Prince charmant

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Prince.
Illustration de La Belle au bois dormant

Le prince charmant est un personnage type des contes populaires. Il est, comme son nom l'indique, un jeune homme, fils de roi, paré d'un charme irrésistible.

Origines[modifier | modifier le code]

Le personnage type du prince est présent dans Les Contes de ma mère l'Oye de Charles Perrault. Il y est présenté comme « le prince », le qualificatif de « charmant » n'apparaît dans aucune des œuvres de l'auteur. Il en est de même dans les reprises des frères Grimm.

Madame d'Aulnoy donne au héros de son conte La Belle aux cheveux d'or le nom d'« Avenant », et, dans L'Oiseau bleu, celui de « Roi Charmant ». Andrew Lang, dans ses adaptations de contes, reprend ces noms.

C'est dans la version de Walt Disney de Cendrillon, sorti en 1950, qu'apparaît le nom de « prince charmant », qui s'est popularisé depuis et généralisé à tous les princes de contes dans l'imaginaire collectif, même s'il est absent des autres films d'animation de Disney comme Blanche-Neige et les Sept Nains (1937) ou La Belle au bois dormant (le prince s'y appelle Philippe) (1959). Dans le ballet La Belle au bois dormant de Piotr Ilitch Tchaïkovski, le nom du prince est Florimond.

Présentation[modifier | modifier le code]

Le prince intervient généralement à la fin du conte pour délivrer une princesse en péril et l'épouser, non sans avoir parfois auparavant franchi vaillamment nombre d'obstacles, combattu une sorcière, bravé un dragon, pénétré une forêt de ronces ou gravi un éperon rocheux.

On sait finalement peu de choses sur lui : de belle allure et romanesque, il délivre la princesse et l'épouse. Enfermé dans ce stéréotype, il semble plus être la récompense de la princesse qu'un personnage à part entière.

Une variante du personnage le présente sous la forme d'une grenouille ou d'un crapaud, prisonnier de cette apparence sous l'effet d'un sortilège. Il doit, dans ce cas, être embrassé par une princesse pour que le sort soit levé.

Apparitions[modifier | modifier le code]

Image d'Épinal illustrant Cendrillon
  • Dans La Belle au bois dormant de Charles Perrault, le prince trouve l'héroïne endormie depuis cent ans. Elle se réveille à son arrivée et ils se marient (dans cette version, il n'est pas question d'un baiser).
  • Dans Cendrillon et Peau d'Âne, il rencontre furtivement la princesse sans pouvoir s'enquérir de son identité. Il doit donc se donner du mal pour retrouver sa trace en organisant une séance d'essayage (chaussure de « verre » ou de « vair » selon les versions pour la première, anneau d'or pour la seconde). Dans les deux cas, le pied ou le doigt doivent être le plus fin possible.
  • Dans Blanche-Neige de Jacob et Wilhelm Grimm, il demande aux sept nains de lui permettre de faire emporter dans son château le cercueil de verre à l'intérieur duquel la princesse a été placée après avoir croqué une moitié de pomme empoisonnée. Mais un de ses serviteurs trébuche, et le choc fait recracher à la princesse le morceau de pomme empoisonnée qui était resté coincé dans sa gorge ce qui a pour effet de la réveiller.
  • Dans Raiponce, des mêmes auteurs, un prince rencontre l'héroïne.

Rôle[modifier | modifier le code]

En tant que personnage-type, le prince est l'homme idéal paré de toutes les qualités, dont rêvent toutes les femmes.

Dans les contes populaires, il incarne ainsi l'idéal masculin éveillant l'héroïne à l'amour, à l'âge adulte, et à la sexualité. Il tire la Belle au bois dormant de son repli (forêt de ronces à vaincre, et sommeil centenaire), délivre Peau d'Âne de la menace d'inceste que son père fait peser sur elle, et soustrait Blanche-Neige et Cendrillon à la tyrannie de leurs marâtres (chose courante à l'époque de Charles Perrault, où le remariage était fréquent en raison des nombreux décès de femmes en couche).

La version que Charles Perrault a donné de La Belle au bois dormant s'adresse à un public de la haute bourgeoisie, lui inculquant des valeurs de patience et de passivité chez la femme : l'héroïne dort pendant cent ans et attendant que son prince vienne à elle pour l'épouser. De nos jours, si le personnage type garde toute sa force, il est néanmoins repris dans l'expression plus « dynamique » de « rechercher son prince charmant ».

Autres figures masculines[modifier | modifier le code]

Satire du prince charmant[modifier | modifier le code]

La satire du prince charmant a commencé dès le XIXe siècle[1]. Mais ce sont les films d'animation contemporains qui ont re-popularisés le genre. Dans la série d'animation Shrek qui satire les contes de fées, le prince charmant est présenté comme vaniteux, hautain, soucieux de son apparence, incarnant le très moderne métrosexuel. De « gentil », il devient « méchant » et se trouve même à la tête d'un coup d'État dans Shrek le troisième. C'est finalement l'Ogre qui épouse la princesse, mais il s'agit d'un ogre « en apparence » (il ne mange pas les enfants) et d'une princesse avec un côté sombre. La nouveauté du récit est de prendre les stéréotypes à contre-pied en invitant à ne pas juger sur de simples apparences  : l'Ogre est le brave type qu'on juge sur son physique, la princesse a une face publique (le jour) et privée (la nuit), le prince charmant est un bellâtre qui mise beaucoup sur son physique, etc. La conseillère Nadège Ruelland en relations conjugales a montré dans son livre "la problématique du prince charmant chez les femmes de 1960 à nos jours" (Éditions l'harmattan, 2009) la difficulté chez les femmes à conscientiser l'homme idéal.

Adaptations[modifier | modifier le code]

Le personnage a fait l'objet d'adaptations et parodies dans diverses œuvres :

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Hermeline Pernoud, Cessez donc de croire aux princes charmants! Perversion de l’idéal masculin dans les contes de fées du XIXème siècle, conférence donnée à Paris III lors du Séminaire "jeunes chercheurs" du 10/06/2013 et à lire en ligne sur le site du CRP19 : http://crp19.org/article/paris-3

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :