Francesco Baracca

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Francesco Baracca à côté de son avion, un SPAD S.XIII. On distingue sur la carlingue le Cavallino Rampante qui deviendra en son hommage le blason de Ferrari

Francesco Baracca (né le à Lugo, (Ravenne), décédé le à Nervesa della Battaglia, (Trévise) était le meilleur pilote de chasse italien de la Première Guerre mondiale. L'emblème du cheval cabré noir qu'il portait sur son avion est devenu celui de Ferrari.

Biographie[modifier | modifier le code]

Francesco Barracca est né le 9 mai 1888 à Lugo près de Ravenne. Il était le fils unique d'Enrico Baracca, un grand propriétaire terrien, et de la comtesse Paolina Biancoli. Il passa son enfance à s'adonner à la musique, à l'équitation et à la moto.

Baracca fut attiré par la carrière des armes et entra en 1907 à l'école militaire de Modène, où il choisit la cavalerie contre l'avis de ses parents qui l'appelaient cecchino (tireur d'élite). Il fit preuve d'une grande qualité pour l'équitation mais aussi d'un désintérêt pour l'enseignement théorique et pour la discipline. En 1912, intéressé par l'aviation naissante et avec l'accord de son état-major il se rendit en France, à l'école de pilotage de Bétheny, où les futurs pilotes italiens pouvaient suivre un stage d'entraînement. Il y effectua son premier vol le 4 mai 1912 et reçut son brevet de pilote d'aéroplane n°1 037 deux mois plus tard. Il regagna ensuite l'Italie pour poursuivre des vols et obtenir son brevet de pilote militaire à Turin.

Le 23 mai 1915, l'Italie entre en guerre aux côtés de l'Entente. Au cours de l'été alors qu'il venait à peine d'être formé sur Nieuport au Bourget, il est affecté à la 70e squadriglia chargé de défendre le comando supremo (haut commandement italien) basé à Udine. Il rencontra ses premiers adversaires mais à cette époque les combats tournaient toujours à l'avantage de l'ennemi, du fait de la supériorité de leur matériel. Le 7 avril 1916, alors qu'il pilotait un chasseur Nieuport 11, Baracca attaqua un Aviatik autrichien et le contraignit à atterrir. Il atterrit alors à son tour près de la victime et, selon la tradition « chevaleresque », le salua et lui serra la main. Il s'agissait alors de la première victoire de l'aviation italienne. Il enchaîna alors les succès : le 16 mai, il abattit un second appareil qui s'écrasa près de Gorizia. Mais l'action de l'aviation italienne ne se limitait pas aux duels aériens, Baracca participait aussi à des opérations de mitraillage à basse altitude des troupes autrichiennes. Il fait alors peindre sur les flancs de son Nieuport XI un cavallino rampante (cheval cabré) en l'honneur du Piemonte Reale où il a fait ses premières armes.

Faisant partie des as, il inaugura l'année 1917, en abattant un Albatros le premier de l'an. Au printemps, les Nieuport furent progressivement remplacés par des SPAD S.VII plus rapides. Baracca effectua alors des reconnaissances photographiques, photographiant même en compagnie du sous-lieutenant Olivari, le camp d'aviation autrichien de Bruneck. Le 23 mars, il abattit son septième avion près de Merna, le 26 avril vit Baracca faire une huitième victime près de Gradiscia et le 10 mai une dixième aux alentours de Gorizia. Puis en un mois, il descendit 4 appareils devenant le premier as au palmarès des pilotes italien après sa treizième victoire. Une partie de la 70e squadriglia est alors détachée pour devenir la 91e squadriglia surnommée plus tard « Squadriglia degli Assi » (escadrille des as). Le 21 octobre 1916 pilotant son Nieuport XVII, il abat un Brandenbourg C.I. Le pilote Frantz Fuchs est tué, son observateur Kalman Sarkozy de Nagy-Bocsa est fait prisonnier. À l'été 1917, il fut nommé commandant de la 91e squadriglia, basée à Istrana et en août il est fait chevalier de l'ordre militaire de Savoie. À la fin du mois de septembre il totalisait 19 victoires confirmées. Après la défaite italienne de Caporetto en novembre 1917, son escadrille dut se replier sur Pordenone où elle fut rééquipée de SPAD XIII. Baracca multiplia alors les victoires, à la fin de 1917, il comptait 30 victoires à son palmarès. Il est alors envoyé à Turin pour participer à la mise au point du nouveau chasseur italien Ansalto SVA. Dans le même temps, il reçoit la médaille d'or de la valeur, la plus haute récompense remise par l'armée de l'air italienne, celle-ci lui fut remise lors d'une cérémonie solennelle à la Scala de Milan

Il rejoignit sa squadriglia au printemps 1918. En mars il fit mouvement avec son unité vers Trévise. Entre le 3 mai et le 15 juin il obtint encore 4 victoires, sa dernière victime était alors un Albatros qui bombardait les troupes italiennes près de Montello. Mais le 19 juin 1918, alors que la bataille du Piave faisait rage, il fut tué lors d'un vol de harcèlement à basse altitude au-dessus des positions autrichiennes avec un vieux SPAD VII.

Son avion fut retrouvé là où il fut abattu, mais son corps ne fut découvert qu'après la retraite autrichienne. Personne ne sut exactement comment il était mort, d'aucuns prétendent qu'il s'était suicidé pour ne pas tomber au mains de l'ennemi. Il avait reçu une balle en plein front.

Au total, il avait participé à 63 combats aériens et avait abattu 34 appareils ennemis se plaçant ainsi comme l'as des as italiens devant Silvio Scaroni (en) avec 26 victoires.

Hommages[modifier | modifier le code]

Anecdote[modifier | modifier le code]

Baracca avait décoré son avion avec un étalon noir cabré, en souvenir de son passage à la cavalerie. Cet emblème a été repris plus tard en son honneur par le constructeur d'automobiles italien Ferrari ainsi que par des unités de l'armée de l'air italienne actuelle telles que :

  • le 10e gruppo di Caccia doté de F-16,
  • le 4e stormo équipé de Typhoon,
  • le 9e stormo dell'Aeronautica militaire.

Décorations[modifier | modifier le code]

Lieux[modifier | modifier le code]

Une place art nouveau de Milan porte son nom ainsi qu'une statue ;

l'institut technique d'aéronautique italien lui est dédié ;

le stade de Mestre où son avion est tombé est nommé Francesco Baracca Forli ;

un école de pilotage d'hélicoptère italienne porte le nom Francesco Baracca di Lugo di Romagna.

Sources[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]