Rébellion Simba

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Page d'aide sur l'homonymie Ne doit pas être confondu avec la République populaire du Congo, nom officiel du Congo-Brazzaville de 1969 à 1992

La rébellion Simba est une rébellion qui eut lieu, en 1964, au Congo-Léopoldville (aujourd’hui la République démocratique du Congo), en réaction aux abus du gouvernement central congolais[1]. Elle mit en place brièvement le gouvernement sécessioniste de la République populaire du Congo, basé à Stanleyville (aujourd’hui Kisangani) et qui a contrôlé l'est du pays. Moïse Tshombe met un terme à ce gouvernement de Stanleyville (aujourd’hui Kisangani) avec l’aide de troupes britanniques, américaines, et de parachutistes belges du 24 au 26 novembre 1964[2],[3].

Histoire[modifier | modifier le code]

Les leaders des rebelles sont majoritairement de gauche. La plupart des combattants, par contre, sont des hommes issus des tribus de la province du Kivu et la province Orientale. La grande majorité d'entre eux sont issus de culture traditionnelle avec des croyances animistes. Le nom "Simba" provient de la croyance de ces hommes que, selon leurs shamans, ils seraient immunisés contre les balles, grâce à l'absorption massive d'alcool et de drogues par certains d'entre eux, et qu'ils seraient ainsi transformés en Simbas (Lion en Swahili) durant les combats, et que les balles tirées par leurs adversaires seraient transformées en inoffensives gouttes d'eau (voir aussi idéologie Maï Maï)[1]. Les jeunes combattants étaient majoritairement âgés entre 12 et 20 ans[4].

L'insurrection commença en janvier 1964. Les Simbas réussirent à tenir à distance deux bataillons bien équipés de l'armée gouvernementale qui refusèrent de combattre. Les Simbas commencèrent alors à capturer des villes importantes. Au bout de plusieurs semaines, la moitié du Congo était sous leur contrôle ; certaines de leurs bandes perpétrant des massacres et se livrant à des tortures, viols, et exactions, tant parmi les Africains que parmi les Européens restés en place ou revenus après l’indépendance du pays. Selon certains témoignages, des rivières ont charrié un nombre incalculable de corps de suppliciés par ces bandes.

Stanleyville (renommée Kisangani), une grande ville, a été prise suite à la fuite des 1 500 hommes de la force gouvernementale, laissant derrière eux leurs armements (mortiers, et véhicules armés). L'attaque consista en une charge de quarante combattants Simbas, dirigée par les shamans. Aucun coup de feu ne fut tiré[1].

Le 5 août 1964, la rébellion Simba installe son état-major à Stanleyville et crée un gouvernement nommée République populaire du Congo, dont Christophe Gbenye est le président. Ce gouvernement sécessionniste, opposé au gouvernement de Léopoldville, est à l’époque reconnu par 7 pays dont l’URSS et l’Égypte. Gaston Soumialot en est le ministre de la Défense[5],[3].

Les chefs rebelles les plus importants avaient systématiquement recours à la terreur, torture et exécutions publiques des agents gouvernementaux, des traitres, et des voleurs[4]. De nombreux otages de diverses nationalités, principalement belges étaient menacés d'exécution ou ont été exécutés dans les pires conditions.

Fin de la rébellion[modifier | modifier le code]

Novembre 1964, Crise congolaise : Parachutiste belges partant de Kamina pour secourir les otages de Stanleyville.
Soldat belge couché devant des cadavres d’otages, en novembre 1964 à Stanleyville.

Il fallut donc l'intervention de la Belgique pour délivrer Stanleyville. Le nom de code était opération Dragon rouge. C'est le 1er régiment para-commando qui exécuta l'opération en synchronisme avec une colonne terrestre progressant dans la brousse sous le nom de code de Ommegang (du nom d'un cortège folklorique bruxellois). L'opération réussit, mais il y eut tout de même 24 otages tués. Auparavant, le gouvernement belge avait fait exfiltrer par le service africain de la Sûreté de l'État belge un représentant des rebelles pour lui proposer de libérer les otages sous peine d'une intervention militaire. Celui-ci fut reçu par le ministre des Affaires étrangères Paul-Henri Spaak, mais rien ne sortit de l'entrevue. Dès lors, les dés étaient jetés et Spaak put convaincre ses collègues du Conseil des ministres de lancer l'opération.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c (en) Werner Hilgemann, The Anchor Atlas of World History, vol. 2, New York, Garden City,‎ 1978, 268 p. (lire en ligne)
  2. Philippe Lemarchand, L'Afrique et l'Europe: atlas du XXe siècle, Éditions Complexe, 1994. p. 243
  3. a et b Petit Futé, République démocratique du Congo, 2010. p. 181
  4. a et b Le cas des Maï Maï, Magie et Violences
  5. République française, Ministère des Affaires étrangères, Commission de publication des documents dilomatiques français, Documents diplomatiques français, 1964, tome II, PIE-Peter Lang, 2002. p. 285 et p. 516

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]