Lanterne rouge

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L'expression lanterne rouge désigne le dernier d'une course sportive et, de manière générale, de toute compétition ou classement.

Origine de l'expression[modifier | modifier le code]

Cette expression est une référence au feu rouge porté par le dernier véhicule d'un convoi ferroviaire. Cette pratique est directement issue de la Chine antique (350 av. J.-C.), où elle désignait les derniers soldats entrants dans une ville assiégée[1].

Tour de France cycliste[modifier | modifier le code]

Historique[modifier | modifier le code]

Au sein du Tour de France cycliste, ce « trophée » était jadis recherché car il permettait à son « vainqueur » d’obtenir de meilleures primes à l’occasion des critériums d’après-Tour[2]. La tradition voulait également que le dernier fasse l'ultime étape avec une lanterne, et un tour d'honneur à l'arrivée. Celle-ci est cependant de plus en plus rare[3].

Arsène Millocheau est le vainqueur de la lanterne rouge du premier Tour de France en 1903, terminant à 60h 57 min et 30s du vainqueur Maurice Garin.

Marcel Ilpide n'a pas "réussi" la première fois, en arrivant avant-dernier en 1929 mais "décroche" la lanterne rouge en 1930.

Le 18 juillet 1969, alors 86e et lanterne rouge de la compétition, Pierre Matignon remporte la 20e étape, au Puy-de-Dôme après avoir résisté au retour du maillot jaune Eddy Merckx.

En 2002, Igor Flores termine à la dernière place lors de son seul et unique Tour de France. Son contrat n'est pas renouvelé à la fin de la saison et il décide d'arrêter sa carrière à 29 ans, faute d'avoir trouver un nouvel employeur. Trois ans plus tard, en juillet 2005 son frère Iker est, à son tour, lanterne rouge.

La dernière place d'un coureur peut-être due aux mauvaises conditions physiques, au retard accumulé lors de certaines étapes mais également à cause de l'abandon de certains compétiteurs. Toutefois, cette dernière place reste recherchée par certains pour l'intérêt médiatique qu'elle suscite. Philippe Gaumont, lanterne rouge du Tour de France 1997, décrit ainsi son expérience : « Pour que je me retrouve en queue de classement, dans la position médiatique du « pauvre malheureux qui va au bout malgré tout », Guimard m'avait demandé de me laisser décrocher, en simulant une maladie. Pour être dernier, il fallait que je perde une bonne vingtaine de minutes. [...] Sur mon vélo, je faisais semblant d'être plié en deux, je jouais mon rôle pour les spectateurs et, à l'arrivée, il y avait quelques journalistes autour du camping-car de l'équipe Cofidis. Ils étaient venus pour moi, j'avais rempli ma mission[4]. »

Wim Vansevenant détient le record du nombre de places de « lanterne rouge » obtenues dans le Tour de France, en ayant terminé 3 fois (consécutives) à la dernière place en 2006, 2007 et de 2008. Il confirme l'attrait de la dernière place : « Quand tu es dernier, ça te fait beaucoup de publicité. Les gens qui regardent les classements dans les journaux regardent quoi ? Les premiers et le dernier. Du coup, on s'en souvient ! [...] J'étais là pour boucher les trous. Une fois que j'avais fait ma part du boulot, aider mes coéquipiers, je relâchais afin de récupérer un peu pour le lendemain. » Bernard Thévenet se souvient également que « lors du Tour de France 1973, Jacques-André Hochart et Jean-Claude Blocher, tous deux dans l'équipe De Kova-Lejeune, s'étaient disputés la place de lanterne rouge[5]. » De même, lors du Tour de France 1979, Philippe Tesnière (lanterne rouge en 1978) est "en compétition" pour la dernière place avec Gerhard Schönbacher. Ce dernier sera effectivement lanterne rouge de cette édition.

La lutte de certains coureurs pour être lanterne rouge n'a pas toujours été du goût des organisateurs du Tour de France. Ainsi en 1980, chaque soir, le coureur occupant la dernière place est éliminé. Face au véto du jury populaire, cette pratique sera abandonnée[6]. Tous les coureurs et dirigeants d'équipes ne partagent pas cet intérêt pour la lanterne rouge. En 2010, le manager de l'équipe de la FDJ Marc Madiot s'exclame ainsi lorsque Anthony Roux, l'un de ses coureurs, occupe la dernière place : « Dernier du Tour de France, c’est une honte ! Je n’aime pas les lanternes rouges[5] ! ». Cette dernière place fait « un peu rigoler » le coureur qui dispute alors son premier Tour de France. Finalement, cette même année c'est Adriano Malori, de l'équipe Lampre, qui termine bon dernier.

Les lanternes rouge du Tour de France[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Sun Tzu, L'Art de la Guerre - Traduit du chinois et commenté par Jean Lévi, Pluriel, , 323 p. (ISBN 978-2-818-50496-3), p. 121
  2. (en) Lanterne Rouge: The Honor of Being Last In The Tour de France.
  3. Claude Sudres, Dictionnaire du cyclisme, Calmann-Lévy, 1984, p. 246.
  4. Philippe Gaumont, Prisonnier du dopage, Grasset, , 300 p. (ISBN 2246684315).
  5. a et b « De l'art d'être lanterne rouge », sur francetvsport.fr, (consulté le 17 juin 2013).
  6. « La morale de la lanterne rouge », Journal de Genève,‎ , p. 17 (lire en ligne).

Voir aussi[modifier | modifier le code]