Anhydrite

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Anhydrite[1]
Catégorie VII : sulfates, sélénates tellurates, chromates, molybdates, tungstates[2]
Anhydrite - Carrière d'Arnave Ariège France

Anhydrite - Carrière d'Arnave Ariège France
Général
Nom IUPAC sulfate de calcium
Numéro CAS 7778-18-9
Classe de Strunz 7.AD.30
Formule brute CaO4SCaSO4
Identification
Masse formulaire[3] 136,141 ± 0,01 uma
Ca 29,44 %, O 47,01 %, S 23,55 %,
Couleur incolore, blanc, gris, blanc gris, bleuâtre, violet, rosâtre, rougeâtre, brunâtre, bleuté, noir
Classe cristalline et groupe d'espace dipyramidale;Amma
Système cristallin orthorhombique
Réseau de Bravais Amorphe A
Macle Macle par accolement et lamelle polysynthétique sur {011}, Macle par accolement sur {120} (rare)
Clivage parfait à {010} et {100} ; bon à {001}
Cassure conchoïdale à irrégulière
Habitus cristaux prismatiques, agrégats massifs
Échelle de Mohs 3 - 3,5
Trait blanche, grisâtre.
Éclat vitreux, gras, nacré.
Propriétés optiques
Indice de réfraction α=1,569–1,573 β=1,574–1,579 γ=1,609–1,618
Biréfringence Δ=0,040-0,045 ; biaxe positif
Dispersion 2vz ~ 36-45
Fluorescence ultraviolet rouge sous UV courts
Transparence transparent à opaque
Propriétés chimiques
Densité 2,97
Fusibilité fond dans la flamme et donne un émail blanc
Solubilité faiblement soluble dans HCl et H2SO4
Comportement chimique colore la flamme en rouge-jaune
Propriétés physiques
Magnétisme aucun
Radioactivité aucune
Précautions
SIMDUT[4]

Produit non contrôlé
Unités du SI & CNTP, sauf indication contraire.

L’anhydrite (genre masculin) est une espèce minérale composée de sulfate naturel de calcium, de formule (CaSO4) avec des traces de strontium (Sr), Barium (Ba) et d'eau H2O. Cristaux assez rares mais pouvant atteindre 15 cm [5].

Inventeur et étymologie[modifier | modifier le code]

Espèce décrite par Abraham Gottlob Werner en 1804, le nom dérive du grec anhydros, sans eau (par comparaison au gypse)[6].

Topotype[modifier | modifier le code]

  • Salzbergwerk, Hall, Innsbruck, Tyrol, Autriche[7].
  • Les échantillons types sont déposés à l'Université des mines et de la métallurgie de Freiberg en Saxe, Allemagne N°16538.

Cristallographie[modifier | modifier le code]

  • Paramètres de la maille conventionnelle : a = 6,991 Å, b = 6,996 Å, c = 6,238 Å, Z = 4; V = 305,09 Å3
  • Densité calculée = 2,96

Cristallochimie[modifier | modifier le code]

Gîtologie[modifier | modifier le code]

Minéral des évaporites, l’anhydrite donne rarement des cristaux bien formés. Il se forme au lieu du gypse si les solutions sont très concentrées, ou comme minéral secondaire, par déshydratation du gypse.

Minéraux associés[modifier | modifier le code]

Calcite, célestine, dolomite, gypse, halite, polyhalite, soufre, sylvite.

Synonymie[modifier | modifier le code]

  • chaux sulfatée anhydre (Haüy 1801) [8]
  • chaux sulfatée quartzifère (Vauquelin)
  • soude muriatée gypsifère
  • karsténite (Hausmann 1813) [9]
  • muriacite
  • pierre de tripes (Klaproth)

Variété[modifier | modifier le code]

  • angélite : variété gemme bleuté d'anhydrite taillée en cabochon dans la province de Lima au Pérou.
  • vulpinite : variété granulaire d'anhydrite rapporté à Costa Volpino, Camonica, Lombardie, Italie, qui a inspiré le nom[10].

Gisements remarquables[modifier | modifier le code]

  • Autriche
Salzbergwerk, Hall, Innsbruck, Tyrol
  • Canada
A.K.A. Bevcon mine, Val d'Or, Comté de Louvicour, Québec[11]
Tunnel du Simplon, Valais
  • Mexique
Naica, Chihuahua

Utilisations[modifier | modifier le code]

Les utilisations de l'anhydrite sont limitées : modificateur du sol, retardant du ciment Portland, présure du pâté de soja (tofu), comme alternative au nigari. Auparavant l'anhydrite était utilisée comme source de soufre pour la production d'acide sulfurique.

L'anhydrite naturelle, ou l'artificielle sous-produit de divers processus industriels, peut être utilisée pour réaliser des chapes dans les bâtiments, dites « chapes anhydres » ou « chapes d'anhydrite ». Elles sont de plus en plus utilisées de par leur coût assez faible, leur bonne compatibilité avec les systèmes de planchers chauffants modernes, leur grande rapidité de prise, et leur fluidité qui permet une grande précision. Par contre, elles gardent les propriétés hydrophiles du matériau de départ.

Critères de détermination[modifier | modifier le code]

  • L'anhydrite peut se distinguer du gypse parce qu'il ne se raye pas à l'ongle, entre autres.
  • Fond au chalumeau en donnant un émail blanc. Colore la flamme en rouge orangé. Soluble dans l'acide chlorhydrique et l'acide sulfurique.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Canadian Mineralogist, volume 013, pp. 289(1975)
  2. La classification des minéraux choisie est celle de Strunz, à l'exception des polymorphes de la silice, qui sont classés parmi les silicates.
  3. Masse molaire calculée d’après « Atomic weights of the elements 2007 », sur www.chem.qmul.ac.uk.
  4. « Sulfate de calcium anhydre » dans la base de données de produits chimiques Reptox de la CSST (organisme québécois responsable de la sécurité et de la santé au travail), consulté le 25 avril 2009
  5. The Handbook of Mineralogy Volume V, 2003 Mineralogical Society of America by Kenneth W. Bladh, Richard A. Bideaux, Elizabeth Anthony-Morton and Barbara G. Nichols
  6. MINER Database von Jacques Lapaire - Minéraux et étymologie
  7. SPÖTL, C. (1989): Die Salzlagerstätte von Hall in Tirol – ein Überblick über den Stand der geologischen Erforschung des 700jährigen Bergbaubetriebes. Veröffentl. d. Tiroler Landesmuseums Ferdinandeum 69, 137-167.
  8. Haüy, R.J. (1801) Traité de minéralogie. 1e édition: en 4 volumes avec atlas in fol.: 4
  9. Hausmann, J.F.L. (1813) Handbuch der Mineralogie 3 volumes, Göttingen. Second edition: 880
  10. Clark, 1993 - "Hey's Mineral Index"
  11. Sabina, A.P. (2003) Rocks & Minerals for the collector; Kirkland Lake - Rouyn-Noranda - Val d'Or, Ontario & Quebec. GSC Misc. Report 77, 195-196 p.
  12. D. DESCOUENS (1984): Les Mines de gypse d'Arnave et Arignac. Monde et Minéraux, 62, 16-17.
  13. Guiollard, P.-G. (2002) - Le gisement des Bois-Noirs - Limouzat (Loire) in L'uranium du Morvan et du Forez, Pierre-Christian Guiollard Ed., Fichous, 96 pp.
  14. Briand, S. (1994). Le gisement de galène argentifère de Peisey-Nancroix (Savoie). Minéraux et Fossiles: 25-28.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]


Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

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