Intelligence des céphalopodes

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L'intelligence des céphalopodes est la capacité de ces derniers à s'adapter et à complexifier leur comportement en fonction des événements de leur environnement. Reposant sur un système nerveux fondamentalement différent de celui des vertébrés[réf. souhaitée], son étude d'un point de vue comparatif permet une meilleure compréhension de l'intelligence de ceux-ci et donc de l'homme. Les représentants de la classe des céphalopodes, en particulier ceux de la sous-classe des coléoïdes (seiches, calmars et pieuvres), sont considérés comme les plus intelligents des invertébrés et comme un exemple de l'évolution cognitive.

Historiquement[modifier | modifier le code]

On retrouve déjà chez Pline l'Ancien et son Histoire naturelle cette anecdote[1] :

« Le coquillage n'a ni la vue ni aucune autre sensation que celle qui lui fait connaître l'aliment et le danger. En conséquence, les poulpes guettent le moment où il est ouvert, et mettent un petit caillou entre les valves, mais en dehors du corps même de l'animal, de peur qu'il ne chasse le caillou par ses contractions : dès lors ils attaquent leur proie avec sécurité, et ils extraient les chairs ; l'animal se contracte, mais en vain ; un coin rend ses efforts inutiles. Tant est grande l'habileté des animaux même les plus stupides ! »

Pieuvres, poulpes[modifier | modifier le code]

Utilisation d'outils[modifier | modifier le code]

À ce jour, la pieuvre est le seul invertébré à avoir démontré sa capacité à faire usage d'outils. Au moins quatre spécimens d'Octopus marginatus ont été observés alors qu'ils manipulaient des coquilles de noix de coco pour s'en faire une sorte de carapace protectrice[2],[3]. La découverte de ce comportement a été reportée par le journal Current Biology et a aussi été filmée. Beaucoup d'autres invertébrés usent de divers objets pour s'en faire des coquilles ou un camouflage, mais ces comportements sont loin d'égaler celui de la pieuvre en complexité.

Apprentissage[modifier | modifier le code]

Chez toutes les espèces de pieuvre, la femelle surveille sans relâche ses œufs jusqu'à leur éclosion, puis elle meurt, affaiblie par le jeûne. Elle ne peut donc transmettre ses connaissances à sa progéniture[4]. Mais il existe peut-être une transmission culturelle de connaissances par les pères, comme le laissent supposer de récentes observations de comportements sociaux chez cet animal initialement considéré comme solitaire[5]. Les colonies observées et les expériences menées en aquarium ont montré que les poulpes non seulement apprennent par eux-mêmes, mais aussi par l'observation de leurs congénères[5].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) T. Hanlon Roger et John B. Messenger, Cephalopod Behaviour, Cambridge University Press,‎ 1996 (ISBN 0521420830)
  • (en) Marion Nixon et John Z. Young, The Brains and Livees of Cephalopods, Oxford University Press,‎ 2003

Références[modifier | modifier le code]

  1. Pline l'Ancien, Histoire naturelle, livre IX, 48,2
  2. BBC news La pieuvre peut s'emparer d'une noix de coco et courir avec.
  3. Coconut shelter: evidence of tool use by octopuses
  4. Tous les animaux du monde : Les invertébrés, t. 8, Librairie Larousse,‎ 1974 (ISBN 2-03-015180-7), p. 182
  5. a et b Émission Thalassa, « Grand format – La planète des pieuvres », du 16 avril 2010, France 3, rediffusée le 12 octobre 2012.