Hélène Boucher

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Hélène Boucher

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Hélène Boucher, photo de Lucien Chauffard.

Naissance 23 mai 1908
Paris
Décès 30 novembre 1934 (à 26 ans),
Guyancourt
Nationalité Drapeau de la France France
Profession pilote
Autres activités
militante pour le droit de vote des femmes
Formation
Lycée Montaigne et Collège Sévigné (Paris) - cours de pilotage d'Henri Farbos

Hélène Boucher (Paris, 23 mai 1908 - Guyancourt, 30 novembre 1934) est une aviatrice française. Elle a battu de nombreux records de vitesse.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Hélène Antoinette Eugénie Boucher est la fille de Léon Boucher, architecte parisien, et de Élisabeth Hélène Dureau. Dès son enfance, elle reçoit le surnom de Léno[1] qu'elle conservera toute sa vie. Pendant la Première Guerre mondiale, elle quitte, avec sa famille, Paris. Dans la propriété familiale de Boigneville, elle collectionne alors les photos d'aviateurs et les articles sur les avions. De retour dans l'appartement familial au 169, rue de Rennes à Paris, elle entre au lycée Montaigne puis au collège Sévigné, premier établissement secondaire laïque pour jeunes filles créé en France[2] et où elle rencontre son amie et confidente de toujours, Dolly Van Dongen, la fille du peintre Kees van Dongen.

À 22 ans, Hélène Boucher décide de devenir aviatrice afin de venger la mort d'un ami de son frère, le pilote d'essai Jean Hubert. Elle devient l'élève de Henri Farbos[3], pilote français (fondateur de l'aéroclub des Landes de Mont-de-Marsan en 1928). Elle passe son baptême de l'air le 4 juillet 1930, à l'âge de 22 ans[2].

L'aviatrice[modifier | modifier le code]

Hélène Boucher, en 1933.

Elle prend son premier cours de pilotage en mars 1931 et obtient son brevet de pilote de tourisme le 21 juin 1931 puis, après avoir cumulé 100 heures de vol et réalisé un vol de nuit, son brevet de pilote professionnel de transport public en juin 1932 (elle devient ainsi la quatrième en France à le décrocher après Adrienne Bolland, Maryse Bastié et Maryse Hilsz[2]). Elle s'achète aussitôt un petit avion d'occasion. Dès juillet 1932, elle participe au rallye aérien Caen - Deauville, son avion mal préparé tombe en panne et elle doit dans l'urgence se poser. L'avion reste accroché dans les branches d'un arbre, mais Léno s'en sort sans blessures.

Elle poursuit ses participations aux manifestations : le raid Paris - Saïgon au début de l'année 1933, les 12 heures d'Angers en juillet 1933 (avec Edmée Jarlaud comme passagère, elle termine 14e au classement général et est la première femme à franchir la ligne d'arrivée [4]) et le 2 août premier record du monde, celui d'altitude féminin pour avion léger deuxième catégorie, avec 5 900 mètres à bord de son avion Mauboussin 60CV[2].

En septembre 1933, elle se lance dans l'acrobatie aérienne. Le pilote d'essai et champion de voltige Michel Détroyat, son moniteur, déclare au terme de sa formation : « Dans quelques mois, elle sera la meilleure acrobate du monde ! »[5].

En 1934, elle s'engage avec les aviatrices Maryse Bastié et Adrienne Bolland dans le combat féministe[6] et devient militante pour le vote des Françaises[7] au côté de Louise Weiss.

Hélène Boucher au volant de la 6 cylindres Vivasport (réclame de la société Renault en 1934).

En juin 1934, Hélène Boucher signe un contrat avec la nouvelle société Caudron-Renault. C'est François Lehideux, patron de Renault de l'époque, qui décide de son embauche pour tester la maniabilté de ses appareils. Avec ce contrat elle obtient, outre un salaire assurant son indépendance financière, des moyens techniques lui permettant de donner le meilleur d'elle-même[8].

Le 8 août 1934, aux commandes d'un Caudron-Renault monoplan de 140 CV, Hélène Boucher enlève d'une part le record international de vitesse toute catégorie sur 100 km à 412 km/h et d'autre part le record des 1 000 km à la moyenne de 409 km/h (Maurice Arnoux détenait l'ancien record avec 393 km/h). Le 11 août, elle s'adjuge le record du monde féminin à 445 km/h[2].

Par ailleurs, la société Renault est sous contrat avec Hélène Boucher pour promouvoir sa voiture sport de prestige, la Vivasport 6 cylindres[9]. C'est Marcel Riffard, chef du bureau d'études Caudron-Renault et concepteur du Caudron Rafale, qui a dessiné la Renault Viva Grand Sport (appelée « Vivastella Grand Sport » avant 1935).

L'accident mortel[modifier | modifier le code]

Hélène Boucher devant son Caudron Rafale.

Le 30 novembre 1934, Hélène Boucher se tue lors d'un vol d'entraînement sur l'aérodrome de Guyancourt aux commandes d'un Caudron C.430 Rafale[10]. La presse évoque une perte de vitesse à l'atterrissage et un oubli possible que les commandes sont inversées : l'avion accroche la cime des arbres au-dessus de la forêt de la Croix du Bois de Magny-les-Hameaux et s'écrase près de la route de la Butte aux Chênes à Brouessy, non loin de la demeure familiale de l'aviateur Henri Farman (une petite stèle indique l'emplacement de l'accident). Ce sont les pilotes Raymond Delmotte, Fouquet et Goury, témoins de l'accident, qui arrivent les premiers sur les lieux. Hélène Boucher, gravement blessée, est évacuée vers l'hôpital de Versailles. Elle décède dans l'ambulance dans la côte de Satory à Guyancourt.

Hommages[modifier | modifier le code]

  • En 1934, elle fut lauréate du Prix Monique Berlioux de l'Académie des sports, en tant que femme à la performance sportive la plus remarquable de l’année écoulée.
  • Les obsèques d'Hélène Boucher se déroulèrent dans l'église Saint-Louis-des-Invalides où son cercueil fut exposé pendant deux jours. Elle fut la première femme à recevoir un tel honneur.
  • Hélène Boucher fut décorée, à titre posthume, de la Légion d'honneur[11] avec la citation suivante :
« Pilote aviatrice : 3 ans de pratique professionnelle. »
« Pilote de haute classe, a mis au service de l'aviation française sa foi ardente et son audace réfléchie. »
« A donné toute sa mesure au cours de sa brève carrière. »
« Victorieuse de nombreuses compétitions, a ramené six records à la France, en particulier le record international vitesse toutes catégories sur 1 000 km avec 409 km/h. »
« A donné sa vie à la cause qu'elle avait vaillamment défendue. »
« A été citée à l'ordre de la nation. »

Elle repose au cimetière de Yermenonville, localité où elle passa sa jeunesse.

  • Dans les années suivant sa mort (au moins en 1935 et 1936), une compétition d'aviation féminine porte son nom : la coupe Hélène Boucher (remportée par Maryse Hilsz les deux premières années)[12].
  • La Poste française a émis, en 1972, un timbre à l'effigie d'Hélène Boucher et de Maryse Hilsz (Prix Monique Berlioux de l'Académie des sports en 1936).
  • De nombreux équipements publics, voies, établissements d'enseignement portent son nom[13].

Pour approfondir[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Hélène Boucher-Plon-1936-A.jpg
  • Antoine Redier, (préface du général Victor Denain, ministre de l'Air), Hélène Boucher, jeune fille française, éd. Flammarion, 1935, 246 p. 
  • Jacques Mortane, Helène Boucher aviatrice, éd. Plon, Paris, 1936, 93 p.
  • René Chambe, Hélène Boucher, pilote de France, Éditions Baudinière, Paris, 1937, 287 pages ; rééd. Éditions France-Empire, Paris, 1964.
  • Roland Tessier (illustrations de Paul Lengellé), Hélène Boucher, coll. « Les Héros de l'air en Images », éd. Flammarion, 1943, 60 p.
  • Marguerite d'Escola, Hélène Boucher – Celle qui a vaincu la peur, Éditions des loisirs, Paris, 1946, 159 p.
  • Paul Thoraval (préface de Paul Codos aviateur français), Hélène Boucher, éd. Jean de Gigord, coll. « Tout pour tous », Paris, vers 1947, 126 p.
  • Bernard Marck, Hélène Boucher, la fiancée de l'air, L'Archipel,‎ 2003, 405 p. (ISBN 2-84187-523-7, présentation en ligne)
  • Evelyne Morin-Rotureau, Hélène Boucher, éditions Pemf, 2005 [1]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Note : Léno est l'anagramme de Léon le prénom de son père et de Noël le prénom de son frère.
  2. a, b, c, d et e Patrick Liegibel, Stéphanie Duncan, « Hélène Boucher, une vie intense », émission Au fil de l'histoire sur France Inter, 23 janvier 2013.
  3. « Hélène Boucher, Aviatrice 1908-1934 – Aviatrice à 22 ans », sur le site helene-boucher.com.
  4. Bernard Marck, Les Aviatrices, L'Archipel, Paris, 1993.
  5. La fabuleuse histoire d'Hélène Boucher, « record woman » de vitesse en avion
  6. « Exposition – Les femmes s’affichent – 8 mars-14 juillet 2003 », sur le site museehistoirevivante.com.
  7. « Le combat des femmes sous la Troisième République (1871-1940) », sur le site thucydide.com.
  8. Antoine Rédier, Hélène Boucher, jeune fille française, p. 179.
  9. Hélène Boucher et la Vivasport, sur le site helene-boucher.com.
  10. Récit de l'accident, sur le site helene-boucher.com.
  11. Décret du 4 décembre 1934 paru au Journal officiel du 6 décembre 1934, ministère de l'Air.
  12. Bernard Marck, Hélène Boucher, la fiancée de l'air, L'Archipel,‎ 2003, 405 p., sous-section « Les coupes Hélène Boucher » dans la section « Annexes ».
  13. Notamment :