Soukhoï Su-57

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Su-57
Vue de l'avion.
Un prototype en vol le 14 août 2011.

Constructeur Soukhoï
Rôle Avion multirôle
Statut En service[1]
Premier vol
Mise en service
Coût unitaire 50 millions $[2]
Nombre construits + de 12
Équipage
1 pour la version russe, 2 pour la version indienne
Motorisation
Moteur AL-41F1
Nombre 2
Type Turboréacteurs avec postcombustion et tuyère vectorielle
Poussée unitaire 157 kN[3]
Dimensions
vue en plan de l’avion
Envergure 14,00 m
Longueur 19,70 m
Hauteur 4,80 m
Surface alaire 78,80[4] m2
Masses
À vide 18 500[3] kg
Carburant 10 300 kg
Maximale 37 000 kg
Performances
Vitesse maximale 2 600[3] km/h (Mach 2,45)
Vitesse de décrochage 250 km/h
Plafond 20 000[4] m
Vitesse ascensionnelle 21 000 m/min
Rayon d'action 1 800 km
Endurance 5.3 h[4]
Charge alaire 470 kg/m2
Rapport poussée/poids 1,07 (avec postcombustion)
Armement
Interne 1 canon GSh-30-1 de 30 mm[4]

2 soutes à armement situées en tandem entre les moteurs[5]

2 soutes auxiliaires, chacune pour un missile air-air sur les flancs

Externe 6 pylônes sous les ailes[4]

capacité d'emport nucléaire

Avionique
Radar Sh121

Le Soukhoï Su-57[6] (en russe : Сухой Су-57, Code OTAN : Felon, depuis )[7] est un avion de combat polyvalent de « cinquième génération ».

Une version issue d'une coopération indo-russe développée par Soukhoï aurait dû voir le jour sous la désignation HAL FGFA. L'appellation PAK-FA (en russe : Перспективный Авиационный Комплекс Фронтовой Авиации) peut être traduite en français par « Futur Système aéronautique de l'aviation du front ».

Caractéristiques[modifier | modifier le code]

Les caractéristiques ne sont, fin 2018, toujours pas officielles et font l'objet de nombreuses spéculations. On connaît seulement quelques spécifications et mensurations, comme son poids, de l'ordre de 30 t en ordre de combat, une soute de 4,80 m de long au minimum, le fait qu'il sera biréacteur, monoplace pour la version russe, biplace pour la version indienne[8], équipé d'un radar à antenne active Sh121 conçu par Tikhomirov NIIP[9] et de radars bande L dans les ailes. Les versions russes et indiennes présenteront des différences notables (envergure, équipements électroniques...). Il semble que le chasseur T-50 créé de série ait reçu la désignation officielle Su-57.

Motorisation[modifier | modifier le code]

Il est annoncé en 2015 que le moteur « Izdeliye 30 », censé avoir une poussée supérieure à 17 t et prévu pour propulser tous les appareils à l'horizon 2020, a commencé son développement chez UEC Saturn. Un premier exemplaire verra le jour en 2016. La production en série est espérée en 2020[réf. nécessaire].

En attendant, le T-50 reste motorisé avec l’AL-41F1, ou « Izdeliye 117 », une profonde modernisation de l’AL-31FP qui équipe les Su-30. L'AL-41F1 est doté d’une soufflante au diamètre agrandi, de nouveaux étages de turbine à basse et haute pression, d’une chambre de combustion améliorée et d’une nouvelle régulation numérique fortement intégrée au reste des systèmes de l’avion. Ces moteurs sont équipés de tuyères à poussée vectorielle tridimensionnelles[10], rendant l'avion très maniable. Seize moteurs AL-41F1 ont été fabriqués, dont six pour les essais au sol[Quand ?] dont plusieurs ont subi des graves incidents[11].

Au moins un incendie moteur a été constaté entraînant la destruction complète de l'engin et à l'occasion d'une démonstration faite aux forces aériennes indiennes dans le cadre du programme FGFA un autre moteur aurait pris feu. Le PAK-FA a également été victime d'une extinction moteur lors du salon Maks 2011, au cours de laquelle le pilote du T-50 concerné fut contraint de renoncer à son décollage.

L'AL-41F1, bien que particulièrement puissant, est surtout réputé pour son manque de fiabilité chronique[réf. nécessaire].

Avionique[modifier | modifier le code]

Ce nouvel appareil est une fusion d'un appareil de frappe et d'un chasseur, il est équipé, selon son constructeur, d'une avionique dernier cri avec une fonction « pilote électronique »[12].

Il possède également un important camouflage face aux radars, aux systèmes optiques et infrarouges (grâce aux matériaux composites)[réf. nécessaire]. Cela participe à la dissimulation de l'appareil, laissant le pilote se concentrer sur l'accomplissement de missions tactiques. Toutefois, il est à remarquer que les tuyères à poussée vectorielle sont identiques à celle du démonstrateur Su-37 et ne présentent donc pas les gages d'une très bonne furtivité.

Spécifications[modifier | modifier le code]

Caractéristiques générales

  • Équipage : 1
  • Longueur : 19,8 m
  • Envergure : 13,95 m
  • Hauteur : 4,74 m
  • Surface alaire : 78,8 m2
  • Poids à vide : 18 000 kg
  • Poids total (carburant) : 25 000 kg
  • Poids maximal au décollage : 35 000 kg
  • Capacité carburant : 10 300 litres

Armement

Missile air-air :

  • 4 × RVV-MD

Missile air-sol :

  • 4 × Kh-38ME

Missile antinavire :

Missile anti-radar :

Calendrier[modifier | modifier le code]

Origine[modifier | modifier le code]

À la fin des années 1980, l'Union soviétique exprime le besoin d'un avion de génération supérieure, destiné à entrer en service dans les années 1990. Le projet reçoit le nom de code I-90 (en russe : Истребитель, Istrebitel, « combattant »). Il est prévu que le chasseur soit capable de frappes au sol et remplace à terme les MiG-29 et les Su-27. Le projet MiG 1.44 est lancé par Mikoyan-Gourevitch[13]. De son côté, Soukhoï développe son propre programme au début des années 1990, afin de réaliser un avion de combat de nouvelle génération. Le Su-47, appelé originellement S-37, est le résultat de ce projet. La dislocation de l'URSS et le manque de fonds qui s'ensuivent causent des retards dans le vol des premiers prototypes, en 2000 soit 9 ans après la date prévue[13]. Le MiG 1.44 est annulé et un nouveau projet est étudié, qui reçoit le nom de code PAK FA. Les besoins de ce nouvel avion sont inspirés par leurs équivalents occidentaux : Dassault Rafale, Eurofighter Typhoon ou F-22 Raptor. En 2002, Soukhoï est sélectionné pour la conception de ce nouvel avion[réf. souhaitée].

Réalisations[modifier | modifier le code]

Le premier vol, attendu pour 2009, a été effectué le vendredi , durant 47 min[14], à proximité de la ville de Komsomolsk-sur-l'Amour[15]. Lors du vol, son pilote d'essai Sergueï Bogdan a effectué l'évaluation initiale de la maniabilité de l'avion, le fonctionnement des moteurs et des systèmes principaux. « L'avion a bien réagi à toutes les étapes du programme de vol » a commenté dans le communiqué le pilote d'essai. Son second vol eut lieu le suivant et une troisième série de vols d'essai devrait avoir lieu à Komsomolsk-sur-l'Amour avant que ne commence le programme principal de test au Centre d'essai de Joukovski, près de Moscou[16]. Il a été présenté au public pour la première fois lors du salon aérospatial MAKS 2011 à Moscou. Il a été montré en vol mais n'a pas été exposé au sol afin d'éviter qu'il puisse être examiné de trop près[17].

Cependant, le Sukhoï T-50 n’a pas pu assurer sa dernière représentation le lors de ce salon. Selon un porte-parole du salon, l’appareil n’a pas pu décoller à cause d’une défaillance technique. La Corporation russe de construction aéronautique (OAK) a précisé que l’origine de l’incident est due à un défaut du moteur droit de l’avion[18],[17].

Initialement prévues pour 2015, les premières livraisons ont été repoussées en 2016, puis en 2017 (annonce du ministre adjoint à la défense russe, Youri Borisov le [19]), puis à l'horizon 2020/2025 alors qu'auparavant, le ministre russe de l'Industrie, Denis Manturov, avait confirmé qu'un contrat pour l'acquisition de 76 avions Su-57.

Selon un rapport publié dans Forbes par David Axe, Soukhoï avait initialement prévu de remettre les deux premiers SU-57 aux normes de production à la fin de 2019 et deux autres en 2020. Mais le crash de l'un des avions en a contraint la société à arrêter temporairement le travail sur le programme[20].

Le , le premier avion entre en service dans les forces aériennes russes. 4 sont annoncés pour 2021[1],[21]. Ils sont destinés au 4e Centre national de préparation du personnel aérien et d'évaluation militaire de l'aviation tactique russe.[22] Mais les 4e et 5e exemplaires de série sont versés fin mai 2022.

Production[modifier | modifier le code]

Selon le ministère de la défense russe, début , plus de 300 vols d'essai auraient été effectués par les 5 prototypes alors existants, un sixième étant en cours de finition à cette date[23]. La question des moteurs utilisés reste entière. Les AL-41F1 restant n'étant au mieux que quatre et le « Izdeliye 30 » devant équiper à terme l'avion étant loin d'être prêt à être mis en production. (Début de production prévu pour 2020 selon le motoriste NPO Saturn. En , 10 prototypes sont construits[24]).

Modèle Premier vol Remarques
T-50-1 premier prototype, ne vole plus depuis .
T-50-2
T-50-3 doté du radar à antenne active (AESA) N036 et des deux détecteurs d’alerte 101KS-U, sous le nez de l’avion et sur la pointe arrière
T-50-4 prévu fin 2011 à l'origine
T-50-5
T-50-6

Sur la période 2016-2020, la loi de programmation militaire russe prévoyait l'achat de 60 appareils de dernière génération mais voici mi-2015 le calendrier des livraisons prévues - Les T-50C, sont les T-50 du 2e lot mais sans le nouveau moteur Izd.30, les PMI sont les FGFA Indiens alors prévus - soit un total de 24 appareils russes et 4 indiens :

  • 2016 : Т-50-9, Т-50-10, Т-50-11.
  • 2017 : Т-50-12 (повторная статика), Т-50С-1, 2.
  • 2018 : Т-50С-3, 4
  • 2019 : Т-50С-5, 6, 7, 8, PMI-1, 2.
  • 2020 : Т-50С-9, 10, 11, 12, MIC-3, 4.

Mais finalement le gouvernement russe ne signant pas de contrat ferme et le retrait de l'Inde font capoter cette planification.

Utilisateurs actuels et futurs[modifier | modifier le code]

Selon Mikhaïl Pogosian, directeur général de Soukhoï, le T-50 pourrait viser un marché ambitieux de 1 000 avions (dont 550 pour l'export seul).

Russie[modifier | modifier le code]

Le , le vice-ministre russe de la Défense déclare que l’on ne prévoit pas de produire en série le Su-57 pour le moment[24].

Finalement, en , le ministère russe de la défense signe un contrat pour la livraison de seulement deux avions d'ici 2020[25], un seul l’étant fin 2020, quatre autres prévus en 2021.

Algérie[modifier | modifier le code]

L'Algérie serait le premier client à l'export du Su-57 PAK FA. Les forces aériennes ont pris la décision de l'acquisition de 14 chasseurs furtifs de ce type lors de la visite de la délégation algérienne au salon aéronautique MAKS à Moscou durant l'été 2019. Avec ce contrat, l’Algérie deviendra le premier pays de la rive sud de la Méditerranée et d'Afrique à disposer d’avions furtifs et d’appareils de 5e génération après avoir été le premier à introduire des avions de 4e génération, le contrat doit s'achever d'ici 2025[26].

Inde[modifier | modifier le code]

L'Inde, quant à elle, qui est devenue partenaire à part entière du programme depuis 2008, a réduit ses prévisions de commandes de 214 à 144 biplaces (sous la désignation de FGFA : Fifth Generation Fighter Aircraft) destinés à la Force aérienne indienne et peut-être avec la possibilité de les faire construire par HAL. La Russie demandant à l'Inde un montant équivalent à six (puis neuf par la suite) milliards de dollars américains pour ce programme avec mise en service prévue en 2020[27]. Finalement, l'Inde se retire du projet en , sans renoncer à acquérir l'appareil dans un avenir lointain[28],[29].

Turquie[modifier | modifier le code]

La Turquie a manifesté un intérêt à acquérir le chasseur furtif après avoir été exclue du Programme Joint Strike-Fighter (F-35 Lightning II) en 2019. Le contrat est toujours en cours de discussion et rien n'a encore été signé en 2020 alors que les relations russo-turques se dégradent. La Turquie pourrait devenir le premier membre de l'OTAN à acquérir des avions de combat russes. En 2022, avec l'invasion de l'Ukraine par la Russie, un tel achat est extrêmement hypothétique.

Galerie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b « Первый серийный истребитель Су-57 поступил в авиаполк Южного военного округа », sur ТАСС (consulté le ).
  2. « Un Soukhoï 57, nouveau fleuron de l'armée russe, s'écrase lors d'un vol d'essai », Les Échos, (consulté le )
  3. a b et c (en) « PAK-FA Sukhoi T-50 », sur vostokstation.com.au.
  4. a b c d et e « Infographie: avion de combat russe de cinquième génération T-50 » [archive du ], RIA Novosti, (consulté le )
  5. ^ a b c d Butowski 2010, p. 34.
  6. Arnaud, « Sukhoi Su-57 », sur avions légendaires, (consulté le )
  7. (en) « NATO Code Name “FELON” : Russian Su-57 Gets Its Reporting Name, And It Couldn’t Be Better. », sur The Aviationist, (consulté le ).
  8. « L'Inde et la Russie créeront deux versions d'un chasseur de cinquième génération », RIA Novosti, .
  9. Guillaume Steuer, « Les nouveaux chasseurs de l'Étoile rouge », Air et Cosmos, no 2144,‎ , p. 28-29 (ISSN 1240-3113).
  10. « [Dossier] Sukhoi Su-57 PAK FA, la relève de la garde? », Red Samovar,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  11. Antony Angrand, « http://www.air-cosmos.com/2015/02/27/29216-nouveau-turboreacteur-pour-le-sukhoi-t-50-pak-fa », sur Air et Cosmos, (consulté le ).
  12. « Chasseur de 5e génération: la Russie fer de lance de l'aviation militaire (OAK) », RIA Novosti, .
  13. a et b (en) Yefim Gordon, Sukhoi S-37 and Mikoyan MFI: Russian Fifth-Generation Fighter Technology Demonstrators, vol. 1, Hinckley, U K, Midland Publishing, coll. « Red star », (ISBN 1-85780-120-2)
  14. (vi) Máy bay chiến đấu tàng hình của Nga bay chuyến đầu tiên (vi)
  15. Dépêche AFP du 29 janvier 2010
  16. « Deuxième vol d'essai du chasseur russe T-50 », RIA Novosti, (consulté le )
  17. a et b Jean-Dominique Merchet, « Présentation du T-50 en vol »(Archive.orgWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?), Blog Secret Défense, (consulté le )
  18. Laurent Lagneau, « Problème technique pour le chasseur furtif russe T-50 », Blog opex360, (consulté le )
  19. « PAK FA : les essais sont terminés », sur Air et Cosmos (consulté le ).
  20. (en) « India Scrutinizing Russian SU-57 Stealth Jets As Makers Struggle To Fulfill », sur Defenceaviationpost.com, (consulté le ).
  21. « Un premier Su-57 de série réceptionné en décembre 2020 », sur Air et Cosmos (consulté le ).
  22. « Le premier Su-57 produit en série en vol », sur Air et Cosmos (consulté le ).
  23. « L’Inde doute des capacités opérationnelles du T-50 de Sukhoi », sur Aerobuzz, (consulté en ).
  24. a et b (en) « Russia Will Not Mass-Produce 5th Generation Stealth Fighter Jet », sur https://thediplomat.com/, (consulté le ).
  25. « Le drone de combat russe "Okhotnik" va bientôt entamer ses premiers essais », sur Zone Militaire, (consulté le ).
  26. « L’Algérie serait le premier client export pour le Su-57 et le Su-34 »
  27. (en) Gulshan Luthra, « IAF decides on 144 Fifth Generation Fighters », sur India Strategic, (consulté le )
  28. (en) « India withdraws from FGFA project, leaving Russia to go it alone », sur Jane's 360, (consulté le )
  29. Manu Pubby, « DRDO’s technology claim fells $9 billion Indo-Russian aircraft deal », The Economic Times,‎ (lire en ligne, consulté le )

Articles connexes[modifier | modifier le code]