Lanzarote

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Lanzarote
Lancerotte (fr)
Image satellite de Lanzarote.
Image satellite de Lanzarote.
Géographie
Pays Drapeau de l'Espagne Espagne
Archipel Îles Canaries
Localisation Océan Atlantique
Coordonnées 29° 02′ 56″ N 13° 37′ 12″ O / 29.0488, -13.6229° 02′ 56″ N 13° 37′ 12″ O / 29.0488, -13.62  
Superficie 845,94 km2
Point culminant Peñas del Chache (670 m)
Géologie Île volcanique
Administration
Statut Réserve de biosphère

Communauté autonome Îles Canaries
Province Las Palmas
Municipalités Arrecife, Haría, San Bartolomé, Teguise, Tías, Tinajo, Yaiza
Démographie
Population 142 517 hab. (2011[1])
Densité 168,47 hab./km2
Plus grande ville Arrecife
Autres informations
Découverte Préhistoire
Fuseau horaire UTC+0
Site officiel www.cabildodelanzarote.com/

Géolocalisation sur la carte : Îles Canaries

(Voir situation sur carte : Îles Canaries)
Lanzarote
Lanzarote
Îles d'Espagne

Lanzarote, autrefois appelée en français Lancerotte, est une île d'Espagne située dans l'océan Atlantique et faisant partie des îles Canaries. Administrativement, l'île fait partie de la province de Las Palmas dans la communauté autonome des îles Canaries. Peuplée de 142 517 habitants, sa capitale est Arrecife.

Étymologie[modifier | modifier le code]

Le nom de l'île viendrait du marin génois Lancelot Maloisel qui visita l'île au XIVe siècle : l'île est en effet qualifiée de Insula de Lanzarotus Marocelus dans le portulan d'Angelino Dulcert (1339). Selon le philologue Ignacio Reyes, le nom pourrait venir de l'appellation en castillan ancien (et aussi en portugais) des tabaibas (Euphorbia balsamifera) ou Dolatelac (nom amazighe de l'île d'après une bulle papale de l'année 1431)[2].

Géographie[modifier | modifier le code]

Topographie[modifier | modifier le code]

Lanzarote, si l'on excepte l'îlot inhabité de Roque del Este, est l'île la plus orientale de l'archipel des îles Canaries situé dans l'océan Atlantique, au large des côtes africaines. L'île se trouve à 1 000 kilomètres de l'Espagne continentale au nord-est et à 140 kilomètres des côtes marocaines au sud-est. Les îles de Fuerteventura et de Los Lobos se trouvent au sud-ouest tandis que celles d'Alegranza, de La Graciosa, de Montaña Clara, de Roque del Este et de Roque del Oeste se trouvent au nord-est.

D'une superficie de 845,94 km2, l'île culmine à 670 mètres d'altitude aux Peñas del Chache. D'origine volcanique, une grande partie des roches en surface sont récentes d'un point de vue géologique en raison de la grande activité de ses volcans au début du XVIIIe siècle. Le tunnel de l'Atlantide qui se trouve non loin des côtes de Lanzarote est le tunnel de lave sous-marin le plus long du monde. L'île, dont le parc national de Timanfaya, constitue une réserve de biosphère de l'Unesco.

L'île mesure environ 60 km de long (axe Nord-Sud) pour 25 km de large (axe Est-Ouest). La côte s'étire sur 213 km pour la plupart rocheuse mais comptant 26 km de plage.

Climat[modifier | modifier le code]

Diagramme climatique de Lanzarote.

Lanzarote se situe dans la zone climatique chaude et sèche qui correspond à sa latitude, incluse dans la ceinture de hautes pressions subtropicales. Son climat est subdésertique et se caractérise par un régime pluviométrique faible inférieur à 200 millimètres annuels, dû au fait que l'altitude globalement faible (sauf dans les zones de Los Ajaches et de los Riscos de Famara) ne permet pas la rétention de l'humidité contenue dans les alizés via le phénomène des pluies orographiques contrairement aux îles plus occidentales de l'archipel.

Les températures maximales oscillent à Lanzarote entre 22 et 25 °C tandis que les minimales ne descendent pas en dessous des 12 °C en hiver. La moyenne annuelle des précipitations est de 200 millimètres avec des variations entre 250 millimètres à Famara et seulement 50 millimètres dans la zone de la côte du Rubicon. Le climat est beaucoup plus tempéré que sa latitude ne le laisse supposer. Deux éléments climatiques participent à cette douceur atmosphérique : les alizés et le courant froid des Canaries. Le vent est présent pratiquement en permanence sur l'île. Les mois d'été, le sirocco (aussi appelé calima aux îles Canaries) souffle parfois violemment, provoquant des tempêtes chargées de sable du désert qui réduisent fortement la visibilité et faisant monter les températures jusqu'à plus de quarante degrés Celsius (46 °C en 2004).

Histoire[modifier | modifier le code]

Paysage volcanique à Lanzarote.

Premiers habitants[modifier | modifier le code]

Lanzarote est habitée depuis au moins deux millénaires. Connus sous le nom de mahos ou mahoreros, les habitants de l'île feraient partie des peuples guanches. L’origine de ces peuples serait amazighe (ou berbère)[3]. Quelques similitudes ont été repérées entre leur langue et le berbère touareg, ce qui a soulevé l’hypothèse de vagues migratoires berbères successives depuis l'Afrique du Nord. En se fondant sur un toponyme géographique touareg d’Algérie centrale, des chercheurs affirment que le nom originel de Lanzarote, Tyterogaka, signifie « La Brûlée » et d'après Ignacio Reyes « la toute jaune »[4].

Les recherches ont déterminé que l'organisation sociale était adaptée aux conditions de l'île, pauvre en ressources. La hiérarchie était patriarcale et héréditaire, exercée par des rois ou menceyes qui étaient élus par les nobles. Leur justice, qui était extrêmement dure selon les premiers visiteurs européens, s'administrait sur la place publique ou tagoror.

Les anciens Mahoreros vivaient d'élevage, de coquillages du bord de mer, de la collecte de fruits et possédaient une agriculture très limitée. Ils ne connaissaient pas les métaux et avaient perdu les connaissances concernant la navigation océanique. Ils vivaient dans des grottes ou des huttes de pierre semi-enterrées, les casas hondas, se couvraient de peaux de chèvres non tannées et s'alimentaient de gofio, de viande de chèvre et de poisson. Presque toutes les chroniques parlent de leur caractère paisible et hospitalier et de leur goût pour la musique et la danse.

Les descriptions que firent les premiers Européens qui visitèrent l'île pendant le Moyen Âge tardif parlent d'« hommes de race blanche, grands, musclés, de grande beauté, et beaucoup d'entre eux étaient blonds… ». Ces descriptions offraient une vision plutôt idéalisée. Les informations disponibles sur les aborigènes de l'île sont indirectes et peu fiables. La source documentaire la plus importante est Le Canarien, récit écrit par les chapelains domestiques des Francs normands Jean de Béthencourt et Gadifer de La Salle pendant l'invasion de l'île en 1402. Bien qu'il existe certaines inscriptions aborigènes en écriture libyco-berbères ou tifinagh, celles-ci n'ont pas pu être traduites.

Conquête de Lanzarote[modifier | modifier le code]

Animation représentant Lanzarote et Graciosa en trois dimensions.

L'île de Lanzarote était déjà connue dans l'Antiquité. Elle fut visitée par les Phéniciens qui venaient y chercher la orchilla, la précieuse teinture rouge qui pousse sur les roches orientées au nord de l'île.

Des fouilles archéologiques ont été réalisées par l'équipe de Pablo Atoche Peña, de l'Université de Las Palmas de Gran Canaria, et de Juan Ángel Paz Peralta, de l'université de Saragosse. Environ 100 tessons de poterie romaine, neuf pièces de métal, et une pièce de verre ont été trouvés dans des couches datées entre le premier et quatrième siècles avant JC.

L'unique témoignage écrit de l'époque médiévale, peu fiable, est le voyage de San Borondón. En 1312, le navigateur génois Lancelot Maloisel redécouvrit l'île de Lanzarote pour l'Europe et lui donna son nom actuel, qui apparaît pour la première fois sur la carte d'Angelino Dulcert en 1339. Pendant les cinquante années qui suivirent, plusieurs expéditions, ou plutôt razzias, furent organisées à la recherche d'esclaves, de peaux et de teintures. Commence alors le déclin de la population aborigène. En 1377, Ruiz de Avendaño, commandant corsaire de la flotte castillane, fait naufrage après une tempête sur l'île de Lanzarote, où il est reçu par le roi Zonzamas qui lui offre l'hospitalité du lit de la reine Fayna. De cette relation naîtra la princesse Ico, blanche et blonde, mère du dernier roi de Lanzarote, Guardafia. En 1393, le noble castillan Almonáster arrive à Lanzarote. Lorsqu'il retourne dans la péninsule Ibérique, il ramène avec lui des autochtones et certains produits agricoles.

Les premières expéditions européennes qui vinrent à la recherche d'esclaves faisaient tout d'abord escale à Lanzarote et à La Graciosa, îles les plus proches de la péninsule ibérique. Il s'ensuivit un déclin démographique pendant le XIVe siècle, si bien que lors des premières expéditions de conquête, la population était en net recul.

La conquête définitive de l'île se produit avec l'expédition des mercenaires et des aventuriers normands Jean de Béthencourt et Gadifer de La Salle, au service d'Henri III de Castille. À leur arrivée sur l'île en 1402, il ne reste que 300 autochtones et les expéditionnaires s'établissent sur la côte du Rubicon, dans le sud de l'île. À la suite de l'essai infructueux de conquête de Fuerteventura, Béthencourt retourne en Castille et il se voit offrir la seigneurie de Lanzarote. À son retour, la résistance des autochtones a été réprimée à feu et à sang par Gadifer de la Salle. Après les échecs successifs de conquête des autres îles et étant donné le peu d'intérêt commercial que recélait alors Lanzarote, Jean de Béthencourt cède la seigneurie de l'île à son parent Maciot de Béthencourt.

Seigneurie féodale[modifier | modifier le code]

Lanzarote devient une seigneurie féodale qui passe des mains des descendants de Jean de Béthencourt à des nobles andalous comme le comte Niebla, Hernán de Peraza et Pedro Barba.

En ces premières années, un important contingent d'origine berbère est amené sur l'île afin de la repeupler. Ce nouvel apport se mêlera à la population aborigène et aux colons européens.

Pendant les siècles suivants, l'île maintiendra une structure de pouvoir féodal jusqu'à l'abolition de la seigneurie par les cours de Cadix en 1812.

Du fait de sa proximité des côtes africaines, Lanzarote sera l'objet d'attaques de pirates berbères et européens. En 1586, le corsaire berbère Amurat prend l'île avec cinq cents hommes et capture la famille du seigneur. En 1618, Soliman envahit et rase l'île. Lors de sa dernière expédition à la recherche de l'Eldorado, Sir Walter Raleigh attaque Arrecife en 1617 et rase la ville. La population se réfugie pendant les attaques dans la cueva de los Verdes, la « grotte des verts ».

L'éruption de Timanfaya[modifier | modifier le code]

« Le 1er septembre 1730, entre les neuf heures et les dix heures du soir, la terre s'ouvrit à Timanfaya, à deux ligues de Yaiza… et une énorme montagne s'éleva du sein de la terre », selon le témoignage du curé Lorenzo Curbelo. L'île se transforma entièrement. Dix villages furent enterrés (Tingafa, Montaña Blanca, Maretas, Santa Catalina, Jaretas, San Juan, Peña de Palmas, Testeina et Rodeos) et pendant six ans la lave s'étendit au sud, couvrant un quart de l'île et recouvrant les plaines alentour de cendres volcaniques.

En 1824, les éruptions reprirent à Timanfaya. S'ensuivirent de terribles famines, et une bonne partie de la population se vit obligée d'émigrer. Depuis, le paysage s'est transformé grâce aux techniques agricoles de culture sur lapillis volcaniques que les conejeros utilisent pour retenir l'humidité des alizés. Le parc national de Timanfaya offre un bel aperçu des vestiges de l'éruption.

XVIIIe siècle - XIXe siècle[modifier | modifier le code]

Plants de vigne protégés du vent par un muret semi-circulaire à La Geria.
Creux de vigne à La Geria (récupère la rosée en plus de protéger du vent le plant de vigne).

Pendant la seconde moitié du XVIIIe siècle, on introduisit la culture de la soude, plante rampante riche en alcalis qui s'utilisait dans la fabrication du savon.

D'Amérique vint à Lanzarote la culture de la cochenille sur figuiers de barbarie, de la pomme de terre et de la tomate. La cochenille fut durant un temps une des industries les plus importantes de l'île. On peut encore en voir les plantations dans les villages de Guatiza (en) et Mala.

D'Europe arrivèrent les ceps de vigne avec lesquels se fera le vin de malvasía (vin de Malvoisie), vin préféré du personnage de William Shakespeare, Falstaff. Cette viticulture a laissé son empreinte dans le paysage : les ceps sont protégés du vent desséchant par plantation dans des creux et derrière des murets semi-circulaires en empilement de pierres crues, comme autant d'écailles, piquées chacune d'une tache verte, recouvrant le sol volcanique sombre. Les plants de vigne, nichés dans des cratères faits de poudre de lave, sont enfoncés à une profondeur suffisante pour que les racines atteignent le sol arable. La rosée nocturne restitue l'humidité aux ceps[5]. Il existe aussi quelques cabanes de vigne, du nom de taro, construites en blocs irréguliers de pierre volcanique[6].

Article détaillé : La Geria.

XXe siècle[modifier | modifier le code]

Le jardin de cactus

Pendant le XXe siècle, l'économie de l'île passe d'une dépendance de l'agriculture et de la salaison du poisson à une dépendance quasi-exclusive du tourisme.

Le personnage de César Manrique joue alors un rôle-clef dans le développement touristique de l'île. Non seulement il défend le paysage originel de Lanzarote, mais de plus il est à l'origine des aménagements touristiques mettant en valeur les richesses naturelles de l'île. Les jameos del Agua, le Mirador del Río, le Jardin de Cactus et el Taro de Tahiche créés par Manrique sont des lieux incontournables pour les touristes. Mais malgré ces belles réalisations et la reconnaissance de l'île comme réserve de biosphère en 1993 par l'Unesco, il est à craindre que l'environnement ait à souffrir d'un tourisme de plus en plus envahissant.

Une économie tournée vers le tourisme a fait passer Lanzarote de l'état d'une île d'où l'on émigrait à celui d'une île à forte immigration, source d'une forte hausse démographique.

Une de ses villes, Charco del Palo (en), est entièrement nudiste.

L'île dispose d'un aéroport international par lequel 5 626 337 voyageurs ont transité en 2006[7].

Démographie[modifier | modifier le code]

Plage de Papagayo.

En 2011, la population totale de l'île est de 142 517 habitants[1]. Le siège du gouvernement insulaire, en espagnol Cabildo Insular, se trouve dans la capitale, Arrecife, laquelle compte 59 127 habitants. La majorité des habitants sont d'origine espagnole (73,9 %) mais un nombre importants de résidents proviennent d'autres pays européens, principalement du Royaume-Uni (4 %), d'Allemagne (2,6 %) et d'Irlande (2,5 %). Des immigrants venant de Colombie, du Maroc, d'Équateur, d'Afrique de l'Ouest, de Chine et d'Inde, constituant une bonne partie des 15,6 % restants de la population[8].

Nationalité Nombre d'habitants Part dans la population totale
Espagnols 99 929 73,9 %
Colombiens 5 703 4,2 %
Britanniques 5 420 4 %
Marocains 3 606 2,7 %
Allemands 3 450 2,6 %
Irlandais 3 378 2,5 %
Équatoriens 1 950 1,4 %
Autres nationalités 11 758 8,7 %

Administration[modifier | modifier le code]

Lanzarote fait partie de la province de Las Palmas de la communauté autonome des îles Canaries. L'île est divisée en sept municipalités :

Principales stations[modifier | modifier le code]

Principales curiosités[modifier | modifier le code]

Dans la culture[modifier | modifier le code]

Lanzarote constitue le cadre principal du récit homonyme de l'écrivain français Michel Houellebecq. De même, une partie importante de l'action de La Possibilité d'une île, un autre roman de cet auteur, se déroule sur l'île, lieu chargé en énergie volcanique qui est choisi par la secte des Elohimites pour y établir son ambassade[9].

L'île sert également de cadre au film Étreintes brisées de Pedro Almodóvar, où se retrouve un couple en cavale, et a servi de lieu de tournage des films Enemy (1985), Krull (1983), Un million d'années avant J.C. (1966), du téléfilm L'Île mystérieuse par Juan Antonio Bardem et Henri Colpi (1972)[10] et La Route de Salina de Georges Lautner (1971) près des salines de Janubio.

Personnalités[modifier | modifier le code]

L'artiste espagnol César Manrique et l'écrivain et journaliste portugais José Saramago, prix Nobel de littérature en 1998, sont parmi les personnalités ayant vécu sur l'île.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b (es) Instituto Canario de Estadística (ISTAC), chiffres de 2011
  2. Ignacio Reyes García, Diccionario ínsuloamaziq, rubrique Dolatelac.
  3. (es) Ignacio Reyes García, [1] Balance de lingüística ínsuloamazighe, Consideraciones heurísticas, metodológicas y dialectales, in VI Congreso de Patrimonio Histórico, Lanzarote, 10-12 de septiembre de 2008.
  4. (es) Ignacio Reyes García,Diccionario ínsuloamaziq, rubrique Tyterogaka].
  5. (fr) « Les murets de pierre sèche semi-circulaires du vignoble de Lanzarote (îles Canaries, Espagne) » (consulté le 2 juin 2010)
  6. Borut Juvanec, (en) "Taro". Lanzarote's Stone Architecture: So Important and Unknown / (es) "Taro". La arquitectura de piedra de Lanzarote: tan importante y desconoscida, Piedras con Raíces, invierno 2012, p. 28-39.
  7. (es) Tráfico de pasajeros, operaciones y carga en los aeropuertos españoles 2006.
  8. (es) « Población de Lanzarote según nacionalidad y municipio de residencia (2009) », sur http://www.datosdelanzarote.com/ (consulté le 2 juin 2010)
  9. Michel Houellebecq, La Possibilité d'une île, Fayard,‎ 2005 (présentation en ligne)
  10. L'Ile mystérieuse (1972) Henri Colpi, Juan Antonio Bardem La Cinémathèque française

Liens externes[modifier | modifier le code]

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