Lignières (Cher)

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Lignières
Le château de Lignières.
Le château de Lignières.
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Centre
Département Cher
Arrondissement Saint-Amand-Montrond
Canton Lignières
Intercommunalité rives du Cher et de l'Arnon
Maire
Mandat
Élisabeth Barbier
2014-2020
Code postal 18160
Code commune 18127
Démographie
Gentilé Lignèrois
Population
municipale
1 454 hab. (2011)
Densité 66 hab./km2
Géographie
Coordonnées 46° 45′ 07″ N 2° 10′ 39″ E / 46.752, 2.1775 ()46° 45′ 07″ Nord 2° 10′ 39″ Est / 46.752, 2.1775 ()  
Altitude Min. 153 m – Max. 202 m
Superficie 21,88 km2
Localisation

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Lignières

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Lignières

Lignières anciennement Lignières-en-Berry, est une commune française située dans le département du Cher en région Centre.

Ses habitants sont appelés les Lignèrois.

Géographie[modifier | modifier le code]

La commune est assise sur l'Arnon, rivière qui à Lignières se divise en plusieurs bras, restes de la structure défensive de l'ancien château fort de la famille de Beaujeu. La ville s'est établie autour de ce castrum qui formait une importante place forte du Berry à la limite entre le Boischaut Sud et la Champagne berrichonne. Le territoire communal est arrosé par la rivière Arnon.

Localisation[modifier | modifier le code]

Rose des vents La Celle-Condé Montlouis Rose des vents
Saint-Hilaire-en-Lignières N Ineuil
O    Lignières    E
S
Touchay

Toponymie[modifier | modifier le code]

Contrairement aux autres villes de ce nom celui-ci, anciennement graphié « linières », n'indique pas une activité liée au bois (la « ligne » ; ce qui ne la singulariserait pas puisqu'elle se trouve dans le Boischaut Sud, la partie du Berry réputée de longue date pour l'exploitation du bois) mais au lin, fabrication locale d'antan.

Histoire[modifier | modifier le code]

Moyen Âge[modifier | modifier le code]

La ville est sise sur une zone d'occupation ancienne : on trouve dans cette zone des traces d'implantation remontant à l'époque gallo-romaine. Le village de Lignières s'est développé autour d’un château en 1040 construit à l’écart du village plus ancien de Saint-Hilaire-en-Lignières. Le nouveau village installé autour du château se développa et finit par devenir plus important que l’ancien, qui changea de nom en conséquence[1].

Si la ville eut une certaine importance stratégique et économique dans le Berry, du fait de sa position centrale entre Saint-Amand-Montrond et Issoudun (toutes deux à environ 25 km) et de Bourges et Châteauroux (à environ 45 km), les quatre principales villes du duché, elle est surtout connue par la présence de Jeanne de Valois, fille de Louis XI, connue comme sainte Jeanne de France (1464-1505), créatrice de l'ordre des sœurs de l'Annonciade, béatifiée en 1774 et canonisée en 1950. Jeanne fut élevée au château de Lignières par sa sœur Anne de Valois, dite aussi Anne de France ou Anne de Beaujeu et l'époux de celle-ci, Pierre de Beaujeu, dit Pierre II de Bourbon, et passa une part importante de sa vie dans cette ville, y compris durant les 22 années où elle fut officiellement mariée à Louis d'Orléans, le futur Louis XII, mais où elle ne vit guère son époux.

Le fief est tenu par les chevaliers de Lignières du XIe au XVe siècle jusqu'au mariage de la dernière héritière de la lignée avec Édouard de Beaujeu, attaché aux familles de Bourbon et d'Orléans, en 1431.

Renaissance[modifier | modifier le code]

Au XVIe siècle François Ier accorde l'apanage du fief à Catherine d'Amboise, veuve de Philibert de Beaujeu.

Du XVIe au XVIIIe siècle le domaine passa en diverses mains, par achat ou par héritage (Jérôme de Nouveau, la famille de La Rochefoucauld, la princesse Palatine, Colbert et ses descendants), avant de venir par mariage à la famille de Bourbon-Busset, puis à la famille de Bourbon-Parme, qui est actuellement toujours propriétaire du château.

Lors de la première des guerres de religion et à l'instar d'autres villes du duché, dont Bourges, la ville fut prise et saccagée par les huguenots en 1562 et à cette occasion, l'église fut pillée et incendiée. Lignières fut un important centre du calvinisme, à l'époque où Jean Calvin, étudiant à l'université de Bourges, créait de nombreuses écoles réformées.

Époque contemporaine[modifier | modifier le code]

La communauté de Lignières est épargnée par la crise démographique qui touche l’élection d’Issoudun au début du XVIIIe siècle, puisqu’elle passe de 178 feux en 1709 à 195 en 1726[2].

Ville de culture et d'élevage, Lignières a bénéficié à la fin du XIXe siècle d'un essor important grâce en particulier à la ligne de la société générale des chemins de fer économiques (réseau du Cher) traversant la commune. Elle était dotée à cette époque, de moulins, abattoirs, lavoirs, hospice, église et chapelle. Ses foires mensuelles étaient très réputées.

En 1844, la commune voisine de Condé se trouve partagée entre La Celle (qui deviendra La Celle-Condé), Lignières et Montlouis ; la population se trouve ainsi augmentée de quelques 200 habitants environ (2 197 âmes au recensement de 1841 et 2 542 à celui de 1846).

Au cours du XXe siècle et notamment après la Seconde Guerre mondiale elle perdit beaucoup de son importance économique au profit de communes proches (Saint-Florent-sur-Cher, La Châtre...), notamment du fait de la disparition de la ligne de chemin de fer.

Héraldique[modifier | modifier le code]

Article connexe : armorial des communes du Cher.
Blason de Lignières

Les armes de Lignières se blasonnent ainsi :

D'or au chef de vair, au lion de gueules, couronné d'or, brochant sur le tout[3].

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2011, la commune comptait 1 454 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
974 917 1 057 1 348 1 987 2 271 2 197 2 542 2 564
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
2 686 2 821 2 992 3 066 3 105 3 152 3 095 3 029 2 975
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
2 833 2 778 2 664 2 260 2 174 2 110 2 025 1 933 1 775
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2007 2011
1 814 1 831 1 887 1 829 1 650 1 588 1 537 1 530 1 454
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[4] puis Insee à partir de 2004[5].)
Histogramme de l'évolution démographique


Politique et administration[modifier | modifier le code]

Tendances politiques et résultats[modifier | modifier le code]

Liste des maires[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
mars 1989 mars 2001 Marcel Gourlier   Chef d'entreprise
mars 2001   Élisabeth Barbier DVD Réélue pour le mandat 2014-2020[6]

Économie[modifier | modifier le code]

La commune se trouve dans l'aire géographique et dans la zone de production du lait, de fabrication et d'affinage du fromage Valençay[7].

Expérience de Monnaie locale[modifier | modifier le code]

Un bon d'achat de la commune libre de Lignières.

Le village fut le théâtre dans les années 1950 d'une expérience de monnaie locale tout à fait originale dont se fit largement écho la presse de l'époque[8],[9],[10].

George Lardeau et Pierre Tournadre, pour faire face à l'exode rural et au dépérissement économique, déclarèrent le 26 avril 1956 « la commune libre de Lignières-en-Berry ».

Décidés à faire redémarrer l'activité économique, ils se mettent à distribuer gratuitement des bons de ristourne les jours de foire et les lundis de marché. Ils seront le révélateur du problème économique dont souffrait Lignières : une mauvaise circulation monétaire, car les bons, comme l'argent, étaient thésaurisés. Sur les conseils d'un ancien joaillier, Soriano, qui s'inspirait des théories de Silvio Gesell, inventeur de la monnaie franche, ils introduisirent des bons d'achats, qui avaient la particularité de se déprécier une fois par mois afin d'encourager sa circulation, dans l'économie locale, ce qui dopa les échanges économiques.

Une inspection des services financiers de la police judiciaire sur demande de la Banque de France vint enquêter sur l'affaire mais ne trouva rien d'illégal, les bons étant couverts par un dépôt en banque. En moyenne il circulait à Lignières 50 000 anciens francs (500 francs nouveaux ou 76 euros) en bons d'achats. L'expérience de Lignières rejoint les expériences de la mise en place du Wara des années 1930 ainsi que celles qui en furent inspirées, par exemple l'expérience de Wörgl.

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

* L’église Notre-Dame de Lignières (consacrée en 1450 sous le nom de Notre-Dame de l'Assomption), inscrite sur l’inventaire supplémentaire des Monuments Historiques (arrêté du 2 mars 1926), fait partie des nombreuses églises du style roman tardif avec des éléments de style gothique qu'on trouve en Berry. L'édifice initial a été construit aux XIe et XIIe siècles mais dans son aspect actuel elle comporte essentiellement des parties bâties aux XVIIe et XIXe siècles plus quelques éléments du XVIIIe siècle.

Elle fut construite à l'emplacement de la chapelle Sainte-Marie, dépendant originellement de l'église de Saint-Hilaire de Bornes (actuellement Saint-Hilaire-en-Lignières) puis rattachée au château, par décision du Pape Pascal II, en 1115. Probablement du fait de l'établissement d'un village aux abords de la place forte, la chapelle fut agrandie vers 1170. Elle connut plusieurs aménagements et réfections jusqu'au XVIe siècle mais en 1563, lors de la première guerre de religion, elle fut gravement endommagée, pillée, incendiée et en partie détruite.

De cette époque jusqu'au milieu du XIXe siècle connut plusieurs modifications, puis en 1860 fut décidée une restauration complète de la nef, commencée en 1863 d'après les plans de MM. Duchemin, architecte, et Gallicher, ingénieur, qui comme souvent à l'époque fut une complète transformation et durant laquelle furent ajoutés deux bas-côtés. Le dernier aménagement d'importance se fit en 1877 avec la construction d'un clocher en remplacement d'un dôme bâti lui-même en 1635 pour remplacer l'ancienne flèche, très délabrée alors.

* L'actuel château de Lignières, classé monument historique (arrêté du 27 juin 1935) avec ses dépendances, la cour d’honneur, les douves, les bâtiments des communs et le parc, fut construit entre 1654 et 1660 à l'emplacement de l'ancien château fort, par François Le Vau, frère de Louis Le Vau, à l'initiative de Jérôme de Nouveau, surintendant général des Postes et Relais de France, qui avait acquis la place en 1653.

Ce bâtiment est très représentatif du classicisme français ; il est plus sobre encore dans ce style que ne l'imaginait son concepteur, lequel avait prévu l'adjonction d'éléments décoratifs (statues, bustes, bas-reliefs, etc.) qui ne furent jamais installés.

Si pour l'essentiel le château correspond au bâtiment initial, certaines parties furent aménagées au cours des siècles, notamment la galerie, qui fut transformée en filature au XIXe siècle pour être reconstruite dans son état initial vers 1920.

Il n'est plus accessible au public en raison de son état calamiteux menaçant ruine, aucun travaux d'entretien n'étant engagés depuis des décennies par son propriétaire privé.

* La place du marché comporte une halle datant du XVIe siècle où se tiennent encore les marchés, qui ont lieu le lundi et le jeudi et qui accueille aussi certaines manifestations, notamment certains spectacles du festival L'Air du temps.

* La ville possède une salle de spectacle sans caractère particulier, mais qui joue un rôle important dans le tissu culturel de la région depuis sa prise en main par l'association Les Bains-Douches (anciennement Rencontres et Loisirs) en 1978.

* Sur le canton, se trouve le Pôle du cheval et de l'âne, sis à La Celle-Condé mais à l'initiative de l'association française de l'âne grand noir du Berry (AFANGNB), créée par l'association folklorique Les Thiaulins de Lignières en Berry. Ce pôle regroupe un ensemble de bâtiments, le domaine des Amourettes, et l'hippodrome de Lignières, inauguré en 2006 et remplaçant l'ancien champ de courses situé sur la commune de Lignières, qui aura organisé 11 réunions hippiques en 2008.

Personnalités liées à Lignières[modifier | modifier le code]

Sports[modifier | modifier le code]

Un cyclo-cross renommé, il fut le support des Championnats de France de cyclo-cross en 2014 et a été le support d'une manche du Challenge la France Cycliste de Cyclo-Cross en 2011.

La ville a accueilli le 3 mars 2013 les Championnats de France de cross-country.

Évènements et activités culturelles[modifier | modifier le code]

  • En 1946 Roger Pearron (qui se prononce « Pierron ») fonda l'association Les Thiaulins, une association attachée à faire vivre la culture populaire du Berry, qui s'installa au château du Plaix, sur la commune voisine de Saint-Hilaire-en-Lignières, après que la famille Goin-Berthier lui en fit don en 1961 et y établit un musée d'arts et traditions paysannes.
    Outre son fondateur et Mic Baudimant, son actuel président, qui sont tous deux, en plus de musiciens accomplis, des collecteurs reconnus pour leur travail sur la musique et le chant du Boischaut et de la Brenne, deux membres des Thiaulins ont acquis une réputation nationale ou internationale : Gilles Chabenat, vielleux réputé et inventif et Frédéric Baudimant, violoniste qui a collaboré entre autres avec le précédent et avec Florent Marchet.
  • La foire aux ânes créée dans les années 1980, à l'initiative des Thiaulins, était destinée à l'origine à la promotion et la sauvegarde de l'âne grand noir du Berry, mais qui s'est depuis élargie à la présentation d'autres races d'ânes et à celle de mulets et bardots.
  • L'association culturelle et artistique Les Bains-Douches, anciennement Rencontres et Loisirs, programme, depuis 1978, des saisons culturelles et organise depuis 1995 le festival annuel L'Air du temps pendant la semaine de l'Ascension.
  • Cinémobile

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • L'Église de Lignières, Cher, par P. Deshoulières, brochure tirée des Mémoires de la Société des antiquités du Centre, tome XXXIX, édité par l'imprimerie Veuve Tardy-Pigelet et fils, 1921 ;
  • Châteaux et Manoirs du Berry, par Philippe Seydoux, Éditions de la Morande, Paris, 1992 ;
  • Jeanne de France (1464-1505), duchesse de Berry, fondatrice de l'ordre de l'Annonciade, ouvrage collectif à l'initiative de la Bibliothèque municipale de Bourges, à l'occasion de l'exposition du même nom, éditeur Direction du livre et de la lecture et Fédération française pour la coopération des bibliothèque, collection (Re)découvertes, série « Images du Moyen Âge », 2002 ;
  • Science et Vie no 488, mai 1958, La monnaie accélérée, sous-titré 50'000 francs font vivre tout un village, par Étienne Dugue.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Archives départementales de l’Indre, Berry médiéval : à la découverte de l’Indre au Moyen Âge, catalogue d’exposition, Châteauroux, Archives départementales de l’Indre, 2009, p. 53-54
  2. Olivier Zeller, « Changement agraire et récession démographique : la première enquête Orry (1730). L'exemple de l'élection d'Issoudun », Annales de démographie historique 2/2007 (no 114), p. 168
  3. Le blason de la commune sur Gaso. Consultation : février 2009.
  4. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  5. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2011
  6. « Nouveaux maires et adjoints », L’Écho du Berry (Édition du Cher), no 3124,‎ 2 avril 2014, p. 21
  7. Site de l'Institut national de l'origine et de la qualité : Valençay, consulté le 15 août 2014.
  8. Extrait du magazine Bioscope no 4, janvier 1979, par Robert Schreiner
  9. Science et Vie no 488, mai 1958, La monnaie accélérée, sous-titré 50'000 francs font vivre tout un village, par Étienne Dugue
  10. Anonyme, Village aux assignats, Paris Match, no 477, 31 mai 1958, p. 17.