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William A. Wellman

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William A. Wellman
Description de l'image William A. Wellman, 1937.jpg.
Nom de naissance William Augustus Wellman
Naissance
Brookline (Massachusetts, États-Unis)
Nationalité Américaine
Décès (à 79 ans)
Los Angeles (Californie, États-Unis)
Profession Réalisateur
Films notables Les Ailes
L'ennemi public
Une étoile est née
L'Étrange Incident

William A. Wellman ou William Wellman, né William Augustus Wellman le à Brookline dans le Massachusetts et mort le à Los Angeles, est un réalisateur de cinéma américain, un pionnier et le premier cinéaste ayant reçu l'Oscar du meilleur film. Il est surtout connu pour ses films Les Ailes (1927) (film muet qui lui a valu l'Oscar), Une étoile est née (1937) et L'Étrange Incident (1943).

Né en 1896[1], il est prénommé William Augustus : « A pour Augustus, comme l'empereur romain. Mon père m'a donné ce prénom parce qu'il voulait que j'apprenne à me battre. Je ne m'en suis jamais privé », explique-t-il[1]. Il est un jeune délinquant dans les rues de Brookline, sa ville natale, puis un joueur de hockey sur glace[1],[2].

Il s'engage comme volontaire pendant la Première Guerre mondiale, aux côtés des Français et sert comme ambulancier. Puis il s'engage dans la Légion étrangère, et devient pilote d'avion de guerre dans le Lafayette Flying Corps, combattant dans une unité française aérienne[1], stationnée à Lunéville, la N87 (s'intitulant les Chats Noirs), équipée de Nieuport 17 et plus tard de Nieuport 24[3]. Son expérience au combat se solde par trois « morts » et cinq probables, bien qu'il soit finalement abattu par des tirs antiaériens allemands le 21 mars 1918. William A. Wellman survit à l'accident, mais il boîtera jusqu'à la fin de sa vie[4]. Devenu sergent dans l'armée française, il revient aux États-Unis, au sein de l'armée américaine, en 1918, et fait bénéficier l'armée de son pays de l'expérience qu'il a acquise. Stationné à Rockwell Field, aérodrome militaire de l'United States Army Air Corps (USAAC), situé à 2 kilomètres au nord-ouest de la ville de Coronado, en Californie, dans la partie nord de la péninsule de Coronado, de l'autre côté de la baie de San Diego. Il y enseigne les tactiques de combat aux nouveaux pilotes.

Il s'intéresse assez vite à une activité naissante et en développement en Californie, le cinéma, tout d'abord comme acteur. Il se fait remarquer de Douglas Fairbanks, une des nouvelles stars de cinéma, admirateur de son parcours, en posant un avion sur sa propriété en Californie. Grâce à Douglas Fairbanks, il est retenu comme acteur dans le film Evangeline, mais il est renvoyé pour avoir giflé Miriam Cooper, la star du film et aussi l'épouse du réalisateur et directeur de la production, Raoul Walsh[5]. Il privilégie suite à cette expérience le métier de réalisateur[1]. Il s'attache comme réalisateur à montrer dans ses films de guerre la réalité du front plus qu'à idéaliser l'héroïsme des soldats. Plusieurs de ses films sont directement inspirés de son expérience en tant qu'engagé, tels Les Ailes, sorti en 1927, ou encore C'est la guerre sorti trente ans plus tard, en 1958[1]. Son film sorti en 1927, reçoit le premier Oscar du meilleur film qui ait été décerné. Ce film est considérer comme un chef d'oeuvre des films muets[6], avec une caméra qui virevolte entre ciel et terre[6].

On retrouve le même souci de vérité dans ses westerns, son genre de prédilection, où l'action est souvent délaissée au profit de scènes où se font jour les tensions d'un groupe ou la dimension psychologique des personnages. Nulle violence gratuite enfin : Wellman omet souvent de filmer une bagarre dans son intégralité, préférant en souligner les à-côtés, avec une grande sobriété de moyens. Sa volonté de montrer la réalité le conduit à préférer les décors naturels ou à s'affranchir des conditions de tournage imposées par ses producteurs : pour Les Ailes (Wings), il exige d'attendre l'arrivée de nuages dans un ciel parfaitement bleu pour rendre les combats aériens plus saisissants. Et le tournage de ce film marque les annales : ce tournage dure 7 mois, il réunit un grand nombre de figurants et tout un arsenal militaire prêté par le gouvernement, ainsi que des centaines de pilotes qui exécutent d'impressionnantes cascades sans trucage, mais au prix terrible d'une hospitalisation et d'une chute mortelle[6].

Cinéaste « sensible, ouvert aux injustices sociales » (selon Jean Tulard), plus que cinéaste engagé, il réalise L'Étrange Incident (The Ox-Bow Incident) (1943) western qui dénonce en 1885 le lynchage[7]; et ce dans une période où la ségrégation raciale vis-à-vis des Noirs se double de la mise au ban des Japonais soupçonnés de collaboration, ainsi que Les Enfants de la crise (Wild Boys of the Road), film douloureux sur la violence engendrée par la Grande Dépression.

Plusieurs de ses westerns, témoignent de sa volonté de montrer la contribution essentielle de la femme dans l'histoire des États-Unis. Dans La Ville abandonnée, Anne Baxter tient tête à une bande de hors-la-loi ; dans Convoi de femmes, cent cinquante femmes déclassées (dont une fille mère, et deux prostituées, voire plus de deux, comme le suggèrent certaines répliques) traversent les États-Unis et affrontent avec courage et dignité de multiples épreuves pour épouser des colons à demi sauvages qui représentent leur dernière chance de réhabilitation.

Plus encore, en 1944, dans Buffalo Bill avant tout le monde dans le western parlant, il réhabilite l'Indien, affamé par les chasses au bison. Il montre le célèbre héros, en porte-à-faux entre les deux civilisations de l'ouest, cracher sur une médaille présidentielle reçue pour ses combats victorieux contre ses fiers amis Cheyennes à qui il laisse enfin la parole : « C'est dur pour un guerrier d'entendre femmes et enfants pleurer, il est honteux de mourir de faim, on peut mourir d'une plus belle mort »[8]. Il poursuit la réhabilitation en 1951 dans Au-delà du Missouri, mais sans le même ton polémique et en situant l'histoire au temps des trappeurs. De l'union d'un blanc et d'une indienne naît un enfant métis. Par ailleurs, dans La Ville abandonnée l’héroïne et son grand-père vivent aux côtés des Apaches qui ne leur font aucun mal.

Si sa carrière est couronnée de succès (Les Ailes et Une étoile est née, entre autres), il termine sur un échec, avec C'est la guerre (Lafayette Escadrille) (1958). Ce film est en partie semi-autobiographique[1], il prête sa voix à celle du narrateur. Il a été aussi charcuté par la production[1]. Cette expérience le conduit, à 62 an, à mettre un termeà son parcours de réalisateur[1]. Et, quelques années plus tôt, en 1948, en plein maccarthysme, il tourne un film anticommuniste, Le Rideau de fer, dont il ne veut plus entendre parler ensuite.

Quelques jours avant sa mort, en 1975[1],[2], il confie à son fils avoir vécu « la vie de cent hommes ».

Surnommé « Wild Bill » à Hollywood autant en raison de son engagement durant la Grande Guerre que pour son comportement et ses exigences sur un tournage, Wellman est un cinéaste avant tout soucieux de réalisme, aimant réaliser des films d'actions (c'est un pionnier du cinéma, des films de guerre et des westerns) tout en détestant l'injustice[7] et en s'intéressant à la description des comportements humains[1].

Filmographie

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Fredric March et Janet Gaynor dans Une étoile est née (1937).

Réalisateur

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Années 1920

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Années 1930

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Iris Adrian et Barbara Stanwyck dans L'Étrangleur (1943).

Années 1940

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Années 1950

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Van Johnson dans Bastogne (1949).

Scénariste

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Distinctions

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Notes et références

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  1. a b c d e f g h i j et k Nathalie Dray, « Rétrospective : William A. Wellman remue ciel et guerre à la Cinémathèque française », sur Libération,
  2. a et b (en) Albion Krebs, « William A. Wellman Dies; Directed Movie Classics », sur The New York Times,
  3. (en) Bob Pearson, « Nieuport Gallery », sur CBRNP.com , History in Illustrations
  4. (en) Silke, James R., « Fists, Dames & Wings », Air Progress Aviation Review, no 4,‎ , p. 57-58
  5. (en) Jon C. Hopwood, « William A. Wellman », sur IMDB
  6. a b et c Mathieu Macheret, « Reprise : « Les Ailes », de William A. Wellman splendidement restaurées », sur Le Monde,
  7. a et b Edouard Waintrop, « William Wellman tient la corde », sur Libération,
  8. Georges-Henri Morin, Le cercle brisé, l'image de l'Indien dans le western, Paris, Payot 1977.

Liens externes

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