Blattaria

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Les blattes constituent l'ordre des blattoptères (Blattaria) qui forme avec les mantes le super-ordre des orthoptéroïdés.

La blatte est aussi appelée cafard ou cancrelat en Europe, coquerelle au Québec et ravet aux Antilles. Quelques espèces sont synanthropes, principalement dans les cuisines où elles se nourrissent de restes, déchets et provisions.

Les quelque 4 000 espèces réparties autour de la planète varient en forme, couleur et taille. Elles sont apparues sur Terre il y a environ 400 millions d'années.

Description[modifier | modifier le code]

Les blattes sont généralement des insectes assez grands. La plupart font la taille d'un ongle, mais les plus grosses espèces, comme Macropanesthia rhinoceros d'Australie ou Gromphadorhina portentosa de Madagascar peuvent atteindre 9 cm de long. Leur corps a une forme ovale, aplatie dorso-ventralement. La tête porte de longues et fines antennes formées d'un grand nombre d'articles. Les pièces buccales sont de type broyeur. Le thorax est recouvert à l'avant par le pronotum. Les blattes peuvent ou non porter deux paires d'ailes, mais les espèces ailées se déplacent en général en courant sur le substrat. À l'extrémité postérieure de l'abdomen, on trouve deux appendices sensoriels : les cerques.

Alimentation[modifier | modifier le code]

La matière végétale est un élément fondamental de leur nourriture. Elles peuvent cependant être omnivores.

Reproduction[modifier | modifier le code]

Oothèque de blatte

La femelle pond jusqu'à 8 poches contenant chacune jusqu'à 40 œufs. Les œufs sont incubés entre 20 et 28 jours. La femelle pond alors de 1 à 4 oothèques (ou coques), pouvant contenir jusqu'à 35 nymphes.[réf. nécessaire]

Les larves deviennent adultes en une centaine de jours.[réf. nécessaire]

Vie[modifier | modifier le code]

Les blattes forment des agrégats denses comprenant des individus de tous âges. Les blattes aiment l'obscurité. Elles se cachent lorsque le jour ou la lumière apparaît (lucifuges). Dans les appartements, elles recherchent les recoins obscurs, chauds et humides (tels que les moteurs des réfrigérateurs). Elles sortent le soir pour se nourrir.

Tous les stades sont omnivores et les larves aussi voraces que les adultes. Il n'y pas de stade larvaire ni de métamorphose visible chez la blatte, celle-ci étant hémimétabole.

Répartition et habitats[modifier | modifier le code]

Les blattes peuplent presque tous les habitats terrestres. Leurs adaptations morphologiques, physiologiques et comportementales leur permettent de survivre dans quasiment n'importe quelle condition extrême. Certaines creusent leur terrier sous le sable, en plein désert, pour y trouver de l'humidité. D'autres nagent, ou même plongent sous l'eau. D'autres, enfin, sont associées à des organismes symbiotiques qui digèrent la cellulose du bois qu'elles percent.

Les blattes vivant dans les appartements sont des insectes grégaires. Elles produisent une phéromone d'agrégation. Il s'agit d'une substance odorante incitant les individus d'une même espèce à se regrouper. Des abris où leurs excréments sont abondants apparaissent (en anglais un Fecal Focal Point). À cet endroit, les insectes sont en sécurité. L'abondance des excréments et de la phéromone indique aux blattes que leur cachette n'a pas encore été découverte par leurs ennemis (les habitants du logement). Expérimentalement, on observe que les blattes se développent moins vite lorsqu'elles sont isolées. De plus, les cafards se nourrissent davantage en présence de cette phéromone.

Les blattes vivent en petits groupes de type familial. Ces groupes se composent d'individus du même âge et probablement nés de la même mère. Dans les habitations, ces groupes se rassemblent pour former des grandes communautés de plusieurs centaines ou même de milliers d'individus. Cependant, le concept de hiérarchie ou de spécialisation des tâches est inexistant. Chaque individu est autonome.

Les blattes sont très résistantes, y compris à des doses de radiations mortelles pour l'homme. En janvier 2008, L'émission MythBusters a effectué des tests d'irradiations sur des insectes et confirmé une survie à des doses d'une dizaine de fois la dose mortelle pour un humain, ce phénomène est général aux invertébrés (les mouches du vinaigre de l'expérience ont survécu à des doses beaucoup plus fortes).

Les blattes peuvent rester un mois sans manger ni boire. Une blatte décapitée peut survivre plusieurs semaines (il est à rappeler que le système nerveux central des insectes est constitué d'une chaîne de ganglions le long du corps, et non centré autour d'un cerveau comme pour les vertébrés), la respiration s'effectuant par des trous disséminés dans son corps, les spiracles et son abdomen pouvant stocker de l'énergie pour cette durée[1].

Blattes fossiles[modifier | modifier le code]

Ennemis naturels[modifier | modifier le code]

Les blattes sont parasitées au stade œuf par une famille spécifique d'hyménoptères térébrants, les Evanioidea. Ils sont facilement reconnaissables à leur thorax massif muni d'un petit abdomen aplati transversalement.

La scutigère véloce, qui vit aussi dans les maisons, est le principal prédateur des blattes .

Certaines guêpes (Ampulicidae ou « guêpes des cafards ») se servent des blattes comme nourriture pour leurs larves.

Systématique[modifier | modifier le code]

L'ordre des Blattaria a été décrit par l'entomologiste française Pierre André Latreille en 1810.

Synonymie[modifier | modifier le code]

  • Blattodea

Taxinomie[modifier | modifier le code]

Philippe Grandcolas a classé les Blattoptères (version mise à jour en 2006)

Position dans la classification phylogénétique des insectes[modifier | modifier le code]


Les Blattes et l'Homme[modifier | modifier le code]

Il existe plus de 4000 espèces dans cet ordre. Très peu sont en contact direct avec l'Homme.

Santé[modifier | modifier le code]

Médicaments

Les blattes étaient utilisées dans la Grèce et la Chine antiques, comme médicaments[réf. nécessaire].

Agents pathogènes retrouvés chez les blattes[modifier | modifier le code]

Groupe Agents pathogènes
Virus hépatite[réf. nécessaire], poliomyélite[réf. nécessaire]

Bactéries

Escherichia coli[réf. nécessaire], Mycobacterium leprae[réf. nécessaire], Klebsiella pneumoniae[réf. nécessaire], Proteus vulgaris[réf. nécessaire], Pseudomonas aeruginosa[réf. nécessaire], Salmonella spp.[réf. nécessaire] (dont S. typhi[réf. nécessaire] et S. typhimurium[réf. nécessaire]), Serratia marcescens[réf. nécessaire], Shigella spp.[réf. nécessaire], Staphylococcus aureus[réf. nécessaire], Enterococcus faecalis[réf. nécessaire], Yersinia pestis[réf. nécessaire]

Champignons

Aspergillus fumigatus[réf. nécessaire]

Protozoaires

Entamoeba histolytica[réf. nécessaire]

Helminthes

Enterobius vermicularis[réf. nécessaire], Trichuris trichiura[réf. nécessaire], Ascaris lumbricoides[réf. nécessaire], Ancylostoma duodenale[réf. nécessaire], Necator americanus[réf. nécessaire]

d'après N.R.H. Burgess (1984)

Lutte contre les blattes[modifier | modifier le code]

Les blattes ont une très forte capacité d'adaptation, et s'accoutument de génération en génération aux différents poisons proposés par l'humain pour ses repas. Certains pièges utilisent l'odeur de la femelle pour attirer les blattes mâles.

Modification de l'habitat[modifier | modifier le code]

Pour contrôler sur le long terme la prolifération des blattes, il faut minimiser les sources de nourriture, d'eau et d'abris nécessaires à leur survie[réf. nécessaire]. Les locataires d'un immeuble doivent collaborer au programme de contrôle pour assurer son succès[réf. nécessaire]. En effet, les traitements massifs aux insecticides peuvent faire migrer le gros des populations vers les logements voisins[réf. nécessaire].

Diverses méthodes de lutte[modifier | modifier le code]

  • si vous tombez sur une blatte vivante, plutôt que de la tuer, saupoudrez-la de poudre insecticide : elle va ainsi empoisonner ses congénères en rentrant se cacher (risque de contamination pour les animaux de compagnie ainsi que pour la nourriture)
  • on peut aussi placer un appât odorant (sirop, fromage... ) au centre d'un grand carré de papier adhésif (dalle de moquette autocollante à l'envers par exemple) : les blattes viendront se coller dessus pendant la nuit, et il suffira de jeter la dalle au matin (peu coûteux et efficace)[réf. nécessaire].
  • se procurer de l'acide borique en pharmacie sous forme de poudre, le mélanger à du lait concentré sucré, faire des petites boulettes, les placer à plusieurs endroits dans la maison et attendre une à deux semaines. Toutefois, faire très attention aux enfants et animaux[réf. nécessaire].
  • l'huile essentielle de lavande serait un répulsif non toxique efficace[2]
  • placer de la nourriture dans un vase dont l'intérieur est verni piégerait les cafards en les empêchant de remonter[3]

Observation et remède[modifier | modifier le code]

On observe que les maisons anciennes ayant des lignes électriques "sous baguettes" n'ont pas de blattes[réf. nécessaire]. Par contre, on constate que les installations "sous conduits électriques" vont devenir leurs dortoirs le jour, et leurs "autoroutes" la nuit[réf. nécessaire]. Les blattes se déplacent dans les gaines électriques passant par les boîtiers de connexions où elles se répartissent dans les appartements des particuliers[réf. nécessaire]. L'obturation de ces sorties peut régler une partie du problème d'infestation[réf. nécessaire].

Dans les bibliothèques (en dehors des habitations)[modifier | modifier le code]

Les produits phytosanitaires régulateurs de croissance (RCI) et les insecticides rémanents peuvent être alliés[réf. nécessaire]. Le RCI appliqué aux lieux infestés par les blattes transforme le dernier stade nymphal en un adulte ayant les ailes tordues et étant stérile. Le méthoprène[4] et l'hydroprène [5] sont couramment utilisés aujourd'hui[réf. nécessaire].

Les appâts chimiques sont utiles[réf. nécessaire].

La plupart des blattes sont attirées efficacement par l'appât au propoxur[6] à 2 % pour blattes et la pâte d'acide borique[7]. De très petites quantités d'appât à 2 % doivent être déposées dans les recoins, le long des murs, dans les cages d'ascenseur, les chaufferies, les faux-plafonds et autres endroits où les blattes se cachent pendant la journée. Durant leurs sorties nocturnes, les blattes trouvent ces particules d'appât, les mangent et sont tuées. Les pâtes doivent être déposées par petites quantités sur les lieux de cachette diurne des blattes.

Le piège à appât a été employé avec succès pour éliminer des populations entières de blattes germaniques[réf. nécessaire]. Ceux à l'hydraméthylon [8] sont couramment utilisés de nos jours dans les cuisines et les boutiques d'alimentation pour lutter contre cette espèce[réf. nécessaire]. Les individus immatures et les adultes cherchent un abri dans ces pièges. Une fois rentrés, ils mangent un fragment de l'appât, ressortent et meurent. Sans danger pour les enfants, ces pièges sont un moyen extrêmement efficace de défense contre les blattes germaniques, en particulier s'ils sont installés sur des surfaces verticales dans les zones infestées[réf. nécessaire]. La pâte à l'acide borique[9] déjà mentionnée est également utilisable contre ce type de blattes[réf. nécessaire].

Divers[modifier | modifier le code]

Le comportement d'une colonie de blattes a pu être modifié grâce à l'intervention de robots miniaturisés qui ont été acceptés au sein de leur groupe, étant imbibés de phéromones[10].

Dans les cerveaux et les tissus nerveux de cafards, ont été identifiées des molécules toxiques pour Staphylococcus aureus et Escherichia coli, ce qui pourrait constituer une alternative aux traitements antibiotiques contre les bactéries résistantes[11].

Annexes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Oggy et les Cafards, série télévisée d'animation française

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Choi C, Un cafard peut-il vivre sans sa tête ?, Pour la Science, novembre 2008, p 8
  2. Les cafards - sur le site http://www.toutpratique.com
  3. La lutte écologique contre les blattes - fiche conseil n°75
  4. Dianex
  5. Gencor
  6. appât Baygon
  7. MRF 2.000 Blue Diamond
  8. Maxforce ou Combat
  9. Blue Diamond
  10. J. Halloy, G. Sempo, G. Caprari et Als. Social integration of robots into groups of cockroaches to control self-organized choices, Science, 2007;318:1155-1158
  11. « Les cafards pourraient être les antibiotiques de demain », le Monde,‎ 7 septembre 2010 (consulté le 8 septembre 2010)