Joseph Ki-Zerbo

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Joseph Ki-Zerbo

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Joseph Ki-Zerbo

Naissance 21 juin 1922
Toma
Décès 4 décembre 2006 (à 84 ans)
Ouagadougou
Nationalité burkinabè
Profession
Autres activités
Formation

Joseph Ki-Zerbo est un historien et homme politique burkinabè né le 21 juin 1922 à Toma (Haute-Volta, aujourd’hui Burkina Faso) et décédé le 4 décembre 2006 à Ouagadougou.

Toma se trouve dans le nord-ouest du pays, entre Koudougou et Tougan, en pays Samo, dans la province du Nayala. Ki et Zerbo sont deux patronymes distincts. Pour l’administration coloniale, Joseph était né Ki. C’est son père (généralement considéré comme le premier chrétien de Haute-Volta), alors que Joseph était étudiant, qui est intervenu pour que les deux patronymes (expression de l’alliance des familles Ki et Zerbo) soient accolés. « Il faut redresser cela, lui dira-t-il, parce que Ki n’est pas notre nom entier. Nous nous appelons Ki-Zerbo ; il n’y a qu’à écouter les griots quand ils appellent notre famille. »

L'historien[modifier | modifier le code]

Après avoir passé son baccalauréat à Bamako, Joseph Ki-Zerbo suit des études d’histoire à Paris. Il soutient sa thèse de doctorat à l’Institut d’études politiques de l’université de Paris. Ki-Zerbo devient professeur des universités. Il est l’un des plus grands penseurs de l’Afrique contemporaine. Il enseigne à Orléans, à Paris puis à Dakar en 1957.

Joseph Ki-Zerbo va renouveler avec le Sénégalais Cheikh Anta Diop les études sur l’histoire de l’Afrique. Ce mouvement a pour but de redonner aux Africains un petit contrôle sur la définition de leur passé. Cependant, sa démarche est beaucoup plus scientifique au sens où, dans ses écrits, il détache clairement ce qui est du fait reconnu par d'autres historiens et de ses propres investigations, de ce qui est hypothèses peu étayées. Ainsi, sur le point le plus controversé de la thèse de Cheikh Anta Diop: le fait que le peuplement égyptien originel était noir est reconnu mais affirmer que c'est seulement à cette période que l'Égypte existait comme civilisation "pure" influençant de manière dominatrice les cultures extérieures et que le mélange humain et de langue qui a suivi était un abâtardissement, est rejeté posément par J. Ki-Zerbo. Tout au plus affirme-t-il que l'Égypte, par sa richesse économique, agricole, commerciale et culturelle est un point attracteur énorme et un creuset pour de nombreux peuples (comme les Hébreux, les Hyksos, les Éthiopiens, les Nubiens, etc.) qui viennent se mélanger au fond originel. Plus globalement, l'Histoire de l'Afrique (1972) est ainsi un vaste panorama diachronique et circonstancié, rendu vivant par des extraits de chroniques, des grands évènements et des évolutions des peuples du continent. En cela, la forme, le fait de présenter les évolutions sociales économiques et politiques de la même manière que d'autres encyclopédies ont présenté l'Europe et l'Asie, replace de fait, dans la pratique, l'Histoire de l'Afrique au même rang que celles des autres continents. Et cela, sans avoir besoin de clamer une Afrique originelle, objectif de pureté à retrouver que proclame Cheikh Anta Diop. La présentation diachronique à l'échelle du continent souligne ainsi de fait l'évolution contiguë des différentes grandes civilisations, soulignant ainsi les points communs et l'échange des idées mais aussi le fait que les chocs qui les ont abattues ont une origine commune : l'expansion européenne et ses conséquences (expansion marocaine, turque et omanaise).

De 1975 à 1995, Joseph Ki-Zerbo préside l’Association des historiens africains. Joseph Ki-Zerbo fut pendant de longues années un membre éminent du Conseil exécutif de l’Unesco.

L'homme politique[modifier | modifier le code]

C’est lors de son installation à Dakar en 1957 qu’il entre en politique en créant le Mouvement de libération nationale (MLN).

Condamné par un tribunal populaire révolutionnaire, il est contraint à l’exil. Il rentrera au Burkina en 1992.

Joseph Ki-Zerbo est fondateur en 1993 du Parti pour la démocratie et le progrès (PDP, membre de l’Internationale socialiste), parti d’opposition au Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP) du président Blaise Compaoré. Le congrès constitutif du PDP a lieu en avril 1994 et Ki-Zerbo en devient président.

En 1997 reçoit le Right Livelihood Award, plus communément appelé en France le prix Nobel alternatif.

En 1998 il est membre fondateur du Collectif des organisations démocratiques de masse et de partis politiques[1] (CODMPP). Ce collectif a été créé le 16 décembre 1998, à la suite de l’assassinat du journaliste d’investigation Norbert Zongo, alias Henri Sébégo. Le mouvement Trop c’est trop est né de ce collectif. Joseph Ki-Zerbo est l'inventeur du slogan « Naan laara an saara » qui signifie : « si on se couche on est mort ».

En 2000 il reçoit le prix Kadhafi des droits de l’homme et des peuples, récompense libyenne controversée.

Les législatives du 5 mai 2002 sont un échec pour le PDP et Ki-Zerbo, puisque le parti perd sa place de premier parti d’opposition au profit de l’ADF-RDA d’Hermann Yaméogo (en). Le PDP totalise 10 sièges, contre 17 pour l’ADF-RDA et 57 sur 111 pour le CDP.

Le 6 février 2005, Ki-Zerbo cède la tête du parti à Ali Lankoandé (en).

Ki-Zerbo est mort le 4 décembre 2006. Il a été promu commandeur dans l’ordre des Palmes académiques à titre posthume.

Publications[modifier | modifier le code]

  • 1964 : Le Monde africain noir, éd. Hatier, Paris.
  • 1972 : Histoire de l’Afrique noire, éd. Hatier, Paris.
  • 1991 : Histoire générale de l’Afrique, ouvrage collectif, éd. Présence africaine/Edicef/Unesco, Paris.
  • 1992 : Anthologie des grands textes de l’humanité sur les rapports entre l’homme et la nature (avec Marie-Josée Beaud-Gambier), Éditions Charles Léopold Mayer, Paris, (ISBN 2-7071-2144-4).
  • 2003 : À quand l’Afrique ? Entretien avec René Holenstein, coéd. Éditions d’en bas (Suisse)/Éditions de l’Aube (France)/Presse universitaire d’Afrique (Cameroun)/Jamana (Mali)/Eburnie (Côte d’Ivoire)/Sankofa et Gurli (Burkina Faso)/Ruisseaux d’Afrique (Bénin). Prix RFI Témoin du monde, 2003.
  • 2005 : Afrique noire, avec Didier Ruef (en), Infolio éditions, Paris.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • 2007 : Joseph Ki-Zerbo : itinéraire d’un intellectuel africain au XXe siècle, biographie de Joseph Ki-Zerbo par Florian Pajot, L’Harmattan, Paris, 196 p.

Filmographie[modifier | modifier le code]

En 2004, le réalisateur burkinabè Dani Kouyaté a réalisé sur Joseph Ki-Zerbo un documentaire intitulé Joseph Ki-Zerbo, Identités/Identité pour l’Afrique.

Notes et références[modifier | modifier le code]