Louis de Guyenne

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Louis de France

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Extrait d'une miniature provenant de Guillaume de Nangis, Gesta Sancti Ludovici et Regis Philippi (Paris, 1401-1415), British Library, Royal 13 B III f. 2

Titres

Dauphin de Viennois

22 janvier 139718 décembre 1415
(18 ans, 10 mois et 26 jours)

Prédécesseur Charles de France
Successeur Jean de France

Duc d'Aquitaine

140118 décembre 1415
(environ 14 ans)

Prédécesseur Charles de France
Successeur Charles de France
Biographie
Titulature Dauphin de France
Duc d'Aquitaine
Dynastie Maison de Valois
Naissance 22 janvier 1397
Décès 18 décembre 1415 (à 18 ans)
Paris (France)
Sépulture Nécropole de Saint-Denis
Père Charles VI de France
Mère Isabeau de Bavière
Religion Catholicisme
Description de cette image, également commentée ci-après

Héritiers présomptifs de la Couronne de France

Louis de France, duc de Guyenne. Né le 22 janvier 1397, mort le 18 décembre 1415. Fils de Charles VI de France et d'Isabeau de Bavière. Il fut le troisième dauphin de France.

Biographie[modifier | modifier le code]

Il est fait duc de Guyenne en 1401, duché érigé en pairie. En 1412 il reçoit aussi le titre de comte de Mortain.

Le 31 août 1404, il est marié à Marguerite de Bourgogne (1393-1441), fille aînée de Jean sans Peur.

Le 31 décembre 1409, malgré son très jeune âge, il est nommé chef du Conseil du Roi à cause de la folie de son père. Sa mère Isabeau de Bavière et son beau-père Jean sans Peur sont toutefois les vrais dirigeants du Conseil.

Il apparait véritablement sur la scène politique en 1413 au moment de la révolte cabochienne. Exerçant nominalement le pouvoir au nom de son père toujours malade, il doit faire face au soulèvement d'une partie des Parisiens menés par les bouchers de Simon Caboche, agent du parti Bourguignon.

Lors de l'émeute du 27 avril 1413, la foule parisienne vient réclamer sous ses fenêtres les têtes des "traîtres", en premier lieu celle de Pierre des Essarts[1]. Le dauphin réplique qu'il n'y a pas de traître chez lui, mais il doit finalement céder et une liste de cinquante personnes à châtier est lue sous la pression des émeutiers par son chancelier Jean Jouvenel des Ursins. Furieux, Louis se plaint de cet affront au véritable instigateur de cette émeute, son beau-père le duc Jean sans Peur. Mais ce dernier étant à ce moment maître de la capitale, le dauphin est réduit à l'impuissance. Il est ainsi contraint de s'entourer de conseillers bourguignons et de laisser ceux-ci mener des massacres dans la capitale.

Quelques mois plus tard le dauphin appuie la chute des Cabochiens et le retour au pouvoir du parti des Armagnacs. Ces derniers instituent une répression féroce à l'égard de tous les sympathisants bourguignons, à tel point que Louis se retrouve à nouveau le jouet des évènements. Presque prisonnier au Louvre, il écrit à Jean sans peur à l'hiver 1413 pour lui demander de l'aide mais le duc de Bourgogne ne peut rentrer dans la capitale.

Il meurt dans l'indifférence en décembre 1415 à 18 ans, quelques semaines après la bataille d'Azincourt où il n'était d'ailleurs pas. Son frère cadet Jean de Touraine lui succède comme dauphin de France.

Le mécène et amateur d'art[modifier | modifier le code]

Au cours de sa courte vie, le prince parvient à commander de nombreuses œuvres d'art aux artistes de son époque, à l'occasion de la constitution de son hôtel particulier ainsi que pour sa chapelle privée[2]. Outre des pièces d'orfèvrerie et de tissus, Louis de Guyenne est le commanditaire d'un bréviaire enluminé par certains des plus grands artistes de l'époque (Bibliothèque de Châteauroux), un missel (Bibliothèque Mazarine, ms. 406, inachevé), un recueil de comédies de Térence et certains historiens de l'art voient en lui le commanditaire des heures dites de Bedford[3].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Françoise Autrand, Charles VI le roi fou, Fayard, 1986 (ISBN 2213017034)
  • Jean Favier, La guerre de Cent Ans, Fayard, 1980 (ISBN 2213008981)
  • Lebailly Emilie. « Le dauphin Louis, duc de Guyenne, et les arts précieux (1409-1415) », Bulletin Monumental, Tome 163 N°4, année 2005. pp. 357-374 [lire en ligne]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Favier, p.430
  2. Emilie Lebailly, op.cit.
  3. Patricia Stirnemann, « Les Très Riches Heures et les Heures Bedford », Revista de História da Arte, no 7,‎ 2009, p. 139-151 (lire en ligne)