Jean Paul Adam Schramm

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Jean Paul Adam Schramm
Image illustrative de l'article Jean Paul Adam Schramm

Naissance
Arras
Décès (à 95 ans)
(Paris)
Origine Drapeau de la France France
Arme infanterie
Grade général de division
Années de service 17991850
Conflits Troisième Coalition
Quatrième Coalition
Guerre d'indépendance espagnole
Campagne d'Allemagne (1813)
campagne de Saxe
expédition de Belgique
conquête de l'Algérie
Commandement gouverneur d'Alger
chef d’état-major de l’armée d'Algérie
du Camp de Châlons
Faits d'armes Siège de Dantzig (1807)
Distinctions comte
Grand-croix de la Légion d'honneur
Hommages Nom gravé sous l'Arc de triomphe de l'Étoile
Autres fonctions ministre de la guerre

Jean Paul Adam Schramm, né le à Arras (Pas-de-Calais), mort le à Paris, est un général français du Premier Empire.

Famille[modifier | modifier le code]

Fils de Jean Adam Schramm, il entre au service dans la 2e demi-brigade d'infanterie légère de seconde formation le 19 octobre 1799. Il fait partie de la division des grenadiers réunis commandée par le général Oudinot en 1804 et 1805.

Carrière[modifier | modifier le code]

Troisième coalition[modifier | modifier le code]

Nommé lieutenant au 2e demi-brigade d'infanterie légère de seconde formation avant l’âge de 16 ans, il fait avec ce régiment la campagne d’Autriche au 5e corps de la grande armée, division Oudinot. Wertingen, Oberkirch, Berg, Ulm, sont témoins des premières actions de la division de grenadiers. À Amstetten, le 5 novembre 1805, le lieutenant Schramm reçoit le commandement de la moitié de la compagnie, traverse, à la tête de ses grenadiers, les rangs des Russes, se dirige sur une pièce de canon dont le feu gênait la colonne française, s’empare de cette pièce et fait un grand nombre de prisonniers.

À Hollabrunn, il se distingue de nouveau en enlevant une pièce de canon et en faisant de sa main un officier russe prisonnier. Dans les affaires qui suivent, il ne laisse échapper aucune occasion de déployer sa valeur et son sang-froid. Le général Oudinot le propose exceptionnellement, après la bataille d'Austerlitz, pour la croix de la Légion d'honneur, il n’a alors que 16 ans.

Quatrième coalition[modifier | modifier le code]

Dans la campagne de 1806 et 1807, qu’il fait comme aide de camp de son père, il prend une part très active au siège de Dantzig, particulièrement à l’attaque de la Frisch-Nehrung que son père enleve dans la nuit du 19 au 20 mars[1]. Chargé de porter l’ordre d’attaque, il est assailli par des cavaliers russes ; il les combat avec résolution, en tue un, blesse l’autre et sort vainqueur de ce combat inégal dans lequel il est blessé[2].

À la bataille d'Heilsberg, il donne de nouvelles preuves de sa valeur et reçoit un coup de feu au côté droit.

Guerre d'indépendance espagnole[modifier | modifier le code]

En 1808, il se rend en Espagne et prend part à cette campagne de quelques mois, dans laquelle l’Empereur s’empare de Madrid, après avoir détruit ou dispersé les armées espagnoles et repoussé l’armée anglaise sur la Corogne.

Campagne d'Allemagne et d'Autriche (1809)[modifier | modifier le code]

Le réarmements de l’Autriche ayant rappelé l’Empereur à Paris, la Garde impériale est dirigée sur l’Allemagne ; le capitaine Schramm fait avec elle la campagne mémorable de 1809 et se distingue surtout à Essling et à Wagram.

Campagne d'Allemagne (1813)[modifier | modifier le code]

La campagne de Saxe en 1813 devant procurer une revanche à la grande armée, le chef de bataillon Schramm, nommé le 14 avril major commandant du 2e voltigeurs, se signale à la bataille de Lützen le 2 mai[3]. L’Empereur, témoin de ce brillant fait d’armes, nomme le colonel Schramm officier de la Légion d'honneur et baron de l'Empire le 14 mai 1813 ; le colonel s’est tellement dévoué pour enlever les troupes, qu’il reçoit à quinze pas deux blessures[4], l’une dans le bras, l’autre dans la poitrine[5].

Malgré son état de faiblesse, le colonel Schramm veut retourner à son régiment vers la fin de l’armistice, et, le bras en échappe, pouvant à peine se soutenir à cheval, il suit les mouvements de la jeune Garde de Dresde sur Bautzen, Gorlitz et Lowemberg. Le premier jour de la bataille de Dresde, la jeune Garde, arrivée le 26 mai au matin dans cette ville à marches forcées, débouche par la porte de Pirna et par celle de Planem et culbute tout ce qui lui oppose résistance ; elle pousse vivement l’ennemi et le force à s’éloigner des positions qu’il occupe autour de la ville[6]. Le 27, la jeune Garde manœuvrant dans la plaine, la gauche à la rivière et la droite aux collines, mérite les éloges de toute l’armée par son intrépide valeur et la précision de ses mouvements.

Après avoir pris une glorieuse part à cette victoire, le colonel Schramm suit le mouvement effectué le 28 et conduit son régiment à Pirna pour couper les Autrichiens en retraite. Le 26 septembre, on le nomme, dans cette ville, général de brigade en récompense de sa brillante conduite. Il n’a pas 24 ans.

Le maréchal Gouvion-Saint-Cyr, commandant le 14e corps d’armée chargé de couvrir Dresde, doit se rapprocher de cette ville dont l’ennemi fait bientôt l’investissement. Pendant le blocus, le général Schramm prend part au mouvement des quatre divisions sur Racknitz et au combat du 17 octobre dans lequel il fait mettre bas les armes à un millier de Russes, et faillit prendre leur général, le comte de Talztoy qui est repoussé sur Dohna, avec perte de 1 200 prisonniers, 10 pièces de canon, une vingtaine de caissons et un équipage de pont[7].

Le 29 octobre, pendant une sortie, le général Schramm fait encore preuve de bravoure et d’intelligence. À la fin du combat et lorsque la colonne rentre, il est blessé au pied et doit garder le lit pendant six semaines.

Rentré en France le 1er juillet 1814, le général Schramm reste sans emploi ; l’Empereur le nomme le 29 mai 1815 au commandement du département de Maine-et-Loire ; le 15 juin, il est employé à la défense de Paris. De 1815 à 1828, il n’a aucun emploi ; mais il utilise ce temps par une étude approfondie des grandes questions d’organisation et d’administration.

Retour en fonctions[modifier | modifier le code]

En 1828, il a le commandement de la 1re division du camp de Saint-Ouen ; le 6 août 1830, il commande le département du Bas-Rhin. En septembre 1831, il fait partie de l’armée d’expédition de Belgique, et il est nommé lieutenant-général le 30 septembre 1832. Pendant le siège d'Anvers, il commande les divisions de réserve d’infanterie de l’armée du Nord.

En 1837, le général Schramm commande la 2e division d’infanterie au camp de Compiègne, et en 1838 la division de rassemblement sur la frontière de la Suisse ; l’année suivante, il commande la 3e division d’infanterie de l’armée du Nord.

Conquête de l'Algérie[modifier | modifier le code]

En 1839, il commande une division en Algérie, puis en mars 1840, il a le commandement supérieur de la province d'Alger pendant l’absence du corps expéditionnaire ; nommé chef d’état-major de l’armée d'Algérie le 1er avril 1840, il prend part à l’expédition de Milianah et est blessé à l’affaire du col de Mouzaïa ; il est alors élevé à la dignité de grand-croix de la Légion d'honneur.

En octobre 1840, il a de nouveau le commandement supérieur, et le 19 janvier 1841, le commandement en chef de l’armée d’Algérie, qu’il conserve jusqu’à l’arrivée du gouverneur général Bugeaud. L’Algérie s’est ressentie de la sage et prévoyante administration du général Schramm, qui emporte à son retour en France les regrets de l’armée, ceux des fonctionnaires et des colons.

Politique[modifier | modifier le code]

Le général Schramm, conseiller d’État depuis 1830, s’est constamment occupé de l’administration de l’armée. À la Chambre des Députés et à la Chambre des pairs, il s’occupe beaucoup des questions d’organisation dans les Comités de la guerre et de la marine.

En 1848, il est nommé membre du Comité de défense nationale, président de la commission de réorganisation du corps des officiers de santé militaires. À partir de 1849, il est président du Comité d’infanterie; c'est à ce titre qu'il écrit Album de manœuvres d'infanterie, Paris, 1853 [8]. Par décret du 22 octobre 1850, du prince Louis-Napoléon Bonaparte, président de la République, le général Schramm a été nommé ministre de la guerre, en remplacement du général d'Hautpoul.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Une photographie [9].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. La possession de cette grande langue de terre était très importante en ce que l’on pouvait alors resserrer la ville du côté de l’Ouest et du Nord et gêner sa communication avec la mer
  2. Surmontant la douleur que lui cause sa blessure, il accomplit sa mission en remettant l’ordre dont il est porteur, et de l’exécution duquel dépend le succès de l’attaque. L’Empereur récompense cette action courageuse en le nommant capitaine et en le plaçant dans la Garde impériale (fusilliers-chasseurs) après la crise de Dantzig
  3. Le village de Kaya, la clef du champ de bataille, a déjà été pris et repris par l’ennemi ; l’Empereur envoie sa Garde pour enlever ce point important aux alliés. Le feld-maréchal Blücher s’efforce en vain de lutter contre la phalange de braves lancée contre lui ; écrasé, abîmé par la mitraille, il est chassé de sa position ; la jeune Garde pénètre dans Kaya par toutes les issues et renverse tout ce qui lui oppose résistance. Dans cette action éclatante, le colonel Schramm, avec deux régiments de la jeune Garde, a été chargé de soutenir la retraite du maréchal Ney sur Kaya : il aborde avec vigueur la position occupée par l’ennemi. Deux attaques successives échouent devant la Garde prussienne à laquelle le colonel Schramm n’a à opposer que des recrues de trois mois ; mais ayant promptement rallié ses troupes, et les ayant électrisées par une allocution chaleureuse appuyée de tout le poids de l’exemple de son intrépidité, il les ramene aux retranchements des prussiens qu’il enleve enfin au pas de charge et à la baïonnette, sous le feu d’une nombreuse artillerie et de la mousqueterie. Cette position reprise, l’ennemi commence sa retraite et la bataille est gagnée
  4. sur la base LEONORE
  5. Celle-ci est si grave que, pendant quelques jours, on craint pour sa vie
  6. Dans cette action, le colonel Schramm, brigade du général Tindal, division Dumoustier, se signale de nouveau à la tête de la colonne dont il fait partie, en marchant résolument à l’ennemi, sous le feu meurtrier de son artillerie, le repoussant et s’emparant d’une partie de ses pièces
  7. Informé de l’arrivée d’un contingent russe de 3 à 4 000 hommes, le maréchal charge Schramm de le reconnaître et d’aller à sa rencontre avec 1 500 fantassins et 300 cavaliers. L’ennemi s’étant imprudemment établi dans une vallée sans faire occuper les hauteurs, le général Schramm profite habilement de cette faute capitale, dispose ses colonnes avec tant d’intelligence, qu’au signal donné, dix têtes de colonnes fondent au pas de charge sur l’ennemi, qui, surpris, se rend en partie prisonnier
  8. Notice n° : FRBNF31864554 à la BNF
  9. de Jean Schramm sur le site de la BNF

Source[modifier | modifier le code]

« Jean Paul Adam Schramm », dans Charles Mullié, Biographie des célébrités militaires des armées de terre et de mer de 1789 à 1850,‎ [détail de l’édition]