Château de Ravel

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château de Ravel
Image illustrative de l'article Château de Ravel
Le château de Ravel et son jardin
Début construction 1147
Fin construction XVIIIe siècle
Propriétaire initial Pierre de Ravel
Protection Logo monument historique Classé MH (1958)[1]
Coordonnées 45° 47′ 03″ N 3° 24′ 06″ E / 45.784038, 3.40164245° 47′ 03″ Nord 3° 24′ 06″ Est / 45.784038, 3.401642  [2]
Pays Drapeau de la France France
Région historique Auvergne
Région Auvergne
Département Puy-de-Dôme
Commune Ravel

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
château  de Ravel

Le château de Ravel est situé dans la commune de Ravel, dans le département du Puy-de-Dôme, en Auvergne.

Ancienne forteresse royale du XIIe siècle, réaménagé sans destruction au XVIIIe siècle, au jardin dessiné par André Le Nôtre, il a été l'hôte du tournage du film Les Choristes.

Histoire[modifier | modifier le code]

Le premier occupant du château, attesté en 1147, est Pierre de Ravel.

Les textes donnent ensuite comme premier seigneur Bernard de Revel (ou Ravel) vers 1171, ce dernier était bailli de Clermont et de Pont-du-Château. Les parties les plus anciennes subsistantes du château datent de cette époque.

Philippe Auguste, après Louis VII, avait profité des querelles entre les deux branches de la famille comtale d'Auvergne et les conflits entre le comte et l'évêque de Clermont pour envahir le comté en 1212 et se l'approprier.

Entre 1241 et 1271 le comté d'Auvergne avait été donné en apanage à Alphonse de Poitiers ; c'est au début du XIIIe siècle que le château est agrandi, à la suite de la prise de l'Auvergne par Philippe Auguste.

En 1283, Chatard de Ravel vend la seigneurie pour 1 200 livres au roi Philippe le Hardi.

Devenu propriété royale sous Philippe III le Hardi et Philippe IV le Bel, il est donné en mai 1294 par Philippe le Bel à Pierre Flote pour le récompenser de ses service, avant qu'il le nomme chancelier de France. Il fait des travaux dans le château et ajoute au moins 5 tours à l'enceinte qui délimite un vaste espace trapézoïdal. Il meurt à la bataille de Courtrai, en 1302.

Il eut de son mariage avec Flandrine de Châtillon-en-Bazois deux enfants : Françoise de Flote et Guillaume de Flotte de Ravel, sénéchal de Toulouse avant de devenir lui aussi, en 1339, chancelier de France.

Le fils de Guillaume, Pierre, mourut avant lui, après avoir eu de sa femme Marguerite de Châtillon un fils prénommé Guillaume. Sa fille Jeanne n'ayant pas eu d'enfant, elle laissa à sa mort en 1431 la seigneurie à André de Chauvigny.

Le château est occupé par les routiers en 1377.

La fille d'André de Chauvigny, Catherine, l'apporta par son mariage en 1460 à Charles d'Amboise. Guy, issu de leur union, n'a eu qu'une fille, Antoinette d'Amboise, veuve de son cousin Jacques d'Amboise, mariée en 1518 à Antoine de la Rochefoucauld[3] seigneur de Barbezieux, sénéchal d'Auvergne, fils de François Ier de La Rochefoucauld et de Louise de Crussol.

Leur quatrième fils, François, seigneur de Ravel en 1549, eut trois filles de son union avec Éléonore de Vienne. Le 5 août 1584, Gilberte, une de leurs filles épousa Jean III d'Estaing[4], fervent partisan de la Ligue en Auvergne avant de se rallier au roi Henri IV après sa conversion. Le château est occupé par une troupe protestante en 1589.

À la Renaissance la famille de Combourcier du Terrail y fit faire "quelques modifications" (site officiel du château de Ravel).

Le comte d'Estaing.

Le château passa aux d'Estaing ; des travaux importants sont faits au XVIIe et XVIIIe siècles, transformant la forteresse médiévale en château d'agrément par l'amiral d'Estaing, comte d'Estaing, fils du marquis de Saillant et gendre de l'amiral de Château-Renault ; embarqué pour l'Inde en 1757 sous les ordres de Lally-Tollendal, vice-amiral en 1778, il participa à la guerre d'Indépendance américaine, fut disgracié à son retour en France en 1780 ; partisan des "idées nouvelles", il fut nommé en 1789 commandant de la Garde nationale de Versailles, puis amiral en 1792, mais fut jugé et guillotiné en 1794.

Le château conserve sa chambre natale, ses instruments de navigation, une série de dix tableaux de Lebas représentant ses batailles navales (1759-1760), des maquettes de navires, son portrait enfant "en Diane chasseresse" attribué à l'atelier de Desportes, et dans une bibliothèque au curieux décor "chinoisant", 1 300 livres aux armes de la famille.

Après la mort accidentelle de son fils unique, tombé à 6 ans du balcon du salon de musique, d'Estaing avait fait légitimer sa demie-sœur et filleule, Lucie-Madeleine - qui aurait été une des maîtresses de Louis XV - en fit son héritière en 1768, ce qui lui fit porter le titre de vicomtesse de Ravel ; mère de deux filles adultérines du roi mais dernière du nom, elle mourut en 1826 (descendance).

Cela permit à Edmond Giscard et à son frère à être autorisés, par décrets en Conseil d'État des 17 juin 1922 et 16 janvier 1923, à "relever" ce nom d'une famille éteinte en l'ajoutant à leur patronyme[5].

Charles de Riberolles (1752-1827), en uniforme des gardes du corps du Roi.

En 1806 la marquise de Boysseulh vendit le château et une partie de son mobilier et des souvenirs des d'Estaing à Charles de Riberolles-Beaucène, dont les héritiers le firent protéger en 1958, le possèdent encore et l'entretiennent.

Ouverte au public, la vieille demeure présente entre autres une collection d'objets issus de l'atelier céramique qu'y créa le châtelain en 1825, dont une assiette en faïence ornée d'une caricature de Louis-Philippe Ier et une série d'imitations de terres dites sigillées.

Architecture[modifier | modifier le code]

Le château comporte une partie médiévale, le donjon du XIIIe siècle, cinq tours anciennes, dont une octogonale, et, à l'intérieur, la Salle des États, d'architecture gothique, ornée de 49 emblèmes héraldiques qui remontent au XIIIe siècle est l'une des plus anciennes frises héraldiques de France[6].

La chapelle est elle aussi gothique; les écuries datent du XVIIe siècle.

La transformation en demeure seigneuriale classique au XVIIIe siècle a respecté l'ossature gothique et la grande façade sur cour s'appuie sur les tours médiévales. La galerie d'entrée, l'escalier et la salle à manger au rez-de-chaussée, la grande galerie et le salon de musique au premier étage sont des pièces d'ordonnance classique.

Le château, la chapelle, les terrasses avec leur mur de soutènement et le petit parc ont été classés MH le 2O mai 1958[1].

Parc et jardins[modifier | modifier le code]

L'imposante terrasse dessinée par Le Nôtre, domine la plaine de la Limagne et le panorama permet de découvrir la chaîne des Dômes et des monts Dore.

Les jardins ont été inscrits au Pré-inventaire des Jardins remarquables : ils comportent la terrasse en terre-plein, l'escalier indépendant, le petit parc avec son allée et son bassin et le jardin potager[7].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Henri du Ranquet de Guérin, Ravel - Salmeranges, p. 344, dans Congrès archéologique de France. 137e session. Clermont-Ferrand. 1924, Société Française d'Archéologie, Paris, 1925.
  • Pierre Faucheux et Michel Méline, Merveilles des châteaux d'Auvergne et du Limousin (Hachette Réalités, 1971, p. 22 à 27).
  • Bruno Phalip, Le château de Ravel, p. 325-332, dans Congrès archéologique de France. 158e session. Monuments en Basse-Auvergne Grande Limagne. 2000, Société Française d'Archéologie, Paris, 2003.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]