Seiche commune

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La seiche commune (Sepia officinalis) est une espèce de céphalopode.

Longue de 20 à 30 cm (tentacules compris), elle possède un flotteur interne (l'os de seiche) qui joue aussi un rôle d'endosquelette et peut-être de réserve minérale. Sa tête porte des bras courts munis de ventouses, ainsi que deux grands tentacules et deux très gros yeux.

Les jeunes sont appelés seichons ou sépions (il n'y a pas de stade larvaire comme chez le poulpe, les seichons sont des modèles réduits de l'adulte au sortir de l'œuf). Ils grandissent et se nourrissent dans l'œuf qui est alors recouvert d'une « peau » transparente. La seiche est dotée comme tous les céphalopodes d'un œil inhabituellement grand et complexe chez les invertébrés, qui lui offre une vision sophistiquée. Elle est de plus dotée d'une ligne latérale, qui comme chez le poisson, lui apporte des informations complémentaires sur son environnement, en tant que prédatrice, mais aussi en tant que proie. Douée de mimétisme, elle peut changer de couleur grâce aux chromatophores de sa peau, qui sont gouvernés par le cerveau. Comme le poulpe, grâce à ses tentacules elle peut saisir et manipuler des objets.

Elle projette un liquide noir, appelé sépia par un organe spécifique : l'entonnoir (débouchant dans la cavité palléale). Ce liquide, aussi appelé « encre » ou « noir de seiche » lui permet de se dissimuler pour prendre la fuite.

Son cerveau est − par rapport à celui d'autres invertébrés − très développé. La seiche fait partie des espèces qui comme les mammifères et les oiseaux, ont développé d'importantes capacités d'apprentissage par observation et de mémorisation (certains parlent même d'intelligence tant elle est capable de trouver des solutions à des problèmes).

Morphologie[modifier | modifier le code]

D'une longueur du corps de 14 cm (mâle) à 18 cm (femelle) en moyenne, la seiche commune peut atteindre 30 cm environ avec les tentacules[réf. nécessaire].

Physiologie[modifier | modifier le code]

  • gestation : 1,5 à 3 mois
  • nombre de jeunes / portée : 3 000 œufs par an
  • nombre de portées / an : 200 à 300 œufs par femelle
  • longévité : 1 an à 2 ans
    • libre  : 21 mois.

Alimentation[modifier | modifier le code]

La seiche est un prédateur qui ne mange que des proies vivantes (dont des juvéniles de ses propres prédateurs, ce qui est très rare chez les invertébrés). Elle chasse et mange des crustacés (crabes et crevettes surtout) et de petits poissons. Un cannibalisme est parfois observé, surtout en aquarium.

Cycle de vie[modifier | modifier le code]

Œufs sur une branche d'arbre.

La maturité sexuelle est acquise à un an environ (légèrement plus précocement chez le mâle). L'accouplement se fait "tête à tête et ventouses entremêlées". Le mâle dépose des spermatophores au moyen d'un bras dit « hectocotyle » (sans ventouses et contenant un canal, qui par contraction propulse les spermatophores dans les organes génitaux de la femelle). C'est l'un des bras ventraux, modifié chez le mâle.

Comme les pieuvres, les seiches vivent et meurent par cohortes (tous les individus de 2 ans meurent à la même période, avant la naissance de leurs petits), ce qui explique les apparitions épisodiques d'os de seiche sur les plages.

Habitat, distribution[modifier | modifier le code]

On trouve la seiche commune dans différents milieux sur le plateau continental, souvent à profondeur moyenne, notamment sur les fonds sableux et dans les herbiers. La femelle dépose ses œufs sur les côtes.

Migrations[modifier | modifier le code]

Elle migre (se rapproche du littoral en hiver pour revenir y pondre en été). On ne connait pas encore comment ses migrations s'effectuent (revient-elle à l'endroit où elle est née pour y mourir après avoir pondu ?).

Capacité mémorielle et plasticité cérébrale[modifier | modifier le code]

Des expériences sont conduites depuis les années 1990 aux États-Unis, en Italie, en Israël, en France, au Japon pour notamment étudier ses compétences mémorielles et ses compétences spatiales (stratégie dans un labyrinthe) exceptionnelles. Il a été montré que la mémoire de la seiche se développe précocement dans son ontogenèse[1]. Son cerveau est encore plus gros proportionnellement que celui du poulpe. On a noté qu'il y a un dimorphisme sexuel cognitif, une différence entre mâles et femelles dans le choix des stratégies de réponse pour l'orientation dans un labyrinthe, comme chez l'humain, les primates, le rat ou l'oiseau.

La mémoire de la seiche et sa plasticité sont étudiées y compris in ovo (dans l'œuf).

Son adolescence est longue, ce qui est fréquent chez les espèces dotées de capacités importantes d'apprentissage. Elle dispose d'une mémoire de court terme les premiers jours, et d'une mémoire à long terme qui se développe au cours de ses premiers mois de vie. Elle dispose d'une structure particulière du cerveau (dite lobe vertical ou complexe vertical), associative, qui joue un rôle dans la mémorisation.

Elle a une préférence alimentaire, qu'on peut modifier, par l'"éducation" en laboratoire en fonction des proies disponibles ou accessibles dans son milieu. Le neurone géant découvert chez le calmar, a également été trouvé dans le cerveau de la seiche.

Éthologie[modifier | modifier le code]

Les seiches n'ont pas de parents. Les chercheurs se sont demandé si elle naissait avec un instinct ou si elle apprenait à la naissance, en matière de préférences alimentaires notamment. Les expérimentations ont montré que les jeunes seiches sont capables d'un apprentissage très précoce, y compris dans l'œuf. Elles ont des préférences alimentaires acquises dans la prime jeunesse, voire dans l'œuf, car la familiarisation à ces proies commence chez l'embryon qui perçoit déjà son environnement au travers de la membrane transparente de l'œuf[2]. On pensait que l'embryon n'avait pas de mémoire à court terme mais il a montré des capacités à retenir certaines informations, au moins une semaine durant. En laboratoire, la seiche peut inhiber son comportement prédateur quand il n'est pas le plus efficace.

Pêche[modifier | modifier le code]

Ce mollusque, relativement abondant fait l'objet d'une pêche intensive (de 2 000 à 10 000 tonnes par an en Manche). Il est présenté dans le commerce ou dans les assiettes des restaurateurs sous le nom de seiche bien sûr, mais aussi et abusivement sous le nom d'encornet.

La pêche de la seiche se pratique traditionnellement avec un hameçon spécial, la turlutte dite aussi calamarette. En Bretagne, la seiche est connue sous le nom de morgate ou margatte.

État des populations, menaces, pressions[modifier | modifier le code]

On ne dispose pas d'étude exhaustive évaluant ses populations, mais c'est une des espèces qui peuvent localement être victimes d'une surpêche, ainsi que de la pollution des littoraux et des ports. Le recul des herbiers marins et les perturbateurs endocriniens l'affectent probablement également.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Ludovic Dickels, thèse concernant Sepia officinalis, Université de Caen
  2. Anne-Sophie Darmaillacq, Embryonic visual learning in the cuttlefish, Sepia officinalis Lien/résumé (Science-Direct), 2007, consulté 2008 12 23

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Dickel Ludovic (sous la direction de Raymond Chichery)  ; Thèse de doctorat : Comportement prédateur et mémoire chez la seiche (Sepia officinalis) : Approches développementale et neuro-éthologique, Université de Caen, Caen, 1997 Fiche Inist/CNRS;
  • Anne-Sophie Darmaillacq & al., Food imprinting, new evidence from the cuttlefish Sepia officinalis ; Biol Lett. 2006 September 22; 2(3): 345–347.Voir (Pubmed)

Liens externes[modifier | modifier le code]