Henri Michel (historien)

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Henri Michel

Description de l'image  Henri Michel.jpg.
Biographie
Naissance
Vidauban (Var)
Décès (à 79 ans)
Paris (France)
Nationalité Française
Vie universitaire
Formation Agrégé d'histoire et docteur ès lettres
Titres directeur de recherche au C.N.R.S. et Secrétaire général du Comité d'histoire de la Seconde Guerre mondiale
Approche disciplinaire Histoire immédiate (Histoire de la Seconde Guerre mondiale)

Principaux travaux

  • Histoire de la Résistance (1940-1944) (1958).
  • Thèse de doctorat d’État, Les Courants de pensée de la Résistance (1962)
  • Combat : histoire d'un mouvement de résistance de juillet 1940 à juillet 1943 (1967)
  • La Seconde Guerre mondiale I - Les succès de l'Axe (septembre 1939 - janvier 1943) (1977)
  • La Seconde Guerre mondiale II - La victoire des alliés, (janvier 1943 - septembre 1945) (1980)

Henri Michel (28 avril 1907, Vidauban (Var) - 5 juin 1986, Paris), est un historien français, éminent spécialiste de la Seconde Guerre mondiale.

Biographie[modifier | modifier le code]

Années de formation[modifier | modifier le code]

Henri Michel est issu d'un milieu modeste. sa famille enracinée en Provence est de souche paysanne, on y compte également des artisans et des petits commerçants.

Après des études secondaires au lycée de Draguignan, il entra en puis hypokhâgne au lycées Thiers de Marseille et en khâgne au Henri-IV de Paris[1]. Il côtoya à, Henri IV, notamment le futur Julien Gracq et y fut fortement marqué par l'enseignement du philosophe Alain. Henri Michel fut reçu à l'agrégation d'histoire et géographie en 1932.

Il fut nommé professeur au lycée de Toulon, où il donna le goût de l'histoire à Jacques Le Goff. Il a également eu pour élèves Pierre Moustiers et Jean Le Poulain.

La Résistance[modifier | modifier le code]

Henri Michel adhéra à la SFIO en 1934. Il collabora au Populaire du Var, où il publia notamment, en 1936, le récit d'un voyage en U.R.S.S..

Pendant la Seconde Guerre mondiale, il participa activement à la Résistance en Provence, collabora à la presse clandestine et représenta le parti socialiste S.F.I.O. au comité de coordination.

À la Libération, il fit partie du Comité départemental de Libération du Var, où il fut chargé de la commission presse.

Carrière professionnelle[modifier | modifier le code]

Après avoir participé à la réorganisation des institutions dans le Var et assumé pendant deux ans la charge d'inspecteur d'académie du Var, il « monta » à Paris en 1947, pour y développer l'étude de la toute récente guerre mondiale et préserver la mémoire de la Résistance

En janvier 1948, il devint directeur de recherches au CNRS et secrétaire général de la Commission d’Histoire de l’Occupation et de la Libération de la France, qui fusionna avec le Comité d’Histoire de la Guerre, créé en juin 1945, pour donner naissance au Comité d'histoire de la Seconde Guerre mondiale, organisme interministériel rattaché à la présidence du Conseil en décembre 1951 et dont il devint le secrétaire général. Mais en 1980, dans le cadre d'une réorientation de la politique mémorielle, en rupture avec celle du général de Gaulle, le Comité d'Histoire de la Seconde Guerre mondiale fut dissous, et Henri Michel vécut douloureusement cette disparition.

Apport à l'histoire de la Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

En 1945, il publia chez Grasset un roman-témoignage teinté d'amertume, Quatre années dures, inspiré par son expérience de la Résistance et de l'Occupation.

Novateur, il se voua ainsi à l'histoire immédiate, à un moment où les archives officielles étaient encore inaccessibles aux chercheurs, ce qui n'a pas toujours été bien perçu par des historiens habitués à travailler sur des époques plus anciennes.

Henri Michel fonda également la Revue d'Histoire de la Seconde Guerre mondiale, dont il fut le rédacteur en chef et dont le premier numéro parut en novembre 1950 (il y en eut 124 en tout). L'objectif du Comité et de sa revue était de susciter des témoignages sur la Résistance et l'Occupation allemande, de coordonner, plus généralement, des enquêtes et des publications sur le conflit mondial, et aussi de recueillir les archives personnelles de nombreux acteurs de la période. À cette fin, Henri Michel mit sur pied un très efficace réseau de correspondants dans tous les départements français.

Le 12 mai 1967, il créa le Comité international d'Histoire de la Seconde Guerre mondiale, regroupant des historiens de 37 pays, et il en fut longtemps le président, à partir de 1970. Ses nombreux ouvrages, consacrés à la Seconde Guerre mondiale, et notamment à la Résistance européenne et à la déportation, font autorité et sont traduits en de nombreuses langues, ce qui lui valut un grand prestige international.

C'est Henri Michel qui prit, en 1955, l'initiative de commander à Alain Resnais la réalisation du célèbre film sur le système concentrationnaire nazi, Nuit et brouillard, dont il fut le conseiller historique.

Hommage[modifier | modifier le code]

  • Une journée d'étude consacrée à Henri Michel a eu lieu le 7 décembre 2009 au Musée Jean Moulin, à Paris.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Quatre années dures, roman, 1945.
  • Tragédie de la déportation, 1954.
  • Histoire de la Résistance (1940-1944), 1958.
  • Les Mouvements clandestins en Europe (1938-1945), 1961.
  • Les Courants de pensée de la Résistance, thèse d'État, 1962.
  • Histoire de la France libre, 1963.
  • Jean Moulin l'unificateur, 1964.
  • Combat : histoire d'un mouvement de résistance de juillet 1940 à juillet 1943, 1967.
  • Vichy : Année 1940, 1967.
  • La Guerre de l'ombre ; La Résistance en Europe, 1970.
  • La Drôle de guerre, 1971.
  • La Seconde Guerre mondiale, 1972.
  • Pétain, Laval, Darlan, trois politiques ?, 1972.
  • Les Fascismes, 1977.
  • La Seconde Guerre mondiale I - Les succès de l'Axe (septembre 1939 - janvier 1943), P.U.F., coll. "Peuples et civilisations", 1977.
  • Pétain et le régime de Vichy, 1978.
  • Le Procès de Riom, 1979.
  • La Seconde Guerre mondiale II - La victoire des alliés, (janvier 1943 - septembre 1945), P.U.F., coll. "Peuples et civilisations", 1980.
  • La Défaite de la France (septembre 1939-juin 1940), PUF, 1980.
  • La Libération de Paris, 1980.
  • Histoire de la France libre, 1980.
  • Paris allemand, 1981.
  • Paris résistant, 1982.
  • Et Varsovie fut détruite, 1984.
  • François Darlan : amiral de la Flotte, 1993.
  • Une enfance provençale au temps de la première guerre mondiale - Vidauban dans la mémoire d'Henri Michel, 2012.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Génération intellectuelle: Khâgneux et Normaliens dans l'entre-deux-guerres, Jean-François Sirinelli