Gunnor de Normandie

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Gunnor confirmant la charte de l'abbaye du Mont-Saint-Michel

Gunnor ou Gonnor (vers 950-1031), fut la femme du duc de Normandie Richard Ier.

Biographie[modifier | modifier le code]

Connue aussi sous le nom de Gunnor de Crépon ou Gunnora, son origine est mal établie. Elle pourrait être issue d'une famille danoise établie dans le pays de Caux[1], cependant Crepon, aujourd'hui Crépon, se réfère à un toponyme du Bessin. Dudon de Saint-Quentin rapporte qu'elle appartient à une famille de la noblesse danoise[2]. Son père est Herbast(us) de Crépon, fils d'un certain Rainulf de Crépon, dont le progéniteur serait Roricon de Crépon (né vers 870), jarl venu du Danemark, fixé dans le duché de Normandie et qui devient ainsi le 1er seigneur de Crépon. Rainulf de Crépon épouse Gunnor de Danemark, fille du roi Gorm de Danemark et de Thyra Danebod son épouse. Gunnor de Normandie a pour frère Herfast de Crépon, père d’Osbern de Crépon, futur sénéchal de Normandie.

Suite à une rencontre fortuite contée par Robert de Torigni, Gunnor épouse more danico (à la manière polygame danoise, et non selon le rite chrétien) le duc de Normandie, Richard Ier. Ce mariage semble avoir été ensuite « régularisé » vis-à-vis de l'Église vers 980-990, bien après la mort de l'épouse officielle, Emma.

Parmi les épouses des ducs de Normandie, elle est une des rares à avoir joué un rôle important. Selon la thèse (critiquée) d'Eleanor Searle, Gunnor appartiendrait à ces familles scandinaves qui s'installent en Normandie orientale sous Richard Ier. Son mariage marquerait le ralliement des nouveaux venus à l'autorité du duc[3]. Il n'est toutefois pas certain que Gunnor venait de Normandie orientale[4]. Après la mort de son époux, la duchesse semble exercer une véritable régence sur le duché[5].

Mère d'un duc (Richard II de Normandie), d'un archevêque (Robert le Danois) et d'une reine (Emma de Normandie), elle favorise l'ascension de ces neveux et nièces. Une d'entre elles épouse un vicomte de Rouen. Une autre est très probablement la mère de Guillaume Ier de Warenne. Un neveu, Osbern, devient senéchal du duc Robert le Magnifique.

Dudon de Saint-Quentin, élogieux à l'égard de Gunnor, avoue avoir recueilli beaucoup d'informations de sa bouche pour son De Gestis Normannaie ducum.

Descendance[modifier | modifier le code]

Huit enfants naquirent de cette union dont :

Les hommes composeront, eux et leurs propres enfants, un groupe aristocratique puissant à la cour ducale : les Richardides.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Francois Neveux, A Brief History of the Normans, London: Constable and Robinson, Ltd., 2008, p. 73.
  2. Elisabeth Van Houts, The Normans in Europe , Manchester: Manchester University Press, 2008, p. 58.
  3. Eleanor Searle, « Fact and Pattern in Heroic History : Dudo of Saint-Quentin », Viator, n°15, 1984, p.119-137 et Eleaor Searle, Predator Kinship and the creation of Normand Power, 840-1066, Berkeley, University of California Press, 1988, p.61-67
  4. David Douglas suggère une origine cotentinoise.
  5. Pierre Bauduin, La Première Normandie (Xe-XIe siècles), Presses Universitaires de Caen, 2002, p.66

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • François Neveux, La Normandie des ducs aux rois (X-XIIe siècles), Rennes, Ouest-France Université, 1998
  • Pierre Bauduin, La Première Normandie (X-XIe siècles), Presses Universitaires de Caen, 2002
  • Élisabeth Van Houts, "Countess Gunnor of Normandy", Collegium Medievale, 12, 1999, p.7-24