Jean de Béthencourt

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Jean de Béthencourt

Monsieur Jhean ou Jean IV de Béthencourt, né en 1360 ou 1362 dans le Château de Grainville-la-Teinturière où il est mort en 1425, est un explorateur et conquérant français. Seigneur de Béthencourt-sur-Mer, en Picardie, de Saint-Vincent-de-Rouvray, de Grainville-la-Teinturière, en Normandie, de Lincourt, de Biville, du Grand-Quesnay, de Haqueleu et de Saint-Saire et baron de Saint-Martin-le-Gaillard.

Famille[modifier | modifier le code]

Fils de Monsieur Jhean ou Jean III de Béthencourt, seigneur de Béthencourt-sur-Mer, de Saint-Vincent-de-Rouvray et de Grainville-la-Teinturière et baron de Saint-Martin-le-Gaillard, chambellain-majeur du duc de Bourgogne, né en 1335 et tué lors de la bataille de Cocherel en 1364, et de sa femme Madame Marie de Bracquemont, sœur de Robert de Bracquemont, il était le frère aîné de Regnault ou Renaud II de Béthencourt, seigneur de Glatigny et de Manguenchy, né peu après la mort de son père, auquel son frère avait laissé les fiefs de Glatigny et de Manguenchy, qui fu chambellan du roi de France et grand-maître de la maison du duc de Bourgogne et qui avait succédé dans les seigneuries de son frère Jean IV; il marié avec Philippote Fayel de Troyes et eut, parmi d'autres, deux fils: Monsieur Henri de Béthencourt, appelé Maciot[1], qui avait colaboré avec son oncle Jean IV dans la conquête des Canaries, ou il resté, marié avec sa cousine germaine Margueritte ou Marguerite de Béthencourt, fille du même Jean IV, et eu descendance de Bettencourt illustre dans les Canaries, lequel s'était uni avec les de Aguilar, et dans l'île de Madère, et Georges de Béthencourt, qui passé à Castille avec son oncle et son frère, qui parait d'avoir resté en Valladolid pour traiter des affaires de son oncle, et où il marié avec Elvira de Ávila, fille de Esteban Domínguez de Ávila, seigneur de Navas et de Cespedoza, en Galice, et de sa femme, et eut descendance de Bettencourt illustre dans les îles de Graciosa et de Terceira. Son surnom s'était généralisé avec la forme de Bettencourt, apparaissant souvent d'autres formes, détrupées, comme de Bethencourt, de Betancour, de Betancor, etc.

Son grand-père paternel Jhean ou Jean II de Béthencourt, seigneur de Béthencourt-sur-Mer, de Saint-Vincent-de-Rouvray et de Grainville-la-Teinturière, comme son père, suivit la carrière des armes et presté des rélévants services. Il avait eté tué dans le combat de Honfleur en compagnie de Robert de Clermont, maréchal de Normandie. Il marié avec Isabeau de Saint-Martin, fille et héritière des barons de Saint-Martin-le-Gaillard, dans le comté d'Eu, au nord de Dieppe. Le père de cette-là, le baron Jhean ou Jean de Saint-Martin, descendrait de Gauthier de Saint-Martin et de l'ilustre famille des Martel, seigneurs de Bacville, alliée aux de Mortemer et aux d'Harcourt. Sa mère, la baronne Marie d'Auxy, était déscendante d'une connue famille de la Picardie.

Son arrière-grand-père Jhean ou Jean I de Béthencourt, seigneur de Béthencourt-sur-Mer et de Saint-Vincent-de-Rouvray, né entre 1270 et 1280 et décédé en 1337, suivit la carrière des armes et presté des rélévants services et marié avec Nicole de Grainville, dame de Grainville-la-Teinturière.

Son arrière-arrière-grand-père Regnault ou Renaud I de Béthencourt, seigneur de Béthencourt-sur-Mer et de Saint-Vincent-de-Rouvray, sucédé aux seigneuries de son père, Philippe de Béthencourt, chevalier normand, seigneur de Béthencourt-sur-Mer et de Saint-Vincent-de-Rouvray, décédu en 1278.

Son blason était: d'argent, avec un lion de noir, armé et lampassé de rouge; timbre: le lion de l'écu.

Biographie[modifier | modifier le code]

Conseiller et chambellan de Charles VI, Jean de Béthencourt est originaire de Grainville-la-Teinturière, une petite ville du pays de Caux, où les foulons et les tisserands font grand usage de l'orseille un colorant végétal rouge originaire des îles Canaries. Il décide de s'éloigner de la guerre de Cent Ans qui ravage son pays. Il se peut que le pape Benoit XIII à Avignon, dont la garde est dirigée par Robert de Bracquemont qui est un parent et protecteur, lui ait attribué la possession de ces îles Canaries qui n’avaient pas de seigneur chrétien. Peut-être voulait-il aussi mettre un peu d'espace entre lui et ses créanciers.

Le 1er mai 1402, avec le désir de trouver nouvelles terres, Jean de Béthencourt quitte, avec son associé Gadifer de la Salle, La Rochelle sur deux navires armés par un équipage de quatre-vingts hommes. Lorsqu'il relâche durant plusieurs semaines à Cadix, vingt-six de ses hommes désertent. Ceux qui restent débarquent à Lanzarote, une île peu peuplée de l'archipel, et défont aisément les 300 Guanches qui habitent l'île. Ils conquièrent et colonisèrent ensuite les îles voisines de Fuerteventura, puis d'El Hierro. Béthencourt reconnaît comme suzerain le roi Henri III de Castille qui l'avait aidé durant la conquête et reçoit de lui le titre de « Roi et seigneur des îles Canaries ». Leur conquête leur assure le fructueux monopole sur l'orseille. En 1406, il laisse le gouvernement des Canaries à son neveu Maciot de Béthencourt et revient dans son pays pour y passer le reste de ses jours. En 1415, le débarquement des Anglais à Harfleur, coupant la route des îles Canaries, aura raison de l'entreprise de Jean de Béthencourt qui transfère sa conquête au roi de Castille, en 1418.

La chronique de son expédition avec Gadifer de La Salle aux Canaries est contenue dans Le Canarien'.

Par son deuxième mariage, en 1415, au par une liaison, avec Lerize Guardateme, princesse de la maison royale des Canaries et dame de l'île de Lanzarote, fille de Fernando Guardateme, roi des îles Canaries, qui s'avait converti au Christianisme, il avait eu parmi d'autres une fille, Margueritte ou Marguerite de Béthencourt, mariée avec son cousin germain Monsieur Henri de Béthencourt.

Il est enterré dans l'église de la cité de Grainville-la-Teinturière, devant le maître-autel.

Son neveau Henri vendu les Canaries au infant Henri le Navigateur et passé à l'île de Madère, oú il vit honorablement et eu les savonneries de l'île. Il fut chevalier de l'Ordre de Malte et laissé de la génération illégitime.

Œuvre[modifier | modifier le code]

Gravure du Canarien montrant l’expédition de 1402
  • Jean de Béthencourt, Le Canarien : Histoire de la première descouverte et conqueste des Canaries, faite dès l’an 1402 escrite du temps mesme par Jean de Béthencourt, plus un Traicté de la navigation et des voyages de descouverte et conquestes modernes et principales des François (1402-1422), introduction et notes par Gabriel Gravier, Société de l’histoire de Normandie, Rouen, C. Métérie, 1874.

Descendants célèbres[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Le nom Maciot ou Meciot, qui dans le XV siècle présenté la forme Maciote, serait l'altération de Mathieu. On le juge aussi qu'on s'agit plutôt de la déturpation du traitement donné a Jean IV et a Henri de Béthencourt: Messire.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sources et bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Sur son ancêtre Jean de Béthencourt, seigneur en 1231 de Béthencourt-sur-Somme, et ses armoiries, voir : Jürgen Klötgen, « Une charte rare et inédite de Jean de Béthencourt (1231) », Le Mans, Revue Historique et Archéologique du Maine, t. CLVI, 2005, p. 321-330 (Ms. et sceau de Béthencourt ancien).
  • Léon Guérin, Les navigateurs français : histoire des navigations, découvertes, et colonisations françaises, Belin-Leprieur et Morizot,‎ 1847 (lire en ligne), p. 1 et suiv.
  • Jean Braunstein, Jean de Béthencourt, un Normand à la conquête des Canaries, éditions Charles Corlet, Condé-sur-Noireau, 2001 (ISBN 2-85480-963-7)
  • Roger Dévigne, Jean de Béthencourt, roi des Canaries, 1402-1422, Didier, Toulouse, 1944
  • Pierre Bontier, Jean Le Verrier, Gabriel Gravier, Le Canarien ; livre de la conquête et conversion des Canaries (1402-1422) par Jean de Béthencourt, C. Métérie, Rouen, 1874
  • Pierre Margry, La Conquête et les Conquérants des Iles Canaries, E. Leroux, Paris, 1896
  • Bruno Malfante, Le Canarien, ou la conquête des iles Canaries par Jean de Béthencourt, Rouen, L'Écho des vagues,‎ 2009, 152 p.
  • Afonso Eduardo Martins Zúquete, Armorial Lusitano, Editorial Enciclopédia, Lisbonne, 1961, pp. 97-9