Ammonoidea

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Ammonoidea
 Amonite
Amonite
Classification classique
Règne Animalia
 Reconstitution de l'organisme entier

Reconstitution de l'organisme entier

Embranchement Mollusca
Classe Cephalopoda
Sous-classe
Ammonoidea
Zittel, 1884
Sous-ordres de rang inférieur
 Coupe transversale montrant la succession des chambres cloisonnées

Coupe transversale montrant la succession
des chambres cloisonnées

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Les ammonites (Ammonoidea) forment une sous-classe éteinte des mollusques céphalopodes et ayant vécu au cours du Paléozoïque et le Mésozoïque. Ils se caractérisaient par une coquille univalve plus ou enroulée dont la seule la dernière loge était occupée par l'organisme. Leurs fossiles sont considérés comme d'excellents marqueurs chronologiques.

Sommaire

[modifier] Étymologie

Leur nom est lié à la forme spiralée de leurs coquilles fossilisées qui évoquaient pour les anciens les cornes de béliers. Pline l'Ancien a évoqué les cornes d'Ammon (ammonis cornua) à leur propos parce que le dieu égyptien Ammon (Amon) était généralement représenté portant des cornes de bélier[1]. C'est aussi pourquoi le nom de genre des ammonites se termine souvent en « ceras », du grec κέρας, la corne (Exemple : Pleuroceras).

[modifier] Anatomie

[modifier] Anatomie externe

[modifier] La coquille

Ammonites
Les ammonites ont présenté une grande variété de forme et de taille, dont ces quelques exemples dessinés par Ernst Haeckel dans Kunstformen der Natur paru en 1899.

Comme chez tous les céphalopodes, la coquille des ammonites est aragonitique et constituée d'une seule pièce (univalve), mais, contrairement aux seiches et aux pieuvres, elle se distingue par sa position externe. La coquille étant le principal élément de l'ammonite à se fossiliser, la phylogénie des ammonites est donc essentiellement basé sur la description de leur coquille.

[modifier] Structure interne

La coquille est découpée en plusieurs loges par l'intermédiaire de cloisons (septum[2]). On distingue la loge d'habitation où loge l'organisme et le phragmocône qui correspond au reste de la coquille soit n-1 loges. La communication entre loges s'effectue au travers d'un foramen percé dans chaque cloison par lequel transite un siphon. A l'origine centrale, il s'excentre progressivement. Toutes les loges (excepté la loge d'habitation) sont vides ou du moins remplie de gaz à l'image du nautile. Elles servaient de ballast à l'organisme qui les remplissait d'eau ou au contraire expulsait l'eau selon qu'il souhaitait descendre ou monter dans la tranche d'eau.

[modifier] Enroulement

Les formes les plus courantes, et les plus connues, de coquilles d'ammonite sont dite planispiralés : le tube s'enroule autour de lui même dans un seul plan. Elles sont spécifiques à l'ordre des Ammonitida et on les retrouve actuellement chez les nautiles.
Dans les cas des formes planispiralés, on distingue les enroulements évolutes et involutes. Les premiers se caractérisent par un recouvrement faible des tours précédents, il est donc possible d'observer les tours inférieurs que l'on rassemble sous le terme d'ombilic. A l'opposé, l'enroulement involute est marqué par un recouvrement important voire totale des tours précédents, l'ombilic est alors réduit voire inexistant. Il existe aussi des ammonites dont les tours ne sont pas jointifs.
Chez les formes les plus anciennes (Orthoceratoidea), l'enroulement est inexistant. La coquille forme alors un cône allongé que l'on retrouvera aussi chez les individus appartenant au super-ordre des Belemnoidea. Cette adaptation d'une morphologie allongée de la coquille implique une modification du comportement de flottaison et donc du mode de vie des organismes. Enfin chez certaines formes tardives, l'enroulement s'accompagne d'un déroulement secondaire (la hampe) conférant une géométrie originale qui servirait à améliorer la stabilité de la coquille dans les zones soumises aux courants. Il est souvent suivi la retour à un enroulement formant la crosse qui pourrait renforcer la stabilité de la coquille. On les classe alors morphologiquement dans les ammonites « hétéromorphes ». Les ammonites dites hétéromorphes comprennent également celles qui ne sont pas enroulées en spirale plane, mais en hélice ou celles qui sont uniquement droites ou légèrement arquées.

[modifier] Ornementation

Extérieurement les coquilles arborent des structures sous la forme d'excroissances et de sutures contribuant à la classification des ammonites.

Les sutures sont des projections externes des cloisons. Si les formes les plus anciennes présentent des sutures (et donc des cloisons) droites, progressivement l'allure des sutures se complexifie et dessine des courbures que l'on interprète comme des selles (vers l'avant) et des lobes (vers l'arrière).

[modifier] Dimorphisme sexuel

Chez les nautiles contemporains, les chambres de la coquilles présentent des différences de forme et taille selon le sexe de l'animal. La coquille du mâle est légèrement plus petite et plus large que celle de la femelle. Un dimorphisme sexuel du même type est maintenant envisagé pour les ammonites, expliquant certaines différences de tailles et de formes des fossiles au sein d'une même espèce. L'explication couramment avancée est qu'il est logique que les femelles soient plus grandes pour permettre la production d'un grand nombre d'œufs. Un bon exemple de ce dimorphisme sexuel est donné par les Bifericeras, trouvés en Europe dans les roches formées au début du Jurassique. Ce n'est qu'à la fin du XXe siècle qu'on a admis ce dimorphisme. On a d'abord classé les grandes formes en sous-espèces dites macroconche et les petits individus en sous-espèces dites microconche. Mais la présence presque systématique de macroconches et microconches chez toutes les espèces a finalement porté à conclure qu'il s'agissait simplement des mâles et femelles d'une même espèce.

[modifier] Anatomie interne

[modifier] Écologie

La mauvaise fossilisation des parties molles implique qu'on manque de données permettant de reconstituer précisément les modes de vie et d'alimentation ou de reproduction des ammonites, mais on pense que la plupart d'entre elles ont vécu dans l'eau libre des mers antiques, plutôt que sur les fonds marins. Ceci est suggéré par le fait que leurs fossiles sont souvent trouvés dans les roches qui se sont formées dans des conditions où aucune forme de vie typique des fonds marins de la plateforme continentale n'est trouvée. Bon nombre d'espèces (telles qu'Oxynoticeras) sont considérées comme de probables bonnes nageuses grâce à des coquilles hydrodynamiques bien profilées, mais d'autres semblent avoir été moins bien disposées pour la nage ; peut-être se laissaient-elles dériver en nageant lentement vers leurs proies (crustacés, petits poissons et zooplancton pour les larves).

Leurs prédateurs connus sont les reptiles marins de ces époques tels que les Mosasaures (des ammonoïdes fossiles portent les marques de dents signant de telles attaques)

[modifier] Évolution

Alors que la classe des céphalopodes apparait au Cambrien moyen, les Ammonoidea n'apparaissent qu'à la fin du Silurien voire au début du Dévonien. Elles sont issues d'organismes appartenant à l'ordre des Bactritida.

Variété d'ammonite. On distingue parfaitement les lignes de sutures (Provenance : Pierre Seaway strata Dakota du Sud, États-Unis)

[modifier] Phylogénie, espèces apparentées

Les plus proches parents des ammonites sont sans doute les sous-Coleoidea actuels (poulpes, calmars et seiches) et les bélemnites du Mésozoïque. Bien que le nautile actuel évoque extérieurement la forme et la structure de la coquille d'ammonite et qu'il possède un ancêtre commun avec les ammonites, il n'en est pas un descendant. Les premiers stades du développement des Ammonoïdes et des Coléoïdes sont très similaires, d'où l'hypothèse qu'ils avaient des modes de vie peut-être comparables (type de reproduction, alimentation, nage, comportement).

[modifier] Mode de vie

[modifier] Voir aussi

Wikimedia Commons propose des documents multimédia libres sur les ammonites.

[modifier] Articles connexes

[modifier] Notes et références

  1. Les ammonites étaient jadis appelées "cornes d'Ammon" en référence au dieu Ammon (Encyclopédie de Diderot et d'Alembert)
  2. terme pluriel de septa

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