Le Charme discret de la bourgeoisie

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Le Charme discret de la bourgeoisie
Réalisation Luis Buñuel
Scénario Luis Buñuel
Jean-Claude Carrière
Acteurs principaux
Pays d’origine Drapeau de la France France
Drapeau de l'Italie Italie
Drapeau de l'Espagne Espagne
Genre comédie dramatique
Durée 102 minutes
Sortie 1972


Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

Le Charme discret de la bourgeoisie est un film français de Luis Buñuel, sorti en 1972.

Synopsis[modifier | modifier le code]

Trois amis essaient de planifier un repas ensemble, mais des événements imprévus empêchent ce dîner. À deux reprises pendant le film, des militaires racontent leurs rêves, pendant que l'histoire avance à travers des rêves imbriqués[1].

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Distribution[modifier | modifier le code]

Production[modifier | modifier le code]

Préproduction[modifier | modifier le code]

Buñuel, attiré par les actions et les paroles qui se répètent, cherchait un sujet sur cette thématique. Il partit pour cela d'une anecdote arrivée à son producteur, Serge Silberman, qui devint la première scène du film, et qu'il développa en imaginant diverses situations où un groupe d'amis cherche à dîner ensemble sans y parvenir[1].

Pour Buñuel, « il existe une habitude surréaliste du titre qui consiste à trouver un mot ou un groupe de mots inattendus qui donnent une vision nouvelle d'un tableau ou d'un livre[2]. » « En travaillant sur le scénario, nous n'avions jamais pensé à la bourgeoisie. Le dernier soir […] nous décidâmes de trouver un titre[2]. » Parmi les titres proposés, Le Charme de la Bourgeoisie fut retenu et, après que Jean-Claude Carrière a fait remarquer qu'il manquait un adjectif, « entre mille discret fut choisi »[2].

Tournage[modifier | modifier le code]

Le tournage s'est déroulé en région parisienne et notamment dans les Yvelines. La maison du couple Sénéchal se trouve à Clairefontaine-en-Yvelines, rue de Rochefort (villa La Chenaie)[3]. L'auberge au début du film est l'ancienne auberge de la Sabretache, à Louveciennes et en bordure du domaine national de Marly-le-Roi. La ferme où l'évêque donne l'extrême-onction est La Fillolière à Choisel.

Les scènes où les six personnages principaux marchent sur une route déserte ont été tournées sur la D40 à Boullay-les-Troux dans l'Essonne.

Rafael Dacosta vit au 2, rue de Franqueville, dans le 16e arrondissement de Paris.

Distinctions[modifier | modifier le code]

Analyse[modifier | modifier le code]

Pour Buñuel, il lui « semblait qu'avec ce titre, Le Charme discret de la bourgeoisie, le film prenait une autre forme et presque un autre fond. On le regardait différemment[2]. »

Les conventions du cinéma sont elles-mêmes remises en cause, quand les acteurs-convives découvrent qu'ils sont au milieu d'une scène de théâtre[4].

Comme dans la plupart des films de Buñuel s'intéressant au sujet de la bourgeoisie, l’attaque faite à la culture bourgeoise dénonce des pratiques et des comportements sans dénoncer pour autant les fondements de la domination bourgeoise dans la société en général. Vue de l'intérieur, et sans mise en perspective, la bourgeoisie n'est pas confrontée aux autres classes[5], ce qui n'empêche pas un point de vue parfois acerbe du réalisateur sur les us et coutumes de ce petit monde.

Le cinéaste Jean-Pierre Mocky apprécie le film. Dans une interview sur sa « cinémathèque imaginaire » donnée à la bibliothèque du film en 1999, il dit de Luis Buñuel : « En dehors de ses courts métrages, il n’a fait que deux films formidables Los Olvidados et, dans sa seconde période, Le Charme discret de la bourgeoisie. Dans ce film, Buñuel est devenu un des Marx Brothers. Toutes les scènes sont très bizarres[6]. »

Dans ses mémoires, Buñuel déclare : « […] je fus particulièrement satisfait de pouvoir donner dans ce film ma recette du dry-martini[2]. »

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Luis Buñuel, Mon dernier soupir, 1982, pages 305-307.
  2. a b c d et e Luis Buñuel, Mon dernier soupir, 1982, page 306.
  3. Le panneau à 14 min 12 se trouve à l'angle de la rue de Rochefort et de la route de Saint-Arnoult.
  4. Gérard Pauline 2010, p. 65.
  5. Gérard Pauline 2010, p. 60-61.
  6. Véronique Rossignol, « Jean-Pierre Mocky », La Bibliothèque du film,‎ (lire en ligne, consulté le ).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]