Hrotsvita de Gandersheim

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Hrotsvita de Gandersheim.

Hrotsvita de Gandersheim (également connue sous les noms de Hrotsvitha, Hroswitha, Hrotsvit, Roswitha et Hroswitha) est une poétesse et chanoinesse, écrivant en latin. Ses dates de naissance et de mort sont inconnues, mais elle est née entre 930 et 935 et était encore vivante en 973[1].

Son prénom peut se comprendre comme « voix forte » ou « solide renommée ».

Biographie[modifier | modifier le code]

Ayant peut-être reçue une instruction de Rathier de Vérone, Hrotsvita est de façon certaine l’élève de la première abbesse de Gandersheim, Richarde, et également de Gerberge, fille de Henri de Bavière, qui lui succède[2].

Entre 967 et 968[3], elle rédige une épopée sur le règne d’Otton Ier, commandée par l’abbesse de Gandersheim Gerberge[2].

Vers 970, elle compose l’histoire de l’abbaye de Gandersheim, Primordia coenobii Gandeshemensis, en un peu plus de six cent vers hexamétriques (la fin ne nous est pas parvenue).

On lui doit également huit hagiographies et une vie de la Vierge Marie en vers. Ce sont cependant ses six pièces de théâtre, inspirées du poète latin Térence, les seules du Haut Moyen Âge, qui la rendent particulièrement unique.

Postérité[modifier | modifier le code]

Ses œuvres sont totalement laissées de côté au Moyen Âge, puis redécouvertes au XVe siècle par l’humaniste Conrad Celtes, qui les édite en 1501. Elles sont à nouveau rééditées au XIXe siècle. Ce sont surtout ses pièces de théâtre qui ont étonné par leur ton, inattendu de la part d’une moniale : ces pièces, qui regorgent de miracles et d’interventions célestes, recèlent aussi des déclarations d’amour enflammées, des passages drôles, des héros attachants, qui font passer sa rigidité de pensée. Son œuvre a été particulièrement appréciée en Allemagne, car elle prouvait que le génie littéraire allemand existait même en pleins « âges obscurs »[4].

Au XIXe siècle, ses pièces ont été adaptées en France pour le théâtre de marionnettes[5].

Elle jouit encore aujourd’hui d’une forte renommée : un club a été fondé en 1944 à New York qui porte son nom, par Robert Herndon Fife ; elle figure également dans le roman de JK Toole, La Conjuration des imbéciles.

Depuis 1973, la ville de Bad Gandersheim décerne chaque année le Prix Roswitha à une femme de lettres. L’anneau de Roswitha est lui remis depuis 1974 à la fin de chaque saison estivale à une actrice, lors des Gandersheimer Domfestspiele.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Livres :

  • Le chapitre III du livre de Patrick Corbet, Les saints ottoniens. Sainteté dynastique, sainteté royale et sainteté féminine autour de l'an mil, Sigmaringen 1986
  • L’essai de Ferruccio Bertini paru dans La vie quotidienne des femmes au Moyen Age, 1991

Articles : Monique Goullet, Aspects du monachisme dans l'œuvre de Hrotsvita de Gandersheïm, Revue Mabillon, n° 66, 1994, p 11 -28

Sources[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Monique Goullet, «De Hrotsvita de Gandersheim à Odilon de Cluny, images d’Adélaïde autour de l’An Mil », in Patrick Corbet, Monique Goullet et D. Iogna-Prat, Adélaïde de Bourgogne, Genèse et représentations d’une sainteté impériale

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Laurence Moulinier, « H comme Histoire : Hrotsvita, Hildegarde et Herrade, trois récits de fondation au féminin ». Clio HFS, 2/1995, disponible en ligne [1], consulté le 24 juin 2007
  2. a et b Laurence Moulinier, op. cit.
  3. Monique Goullet, « De Hrotsvita de Gandersheim à Odilon de Cluny, images d’Adélaïde autour de l’An Mil », in Patrick Corbet, Monique Goullet et D. Iogna-PratAdélaïde de Bourgogne, Genèse et représentations d’une sainteté impériale, Dijon, 2002, p 43-54, disponible en ligne [2], consulté le 24 juin 2007, p 1
  4. Monique Goullet, « Le petit théâtre de Hrotsvita », L’Histoire n° 233, juin 1999, p 24-25
  5. Pascale Bourgain, compte-rendu critique de Hrotsvita. Théâtre, texte établi, traduit et commenté par Monique Goullet. Paris : Les Belles Lettres, 1999, disponible en ligne [3] p 2