Alberto Lattuada

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Alberto Lattuada

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Naissance 13 novembre 1914
Milan (Lombardie)
Italie
Nationalité Drapeau de l'Italie Italienne
Décès 3 juillet 2005 (à 90 ans)
Orvieto (Ombrie)
Italie
Profession Réalisateur, scénariste, acteur, producteur

Alberto Lattuada (né le 13 novembre 1914 à Milan et mort le 3 juillet 2005 à Orvieto[1]) est un réalisateur, scénariste, acteur et producteur italien.

Biographie[modifier | modifier le code]

Fils du musicien et compositeur d'opéras, Felice Lattuada, Alberto Lattuada se passionne très tôt pour le cinéma. Il n'est encore que lycéen, lorsqu'il devient rédacteur de Camminare (Avancer), revue bimensuelle d'avant-garde, créée au début de 1933. Il est également attiré par les arts figuratifs, dessinant sans cesse. Mais, il est aussi un lecteur des classiques, russes en particulier (son œuvre en porte la trace), et manifeste des talents d'écrivain. Dans les années qui suivent, il s'inscrit à la Faculté d'architecture de Milan et mène ces études jusqu'à l'obtention d'un diplôme.

C'est à l'Université qu'il commence réellement à s'occuper de cinéma, composant les décors d'un film en format réduit, participant comme assistant au premier grand film en couleurs tourné en Italie Il museo dell'amore (1935). Il se consacre, d'autre part, avec Mario Ferrari et Luigi Comencini, à la recherche et à la sauvegarde de copies de vieux films, à la projection de ceux-ci, puis à l'étude des films les plus dignes d'attention, travaillant à la mise sur pied d'une cinémathèque, à l'origine de la future Fondazione Cineteca Italiana di Milano. En 1938, il entre à la rédaction de Corrente, bimensuel de critique artistique et de fronde antifasciste, qui fut rapidement interrompu au moment de l'entrée en guerre de l'Italie. Il effectue parallèlement des reportages photographiques sur des films en tournage pour Tempo Illustrado, mais il en est licencié à la demande de Luigi Freddi, hiérarque fasciste. Ses expériences littéraires le conduisent à devenir l'assistant de Mario Soldati pour Piccolo mondo antico (1941) et de Ferdinando Maria Poggioli pour Sissignora (1942). Il débute sa carrière de réalisateur avec Giacomo l'idealista (1943), inspiré d'un roman d' Emilio De Marchi (es) et qui suit la tendance "calligraphique" des collaborations précédentes avec Soldati et Poggioli. La carrière d'Alberto Lattuada sera "marquée par des allers et retours entre les chroniques brutales, et souvent satiriques, de l'actualité et les adaptations littéraires raffinées."(Lorenzo Codelli)

Points de vue[modifier | modifier le code]

  •  « Il y a un secret, chez Lattuada. Il raconte de toutes les manières possibles le pathétique tendre, amer et comique de la solitude. C'est le roi de la litote invisible, il est toujours en deçà, jamais au-delà. » (Pierre Kast)[2]
  • «  Lattuada est un des auteurs italiens qui accordent la plus grande place à "la chair" comme disent les théologiens, mais à l'inverse de ces derniers, il ne considère pas cela comme un péché. Ses films sont sillonnés de femmes extraordinaires, d'érotomanes étranges (l'homme en blanc de Sans pitié) et les passions n'y masquent pas leurs aspects épidermiques. » (Michel Mardore)[3]
  • « De tous les cinéastes italiens, Lattuada est celui dont l'âge artériel est le plus vivace, celui qui est le moins complexé, qui est le plus porté sur la chose. » (Ado Kyrou)[4]
  • «  Outre la fidélité à soi-même, qui chez Lattuada est une fidélité acharnée, sauvage, indomptable, j'ai appris la patience, la discipline, l'attention vigilante jusqu'à la souffrance. J'ai appris l'exacte étude d'un caractère, d'une psychologie, le refus du lieu commun. » (Mario Soldati)[5]

Propos d'Alberto Lattuada[modifier | modifier le code]

  • « Je crois que la constante que l'on retrouve dans tous mes films, c'est l'état de solitude de l'individu en face de la société, solitude inséparable d'une aspiration de l'individu à rejoindre au sein de la société ceux qui espèrent et luttent avec lui. Attitude de rébellion, engendrée par la solitude, dressée contre elle, et ne débouchant, dans la plupart des cas, que sur la confirmation de cette solitude. » (Bianco e Nero, juin 1961).
  • « J'ai toujours eu scrupule à adhérer "triomphalement" à mon époque. J'ai même la coquetterie de vouloir n'être compris qu'avec quelque retard, et, par conséquent, de chercher à anticiper sur certains thèmes, certaines manières. Prenez Les Italiens se retournent. Dix ans avant la Nouvelle Vague la caméra portative s'y jette dans les rues, monte en automobile, se fait œil indiscret et choisit la réalité la plus secrète. Voyez encore Le Moulin du Pô, critique historique d'une époque révolue, conduite en fonction des problèmes de l'Italie contemporaine (des années avant Senso), ou Le Manteau dont le réalisme fantastique précède de beaucoup celui de La Strada. Ou I Dolci inganni (Les Adolescentes) qui a ouvert le débat sur le problème que pose aux adolescents l'éveil de leur sexualité ? Si donc je repense au Bandit et à Sans pitié, je dirai que les parties les plus valables de ces films sont aussi les plus détachées de l'événement, de l'actualité. Ce sont les plus symboliques, dont la signification se voulait universelle. Alors que les plus caduques sont les plus ancrées dans le documentaire. » (Inquadrature, octobre 1962-septembre 1963. Entretien avec Lino Peroni)
  • « Fidélité absolue à l'esprit de l'œuvre littéraire, infidélité maximum dans la conduite narrative de la transposition cinématographique : voilà comment on pourrait caractériser les rapports entre cinéma et littérature ; (...) les deux forces s'entraident, s'intègrent, se vicient, se corrompent l'une l'autre, donnant vie à des impuretés fascinantes ou révoltantes. » (Cinéma et littérature (1965), in Feuillets au vent, Éditions J.C. Lattès)

Filmographie[modifier | modifier le code]

Réalisateur[modifier | modifier le code]

Scénariste[modifier | modifier le code]

comme Acteur[modifier | modifier le code]

Mises en scène de spectacles d'opéra[modifier | modifier le code]

Récompenses[modifier | modifier le code]

Bibliographie consacrée[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Voir la chronologie de 2005 sur le site officiel de Radio Vatican
  2. in : Préface à Feuillets au vent, Éditions J.C. Lattès, Paris, 1981.
  3. in : Cinéma 61, no 56, mai 1961.
  4. in : Positif, avril 1958.
  5. Préface à Premier Plan, Alberto Lattuada, no 37, mai 1965.