Vol au-dessus d'un nid de coucou

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Vol au-dessus d'un nid de coucou
Description de l'image One Flew Over The Cuckoo's Nest.svg.

Titre original One Flew Over the Cuckoo's Nest
Réalisation Miloš Forman
Scénario Lawrence Hauben
Bo Goldman
Acteurs principaux
Pays d’origine Drapeau des États-Unis États-Unis
Genre Drame
Durée 133 minutes
Sortie 1975

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

Vol au-dessus d'un nid de coucou (titre original en anglais : One Flew Over the Cuckoo's Nest) est un film américain réalisé par Miloš Forman sorti en 1975.

Adaptation du roman éponyme de Ken Kesey paru en 1962 (qui avait déjà fait l'objet d'une adaptation au théâtre à Broadway en 1963), le film est récompensé par les cinq principaux Oscars du cinéma, dont celui du meilleur film ainsi que par six Golden Globes.

Dans le titre original en anglais, le terme « cuckoo », qui a comme premier sens l’oiseau coucou, désigne également en argot une personne mentalement dérangée, à l'image des patients de l'hôpital psychiatrique où se situe l'intrigue. La traduction du titre en français aurait donc pu être Quelqu'un survola[a] le nid des dingues[b]. À noter que pour la sortie du film, le distributeur français souhaita une traduction plus proche du titre original que celle de la première traduction du livre chez Stock en 1969, qui était La Machine à brouillard. Le livre fut d'ailleurs réédité avec le même titre que le film lors de la sortie de celui-ci.[réf. nécessaire]

Synopsis[modifier | modifier le code]

R. P. McMurphy se fait interner dans un hôpital psychiatrique pour échapper à la prison suite à un viol supposé. Il va être touché par la détresse et la solitude des patients. Sous les soins de l'infirmière Ratched, il s'oppose vite par sa forte personnalité aux méthodes répressives de cette dernière et décide alors de révolutionner ce petit monde.

Résumé[modifier | modifier le code]

Randall P. McMurphy (Jack Nicholson) se fait interner pour échapper à la prison alors qu'il est accusé de viol sur mineure. En attendant qu'on évalue sa santé mentale, il assiste aux « thérapies » de l'infirmière en chef, l'autoritaire et cynique Miss Ratched, dont il cherche à révolutionner les règles. Le tempérament furieux et jovial de McMurphy entraîne bien vite les autres internés à prendre conscience de la liberté qu'on leur refuse. Bientôt il comprend qu'en entrant volontairement dans l'établissement il a peut-être lui-même perdu cette liberté pour toujours. Il semble se lier d'amitié avec certains des internés, surtout avec le « chef », surnommé aussi « la Montagne », un colosse indien qui lui reste fidèle en amitié jusqu'au bout et qui n'apparaît pas comme un fou dangereux. McMurphy, lui, apparaît comme impulsif, pouvant devenir parfois violent. Il entraîne les autres pensionnaires à la rébellion et les amène à la désobéissance.

Malgré quelques crises de violence et surtout de nerfs de la part des internés et l'intransigeance de l'infirmière, tout se passe à peu près bien avant de progressivement dégénérer : McMurphy parvient ainsi à organiser une sortie rocambolesque en bus dans les environs afin d'aller pêcher à bord d'un bateau. En soudoyant le gardien, il réussit ensuite à faire entrer deux amies dans l'établissement. Une fête s'ensuit au cours de laquelle l'alcool coule à flots. Au matin, Miss Ratched retrouve l'un des internés (Billy), au lit avec l'une des filles. Miss Ratched parvient à faire culpabiliser Billy à un tel point que ce dernier se suicide au moment même où McMurphy était sur le point de s'enfuir.

La direction durcit sa réaction face aux perturbations et fait lobotomiser McMurphy. Le « chef indien » le trouve hagard et sans réaction ; ne voyant plus de solution, il l'étouffe afin de lui éviter de vivre dans cet état pour le reste de sa vie. Puis, dans une scène finale et métaphorique de la « libération », il arrache une énorme fontaine à eau, et la lance sur une baie vitrée simplement grillagée, exécutant le plan que McMurphy avait proposé pour sortir au début du film sans avoir eu assez de force pour le mettre en œuvre. « Chef » s'enfuit alors dans les montagnes environnantes.

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Distribution[modifier | modifier le code]

Distinctions[modifier | modifier le code]

Récompenses[modifier | modifier le code]

Nominations[modifier | modifier le code]

Production[modifier | modifier le code]

Genèse[modifier | modifier le code]

L'acteur Kirk Douglas achète les droits du livre de Ken Kesey, auteur alors inconnu et songe à l'adapter au cinéma, mais le caractère jugé trop subversif du roman l'empêche de trouver un financement. Kirk Douglas adapte alors le roman au théâtre, en changeant le point de vue narratif, celui d'un délinquant qui choisit d’être interné pour échapper à la prison (dans le roman, l'histoire est racontée par un chef indien schizophrène). Kirk Douglas joue six mois le rôle de McMurphy dans son adaptation théâtrale mis en scène par Dale Wasserman (en) à Broadway en 1963[1], mais la pièce est un échec. En 1966 à l'occasion d'une tournée de bienfaisance, Kirk Douglas rencontre Miloš Forman à Prague où il découvre les films du jeune réalisateur tchèque. Il pense alors lui confier l'adaptation cinématographique et lui promet de lui envoyer le roman. Mais Miloš Forman ne reçoit jamais le livre qui est intercepté à la frontière, et Kirk Douglas pense finalement que le réalisateur tchèque dédaigne de lui répondre.

À la suite du Printemps de Prague en 1968, Miloš Forman s'exile aux États-Unis et réalise son premier film américain, Taking off. Entretemps, Michael Douglas a repris le projet d'adaptation cinématographique de son père Kirk qu'il avait eu une décennie auparavant : Kirk Douglas voulait toujours jouer le rôle de McMurphy mais, malheureusement, la société de production le juge désormais trop âgé pour interpréter de nouveau le rôle de McMurphy. Michael Douglas s'associe pour la production à Saul Zaentz et pour le scénario à Lawrence Hauben qui suggère à Michael Douglas de choisir Miloš Forman comme réalisateur qui avait déjà été le choix de Kirk Douglas des années auparavant. Lorsque Miloš Forman reçoit enfin le roman, il est enthousiaste : « Pour vous, ce livre c’est de la littérature, mais pour moi c’est la vie ! J’ai vécu ce livre. Le parti communiste était mon infirmière Ratched[2] ! »

Le titre fait référence à une anecdote contée dans le roman : « Chef » Bromden, quand il était petit, travaillait la prononciation de la langue anglaise avec sa grand-mère à travers une chanson dont les derniers vers étaient Wire, briar, limber-lock / Three geese in a flock / One flew east, one flew west / And one flew over the cuckoo's nest (« Fil, ronce, serrure souple / trois oies dans un troupeau / une partit vers l'est, une vers l'ouest / et une passa au-dessus du nid du coucou ») ; les deux morts et l'évasion finale correspondant finalement à cette description, d'autant plus que cuckoo's nest peut être compris comme une métaphore de l'asile psychiatrique. En effet le terme « cuckoo » désigne en anglais à la fois un oiseau (le coucou) et une personne mentalement dérangée.

Ken Kesey, l'auteur du roman, a été tellement déçu du scénario du film qu'il ne l'a jamais regardé. Il a accusé le scénariste d'avoir « charcuté » son livre[3],[4],[5].

Distribution[modifier | modifier le code]

Initialement, le rôle de McMurphy devait être joué par Kirk Douglas, rôle qu'il avait déjà joué au théâtre des années auparavant mais, comme qu'il avait désormais presque 60 ans le rôle lui fut retiré. Miloš Forman, le réalisateur a tout de suite pensé à Jack Nicholson pour le rôle mais il était sous contrat de six mois pour un autre film. Il a été proposé tour à tour à James Caan, Marlon Brando et Gene Hackman avant de revenir à Nicholson, Forman ne voyant personne d'autre que lui[6]. Le rôle de l'infirmière Ratched a été offert à Faye Dunaway, Colleen Dewhurst, Geraldine Page, Jeanne Moreau, Anne Bancroft, Ellen Burstyn, Jane Fonda et Angela Lansbury. Louise Fletcher a été choisie une semaine avant le début du tournage. Forman n'était pas sûr qu'elle pourrait le jouer correctement, bien qu'elle ait été auditionnée pendant six mois.

Brad Dourif, Christopher Lloyd, Danny DeVito, Will Sampson et Dean Brooks (en) ont lancé leur carrière grâce au film. Will Sampson (« Chef »), un authentique Indien creek, était garde forestier dans un parc de l'Oregon près de l'endroit du tournage. Il a été choisi grâce à sa taille et à son gabarit imposant.

L'actrice Anjelica Huston, qui était alors la compagne de Jack Nicholson, apparaît dans une scène de foule, mais n'a pas été créditée au générique.

Tournage[modifier | modifier le code]

Le tournage a eu lieu de janvier à , dans un hôpital psychiatrique de Salem en Oregon. L'équipe a dû composer avec quelques véritables malades mentaux. Ainsi, certains personnages secondaires dans le film sont d'authentiques patients de l'hôpital. À l'exception de la scène de pêche qui n'était pas dans le script original, et tournée en dernier à Depoe Bay, un petit port de l'Oregon, les différentes scènes du film ont été tournées dans l'ordre.

Réception[modifier | modifier le code]

Critique[modifier | modifier le code]

Le film est classé quinzième meilleur film de tous les temps d'après le site de référence IMDB avec une note de 8,7/10. L'Institut du Film Américain l'a nommé 20e plus grand film américain de l'histoire en 1998 et 33e en 2007.

Box office[modifier | modifier le code]

Analyse[modifier | modifier le code]

Miloš Forman est particulièrement concerné par le personnage de Randall Patrick McMurphy (Jack Nicholson). En effet, on peut comparer clairement l'hôpital psychiatrique et ses résidents avec la Tchécoslovaquie, le pays d'origine du réalisateur, qu'il a fui au moment de la fin du Printemps de Prague. McMurphy est alors symboliquement le résistant au communisme que Miloš Forman était avec ses amis.

Autre exemple, l'infirmière Mildred Ratched peut ainsi être comparée au pouvoir communiste que Forman a connu. Elle représente le contrôle de l'État sur les libertés, les individus, la création. Le petit groupe de malades, qui accepte clairement sa condition sans résister et sans s'enfuir, représente la population fatiguée et misérable que le réalisateur a laissée derrière lui quand il a quitté son pays.

Les deux séquences mythiques où McMurphy tente de desceller un bloc de marbre en disant « j'ai au moins essayé » et celle où il mime le commentaire d'un match de baseball inexistant devant les yeux outrés de l'infirmière sont, à ce titre, de parfaits exemples de cette résistance au pouvoir communiste dont Forman lui-même a fait preuve.

Mais le film va au-delà de la thématique de la répression de l’autoritarisme, communiste ou non. Miloš Forman interroge : « À quel moment un individu qui met en cause l’autorité cesse-t-il d’être un héros et devient-il un fou ? Et vice versa, ou les deux à la fois ? »[2].

Dans la culture populaire[modifier | modifier le code]

Musique[modifier | modifier le code]

  • Les chansons Welcome home (Sanitarium) de Metallica La thérapie du groupe Doctor Flake et Take me home de Phil Collins font référence au film.
  • Le clip de la chanson Frei zu Sein du groupe de folk metal In Extremo, celui de Krazy du rappeur Lil Wayne et celui de Basket Case du groupe Green Day y font également référence.
  • Dans la chanson C'est l'heure des médicaments de Psylo, la plupart des échantillons sont tirés de la version française du film.
  • Une citation de Harding peut être entendue au début The Great Wonder du groupe Dagoba, cette même citation est utilisée dans la chanson Shadows That Move du groupe Mastodon.

Télévision[modifier | modifier le code]

  • Six épisodes de la série animée Les Simpson font référence au film[7], dont quatre comportant des scènes et des personnages qui en sont fortement inspirés. Particulièrement l'épisode Mon pote Michael Jackson de la saison 3, et l'épisode Poisson d’avril de la saison 4. L'épisode 20 de la saison 10 s'inspire aussi de l'œuvre : Bart est forcé de travailler dans une maison de retraite et emmène les pensionnaires faire du bateau.
  • Un épisode de Futurama (créé par Matt Groening, créateur des Simpson) fait également référence au film : Vol au-dessus d'un nid de robot (épisode 11 de la saison 3).
  • Un épisode de la série Supernatural fait référence au film : Vol au-dessus d'un nid de démons.
  • Dans un épisode de la série Homeland Carrie Mathison y fait référence.
  • Dans la 3e saison épisode 17 de la série A la Maison-Blanche, CJ Cregg fait référence au film.
  • Dans Les Allumés, l'épisode Mettle (saison 2, épisode 7) parodie ce film à travers les aventures de Daisy.
  • L'infirmière Ratched est un des personnages fictifs travaillant à l'hôpital de Storybrooke dans la série Once Upon a Time.
  • Dans l'épisode 10 de la saison 4 de la série Philadelphia, Frank Reynolds joué par Danny de Vito qui interprète Martini dans le film, est hospitalisé dans un asile psychiatrique. Il s'en évade à la fin de l'épisode en demandant à un personnage qu'il appelle "Chef" d'arracher une fontaine à eau puis de la lancer au travers d'une fenêtre.

Jeu vidéo[modifier | modifier le code]

  • Le jeu d'aventure Runaway: A Twist of Fate fait référence au film, par le biais d'un niveau où le héros est interné dans un hôpital psychiatrique comportant de grandes similitudes avec l'œuvre de Miloš Forman.
  • Le jeu d'aventure aussi au même nom Vol au-dessus d'un nid de coucou[réf. nécessaire]
  • Les créateurs du survival-horror Silent Hill: Downpour ont confié que le film leur avait servi d'inspiration, entre autres. En outre, le nom du héros, Murphy Pendleton, fait clairement référence au film (le protagoniste se nomme McMurphy, et la prison où il était incarcéré était baptisée Pendleton).

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Tenant compte qu'il s'agit d’une phrase au prétérit.
  2. Puisque le terme « coucou » n'a pas de connotation argotique en français et ne peut faire référence à l'univers du film.

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Informations sur la pièce jouée à Broadway », sur ibdb.com, Internet Broadway Database (consulté le 16 avril 2018).
  2. a et b Anne Dessuant, « La folle histoire de “Vol au-dessus d’un nid de coucou” », Telerama,‎ (lire en ligne).
  3. Mark Christopher Carnes, Paul R. Betz et al., American National Biography, vol. 26, New York, Oxford University Press USA, (ISBN 0-19-522202-4), p. 312.
  4. Carnes et Betz 1999, p. 312.
  5. Foreword of One Flew Over the Cuckoo's Nest, Copyright 2007 by Chuck Palahniuk. Available in the 2007 Edition published by Penguin Books
  6. Il était une fois...Vol au-dessus d'un nid de coucou, documentaire d'Antoine Gaudemar, diffusé sur Arte le 27 juin 2011.
  7. « Vol au-dessus d'un nid de coucou dans la série télévisée Les Simpson » (consulté le 6 février 2010)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]