Bataille de Tondibi

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Bataille de Tondibi
Schéma de déroulement de la Bataille de Tondibi
Schéma de déroulement de la Bataille de Tondibi
Informations générales
Date 12 avril 1591[1]
Lieu Tondibi
Issue Victoire de l'armée du Maroc
Belligérants
Flag of Morocco 1258 1659.svgMaroc Empire songhaï
Commandants
Flag of Morocco 1258 1659.svg Yuder Pacha Askia Ishaq II
Forces en présence
10 000 hommes entre 30000 hommes et 40000 hommes
guerre maroco-songhaï

La bataille de Tondibi est une bataille majeure de l'histoire de l'Afrique de l'Ouest qui voit la victoire de l'armée marocaine d'Ahmed al-Mansur Saadi sur l'armée songhaï d'Askia Ishaq II. Cette bataille marque l'effondrement de la société impériale ouest-africaine dans un contexte économique et institutionnel défavorable à l'Empire songhaï. L'autorité impériale s'exercait à travers le contrôle du commerce transsaharien, et la production d'or et de sel amorce en effet son déclin au XVIe siècle avec le développement du commerce maritime. Le morcellement politique qui résulte de la défaite de l'armée songhaï fut le préalable à la colonisation de l'Afrique de l'Ouest par les Européens[réf. nécessaire].

Déroulement[modifier | modifier le code]

Ahmed al-Mansur Saadi lance en 1591, sous le commandement de Yuder Pacha, une armée de 3 000 hommes[2], à l'assaut de l'Empire songhaï de Gao. Elle comprend 1 000 arquebusiers renégats, 1 000 arquebusiers andalous, 500 spahis (arquebusiers à cheval) et 500 lanciers marocains comme troupe combattante (3 000 hommes). La logistique est assurée par 600 sapeurs et 1 000 hommes conduisant 8 000 chameaux et 1 000 chevaux[2]. Il rencontre l’askia Ishaq II à Tondibi. Le bruit et les ravages causés par les armes à feu mettent en déroute 30 000 à 40 000 guerriers songhaïs (12 avril)[3].

Les versions sont variables mais les différentes étapes de la bataille seraient :

  1. L'armée de Gao lance d'abord une ruse habituelle : elle lance des troupeaux de vaches rendues furieuses vers le camp ennemi. Les Marocains auraient soit laissé passer les troupeaux, soit les auraient effrayés à coups de canon.
  2. L'artillerie marocaine écrase la charge de l'infanterie songhaï. Les cavaleries s'affrontent.
  3. Les vassaux de l'empereur de Gao rompent et seule reste la garde songhai fidèle: elle s'entoure d'une corde et se laisse massacrer.

Ishaq II se replie sur Gao, puis évacue sa capitale qui est occupée. Le vainqueur Djouder reçoit une proposition de paix refusée immédiatement par le sultan qui exige son or. L'armée marocaine pille tout ce qu'elle trouve et l'envoie au Maroc (on parle d'1 à 1/2 tonne d'or).

Conséquences[modifier | modifier le code]

La capitale est transférée de Gao au Mali vers Loulami au Niger. Les empereurs portent le nom de Dendi. L'empire songhaï avait pris le relais de l'empire du Mali au XVe siècle. Il était devenu l'entité politique structurante de la société ouest-africaine. L'empire songhaï ne s'en remettra jamais et aucun empire ouest-africain de cette taille ne renaîtra même si l'on trouve par la suite :

Cette fragilisation politique facilitera la colonisation européenne de l'ensemble de l'Afrique de l'Ouest.[réf. nécessaire]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Jean Rouch, Les Songhay, Juvenile Nonfiction (2007).
  2. a et b Jean Jolly, op. cit.
  3. Jean Rouch, op. cit.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]