, tomates, poivrons, etc.) ; les vitamines du groupe B dans les céréales ; la provitamine A (β-carotène), qui se convertit en vitamine A dans l'organisme, dans les légumes (carottes, épinards, persil, cresson, etc.) ; la vitamine K dans les légumes verts ; les vitamines E et F dans les graines oléagineuses, etc.

Deux cas sont à étudier particulièrement : celui de la vitamine D et de la vitamine B12.

Notre corps synthétise la vitamine D lorsqu'il est exposé au soleil. Elle est indispensable à l'assimilation du calcium et est particulièrement importante au cours de la croissance. S'exposer modérément au soleil permet d'en synthétiser en quantité suffisante. Une carence en vitamine D peut conduire au rachitisme.

La vitamine B12, comme la vitamine D, se trouve essentiellement dans les produits d'origine animale. Le lait, le fromage, le yaourt et les œufs en contiennent en quantité suffisante puisque la quantité journalière requise est infime (1 microgramme).

Même si l'apport alimentaire est minimum, on ne constate que rarement des carences, ce qui semble indiquer que le corps s'adapte en augmentant son niveau d'absorption ou en la recyclant dans l'organisme.

On pense aussi actuellement que certaines bactéries présentes dans l'intestin synthétisent cette vitamine et que nous bénéficions de cet apport.

Cependant, comme une carence peut n'apparaître qu'après plusieurs années (la vitamine B12 stockée dans le foie représente une réserve pour une période allant de 3 à 6 ans) et que ses conséquences sont graves, il est préférable pour les végétaliens de prendre un supplément en vitamine B12.

Les sels minéraux[modifier | modifier le code]

Les sels minéraux sont les constituants qui restent (sous forme de cendres) après calcination des tissus organiques. Selon les quantités mises en jeu dans l'organisme, les sels minéraux sont couramment divisés en 2 groupes :

Le fer[modifier | modifier le code]

Le manque de fer est un mal très courant. Il affecte en particulier les enfants et adolescents en pleine croissance, les femmes enceintes ou pré-ménopausées.

On distingue le fer selon qu'il est héminique (présent dans l'hémoglobine du sang, donc dans la viande) ou non héminique (provenant des végétaux, des œufs ou des produits laitiers).

Le fer héminique est bien absorbé par l'organisme tandis que le fer d'origine végétale a pour sa part besoin de vitamine C pour être aussi bien absorbé.

Le régime végétal étant toujours très riche en vitamine C, cette association (fer/vit. C) ne demande aucune attention et explique pourquoi les végétariens ne souffrent pas plus de carence en fer que les non-végétariens.

Le calcium[modifier | modifier le code]

Le calcium est nécessaire pour la formation et le maintien des os ainsi que pour l'équilibre nerveux.

Les produits laitiers en contiennent beaucoup, mais les viandes presque pas, et de plus, leur consommation en accentue les besoins. En effet, leur richesse en phosphore augmente la perte de calcium dans les urines.

Un excès de protéines diminue l'absorption du calcium et contribue pour beaucoup à l'apparition de l'ostéoporose (fragilité osseuse) qui affecte de façon endémique les sociétés occidentales.

Les végétaux sont d'assez bonnes sources de calcium (persil, brocolis, etc.) Toutefois certains d'entre eux (épinards, rhubarbe, oseille) contiennent des quantités non négligeables d'acide oxalique qui en diminue l'absorption.

Enfin, comme nous l'avons mentionné précédemment, il faut veiller à s'exposer au soleil pour synthétiser la vitamine D qui régule le mouvement du calcium entre le sang et les os.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Agence nationale chargée de la sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (Anses).
  2. Agence nationale chargée de la sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (Anses).
  3. article sarrasin sur Wikipédia.
  4. Tomé D. - Qualité nutritionnelle des protéines de la viande. Cah. Nut. Diét., 2008, 43, hors-série 1, 1S40-1S45. et Remond D et al. – Propriétés nutritionnelles des peptides et protéines de la viande : impact des procédés de transformation. 12èmes Journées « Sciences du muscle et technologies des Viandes » 8 et 9 octobre 2008 à Tours, Hors Série Viandes & Produits carnés, 2008.

http://bio.m2osw.com/gcartable/nutriments.htm

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]