Empire du Macina

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Localisation de l'Empire peul du Macina vers 1830

L’Empire peul du Macina, appelé « Diina », est un empire théocratique fondé au XIXe siècle par le marabout peul Sékou Amadou de clan Barry. Il s’étend sur une partie du Mali actuel, de Tombouctou au nord, au pays Mossi au sud, de la Mauritanie à l’est à la région de Mopti, avec Hamdallaye comme capitale.

Les peuls, venus du Fouta Toro, s’étaient installés dans la région vers la fin du XIVe siècle. Au début du XIXe siècle, les « satigué,ardos », chefs de clan peuls, de clan Dicko, contrôlaient la région.

Sékou Amadou, exilé à Noukouma après avoir rencontré des problèmes avec les oulemas de Djenné, y livre sa première bataille en 1818 contre les ardos, alliés au Fama (roi) de Ségou. C’est la victoire qui le conduit à déclarer le Jihad et à conquérir Djenné un an plus tard en 1819. Il ordonne que la grande mosquée construite par le roi Koi Koumboro, soit abandonnée et non-maintenue, et il a fait édifier une nouvelle mosquée.

Il fonde alors un empire théocratique qu’il nomme diina, ce qui signifie « foi en l’islam ». Il divise son empire en 5 régions, chacune dirigée par un gouverneur militaire et un conseil religieux. Il fonde la ville d’Hamdallaye qui devient la nouvelle capitale, où siège le conseil de la diina, composé de quarante chefs religieux et militaires, et placé sous son autorité. Il développe l’enseignement coranique. L'empire est régi par la charia malékite[1].

L’économie repose sur l’élevage bovin et ovin. Sékou Amadou impose au nomade peul la sédentarisation. Les populations bambaras, soninkées, bwa, dogons, et peuls animistes, sont touchées par divers djihads lancés par les partisans de sékou amadou, les vaincus deviendront des « riimaybe », des « serviteur » et travaillent dans l’agriculture. Pour développer le commerce, Sékou Ahmadou uniformise les unités de mesure sur le territoire de l’Empire. Les royaume bambaras de Ségou et du kaarta, résistants, ne subissent pas l'autorité de la diina.

En ce qui concerne la Diina, il s'agissait plus d'un royaume que d'un véritable empire. Son autorité s'étendait des actuelles régions maliennes de Mopti, le nord de la région de Ségou, jusqu'à Tombouctou. L'État faisait frontière avec les États mossis au nord du Burkina Faso.

En 1844, à la mort de Sékou Ahmadou, c’est son fils Amadou Sékou puis son petit-fils Ahmadou Ahmadou en 1852 qui se succèdent sur le trône.

En 1862, alors que l’empire est encore prospère, il est attaqué par l’empereur toucouleur El Hadj Oumar Tall qui s’empare de Djenné et d’Hamdallaye.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Adam Ba Konaré, « Panorama historique », in Littérature malienne, au carrefour de l'oral et de l'écrit, Notre librairie, n°75-76, juillet-octobre 1984, cité par Véronique Petit, « Migrations et société Dogon », L'Harmattan, 1998, p.18.

Bibliographie[modifier | modifier le code]