Charles Nungesser

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Charles Nungesser
Image illustrative de l'article Charles Nungesser

Naissance 15 mars 1892
à Paris
Décès 8 mai 1927 (à 35 ans)
Disparu au-dessus de l'Atlantique
Origine Drapeau de la France France
Arme Aéronautique militaire
Grade Lieutenant
Années de service 19141918
Conflits Première Guerre mondiale
Commandement Escadrilles N65, Spa65, V106, V116
Faits d'armes 43 victoires homologuées
Distinctions Légion d'honneur
Croix de guerre 1914-1918
Médaille militaire
Military Cross
Ordre de Léopold avec palme
Distinguished Service Cross
Hommages Rues, écoles, stade, timbres

Charles Nungesser est un aviateur français né à Paris le 15 mars 1892 et mort quelque part dans l'Atlantique Nord ou en Amérique du Nord le 8 mai 1927.

As de l'aviation française pendant la Première Guerre mondiale, il disparut avec François Coli lors d'une tentative de traversée Paris-New York sans escale à bord de L'Oiseau blanc.

L'as de la Première Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Charles Eugène Jules Marie Nungesser est né dans le 10e arrondissement de Paris[1] et passe son enfance à Valenciennes, ville dont sa mère, Laure Prignet, est originaire. Il est élève de l'école nationale professionnelle d'Armentières (Nord) de 1905 à 1907 ; une plaque lui rend hommage dans le hall d'honneur de cette prestigieuse école qui est devenue le lycée Gustave Eiffel. Nungesser part à l'âge de quinze ans en Amérique du Sud, où il exerce différents métiers : cow-boy, boxeur, pilote de course automobile. Il découvre également l'aviation naissante et commence à piloter.

Revenu en France avant la déclaration de guerre, il s'engage au 2e régiment de hussards, où il obtient la médaille militaire après dix jours de combat. Il parvient, après avoir passé seul les lignes ennemies, à capturer une automobile Mors et à tuer les quatre officiers prussiens, puis à ramener la voiture au quartier-général de sa division avec des plans trouvés sur les officiers prussiens. Son général le surnomme « le hussard de la Mors » en référence à cet exploit (et bien sûr aux Hussards de la mort) et l'autorise à passer dans l'aviation. Il est cité à l'ordre de l'armée :

« Le 3 septembre [1914], son officier ayant été blessé au cours d’une reconnaissance, le mit d’abord à l’abri ; puis, avec l’aide de quelques fantassins, après avoir mis les officiers qui l’occupaient hors de combat, s’empara d’une auto et rapporta les papiers qu’elle contenait en traversant une région battue par les feux de l’ennemi. »

Il intègre à Dunkerque l'escadrille VB 106, dans laquelle il pilote un bombardier Voisin III et accomplit 53 missions de bombardement. Mais il s'en sert aussi à l'occasion pour faire la chasse des avions qu'il croise : le 30 juillet 1915, il abat un Albatros allemand au cours d'un vol d'essai, ce qui lui vaut la Croix de Guerre et une mutation dans l'escadrille de chasse N 65 (équipée de Nieuport « Bébé ») basée à Nancy. À plusieurs reprises, il termine des patrouilles de chasse par des acrobaties au-dessus de son terrain, ce qui lui vaut huit jours d'arrêts. Sa punition est toutefois levée lorsqu'il abat un biplace Albatros le 28 novembre 1915.

En février 1916, il est grièvement blessé en s'écrasant au décollage aux commandes d'un prototype d'avion de chasse de type Ponnier. Le manche à balai lui traverse le palais et lui fracasse la mâchoire, et il se fracture les deux jambes. Le 28 mars, il sort de l'hôpital sur des béquilles, refuse sa réforme et retourne à son escadrille. Il doit alors se faire porter et extraire de son avion.

Le Nieuport 17 de Nungesser

Il participe à la bataille de Verdun et y remporte dix victoires, jusqu'au 22 juillet 1916, avant de survoler le front de la Somme. C'est là qu'il fait peindre sans doute pour la première fois son insigne personnel sur son Nieuport 17 : une tête de mort aux tibias entrecroisés, surmontée par un cercueil entouré de deux chandeliers, le tout dessiné dans un cœur noir. Il remporte neuf autres victoires homologuées sur la Somme avant la fin de l'année 1916, portant son total à 21, avec notamment un « triplé » le 26 septembre.

Mais son état de santé est très précaire depuis son accident de février 1916, auquel s'ajoutent diverses blessures en combat. Il doit repartir à l'hôpital et ne parvient à en sortir qu'après avoir négocié un accord avec ses médecins et l'état-major : il devra retourner à l'hôpital après chacun de ses vols pour y suivre son traitement. Il est détaché à l'escadrille VB 116, une escadrille de bombardement qu'il rejoint avec son chasseur Nieuport à Dunkerque au mois de mai 1917. Cette escadrille a la particularité d'être à côté d'un hôpital. Il remporte neuf autres victoires avant la fin de l'année 1917.

Son état de santé s'améliorant, il peut rejoindre son escadrille, la N 65. Mais à peine est-il de retour qu'il est victime d'un grave accident de voiture, en octobre 1917, dans lequel périt son fidèle mécanicien Roger Pochon, qui était au volant. Nungesser retourne à l'hôpital. Jusqu'à la fin de la guerre, malgré ses lourds handicaps physiques, il continue d'accumuler les succès, mais se fait dépasser par René Fonck et Georges Guynemer en nombre de victoires.

Le 15 août 1918, il abat plusieurs Drachens et remporte sa 43e victoire homologuée, qui est aussi la dernière.

Après-guerre et traversée de l'Atlantique[modifier | modifier le code]

Charles Nungesser et sa fiancée devant un Morane-Saulnier AR (en).
Article détaillé : L'Oiseau blanc.

Sur proposition du sous-secrétaire d'État à l'Aéronautique, Nungesser monte à Orly une école de pilotage où l'aviatrice Hélène Boucher fait ses premiers vols. Mais l'école fait faillite. Il part alors en tournée exhibition (55 représentations aux États-Unis) où il reconstitue ses principaux combats.

L'aviation connaît alors un développement important et les pilotes chevronnés mènent des raids pour battre tous les records, encouragés par des initiatives telles que le prix Orteig de 25 000 dollars offert au premier aviateur à réussir la traversée de l'Atlantique entre New York et Paris. En 1919, les Britanniques John Alcock et Arhtur W. Brown réalisent la première traversée par avion de l'Atlantique Nord entre Terre-Neuve et l'Irlande.

En 1927, dévoré par le besoin de se surpasser, Nungesser forme avec François Coli le projet de rallier Paris à New York, sans même s'inscrire au prix Orteig. Depuis 1923, François Coli envisageait un vol transatlantique sans escale avec son camarade de guerre Paul Tarascon. À la suite d'une blessure en vol, ce dernier abandonne le projet, laissant la voie libre à Nungesser.

Nungesser, Coli et l'Oiseau blanc.

Le duo décolle de l'aéroport du Bourget le 8 mai 1927, à destination de New York, à bord de L'Oiseau blanc, un biplan Levasseur frappé de l'insigne de guerre de Nungesser. Leur avion, qui est aperçu pour la dernière fois au large des côtes irlandaises, n'atteint jamais New York. Au cours des années, plusieurs enquêtes et investigations furent entreprises afin de percer à jour le mystère de la disparition de Nungesser et Coli. L'appareil n'ayant jamais été retrouvé, l'hypothèse communément acceptée voudrait que l'avion se soit abîmé en mer du fait d'une violente tempête ou du manque de carburant. Depuis les années 1980, des recherches ont été menées dans l'État américain du Maine[2], à Terre-Neuve et chaque année depuis 2009 à Saint-Pierre-et-Miquelon[3] où, selon Bernard Decré, les aviateurs auraient pu être abattus par des trafiquants d'alcool ou des garde-côtes, Saint-Pierre étant alors un haut lieu de la contrebande vers les États-Unis soumis à la Prohibition[4].

Deux semaines après la disparition de L'Oiseau blanc, l'aviateur américain Charles Lindbergh réussit la première traversée transatlantique de New York à Paris. Le public français, encore en deuil de Nungesser et Coli, célébra toutefois avec enthousiasme la performance de Lindbergh.

Décorations[modifier | modifier le code]

Nungesser portant ses décorations

Legion Honneur Officier ribbon.svg Medaille militaire ribbon.svg Croix de Guerre 1914-1918 ribbon.svg Military Cross ribbon.png Chevalier Ordre de Leopold.png Distinguished Service Cross ribbon.svg Order of the Karađorđe's Star with Swords rib.png

Postérité[modifier | modifier le code]

Outre les nombreuses écoles et rues qui portent son nom, associé le plus souvent à celui de François Coli, Nungesser reçut l'hommage de deux aviateurs français, Dieudonné Costes et Joseph Le Brix, qui baptisèrent le Bréguet 19 GR dans lequel ils réalisèrent leur tour du monde en 39 étapes (57 000 km) le Nungesser et Coli en 1928.

À Valenciennes, le club de football évoluait dans le stade qui portait son nom.

Nungesser vécut à Saint-Mandé dans ce qui est aujourd'hui la rue Guynemer, du nom d'un autre as de l'aviation française.

Timbre français de 0,40 F de 1967, « Nungesser et Coli, 8 mai 1927 », dessiné par Clément Serveau et gravé par Claude Durrens (Y&T no 1523).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Acte de naissance no 10/1372/1892 », sur Archives numérisées de l'état civil de Paris (consulté le 14 novembre 2013)
  2. « Project Midnight Ghosts », sur TIGHAR (consulté le 17 avril 2010)
  3. Angélique Négroni, « Traversée de l'Atlantique : l'énigme relancée », sur lefigaro.fr, Le Figaro,‎ 11 novembre 2010 (consulté le 9 décembre 2012)
  4. Christel De Taddeo, « On a tiré sur "L'Oiseau Blanc"… », Le Journal du dimanche,‎ 11 janvier 2014 (lire en ligne).
  5. Chevalier du 25 décembre 1915, officier du 27 juillet 1918. « Cote LH/2008/18 », sur Leonore (consulté le 14 novembre 2013)
  6. Charles Nungesser www.museeairespace.fr

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

  • Marcel Jullian, Le chevalier du ciel : Un bagarreur héroïque : Charles Nungesser, Paris, Amiot-Dumont,‎ 1953, 200 p.
  • (en) Norman Franks et Frank W. Bailey, Over the front : a complete record of the fighter aces and units of the United States and French Air Services, 1914-1918, London, Grub Street,‎ 1992 (ISBN 0-948-81754-2 et 978-0-948-81754-0)
  • (en) Norman Franks, Nieuport aces of World War 1, Oxford England, Osprey,‎ 2000 (ISBN 1-855-32961-1 et 978-1-855-32961-4)
  • Marcel Jullian, L’as des as Nungesser, éditions Presses Pocket, 1971

Articles connexes[modifier | modifier le code]