Jia Zhangke

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

Jia Zhang-ke (贾樟柯)

Description de cette image, également commentée ci-après

Jia Zhang-ke en 2005

Nom de naissance Jia Zhang-ke (贾樟柯)
Naissance (45 ans)
Fenyang (Shanxi), Drapeau de la République populaire de Chine Chine
Nationalité Drapeau de la République populaire de Chine Chine
Films notables The World
Still Life

Jia Zhangke (chinois simplifié : 贾樟柯 ; chinois traditionnel : 賈樟柯 ; pinyin : Jiǎ Zhāngkē), parfois écrit Zhang-ke, est un cinéaste chinois né en 1970 à Fenyang, dans la province du Shanxi.

Biographie[modifier | modifier le code]

Origine et formation[modifier | modifier le code]

Jia Zhangke nait dans le Nord de la Chine, à Fenyang, dans la province du Shanxi, en 1970[1]. Il est issu d'une famille considérée par le système communiste comme « propriétaires fonciers », ce qui a interdit à son père d'aller étudier à l'université[1]. Un des ses oncles a été emprisonné huit ans comme « contre révolutionnaire » pour de propos qu'il avait tenus[1].

Il déclare avoir eu une scolarité de « cancre » au point qu'il a été le dernier de sa classe accepté au mouvement des jeunes pionniers[1]. Durant son enfance, il s'amuse à explorer avec ses amis des endroits abandonnés. Il découvre aussi le cinéma en pénétrant clandestinement dans des salles[1].

En 1989 il est profondément marqué par les manifestations de la place Tian'anmen et leur répression[1]. Il habite alors à Fenyang où il prépare ses examens de fins d'études secondaires et se rend à Taiyuan, la capitale de la province, pour participer à des manifestations[1]. Il épouse les valeurs d'égalité et de liberté portées par ce mouvement, et est choqué de leur répression, au point qu'il déclare qu'il ne serait sans doute pas devenu cinéaste sans ces événements[1].

Il est admis en peinture à l'École des beaux-arts de Taiyuan. Il ambitionne de devenir professeur de dessin[1]. Jia Zhangke publie un premier roman en 1991.

Premiers films underground[modifier | modifier le code]

Jia Zhangke est marqué par le film Terre jaune de Chen Kaige où il voit pour la première fois à l'écran sa région, le Shanxi et ses habitants[1]. C'est ce film qui le décide à devenir réalisateur[1]. Il entre en 1993 à l'Université de cinéma de Pékin[2], où il fonde un « groupe du film expérimental », considéré comme la première structure de production indépendante en Chine. Alors qu'il est encore étudiant, en 1997, il tourne Xiao Wu, artisan pickpocket avec le simple désir de faire un film, sans penser à sa diffusion par la suite[1]. Le film est sélectionné au festival de Berlin 1998 ce qui lui donne une visibilité mondiale[1].

Après Xiao Wu, artisan pickpocket Jia Zhangke n'a plus l'autorisation de tourner en Chine car il aurait « influencé gravement les échanges culturels normaux entre la Chine et le monde[1]. » Comme il désire ardemment que son film suivant, Platform soit diffusé en Chine, il finit par obtenir les autorisations pour tourner, arguant que son film est financé par le Japon et la France et ne coutera donc rien aux studios chinois. Les autorisations sont accordées puis finalement annulées au motif que le réalisateur, à 29 ans, est considéré comme trop jeune pour faire un film sur les années 1980[1]. Il tourne néanmoins son film, sachant qu'il sera underground, c'est à dire qu'il n'aura pas de diffusion par les canaux normaux en Chine. C'est dans Platform que débute celle qui deviendra son actrice « fétiche[3] » et son épouse[4], Zhao Tao. Il tourne aussi sans autorisation son film suivant, Plaisirs inconnus[1].

Issu de la sixième génération de cinéastes chinois dite « underground », il reçoit de nombreux prix dans les festivals de films internationaux.

Passage à des films plus « accessibles »[modifier | modifier le code]

En 2003, la Chine libéralise sa politique cinématographique : alors que cet art était auparavant « considéré comme un outil de propagande idéologique primordial du gouvernement », il est alors vu comme une « industrie[1]. » Les interdictions de filmer pour les cinéastes sont levées et ils peuvent « négocier avec la censure[1]. » Ressentant aussi la nécessité de « changer de style », il réalise The World un film plus « accessible » que ses œuvres précédentes[3].

Consécration[modifier | modifier le code]

En 2006, Jia Zhangke obtient le Lion d'or à la 63e Mostra de Venise avec Still Life. C'est la « consécration » mondiale pour le cinéaste[2]. La même année, il présente à Venise, dans la section « Horizons », Dong un film documentaire sur le peintre Liu Xiaodong. En 2007, Jia préside le jury des courts métrages et de la Cinéfondation au 60e Festival de Cannes.

Présenté au Festival de Cannes 2010 dans la sélection Un certain regard, son film I Wish I Knew est un documentaire qui, au lieu de travailler sur les changements de la Chine contemporaine comme dans ses précédents films, s'intéresse à l'histoire de Shangaï et à la façon dont elle est présentée d'une manière « manipulée, tronquée, caviardée de mille manières par plusieurs pouvoirs successifs ou simultanés[5]. »

A Touch of Sin est présenté au festival de Cannes en 2013[6]. Ce dernier film, qui mélange document social et motifs spectaculaires hérités des films d'action de Hong Kong ou de la littérature classique chinoise (Au bord de l'eau, Le Voyage vers l'Ouest), lui vaut le Prix du scénario cannois. Ce film verra sa sortie repoussée sine die à la suite des attentats de 2013 de la Place Tian'anmen[1].

En mai 2014, il est membre du jury de la sélection officielle au 67e Festival de Cannes, présidé par la réalisatrice néo-zélandaise Jane Campion. Il revient sur la Croisette l'année suivante présenter en compétition sa nouvelle réalisation, Mountains May Depart, qui mêle histoire sentimentale et portrait de la Chine contemporaine sur trois époques : 1999, les années 2010 et les années 2020[7].


Analyse de l'œuvre[modifier | modifier le code]

Jia Zhangke est membre de ce que l'on nomme la sixième génération du cinéma chinois qui compte aussi les réalisateurs Yu Lik-wai, Wang Xiaoshuai ou Wang Chao[8]. Cette génération est caractérisée par un attachement au tournage en milieu urbain avec une volonté de montrer la réalité de la société chinois contemporaine avec notamment « l'envers du miracle économique chinois » : la pauvreté, les crimes[8]...

Son œuvre témoigne des changements que vit la Chine contemporaine[5]. Jia Zjhangke peut être comparé à Honoré de Balzac car il fait comme lui une « chronique romanesque » de son époque qui montre les différentes couches sociales[4] et les rapports qui les lient[9]. Il travaille aussi bien sur les cas individuels, en utilisant des événements réels marquants, que sur le « destin des masses[9]. » Le monde qu'il décrit, au fil des films, se caractérise par la manière dont le pouvoir et la société s'imposent au monde, imposant des manières d'être, des goûts, allant jusqu'à imposer sa marque sur la nature ou les rapports entre les êtres[9].

Techniques de travail[modifier | modifier le code]

Jia Zhangke a réalisé des films en 35mm et en vidéo Haute définition. Il préfère cette dernière technique car elle est pour lui « beaucoup plus magique » puisqu'elle permet une plus grande altitude dans les modifications de l'image[3].

Filmographie[modifier | modifier le code]

Réalisateur et scénariste[modifier | modifier le code]

Longs métrages
Courts métrages

Producteur[modifier | modifier le code]

En tant que directeur de la photographie[modifier | modifier le code]

  • 2001 : In Public (Gong Gong Chang Suo), (documentaire) court métrage de 30 minutes tourné en Beta SP
  • 2006 : Dong (documentaire)

En tant qu'acteur[modifier | modifier le code]

Sur Jia Zhangke[modifier | modifier le code]

Récompenses[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l, m, n, o, p, q, r et s Philippe Grangereau, « Jia Zhangke : « Mon prof avait peur que je sème la zizanie » », Libération,‎ (lire en ligne).
  2. a et b Clémentine Gallot, « Jia Zhangke en quatre dates », Le Monde,‎ (lire en ligne).
  3. a, b et c « Jia Zhangke Zhao Tao », sur sancho-asia.com,‎ (consulté le 20 mai 2015)
  4. a et b Jacques Mandelbaum, « Mountains May Depart : Mountains May Depart » : Jia Zhang-ke fait le point », Slate,‎ (lire en ligne).
  5. a et b Jean-Michel Frodon, « I wish I Knew, la mémoire et la douceur de Jia Zhang-ke », Slate.fr,‎ (lire en ligne).
  6. «A Touch of Sin», la grande marche d’une société chinoise qui déraille, RFI, 17 mai 2013
  7. Jean-Michel Frodon, « Mountains May Depart : la montagne cannoise a bougé », Slate,‎ (lire en ligne)
  8. a et b « Portrait de Jia Zhangke », sur Écran noir (consulté le 20 mai 2015)
  9. a, b et c Didier Péron, « Moutains may depart : Zhangke, Chine toquée », Libération,‎ (lire en ligne).

Liens externes[modifier | modifier le code]