Jean de Béthencourt

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Jean de Béthencourt
Image illustrative de l'article Jean de Béthencourt

Naissance 1362
Grainville-la-Teinturière
Décès 1425 (à 63 ans)
Grainville-la-Teinturière

Jean IV de Béthencourt, né en 1360 ou 1362 au château de Grainville-la-Teinturière (en Normandie) où il est mort en 1425, est un explorateur et conquérant français qui mena en 1402 une expédition aux îles Canaries, débarquant à Lanzarote puis conquérant les îles de Fuerteventura (1405) et de Hierro, chassant les chefs locaux indigènes. Béthencourt reçut le titre de roi des îles Canaries mais reconnut comme son suzerain le roi Henri III de Castille, qui lui avait fourni une aide durant la conquête.


Titres[modifier | modifier le code]

Jean de Béthencourt est seigneur de Béthencourt-sur-Mer, en Picardie, de Saint-Vincent-de-Rouvray, de Grainville-la-Teinturière, en Normandie, de Lincourt, de Biville, du Grand-Quesnay, de Haqueleu et de Saint-Saire et baron de Saint-Martin-le-Gaillard.

Famille[modifier | modifier le code]

Son trisaïeul, Renaud Ier de Béthencourt, seigneur de Béthencourt-sur-Mer et de Saint-Vincent-de-Rouvray, succéda aux seigneuries de son père, Philippe de Béthencourt, chevalier normand, seigneur de Béthencourt-sur-Mer et de Saint-Vincent-de-Rouvray, décédé en 1278. Il fut le père de :

Jean Ier de Béthencourt, seigneur de Béthencourt-sur-Mer et de Saint-Vincent-de-Rouvray, né entre 1270 et 1280 et décédé en 1337, qui suivit la carrière des armes, et fut marié à Nicole de Grainville, dame de Grainville-la-Teinturière. Ils eurent pour fils :

Jean II de Béthencourt, qui suivit également la carrière des armes. Il fut tué au combat de Honfleur en 1358 en compagnie de Robert de Clermont, maréchal de Normandie. Marié à Isabeau de Saint-Martin, fille et héritière du baron Jean de Saint-Martin-le-Gaillard, dans le comté d'Eu, au nord de Dieppe (qui descendrait de l'illustre famille des Martel, seigneurs de Bacville, alliée aux Mortemer et aux d'Harcourt) et de la baronne Marie d'Auxy (descendante d'une famille célèbre de Picardie). Ils furent les parents de :

Jean III de Béthencourt, seigneur de Béthencourt-sur-Mer, de Saint-Vincent-de-Rouvray et de Grainville-la-Teinturière et baron de Saint-Martin-le-Gaillard, chambellan-majeur du duc de Bourgogne, né en 1335 et tué lors de la bataille de Cocherel en 1364, marié à Marie de Bracquemont, tante de Robert de Bracquemont, amiral de France. Ils eurent :

1) Jean IV, objet du présent article.

2) Renaud II de Béthencourt, seigneur de Glatigny et de Manguenchy, né peu après la mort de son père, auquel son frère a laissé les fiefs de Glatigny et de Mauquenchy. Il fut chambellan du roi de France et grand-maître de la maison du duc de Bourgogne. Marié avec Philippote Fayel de Troyes, il eut entre autres deux fils :

a) Henri de Béthencourt, appelé Maciot[1], qui collabora avec son oncle Jean IV à la conquête des Canaries, épousa sa cousine germaine Marguerite de Béthencourt, fille bâtarde de Jean IV, et eut une descendance Bettencourt/Betancourt illustre dans les Canaries et dans l'île de Madère (la base Roglo donne Henri comme bâtard, et non comme fils légitime).

b) Georges de Béthencourt, passé en Castille avec son oncle et son frère, parait être resté à Valladolid pour traiter des affaires de son oncle, et se maria avec Elvira de Ávila, fille d'Esteban Domínguez de Ávila, seigneur de Navas et de Cespedoza, en Galice. Il eut une descendance de Bettencourt illustre dans les îles de Graciosa et de Terceira. Ce nom se généralisa sous la forme de Bettencourt, mais apparaissent souvent d'autres formes, comme de Bethencourt, de Betancour, de Betancor, etc.

Le blason de la famille était : d'argent au lion de sable, armé et lampassé de gueules. Pour timbre : le lion de l'écu.

Biographie[modifier | modifier le code]

Conseiller et chambellan de Charles VI, Jean de Béthencourt est originaire de Grainville-la-Teinturière, une petite ville du pays de Caux, où les foulons et les tisserands font grand usage de l'orseille, un colorant végétal rouge originaire des îles Canaries. Il décide de s'éloigner de la guerre de Cent Ans qui ravage son pays. Il se peut que le pape Benoit XIII à Avignon, dont la garde est dirigée par Robert de Bracquemont qui est un parent et protecteur, lui ait attribué la possession de ces îles Canaries qui n’avaient pas de seigneur chrétien. Peut-être voulait-il aussi mettre un peu d'espace entre lui et ses créanciers.

Le , avec le désir de trouver de nouvelles terres, Jean de Béthencourt quitte La Rochelle avec son associé Gadifer de la Salle, sur deux navires comprenant un équipage de quatre-vingts hommes. Lorsqu'il relâche durant plusieurs semaines à Cadix, vingt-six de ses hommes désertent. Ceux qui restent débarquent à Lanzarote, une île peu peuplée de l'archipel, et défont aisément les 300 Guanches qui habitent l'île. Ils conquièrent et colonisent ensuite les îles voisines de Fuerteventura, puis d'El Hierro. Béthencourt reconnaît comme suzerain le roi Henri III de Castille qui l'avait aidé durant la conquête et reçoit de lui le titre de « Roi et seigneur des îles Canaries ». Sa conquête lui assure le fructueux monopole sur l'orseille. En 1406, il laisse le gouvernement des Canaries à son neveu Maciot de Béthencourt et revient dans son pays pour y passer le reste de ses jours. En 1415, le débarquement des Anglais à Harfleur, coupant la route des îles Canaries, aura raison de l'entreprise de Jean de Béthencourt qui transfère sa conquête au roi de Castille, en 1418.

La chronique de son expédition avec Gadifer de La Salle aux Canaries est contenue dans Le Canarien.

De sa liaison avec Lerize Guardateme, princesse de la maison royale des Canaries et dame de l'île de Lanzarote, fille de Fernando Guardateme, roi des îles Canaries, qui s'était converti au christianisme, il avait eu une fille, Margueritte ou Marguerite de Béthencourt, mariée à son cousin germain Henri de Béthencourt cité ci-dessus.

Il est enterré dans l'église de la cité de Grainville-la-Teinturière, devant le maître-autel.

Son neveu Henri vend les Canaries à l'infant Henri le Navigateur et passe à l'île de Madère, où il vit honorablement, ayant privilège des savonneries de l'île. Il fut chevalier de l'Ordre de Malte et a laissé une descendance illégitime.

Œuvre[modifier | modifier le code]

Gravure du Canarien montrant l’expédition de 1402
  • Jean de Béthencourt, Le Canarien : Histoire de la première descouverte et conqueste des Canaries, faite dès l’an 1402 escrite du temps mesme par Jean de Béthencourt, plus un Traicté de la navigation et des voyages de descouverte et conquestes modernes et principales des François (1402-1422), introduction et notes par Gabriel Gravier, Société de l’histoire de Normandie, Rouen, C. Métérie, 1874.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Le nom Maciot ou Meciot, qui au XVe siècle présentait la forme Maciote, serait l'altération de Mathieu. D'autres pensent qu'il s'agit de la déformation du titre donné à Jean IV et à Henri de Béthencourt : messire.[réf. nécessaire]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sources et bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Sur son ancêtre Jean de Béthencourt, seigneur en 1231 de Béthencourt-sur-Somme, et ses armoiries, voir : Jürgen Klötgen, « Une charte rare et inédite de Jean de Béthencourt (1231) », Revue historique et archéologique du Maine, t. CLVI, 2005, p. 321-330 (Ms. et sceau de Béthencourt ancien).
  • Léon Guérin, Les navigateurs français : histoire des navigations, découvertes, et colonisations françaises, Belin-Leprieur et Morizot,‎ (lire en ligne), p. 1 et suiv.
  • Jean Braunstein, Jean de Béthencourt, un Normand à la conquête des Canaries, Condé-sur-Noireau, éditions Charles Corlet, 2001. (ISBN 2-85480-963-7)
  • Roger Dévigne, Jean de Béthencourt, roi des Canaries, 1402-1422, Toulouse, Didier, 1944.
  • Pierre Bontier, Jean Le Verrier, Gabriel Gravier, Le Canarien, livre de la conquête et conversion des Canaries (1402-1422) par Jean de Béthencourt, Rouen, C. Métérie, 1874.
  • Pierre Margry, La Conquête et les conquérants des Iles Canaries, Paris, E. Leroux, 1896.
  • Bruno Malfante, Le Canarien, ou la conquête des îles Canaries par Jean de Béthencourt, Rouen, L'Écho des vagues,‎ , 152 p.
  • Afonso Eduardo Martins Zúquete, Armorial Lusitano, Lisbonne, Editorial Enciclopédia, 1961, p. 97-99.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]