Georges Madon

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Georges Félix Madon
Madon devant son avion
Madon devant son avion

Naissance 28 juillet 1892
Bizerte (Tunisie)
Décès 11 novembre 1924 (à 32 ans)
Tunis (Tunisie)
Origine Drapeau de la France France
Arme aviation
Grade sous-lieutenant, lieutenant puis capitaine
Années de service 1912 – 1924
Conflits Première Guerre mondiale
Commandement Escadrille Spa38
Faits d'armes 41 victoires homologuées
Distinctions Légion d'honneur,
Médaille militaire,
Croix de guerre avec dix-sept palmes,
Médaille de la valeur militaire italienne
Autres fonctions Pilote d'essai

Georges Félix Madon (28 juillet 1892 - 11 novembre 1924) est un pilote de chasse de la Première Guerre mondiale titulaire de 41 victoires homologuées, de 64 autres probables et, fait exceptionnellement rare en quatre ans d'affrontements, tout comme cet autre as français qu'est René Fonck, il ne reçut jamais aucune balle dans son appareil.

Biographie[modifier | modifier le code]

Enfance et débuts dans l'aviation[modifier | modifier le code]

Né à Bizerte en Tunisie, Madon commença à s'intéresser à l'aviation dès l'âge de 15 ans, lorsqu'il essaya pour la première fois de construire son propre avion, sans succès[1]. Il quitta l'école en raison de l'épidémie de malaria qui sévissait.

Son désir de voler le poussa à envisager de s'engager comme pilote pour l'empire ottoman. Après un nouvel échec, il s'engagea dans le 1er régiment du génie de Versailles, dans lequel il fut affecté aux cuisines. Il insista pour avoir le droit de suivre une formation de pilote[2].

À force de persévérance, il obtint son brevet de pilote civil à l'âge de 19 ans, le 7 juin 1911 à Étampes. Le 12 mars 1912, Madon s'engage dans l'armée et reçoit son brevet de pilote militaire sur la Base aérienne 702 Avord, à Avord, en janvier 1913. Cette Base aérienne porte, aujourd'hui, son nom.

Première Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Bien qu'il n'ait que le grade de caporal, il est l'un des pilotes militaires français les plus expérimentés lorsque la guerre éclate. Dans un premier temps, il est affecté à l'Escadrille BL30 et effectue des missions de reconnaissance et de bombardement de nuit sur des Blériots produits avant-guerre. Il figure parmi les premiers pilotes à effectuer des vols de nuit, missions qui lui étaient confiées en raison de son expérience. Cette expérience lui sauvera la vie, quand le 30 octobre 1914, son moteur est détruit par un tir de canon de 77 mm. Il fallut à Madon une grande habileté pour réussir à faire atterrir son Blériot, contre le vent, derrière les lignes françaises.

En avril 1915, alors qu'il essaie un nouveau Farman (80ch), un épais brouillard lui fait perdre ses repères et le contraint à survoler l'espace aérien suisse, et a été interné pendant plusieurs mois[3]. Il parvint à s'échapper à la deuxième tentative, en décembre 1915, après avoir chloroformé ses gardes. En guise de récompense, il passe devant la cour martiale et est condamné à 60 jours d'arrêts.

Il est ensuite affecté à l'Escadrille MF218, avec le grade de sergent. Les missions qui lui sont confiées consistent à diriger les tirs d'artillerie alliés. Il demande à être transféré dans un escadron de chasse.

Après une formation complémentaire à Pau et à Cazaux, il est affecté à l'Escadrille N38, le 1er septembre 1916[4]. Il remporte sa première victoire aérienne le 28 septembre. À la fin de l'année 1916, son tableau de chasse comporte quatre victoires et il est promu au grade d'adjudant.

Il débute l'année en mitraillant une locomotive allemande. Plus tard, le 2 juillet 1917, il est blessé au combat après être entré en collision avec un avion ennemi. À cette date, il compte déjà 12 victoires. Le mois suivant, le 22 août 1917, il nommé sous-lieutenant. En octobre, Madon poursuit sa série de victoires homologuées dont le nombre s'élève désormais à 17, auxquelles il convient de rajouter 20 victoires probables.

En mars 1918, son palmarès s'élève désormais à 25 victoires homologuées[5]. Il est nommé commandant de l'Escadrille Spa38, qui est ré-équipée avec de nouveaux SPAD XIII. Bien qu'à l'origine cette escadrille soit une unité de reconnaissance aérienne, la Spa38 se bat avec vigueur. L'ensemble des pilotes adoptent la devise de leur commandant « Qui s'y frotte s'y pique » ainsi que son insigne, un chardon noir, qu'ils peignent sur leurs avions.

Madon appuyé contre un SPAD

Dans le cadre de ses nouvelles fonctions, Madon forme les pilotes de son escadrille dont un certain nombre accèderont au titre d'as grâce aux conseils de leur commandant, parmi lesquels on trouve André Martenot de Cordoux, Hector Garaud, et l'américain David Putnam.

À fin de la guerre, le sous-lieutenant Madon est crédité de 41 victoires homologuées et de 64 victoires probables. À propos de ces dernières, il fit une fois nonchalamment remarquer que «le Boche connaît ses pertes».

De manière ironique, il est promu au grade de capitaine à titre temporaire le dernier jour de la guerre, le jour de l'Armistice, avec la citation suivante[6]:

« Madon Georges Félix, lieutenant à titre temporaire (active) du Génie, pilote aviateur, officier d'élite, pilote de chasse d'une indomptable énergie, d'une bravoure héroïque et d'une suprême habileté. Toujours vainqueur au cours d'innombrables combats engagés sans souci du nombre des adversaires, ni de l'éloignement de nos lignes, jamais atteint, même d'une seule balle, grâce à la rapidité foudroyante de ses attaques, à la précision de ses manœuvres, à l'infaillibilité de son tir, meurtri parfois dans des chutes terribles, entraîne inlassablement, par son splendide exemple, l'escadrille qu'il commande et qu'il illustre chaque jour par de nouveaux exploits. Le 11 août 1918, il abat son 40ème avion ennemi. Une blessure. Chevalier de la Légion d'Honneur pour faits de guerre. Dix-neuf citations. »

À une époque où l'espérance de vie des pilotes de chasse se mesurait en mois, Madon réussit à enchainer quatre années de victoires.

Décès[modifier | modifier le code]

Une fois la paix revenue, Madon reste dans l'armée. En 1922, il débute une carrière de pilote de course aérienne sur un monoplace spécialement conçu pour la Coupe Deutsch de la Meurthe. Le Simplex monoplane qu'il pilotait était équipé d'un moteur Hispano-Suiza de 320 chevaux monté dans un fuselage court. La vue du pilote était sérieusement limitée par la position du siège, situé derrière le radiateur. Madon s'écrase aux commandes de l'avion pendant un vol d'essai et est gravement blessé[7].

Le 11 novembre 1924, six ans après la signature de l'Armistice, Georges Madon se tue lors d'une démonstration de vol à Bizerte (Tunisie) en hommage à Roland Garros, dans le cadre de l'inauguration d'un monument élevé à la mémoire de l’aviateur. En panne sèche, il se crashe non loin dudit monument, afin d'éviter la foule. Il était âgé de 32 ans[8].

La Base aérienne 702 d'Avord porte son nom « Capitaine Georges Madon ».

Sources et bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jacques Mortane, La guerre des Ailes : Traqués par l'ennemi, chap. X : Évadés de Suisse : Georges Madon et Eugène Gilbert, Baudinière, 1929, p. 151-181
  • Jon Guttman, Spad VII Aces of World War I sur Google Livres, Osprey Publishing, 2001, pages 24–26

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Références
  1. (en) « First World War.com - Who's Who - Georges Madon », Firstworldwar.com (consulté le 2009-01-05)
  2. (en) « Biographie du capitaine George MADON », Ministère de la Défense,‎ 5 février 2007) (consulté le 2008-01-17)
  3. "firstworldwar.com"
  4. Jon Guttman, pages 24-26
  5. "theaerodrome.com"
  6. Biographie sur le site de la Base aérienne 702
  7. (en) Russell Naughton, « Flying Wings : An Anthology : René Arnoux », Ctie.monash.edu.au (consulté le 2009-01-05)
  8. Le 11 novembre 1924 dans le ciel : L’as Madon se crashe à Bizerte Air Journal