Touat

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27° 20′ 15″ N 1° 30′ 07″ O / 27.3375, -1.50194

Localisation de la région du Touat en Algérie.

Le Touat est une région de l'ouest du Sahara algérien, située au sud-ouest du Grand Erg Occidental, dans la wilaya d'Adrar.

Touat signifie en langue berbère « localité habitée »[réf. nécessaire]. La composition de la population du Touat est diverse. On y retrouve des Subsahariens, des Berbères, des Haratins, des Arabes. La région a été peuplée par une communauté juive dans l'Antiquité et au Moyen Âge, notamment à Tamentit[1],[2].

Géographie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Géographie de l'Algérie.

Situation[modifier | modifier le code]

Localisation du Touat dans la wilaya d'Adrar.

La région du Touat est située au centre de la wilaya d'Adrar. Elle est délimitée :

Relief et hydrographie[modifier | modifier le code]

La région du Touat s'étend le long de la vallée de l’Oued Messaoud, sur une distance de 220 km environ.

Villes et oasis[modifier | modifier le code]

Villes du Touat.

Les villes et oasis du Touat sont implantées le long de l'oued Messaoud et de la route nationale 6, selon une orientation nord-ouest - sud-est. Les principales localités du Touat sont : Adrar, Bouda, Tamantit, Zaouiet Kounta, Sali et Reggane

Climat[modifier | modifier le code]

Le Touat bénéficie d'un climat désertique chaud (Classification de Köppen BWh) nettement accentué, très chaud et très sec toute l'année car la région est située dans la zone saharienne hyper-aride, au cœur du plus grand désert chaud de la planète. En été, les températures maximales moyennes sont uniformément supérieures à 46 °C alors que les températures moyennes minimales avoisinent les 30 °C. Néanmoins, la région est sujette à de nombreux pics de chaleurs pouvant atteindre 54 °C à l'ombre ou plus bien que de telles températures maximales soient rarement déclarées de façon officielle[3]. En hiver, les températures maximales moyennes restent supérieures à 20 °C alors que les températures moyennes minimales descendent à environ 4 °C avec certaines gelées nocturnes possibles mais rares. Même en hiver, le climat reste chaud, sec, ensoleillé et très agréable. C'est un des secteurs les plus chauds en Algérie. Les précipitations moyennes annuelles avoisinent 15 mm et il peut facilement se passer plusieurs années sans aucune précipitation du tout. La durée moyenne d'ensoleillement annuel se situe entre 3 700 et 4 000 h par an, soit un des taux les plus élevés au monde et la présence de nuages dans le ciel est rare. L'aridité y est extrême et l'évaporation y atteint des valeurs considérables à cause de la chaleur extrême et des vents desséchants qui balayent régulièrement la région. C'est une des régions les plus chaudes, les plus sèches, les plus arides et les plus ensoleillées au monde.

Histoire[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Histoire de l'Algérie.

Préhistoire et Protohistoire[modifier | modifier le code]

Antiquité[modifier | modifier le code]

La communauté juive du Touat s'est établie dans cette région au cours des Ier et IIe siècles. Leur installation a lieu en 70 après J.C., suite à la chute de Jérusalem, et après les répressions exercées par Marcius Turbo en 115 en Cyrénaïque[1],[2].

Période islamique[modifier | modifier le code]

Expansion maximal de l'ibadisme mouvement religieux au Maghreb qui donna dans l'actuelle Algérie le royaume de Tiaret

Au Moyen Âge, les habitants du Touat étaient proches de deux villes importantes au Sahara, à l'Ouest Sidjlimassa et à l'Est d'Ouargla. Les Banou Midrar des Miknassa étaient à l'Est et l'Ouest et étaient des Sufrites, ils fondent Sidjlimassa et contrôlaient les routes vers Bilad al Habech (pays des Noirs) et Bilad Soudan. Ces Miknissa avaient le contrôle de plusieurs villes dont Tiaret. Leur capitale reste Sidjlimassa, ce que A.G. P Martin et Zerouki (spécialiste de l'histoire ibadites) confirment[4]. Les liens entre Ibn Rustum, fondateur de Tiaret, étaient étroites avec les Banou Midrar. La population de Sijlimassa envoyait la Zakkat aux rostémides de Tiaret[5]. L'influence des ibadites étaient probablement importantes chez les populations locales de la région. Plusieurs historiens rapportent qu'un moment de l'histoire du Moyen Âge, il y avait des Juifs et des Zénètes ibadites de la région qui faisaient du commerce entre Gourara et le Soudan et ils avaient aussi le contrôle des routes[6].

Les conflits qui opposeront les empires arabes (abbassides, fatimides) aux nekkarites, aux ibadites et aux sufrites au Nord provoque un changement important en Afrique du Nord. Des dynasties berbères se forment tour à tour. A leur tour, elles se confrontent entre elles lorsqu'elles prennent le pouvoir au Maghreb et enl'Andalousie. Vers le milieu du Xe siècle, les tribus arabes, venues d'Égypte pour réprimer les alliés des Fatimides en Ifriqiya, pénètrent dans le Sahara et vivront avec les populations déjà existantes. Plusieurs dynasties berbères prennent le Maghreb.

Conquêtes Nord des Saadiens et route vers Tombouctou

Le génois Antonio Malfante parcours le Sahara à partir de Sijilmâsa. Il est le premier européen à parcourir le Touat en 1447.

Les Saadiens s'emparent 1581 des oasis du Touat qui constituaient une étape obligatoire sur la route menant du Sud algérien vers Tombouctou et Gao, une route qui avait progressivement supplanté celle passant par le Tafilalet.

Histoire de la population Hébraïque et des Berbères judaïsés au Moyen Âge[modifier | modifier le code]

Note: il y a une distinction entre Hébreux descendant des (Juifs) et Berbères judaïsés.

Les vagues successives de migrations que les historiens signalent dans le territoire Gétule dans l'actuelle Algérie (Touat Adrar en Algérie et au Mzab) sont : Entre 132 et 135, le premier déplacement serait celui de la communauté berbère judaïsée et juive fuyant la Cyrénaïque, ils pénètrent en Gétulie pour fuir les Romains. Et ils s'installent au Touat et au Mzab. Puis, une population de Syrie judaïsée transite par la Cyrénaïque au IIIe siècle. Au VIIe siècle, une communauté juive viendrait de la Péninsule Ibérique, puis à la toute fin, une vague venue des communautés juives de Yathreb à Médine dans l'Arabie, lors de l'islamisation du Maghreb. Ils vont s'installer également au Touat et au Mzab. Les données viennent d' A.G.P Martin et Oliel et, selon eux, c'est aux premiers siècles de notre ère que des communautés s'installent dans le territoire des Gétules et fondent des Ksours au Touat Adrar, aux endroits précis qui sont : Takhfift, Tamentit et Tamasghet. Tasfawt est fondé en 517[7],[8].

En 1897, un Touatien déclare que: « le Touat est habité par cinq peuples, les Noirs(premiers habitants), les Zénètes, les Juifs, les Arabes. Tous sont devenus musulmans, mais les Zénètes ont conservé leur langue »[9]. la région du Touat est multiethnique, car elle comprend plusieurs populations différentes.

Les anciens Juifs se sont convertis à l'islam. Ils vivent exactement à Tamentit et sont des artisans[10].

Histoire des juifs du Touat au Moyen Âge[modifier | modifier le code]

Après le massacre de 400 000 juifs par les romains en Cyrénaïque[réf. nécessaire], les rescapés traversent le Sahara et s'installent dans les oasis. Leur empire va durer près de 1300 ans. Aujourd'hui, on peut retracer leur histoire.

Dans le sud Saharien, a existé pendant des centaines d'années un empire juif, l'empire Juif du Touat, un empire sans empereur, ni vie civique, un empire confectionné par plusieurs villes confédérées établies dans les grandes palmeraies.

Ces juifs, en quête de paix et de repos, après les massacres perpétués par les troupes romaines en Cyrénaïque se sont installés dans des oasis, lieux de rencontre des caravaniers qui traversent le désert du nord au sud, de l’est à l’ouest, lieux privilégiés pour les marchés, lieux où l’on échange, on vend, on achète, des lieux devenus prospères.

Ces hommes construisent des systèmes d’irrigation sophistiqués les Foggaras (?!!), ils creusent des puits. Des le second siècle, les juifs introduisent et domestiquent le dromadaire venu d’Orient, c’est une révolution (?!!).[réf. nécessaire]

La reine des Touaregs Tin Hinan issue de tribus juives du Sud Marocain était très proche de cet empire (?!!)[réf. nécessaire].

Petit à petit, ils se sont mélangés aux autochtones, aux esclaves venus du Sud, ils ont accueilli les voyageurs, les ont abrités, ont aussi accueilli les premiers musulmans au VIIIe siècle siècle, surpris eux aussi de rencontrer dans un milieu si lointain, près des fleuves Sénégal et Niger le peuple du livre et la Torah.

Les invités et réfugiés deviennent nombreux dans l’empire et leur présence pressante fait que les juifs devenus minoritaires perdent le pouvoir au profit des musulmans, puis, des communautés entières de juifs sont massacrées, on parle de la destruction et de l’écrasement des juifs de Tamentit et de Gourara.

La découverte de la pierre tombale gravée en hébreu en 1329, en hommage à Mona, fille de Amran par E.F. Gautier en 1903 à Ghormali en témoigne.[réf. nécessaire]

Une lettre datée de 1235 ans, trouvée dans la Guenizah du Caire (Lettre d’Is’haq ben Ibrahim al Touaty) fait état de l’intense commerce caravanier qui transite par le Touat, entre Marrakech (safran, lingots d’argent et l’or africain …) et Fustat

(Le Caire : perles, des foulards et des tapis d’Orient).

La stèle de Mimoun ben Shmouel, ben Braham, ben Kouby gravée en hébreu en 1390, a été découverte à Tamentit, elle confirme l’existence, au XIVe siècle, de rabbins érudits et de spécialistes en lithographie.

On assiste à la fin de cet Empire en 1492, incroyable coïncidence avec le sort des juifs d’Espagne. Sous la menace, les juifs se convertissent en masse à l’Islam triomphant, d’autres juifs s’exilent vers le sud, jusqu’au Ghana.

Seules les vieilles grand-mères font état de la présence de juifs dans leurs ascendances, après cinq siècles passés (?!!)[réf. nécessaire].

Des noms comme Touat, Touati, Touitou, Abani, Gourari, Tamesti, Ettouati, Chaouat, Zenati rappellent l’existence de cet "empire" aujourd’hui disparu.[réf. nécessaire] On retrouve d'autres patronymes d'origine berbère : Aboukrat, Aflalo (de la tribu des Aït Afella), Auday, Aouday (en berbère: « Juif »), Azaguri, Zagouri (de Zagora, ville du Dra’), Azancot (en berbère: « gazelle »), Bahloul, de la tribu des Bahloula, Branes, Médioni (de la tribu des Mediouna, Kahinou, Amran, Ichou, Mimoun, etc).[réf. nécessaire]

En leur mémoire, un chant populaire d’Ahellil (hallelouia) en usage chez les Zénètes du Gourara, qui évoque la destruction (en 587 av. J-C) du Temple de Salomon : il chante la gloire de Salamo (Salomon).[réf. nécessaire]

Période de la colonisation française[modifier | modifier le code]

Population[modifier | modifier le code]

Articles détaillés : Zénètes, Sanhadja, Haratin, Berbères, Hilaliens et africain.
Cérémonie religieuse à Adrar devant un ksar typique de la région

Il y a plusieurs confédérations berbèrophones dans le Touat, les plus importantes sont les Zénètes, les Sanhadja et les Haratins. Cependant, il y a aussi des communautés subsahériennes, des communautés Arabes, les Hilaliens et aussi une communauté juive islamisée[réf. nécessaire].

Dans l'Antiquité la population était considérée Gétule, car elle ne fut soumise à aucune force étrangère, elle fut le terrain le plus sécurisant des rebelles berbères résistant à l'Empire romain et ses alliés[11]. Les Berbères de la région étaient dès cette période sédentaires et sont restés sur ce mode vie jusqu'à nos jours. Les Ksours et les villages sont construits selon le type architectural de chaque communauté.

L'islamisation apporte la langue savante, l'arabe. Plusieurs savants ou marabouts ou cheikhs étaient et sont établis dans cette région. Ces religieux ont influencé la pratique de l'Islam dans l'ensemble du Maghreb[évasif]. Plusieurs coutumes spécifiques au Touat[Lesquelles ?] ont ainsi été adoptées ailleurs dans le Maghreb.

Les langues de la population sont le berbère et l'arabe.

Économie[modifier | modifier le code]

Agriculture[modifier | modifier le code]

Les foggaras[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Qanat.
Foggara, coupe de principe.
Émergence d'une foggara dans une oasis de Timimoun en Algérie.

Ce type d'irrigation, profondément original, donne aux oasis du Touat et de la région du Gourara leur spécificité.

Les historiens du monde Ibadites, ils signalent que la pratique de l'irrigation à l'aide de système des fougaras à Gourara est tellement ancien et que nul n'en connaît l'origine [12]. Les fougaras seraient probablement l'invention des Berbères zénètes judaïsés [13] et cela bien avant le Xe siècle.

Il consiste à créer des « sources » artificielles en creusant des galeries en pente très faible qui vont rejoindre la nappe. L'eau suinte le long des parois et forme un ruisseau permanent.

Ces galeries sont marquées en surface par des regards pour l'entretien et un survol de la région montre l'ampleur du réseau ainsi créé : on estime à des milliers de kilomètres l'ensemble des foggaras du Gourara et du Touat.

Le travail de creusement a évidemment été colossal et n'aurait pu se faire sans le travail de nombreux personnes[évasif].

Les système des foggaras ne fonctionne plus depuis 2006, les habitants sont alimentés par le Nord de l'Algérie. Les fruits et légumes sont apportés du Nord. Un désastre écologique est signalé dans cette région[14].

Tourisme[modifier | modifier le code]

La région compte près de 150 ksours[15]. La visite de ces villages fortifiés et des oasis du Touat font partie des circuits touristiques de la région[16].

Patrimoine[modifier | modifier le code]

Végétaux[modifier | modifier le code]

Animaux[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Daniel Babo, Algérie, Éditions le Sureau, coll. « Des hommes et des lieux »,‎ 2010 (ISBN 978-2-911328-25-1), p. 150
  2. a et b Jean-Paul Auzias, Algérie, Le Petit Futé, coll. « Country Guide »,‎ 2009-2010 (ISBN 978-2-746921962), p. 387
  3. http://www.elwatan.com/regions/ouest/actu-sud/les-habitants-lancent-un-sos-au-gouvernement-10-08-2014-267514_257.php
  4. Les oasis du Gourara (Sahara algérien) par Rachid Bellil, page 92
  5. Les oasis du Gourara (Sahara algérien), Par Rachid Bellil, page 93
  6. Les oasis du Gourara (Sahara algérien) par Rachid Bellil, page 54
  7. Les oasis du Gourara (Sahara algérien), Par Rachid Bellil, page 70
  8. « Les oasis du Gourara (Sahara algérien), Par Rachid Bellil, page 70, via Google Books » (consulté le 9 octobre 2012)
  9. propos rapportés par De La Martinière et La Croix, 1897, Volume 3, page 167-168, voir Les Oasis du Gouara (Sahara algérien), Rachid Bellil, page 61
  10. Nouvelle géographie universelle: la terre et les hommes, Volume 11 Par Elisée Reclus, page 855 livre en ligne
  11. Selon, Rachid bellil dans son livre sur le Touat
  12. Les Berbers dans l'histoire: Les Ibadites Par Mouloud Gaïd, page 93
  13. Jardins au désert: évolution des pratiques et savoirs oasiens : Jérid tunisien Par Vincent Battesti, page 16 livre en ligne
  14. http://www.elwatan.com/spip.php?page=article_mail&id_article=55599 El waten, Rachid Loudjren
  15. Suter Karl. Étude sur la population et l'habitat d'une région du Sahara algérien : Le Touat. In: Revue de géographie alpine. 1953, Tome 41 N°3. pp. 443-474.
  16. Circuits touristiques de la région d'Adrar sur le site internet de la direction du tourisme de la Wilaya d'Adrar.. Consulté le 12/06/2011.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Rachid Bellil, Les Oasis du Gourara (Sahara algérien), Peeters
  • 1980 Jacob Oliel, « Géophysique au Sahara » « Les Juifs du Sahara »