Tupolev Tu-95

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Tupolev Tu-95
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Vue de l'avion
Vue de l'avion

Constructeur Drapeau : URSS Tupolev
Rôle Bombardier lourd
Statut En service dans l'Armée de l'air russe
Premier vol
Mise en service 1956
Date de retrait Toujours en service
Coût unitaire 26,28 M$ (août 2014)[1]
Nombre construits > 500
Équipage
6 ou 7 personnes
(1 pilote, 1 co-pilote, 1 mécanicien de bord, 1 opérateur des systèmes de com., 1 navigateur, 1 mitrailleur de queue, parfois un 2e navigateur)
Motorisation
Moteur Kouznetsov NK-12-M
Nombre 4
Type turbopropulseurs
Puissance unitaire 14 790 ch
Dimensions
Tu-95MSZ.svg
Envergure 51,10 m
Longueur 48,50 m
Hauteur 11,78 m
Surface alaire 310,50 m2
Masses
À vide 90 000 kg
Carburant 84 000 kg
Avec armement 171 000 kg
Maximale 188 000 kg
Performances
Vitesse maximale 925 km/h (Mach 0,87)
Plafond 13 500 m
Vitesse ascensionnelle 600 m/min
Rayon d'action 12 550 km
Endurance 12 h
Charge alaire 606 kg/m2
Armement
Interne 6 canons NR-23 de 23 x 115 mm dans 3 tourelles
Externe 11 340 kg de charge offensive
Avionique
radar d'attaque : YaD A336Z « Crown Drum » travaillant en bande I
radar de défense arrière : PRS-1 Argon « Bee Hind »

Le Tupolev Tu-95 est un bombardier lourd soviétique développé dans les années 1950. Il fut appelé Tu-20 par l'aviation soviétique et Tu-95 par le constructeur aéronautique Tupolev. La dénomination occidentale Tupolev Tu-95 Bear (« ours » en anglais) est un nom de code OTAN.

Conception[modifier | modifier le code]

Après la création par les États-Unis du Strategic Air Command (SAC) en 1946, l'URSS décide de lancer un programme de bombardiers plus modernes et plus performants que ceux dérivés du Tu-4, copie des B-29. Les premières études entamées par le bureau d'étude de Tupolev furent lancées en 1949, et le feu vert définitif fut donné le . Le premier prototype, nommé Modèle 95/I, vola pour la première fois le . Il était doté de huit turbopropulseurs Kouznetsov 2-TV-F de 6 000 ch, disposés par paires. Il fut détruit le et remplacé par le modèle 95/II, doté de quatre turbines Kouznetsov TV-12 de 12 000 ch. Ce second prototype effectua son premier vol le .

Deux Tu-95 Bear-H russes, entre un An-124 et un B-52 de l'USAF sur une base de Louisiane en 1992

Les deux premiers appareils de série furent appelés Tu-95 et volèrent pour la première fois en octobre 1955. L'année suivante, cinq appareils dont le second prototype furent présentés en vol au salon aéronautique de Tuchino.

Il fut construit jusqu'en 1991 dans l'usine d'aviation de Kouïbychev (actuellement usine Aviakor, à Samara).

Engagements[modifier | modifier le code]

Les flottilles de l'aviation à long rayon d'action équipées de l'appareil furent toujours en alerte, au cas où la guerre froide prendrait un nouveau tournant et qu'il eût fallu bombarder le bloc de l'Ouest. À part cela, il a beaucoup servi dans le transport de bombes et de missiles à travers l'URSS. Les bombardiers Tu-95 étaient utilisés par l'URSS pour tester des bombes nucléaires et à fusion. En service, les bombardiers sont normalement munis de lanceurs avec six missiles de croisière Kh-55. Le modèle peut en outre porter encore dix missiles sur les pylônes sous ses ailes[2]. Enfin, le Tu-142 fut un patrouilleur maritime pour surveiller les côtes soviétiques pour la marine soviétique.

Seules l'Inde, l'Ukraine et bien entendu la Russie possèdent des exemplaires de cet appareil. En janvier 2014, seuls 55 exemplaires étaient encore en service chez cette dernière[3]. En 2015, selon l'agence d'informations russe Ria Novosti, le nombre de Tu-95 en ligne sera de 43[4].

Le 28 janvier 2015, deux Tu-95 russes ont survolé la Manche, sans que ni le Royaume-Uni, ni la France ne soient mis au courant[5].

Les deux Tu-95 ont d'abord été repérés au large de la Norvège, volant de concert avec deux ravitailleurs Illiouchine Il-78, escortés par deux MiG-31. 2 F-16 norvégiens ont aussitôt décollés afin d'encadrer la formation[5]. Une partie de la formation russe à fait demi-tour et seuls les deux bombardier ont poursuivis leur vol vers le sud, survolant ensuite la Manche avant de longer les côtes britanniques à une distance moyenne de 40 km.

D'après les écoutes des communications entre les deux appareils, il a été possible de déterminer que l'un d'eux emportait une arme nucléaire (bien qu'il s'agissait sûrement d'une bombe inerte)[5]. L'intrusion des Russes dans l'espace aérien britannique a déclenchée un léger mouvement de panique, provoquant le déroutement de plusieurs vols civils. Le Royaume-Uni a dépéché 2 chasseurs Typhoon pour escorter les bombardiers russes. La France a fait décoller un Rafale de la base de Creil. 2 Mirage 2000 de la permanence opérationelle de la base de Lann-Bihoué ont églement été mis en alerte.

Variantes[modifier | modifier le code]

Il existe en tout une vingtaine de versions de cet appareil, dont voici les principales :

  • Bear A (Tu-95/Tu-95M/Tu-95U) : ces versions furent les premières à équiper l'armée soviétique et la dernière est un prototype ;
  • Bear B (Tu-95K/Tu-95KD) : version pouvant emporter le missile AS-3 Kangaroo ;
  • Bear C (Tu-95KM) : modernisation du B principalement au niveau du radar ;
  • Bear D (Tu-95RT) : modernisation du A où le programme d'intelligence électronique prend place ;
  • Bear E (Tu-95MR) : autre amélioration du A, cette version fait de l'appareil un avion de reconnaissance ou de surveillance ;
  • Bear F (Tu-142) : version maritime pour la surveillance côtière et la neutralisation des sous-marins, il y a eu de nombreuses sous-versions ;
  • Bear G (Tu-95K-22) : fusionnant des qualités des Bear B et Bear C. Ils ont été modernisés au niveau de l'avionique embarquée et peuvent emporter le missile AS-4 Kitchen. Ils sont encore utilisés par l'armée russe ;
  • Bear H (Tu-95MS/Tu-95MS6/Tu-95MS16) : modernisation du Tu-142 semblable à la version G. Ils peuvent emporter seize missiles AS-15A Kent devant être remplacé par des AS-19 Koala ;
  • Bear J (Tu-142MR) : modernisation de la version F, l'appareil est chargé d'assurer la communication entre le gouvernement et les sous-marins de la flotte.

Il existe d'autres versions qui n'ont pas atteint le stade de la série.

Autres caractéristiques[modifier | modifier le code]

  • Ce bombardier a été utilisé pour le largage d'essai de la plus puissante bombe jamais construite : la Tsar Bomba.
  • Il utilise le turbopropulseur Kouznetsov NK-12 qui reste, en 2014, le plus puissant jamais construit.
  • Le Tu95A est l'appareil de série à turbopropulseurs le plus rapide à ce jour.

Références[modifier | modifier le code]

  1. (en) « Tupolev Tu-95 », AircraftCompare.com (consulté le 14 août 2014)
  2. Anton Valaguine, « Tu-95 : l'« Ours » bruyant de la guerre froide », Russia beyond the headlines,‎ (consulté le 14 août 2014)
  3. (en) « Strategic aviation », Russian strategic nuclear forces,‎ (consulté le 14 août 2014)
  4. « Russie : Six Tu-160 livrés à l'aviation à long rayon d'action en 2015 », sur RIA Novosti,‎ (consulté le 1 janvier 2015)
  5. a, b et c « Défense. Deux bombardiers russes interceptés au-dessus de la Manche », Ouest-France,‎ (consulté le 10 février 2015)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Frank von Hippel, Oleg Bukharin et Pavel L. Podvig, Russian strategic nuclear forces, MIT Press (Boston, USA),‎ , 699 p. (ISBN 978-0-262-66181-2)
  • (en) Paul Duffy et Andrei I. Kandalov, Tupolev : The man and his aircraft, Airlife (Shrewsbury, UK),‎ , 237 p. (ISBN 978-1-85310-728-3)
  • (en) Paul Eden (éditeur), Encyclopedia of modern military aircraft, Londres, Amber Books Ltd.,‎ , 512 p. (ISBN 978-1904687849).
  • (en) Yefim Gordon et Peter Davidson, Tupolev Tu-95 Bear, Specialty Press Publishers & Wholesalers (North Branch, Minnesota),‎ , 104 p. (ISBN 978-1-58007-102-4)
  • (en) R.G. Grant et John R. Dailey, Flight : 100 years of aviation, DK Adult publishing (Harlow, Essex),‎ , 452 p. (ISBN 978-0-7566-1902-2)
  • (en) Stewart Wilson, Combat aircraft since 1945, Aerospace publications (Fyshwick, Australie),‎ , 192 p. (ISBN 978-1-875671-50-2)

Annexes[modifier | modifier le code]

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