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Le Charme discret de la bourgeoisie

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Le Charme discret de la bourgeoisie

Réalisation Luis Buñuel
Scénario Luis Buñuel
Jean-Claude Carrière
Acteurs principaux Fernando Rey
Paul Frankeur
Delphine Seyrig
Stéphane Audran
Bulle Ogier
Jean-Pierre Cassel
Pays de production Drapeau de la France France
Drapeau de l'Italie Italie
Drapeau de l'Espagne Espagne
Genre Comédie noire
Durée 102 minutes
Sortie 1972

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution.

Le Charme discret de la bourgeoisie est une comédie noire franco-italo-espagnole co-écrite et réalisée par Luis Buñuel, sortie en 1972.

Le film suit un groupe de bourgeois qui tentent de dîner paisiblement mais sont interrompus par des situations de plus en plus absurdes.

Le film est récompensé par l'Oscar du meilleur film international lors de la 45e cérémonie des Oscars en 1973.

Le film suit un groupe d'amis bourgeois : Rafael Dacosta, ambassadeur de la république bananière de Miranda ; François et Simone Thévenot, accompagnés de Florence, la sœur de Simone, alcoolique ; et Henri et Alice Sénéchal. Ils essaient de se réunir pour un repas, mais divers obstacles les en empêchent : la première fois, les invités se sont trompés de jour ; la deuxième, les invitants se sont éclipsés pour faire l'amour dans le jardin et reviennent trop tard ; puis ce sont des officiers en manœuvres qui viennent participer au repas ; interviennent ensuite des policiers qui arrêtent les trois amis et leurs épouses, mais sont contraints de les relâcher par le ministre de l'Intérieur.

Fiche technique

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Distribution

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Genèse et développement

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Buñuel, attiré par les actions et les paroles qui se répètent, cherchait un sujet sur cette thématique. Il part pour cela d'une anecdote arrivée à son producteur, Serge Silberman, qui devient la première scène du film, et qu'il développe en imaginant diverses situations où un groupe d'amis cherche à dîner ensemble sans y parvenir[2].

Pour Buñuel, « il existe une habitude surréaliste du titre qui consiste à trouver un mot ou un groupe de mots inattendus qui donnent une vision nouvelle d'un tableau ou d'un livre[3]. » « En travaillant sur le scénario, nous n'avions jamais pensé à la bourgeoisie. Le dernier soir […] nous décidâmes de trouver un titre[3]. » Parmi les titres proposés, Le Charme de la Bourgeoisie fut retenu et, après que Jean-Claude Carrière a fait remarquer qu'il manquait un adjectif, « entre mille "discret" fut choisi »[3].

Le tournage se déroule en région parisienne et notamment dans les Yvelines. La maison du couple Sénéchal se trouve à Clairefontaine-en-Yvelines, rue de Rochefort[réf. nécessaire].

Pour Buñuel, il lui « semblait qu'avec ce titre, Le Charme discret de la bourgeoisie, le film prenait une autre forme et presque un autre fond. On le regardait différemment[3]. »

Les conventions du cinéma sont elles-mêmes remises en cause, quand les acteurs-convives découvrent qu'ils sont au milieu d'une scène de théâtre[4].

Comme dans la plupart des films de Buñuel s'intéressant au sujet de la bourgeoisie, l’attaque faite à la culture bourgeoise dénonce des pratiques et des comportements sans dénoncer pour autant les fondements de la domination bourgeoise dans la société en général. Vue de l'intérieur, et sans mise en perspective, la bourgeoisie n'est pas confrontée aux autres classes[5], ce qui n'empêche pas un point de vue acerbe du réalisateur sur les us et coutumes de ce petit monde[réf. nécessaire].

Le cinéaste Jean-Pierre Mocky, dans une interview sur sa « cinémathèque imaginaire » en 1999, estime que « Dans ce film, Buñuel est devenu un des Marx Brothers. Toutes les scènes sont très bizarres[6]. »

Autour du film

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Le film a inspiré d'autres films, notamment par sa structure narrative autour des récits de rêves, citée par Roy Andersson comme influence pour Nous les vivants[7], ou le thème de l'évènement sans cesse reporté, que l'on retrouve dans Daaaaaalí ![8], de Quentin Dupieux. La scène du théâtre est également citée par Dupieux dans Au poste ![9].

Distinctions

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Récompenses

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Notes et références

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  1. « Le Charme discret de la bourgeoisie (Luis Buñuel, 1972) - La Cinémathèque française », sur www.cinematheque.fr (consulté le )
  2. Luis Buñuel, Mon dernier soupir, 1982, pages 305-307.
  3. a b c et d Luis Buñuel, Mon dernier soupir, 1982, page 306.
  4. Pauline, p. 65.
  5. Pauline, p. 60-61.
  6. Véronique Rossignol, « Jean-Pierre Mocky », La Bibliothèque du film,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  7. « Dossier de presse de Nous, les vivants, pour le Festival de Cannes ».
  8. « Daaaaaali ! : Dupieux héritier de Bunuel », sur France Inter, (consulté le ).
  9. « Au poste !, de Quentin Dupieux : un air de Buffet froid », sur telerama.fr, (consulté le ).

Bibliographie

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Articles connexes

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Liens externes

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