Paul Brousse

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Paul Brousse
Paul Brousse dans les années 1890.
Paul Brousse dans les années 1890.
Fonctions
Député de la Seine
(3e circonscription du 18e arrondissement)
6 mai 190631 mai 1910
(4 ans, 0 mois et 25 jours)
Élection 6 mai 1906
Législature IXe législature de la IIIe République
Groupe politique Socialistes unifiés
Parti socialiste (1907-1910)
Prédécesseur Ernest Roche
Successeur Ernest Roche
Président du conseil municipal de Paris
20 mars 190512 mars 1906
(11 mois et 20 jours)
Conseiller municipal de Paris
15 mai 188718 avril 1907
(20 ans, 0 mois et 3 jours)
Biographie
Nom de naissance Paul Louis Marie Brousse
Date de naissance 23 janvier 1844
Lieu de naissance Montpellier (Hérault)
Date de décès 1er mai 1912 (à 68 ans)
Lieu de décès Neuilly-sur-Marne (Seine-et-Oise)
Nationalité Drapeau de la France Française
Profession Médecin
Paul Brousse par Aristide Delannoy en 1908 pour Les Hommes du jour.

Paul Louis Marie Brousse, né le 23 janvier 1844 à Montpellier (Hérault) et mort le 1er avril 1912 à Neuilly-sur-Marne (Seine-Saint-Denis), est un médecin et un homme politique français, militant anarchiste puis chef de file du courant « possibiliste » au sein du socialisme français.

Médecin responsable d’établissement psychiatrique[modifier | modifier le code]

Paul Brousse est né à Montpellier le 23 janvier 1844. Il fait des études de médecine à Montpellier et participe notamment à la lutte contre le choléra en 1867. Il soutient sa thèse devant la faculté de médecine de Montpellier en septembre 1880. Il exerce notamment dans le 17e arrondissement de Paris[1].

Pendant ses fonctions politiques, il continue à s’intéresser aux questions médicales et sociales. Il préside la commission du conseil général de la Seine qui supervise l’Assistance Publique. Il est notamment rapporteur du budget des asiles d'aliénés.

Après la fin de son activité élective, Paul Brousse reprend des fonctions médicales. Il est nommé directeur de l’asile d'aliénés de Ville-Évrard en 1911, il y décéda dans l'exercice de ses fonctions le 1er avril 1912.

Militant révolutionnaire et anarchiste[modifier | modifier le code]

Paul Brousse fait un séjour à Barcelone en 1872 pour échapper à des poursuites. Il y fonde un « comité de propagande révolutionnaire socialiste de la France méridionale »[2].

Paul Brousse s'engage dans l'Association internationale des travailleurs et participe en septembre 1873 au Congrès de Genève, où il revendique l'anarchisme comme seule forme d'organisation possible. Il milite dès lors à la Fédération jurassienne et participe à la rédaction de son Bulletin avec James Guillaume.

L'Avant-Garde, 8 avril 1878.

Le 18 mars 1877, il prend part, à Berne, à une manifestation à la gloire de la Commune, qui se termine en affrontement avec la police. Il est condamné à un mois de prison. Le 2 juin, il crée en collaboration avec Pierre Kropotkine et Jean-Louis Pindy le journal L'Avant-Garde, « Organe de la Fédération française de l'Association internationale des travailleurs » avant de devenir, à partir d'avril 1878, « Organe collectiviste et anarchiste ». Il tente ensuite de faire revivre une fédération française de l'AIT, qui se réunit en congrès les 19 et 20 d'août 1877 à La Chaux-de-Fonds (Suisse).

Après avoir fait l'apologie des attentats de Giovanni Passannante, Max Hödel et Karl Nobiling dans les colonnes de L'Avant-Garde, le journal est interdit en décembre 1878 et Paul Brousse arrêté. Le 15 avril 1879, il est condamné à deux mois de prison, puis à dix ans de bannissement de la Suisse.

De juin à août 1879, il séjourne à Bruxelles (Belgique) puis s’installe à Londres (Angleterre) où il collabore au lancement du journal Le Révolté. Ses positions politiques évoluent, et il veut rapprocher différentes écoles et courants socialistes. Il crée Le Travail, bulletin mensuel du Club international d'études sociales de Londres (avril 1880-octobre 1880 ?). Il rentre en France en juillet 1880[1].

Dirigeant socialiste[modifier | modifier le code]

Rentré en France en 1880, Paul Brousse s'éloigne des conceptions anarchistes pour devenir le leader d'un des principaux partis socialistes de la période 1880-1900, la Fédération des travailleurs socialistes de France (FTSF).

En 1882, lors du congrès de Saint-Étienne, les guesdistes quittent la FTSF. La majorité des délégués, autour de Brousse, Jean Allemane et Benoît Malon créent alors le Parti ouvrier socialiste révolutionnaire, avant de prendre, l’année suivante, le titre du premier parti, la FTSF.

Paul Brousse s'oppose ensuite à Jules Guesde (« la Révolution ou rien »), qui incarne le « « marxisme » en France [:qui:] est certes un article tout spécial »[3]. Brousse leur reprochant d’être des « ultramontains du socialisme », dont les décisions sont prises à l’extérieur « Leur véritable chef Marx est à Londres[2]. »

Les partisans de Paul Brousse jugent possible d'appliquer le socialisme par réforme progressive, à la fois sur le plan national (par la loi) et municipal (par la décentralisation), notamment grâce aux services publics. Son réformisme sera baptisé « broussisme » ou « possibilisme ».

Il reproche aussi aux guesdistes de ne pas s’intéresser à l’échelle communale. Brousse pense qu’il faut « abandonner le tout à la fois qui généralement aboutit au rien du tout, fractionner le but idéal en plusieurs étapes sérieuses, immédiatiser en quelque sorte quelques-unes de nos revendications pour les rendre enfin possibles ».

La FTSF fusionne en 1902 au sein du Parti socialiste français de Jean Jaurès, qui donne lui-même naissance à la SFIO après fusion avec le Parti socialiste de France en 1905.

Président du conseil municipal de Paris[modifier | modifier le code]

Paul Brousse est élu au conseil municipal de Paris de 1887 à 1906 et il représente cette institution au conseil général de la Seine.

En 1887 il devient conseiller municipal comme représentant du quartier des Épinettes (XVIIème arrondissement). Il sera réélu en 1890, 1893, 1896, 1900 et 1904. Il quitte sa fonction en devenant député en 1906 et ne se représente pas en 1908.

Il est élu vice-président (1888-1889) puis président de l'assemblée municipale (1905).

Il s’intéresse notamment à la destruction des anciennes fortifications, à la suppression de l’octroi, à la création d’universités populaires, à la mise en place d’un laboratoire municipal ainsi qu’à la situation des personnes relevant d’un traitement psychiatrique[4].

Député de la Seine[modifier | modifier le code]

Candidat aux élections législatives de 1881 à Montpellier, Brousse est battu par le député sortant Paul Ménard-Dorian.

En 1902, il échoue dans le XVIIème arrondissement de Paris (troisième circonscription de la Seine) contre un ancien socialiste devenu boulangiste puis nationaliste, Ernest Roche. Il bat ce dernier le 6 mai 1906, par 6 451 voix contre 4 992 sur 11 723 inscrits. En 1910, il est de nouveau battu par Ernest Roche avec 5 424 voix contre 5 520[1].

Brousse appartint aux commissions des Douanes, des Travaux publics et des Chemins de fer de l’Assemblée nationale.

Après son échec électoral de 1910, Paul Brousse devient en novembre 1911 directeur de l'asile d'aliénés de Ville-Evrard (Neuilly-sur-Marne). Il décède le 1er avril 1912 à Neuilly-sur-Marne (commune alors en Seine-et-Oise, actuellement en Seine-Saint-Denis).

Il est inhumé au cimetière du Père-Lachaise (division 76, face au Mur des Fédérés). Il a donné son nom à une rue de Paris (la rue du Docteur-Paul-Brousse, dans le 17e arrondissement) et à plusieurs hôpitaux, notamment l’hôpital Paul-Brousse, qui dépend de l'Assistance publique - hôpitaux de Paris (AP-HP) et est situé à Villejuif (Val-de-Marne).

Œuvres de Paul Brousse[modifier | modifier le code]

  • Le Suffrage universel et la souveraineté du peuple, Genève, 1874 (Texte réédité aux éditions le flibustier)
  • Le Marxisme dans l'Internationale, Paris, 1882,
  • La Propriété collective et les Services publics, Paris, 1883 et 1910, Éditions du Bord de l'eau, 2011, Collection Bibliothèque Républicaine, présentation de Bruno Antonini.
  • Marx et l'Internationale, Paris, 1889
  • L'État et l'école, monopole ou contrôle, Paris, 1910

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c J. Raymond et M. Vuilleumier : Brousse Paul, Louis, Marie in Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier français, dirigé par Jean Maitron, éditions de l’Atelier, 3e période (1871-1914)
  2. a et b Jean-Marcel Bichat (entretien avec Bruno Tranchant) : Paul Brousse, un progressiste avant l’heure, in L’hebdo des socialistes, Paris, 6 septembre 2008
  3. Lettre à E. Bernstein, 2 novembre 1882
  4. Jean Jolly (dir.) : Dictionnaire des parlementaires français (1889-1940), PUF, 1960

Sources[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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