Oswald Boelcke

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Oswald Boelcke
Image illustrative de l'article Oswald Boelcke

Naissance 19 mai 1891
Giebichstein, Empire allemand
Décès 28 octobre 1916 (à 25 ans)
Bapaume, France
Mort au combat
Origine Drapeau de l'Allemagne Allemagne
Arme Luftstreitkräfte
Conflits Première Guerre mondiale
Commandement Jasta 2 (en)
Distinctions Pour le Mérite

Oswald Boelcke est un pilote allemand, as de la Première Guerre mondiale (né le 19 mai 1891 à Giebichstein près de Halle, Allemagne - mort le 28 octobre 1916 près de Bapaume, France).

Biographie[modifier | modifier le code]

Débuts dans l'aviation[modifier | modifier le code]

Oswald Boelcke s'engage en 1911 comme Fahnenjunker, élève officier, au 3e bataillon de télégraphie de Coblence. Il suit sa formation militaire à l'école de guerre de Metz d'octobre 1911 à juillet 1912[1]. Les cours théoriques consistent à faire de la gymnastique, de l'équitation, du tir et toute autre activité sportive en rapport avec l'instruction militaire, comme le maniement de la lance dans le module cavalerie[1]. Les élèves participent à des manœuvres en campagne, notamment autour des forts de Metz, pour mettre en pratiques les cours de tactique, et plus généralement tous les cours théoriques suivis lors du premier semestre. Si la discipline est sévère, des moments de détente existent. Boelke et un groupe de camarades, surnommé "la Clique", ont formé un "club" à l'hôtel Englischer Hof, non loin de l'école, où les aspirants ont l'habitude de souper et de se relaxer, en écoutant de la musique, piano ou guitare, avant l'appel du soir[1]. Les élèves sortent parfois avec leurs officiers formateurs, pour faire la fête dans des brasseries de Metz. Boelcke, qui note la présence quotidienne de Zeppelins au-dessus de la ville, participent aux festivités organisées pour les occasions officielles, ainsi qu'aux sorties commémoratives sur les champs de bataille de la guerre de 1870, notamment sur le site proche de Gravelotte[1]. Une école de pilotage ayant été créée à Metz en 1911, en même temps qu'à Döberitz et Strasbourg[1], Boelcke reçoit son baptême de l’air en juin 1913, à l'occasion d'une visite à l'aérodrome de Metz-Frescaty[note 1]. Enthousiasmé par cette première expérience, il passe, en mai 1914, dans la Fliegertruppe des Heeres, les troupes aériennes de l'armée de Terre allemande, après avoir suivi une formation à l'école de pilotage de Halberstadt.

Oswald Boelcke vole d'abord comme observateur sur la ligne de front dans le groupe aérien (Fliegerabteilung) 13. Après diverses mutations, il est nommé en été 1915 à Douai où il fait la connaissance de Max Immelmann. Il remporte sa première victoire en combat aérien le 4 juillet 1915 contre un Morane Bullet. À sa huitième victoire remportée avec Immelmann, l'empereur Guillaume II leur décerne la médaille Pour le Mérite, la plus haute distinction prussienne pour courage face à l'ennemi[note 2].

En mars 1916, au début de la bataille de Verdun, est créée le Kampf Einsitzer Kommando Sivry (KEK), le groupe de combat sur monoplace de Sivry, embryon des futurs Jagdstaffel (Jasta), Jagdgeschwader et autre « Fliegender Zirkus ». Le groupe était composée de cinq pilotes de combat et placée sous son commandement.

Boelcke réforme les escadrilles[modifier | modifier le code]

Dans les semaines qui précédent la bataille de la Somme en 1916, l'état-major allemand se rend compte qu'il perd la supériorité aérienne face aux avions Nieuport et qu'une réorganisation des forces aériennes s'impose. Boelcke se voit confier cette tâche et est alors rappelé d'urgence d'une mission dans les Balkans pour laquelle il était parti suite à la mort d'Immelmann.

Son idée consiste à reformer les unités alors composées d'éléments mixtes. Chaque escadrille comprenait 12 avions répartis en deux groupes de six, subdivisés eux-mêmes en deux sous-groupes de trois. Leur tâche était d'abattre les avions de reconnaissance ennemis. Promu au grade de capitaine, il est autorisé à choisir les pilotes de sa première escadrille. La Jasta 2 (en) est créée officiellement le 10 août 1916.

Il est responsable non seulement du choix des pilotes mais aussi de leur formation et du matériel utilisé. Le 17 septembre 1916 est considéré comme la date officielle de la création de l'escadrille royale de Prusse. Pendant la formation des nouveaux pilotes, il était le seul à pouvoir voler. On raconte qu'il décollait au petit matin, le soleil dans le dos, pour pouvoir abattre un avion ennemi en profitant de l'aveuglement des pilotes adverses venant de l'ouest. Lorsqu'il revenait le menton noirci par la poudre, on savait qu'il avait été victorieux.

Il perfectionna la technique d'attaque frontale, volant face à l'adversaire jusqu'à ce que celui-ci effectue un dégagement par une manœuvre en évasive et se présente à lui sous son côté le plus vulnérable.

Sa dernière mission[modifier | modifier le code]

Boelcke finit par être très vite connu de l'adversaire et les Britanniques savaient où le trouver. Ils bombardèrent plusieurs fois son aérodrome près de Lagicourt. Le 28 octobre 1916, il avait déjà effectué cinq missions avec son escadrille lorsqu'un nouvel appel du front parvint à 16 h 30. Dix minutes plus tard, lui et cinq autres pilotes décollaient avec leurs Albatros D.II. Ils engagèrent un combat aérien avec deux Airco DH.2 de la 24e escadrille pilotés par les lieutenants Knight et McKay.

Boelcke attaqua un avion sans remarquer que son ami le sous-lieutenant Erwin Böhme avait choisi la même cible. La partie inférieure du fuselage de son avion touche l'aile supérieure gauche de l'avion de Boelcke et tous deux s'écrasent au sol. Böhme survit à l'accident tandis que Boelcke meurt sur le coup. Dans sa hâte, il avait omis d'attacher sa ceinture, ce qui aurait pu lui sauver la vie.

Les Britanniques larguèrent par la suite au-dessus du front une gerbe en son honneur. Sa tombe se trouve à Dessau-Roßlau.

Boelcke a édicté plusieurs règles fondamentales du combat aérien : le Dicta Boelcke. Certaines sont toujours applicables de nos jours.

Le Dicta Boelcke[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Dicta Boelcke.

Le Dicta Boelcke est une liste de règles fondamentales applicables en combat aérien, formulé par Oswald Boelcke durant la Première Guerre mondiale.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. A Metz-Frescaty, une base de Zeppelins créée en 1909 et une école de pilotage créée en 1911 ont permis à de futurs pilotes, notamment Otto Könnecke, Alfred Keller, Friedrich Marnet ou encore Karl Braun, de faire leurs premiers essais.
  2. Médaille Pour le Mérite, surnommée Blauer Max en raison de sa couleur bleue et en hommage à Max Immelmann.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d et e Johannes Werner: Knight of Germany: Oswald Boelcke German Ace, Arno Press, New York, 1972 (p. 26-36)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Johannes Werner: Boelcke, der Mensch, der Flieger, der Führer der deutschen Jagdfliegerei : Ein Lebens- u. Heldenbild aus seinen Briefen gestaltet, Leipzig : K. F. Koehler, 1932.
  • Heinz Kraft: Boelcke, Oswald. In: "Neue Deutsche Biographie" (NDB). Band 2, Duncker & Humblot, Berlin, 1955.
  • Walter Waiss: "Chronik Kampfgeschwader Nr. 27 Boelcke", Teil 3: 1.1.42-31.12.42, Aachen, 2005.

Liens externes[modifier | modifier le code]

  1. (de) Histoire de l'aviation, version complète

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