Chengdu J-20

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Chengdu J-20
Vue de l'avion.
Un J-20 en évolution pendant le China Airshow de Zhuhai de 2016, en Chine.

Constructeur Drapeau : République populaire de Chine Chengdu
Rôle Avion multirôle
Statut en service
Premier vol
Mise en service [1]
Coût unitaire Environ 110 millions de dollars (2011)
Nombre construits 8 prototypes et
Plus de 20 exemplaires de série (juin 2017)[2]
Équipage
1 pilote
Motorisation
Moteur Turboréacteurs à double flux avec postcombustion
Nombre 2
Type Saturn AL-31F M2 (provisoire)
Poussée unitaire 145 kN en postcombustion
Dimensions
vue en plan de l’avion
Envergure 13 m
Longueur 20 m
Hauteur 4,45 m
Surface alaire 78 m2
Masses
À vide 19 391 kg
Avec armement 32 092 kg
Maximale 36 288 kg
Performances
Plafond 20 000 m
Rayon d'action 2 000 km
Charge alaire 340 kg/m2
Rapport poussée/poids 0,94
Armement
Interne 3 soutes à armement pour 4 PL-15 et 2 PL-10
Externe 4 pylones externes pour missiles ou reservoirs de carburant
Avionique
Radar à antenne active (AESA), Système de gestion des menaces 360° (DAS), Système de ciblage optronique (EOTS),
5 écrans LCD (2 principaux et 3 auxiliaires), HUD

Le Chengdu J-20 (chinois simplifié : 歼-20 ; chinois traditionnel : 殲-20 ; pinyin : jiān-20 ; litt. « Anéantisseur-20 ») est un avion de chasse furtif chinois[3]. Le démonstrateur, qui a fait son premier vol en janvier 2011, préfigure ce que pourrait être un avion de cinquième génération biréacteur développé par le constructeur Chengdu Aircraft Corporation pour l'Armée populaire de libération (destiné à la force aérienne chinoise)[4],[5].

Historique[modifier | modifier le code]

Depuis la fin des années 1990, l'industrie aéronautique chinoise a lancé plusieurs études visant à développer un avion de combat furtif. Ces projets étaient désignés sous le nom de « J-XX » depuis 1997[6] ou « J-20 ». On a aussi parlé de « J-13 » et de « J-14 », et il existe peut-être un projet concurrent à celui de la Chengdu Aircraft Corporation.

Les deux instituts de Chengdu et de Shenyang ont mené les premières recherches fondamentales depuis 1982.

Selon des hauts-gradés de l'armée de Yougoslavie (aujourd'hui, armée serbe), des agents chinois auraient parcouru la zone de crash du F-117 abattu par un missile serbe S-125, le , durant la guerre du Kosovo[7],[8] et auraient racheté à des paysans des débris de l'appareil américain [9] qui ont été étudiés et qui auraient permis la conception du Chengdu J-20[10].

Les deux Instituts de Chengdu et de Shenyang ont sorti leur concept nommé Projet 718, en 2005, pour répondre à l'appel d'offres dont le choix a été fait en 2007.

Le , le démonstrateur du J-20 a effectué des essais de roulage sur le terrain d'aviation de son constructeur[11]. Le premier vol, d'une durée de 18 minutes, a eu lieu le [12].

En , Buck McKeon (en), le président de la commission de la défense de la Chambre des représentants des États-Unis affirme que le J-20 a été élaboré grâce à des technologies russes[10].

En juin 2017, plus de 20 appareils étaient sortis des chaînes de fabrication[2].

L'avion est entré en service en février 2018, les pilotes se sont pour cela entraînés à la base d'entraînement de Zhurihe (zh) (bourg de Zhurihe), en Mongolie-Intérieure[1].

Caractéristiques[modifier | modifier le code]

2 Chengdu J-20 en formation, Zhuhai 2018

La configuration générale du J-20 présente une aile de type delta et des plans canards à l'avant. Ayant très certainement bénéficié du programme russe d'avion de chasse de 5e génération de Mikoyan-Gourevitch, le tout est positionné à la même place que sur le prototype MiG 1.44, délaissé en Russie en faveur du projet concurrent de Soukhoï. Il a deux empennages verticaux en diagonale qui, comme sur l'avion de chasse de 5e génération russe Soukhoï T-50 (PAK-FA), sont mobiles d'un seul bloc[13]. Il n'y a pas d'empennage horizontal mobile (les plans canards), les parties mobiles de l'aile delta et les deux empennages diagonaux permettant un contrôle optimum. Il est également équipé d'une poussée vectorielle, permettant d'augmenter la maniabilité. Ses capacités sont encore méconnues, l'avion n'ayant été révélé que fin 2010, on estimait alors que seuls un ou deux exemplaires avaient été construits. D'après les photographies, on peut estimer sa longueur à 23 m et son envergure de 14 m. La masse maximale au décollage serait de l'ordre de 35 000 kg[14], le J-20 sera donc un avion de taille nettement plus importante que l'avion américain F-22 dont il reprend d'ailleurs la forme du fuselage avant, avec des entrées d'air de réacteurs similaires à celles du F-35.

Un des prototypes serait propulsé par des turboréacteurs Saturn AL-31, fournis au préalable par la Russie[14], l'autre par des WS-10 locaux. Toutefois, des officiels chinois affirment que les turboréacteurs Shenyang WS-15 fabriqués localement équiperont les futurs aéronefs de l'aviation chinoise[5] mais ces derniers ne sont toujours pas au point fin 2018, jugés « encore très instable »[15].

Le J-20 adopte le concept de mains sur manche et manette et il est le premier chasseur chinois à disposer d’un manche à droite[16].

L'avion emporte également un parachute de freinage. Malgré le manque d'informations, l’architecture globale de l'appareil laisse à penser qu'il est loin de présenter une furtivité équivalente à celle du F-22, selon une analyse faite début 2011 par des spécialistes australiens n'ayant pas accès directement à l'appareil[17],[18].

Chengdu J-20 avec ses soutes à armenent ouvertes, Zhuhai 2018

Au niveau armement, il dispose de deux soutes ventrales côte à côte pouvant emporter chacune deux missiles air-air très longue portée PL-15 (en), entrés en service en 2016 dans les deux soutes ventrales, et de deux soutes latérales embarquant chacune un missiles courte portée PL-10.

En décembre 2018, on a eu l’occasion de voir le mécanisme unique conçu par les ingénieurs de l’Institut 611 pour tenir les missiles PL-10 en dehors des soutes, sans que les portes de celles-ci ne soient obligées de rester ouvertes, ce qui est plus approprié dans le cas de combat aérien rapproché.

Des sources officieuses parlent du développement d’une version miniaturisée du PL-15 pour que le J-20 puisse en emporter plus que quatre dans ses soutes, mais cela reste à confirmer. La disposition des soutes ventrales du J-20 suggère qu’elles seraient capable d’héberger en fait jusqu’à six missiles, si ces derniers ont des ailettes pliables[16].

Calendrier[modifier | modifier le code]

Destiné à moderniser l'armée de l'air chinoise, cet avion était estimée, en 2011, entrer en service d'ici 2017 ou 2019[14]. Le premier essai de roulage de l'appareil a été effectué le . Le , des responsables chinois seraient venus visiter le complexe de Chengdu afin de programmer le premier vol du J-20[11]. Le premier vol a eu lieu le [12]. L'appareil entre officiellement en service au sein de l'armée de l'air chinoise le avec selon certaines sources une cible de 40 appareils d'ici 2020, l'industrie étant prête a une production de masse selon les mêmes sources[19]. En juin 2017, plus de 20 appareils étaient sortis des chaînes de fabrication[2] et l'avion est déployé en service en février 2018[1],[20].

Production et exportation[modifier | modifier le code]

L'utilisation du J-20 ne peut se concevoir en dehors de l'existence d'un environnement (AWACS ou avion ravitailleur), qui n'existait encore qu'à l'état d'embryon chez les Chinois (8 AWACS en service en 2009). À titre de comparaison, il s'est écoulé quinze ans entre le premier vol du démonstrateur du F-22 et son entrée en service.

Début 2016, l'État major de l'US Air Force estimait qu'il ne sera vraisemblablement pas industrialisé, contrairement à son concurrent, le Shenyang FC-31[21], ce qui a été contredit un an plus tard[2],[1].

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b c et d Xinhua, « Le chasseur furtif chinois J-20 entre en service au sein des forces aériennes », sur Xinhua,
  2. a b c et d (zh) « 中国已启动第三条歼20战机生产线 总产量已超20架 », sur mil.news.sina.com,‎
  3. Arnaud de La Grange, « Pékin lève un coin du voile sur son avion furtif », Le Figaro,
  4. (en) "Early Eclipse: F-35 JSF Prospects in the Age of Chinese Stealth", China-Defense, 3 janvier 2011
  5. a et b (en) « Chengdu J-20 – China's 5th Generation Fighter », sur Defense-Update.com (consulté le 5 janvier 2011)
  6. Défense et Sécurité internationale hors-série no 15, Chine, le géant militaire du XXIe siècle ?, décembre 2010, p. 47
  7. (en) « Vega 31: The loss of F-117A #82-806 », sur f-117a.com (consulté le 5 janvier 2017)
  8. (ro) « Doborarea invizibilului F117 : strategie stralucita,un P18 inovator sau pur noroc ? », sur Suntem Romania, (consulté le 18 mai 2013)
  9. Avec le nerf de la guerre : une accélération efficace, sur le site agoravox.fr, consulté le 27 juillet 2014
  10. a et b Arnaud de La Grange, « L'avion furtif chinois serait inspiré du F-117 américain », Le Figaro,‎ (ISSN 0182-5852, lire en ligne, consulté le 5 janvier 2017)
  11. a et b (en) Chengdu J-20 China's first stealth fighter takes to the skies, DefenceAviation.com, 30 décembre 2010
  12. a et b « Vol inaugural de l'avion furtif chinois, sur fond de visite américaine », Le Monde,
  13. (zh) 歼-20 sur l'encyclopédie chinoise baike.baidu.com
  14. a b et c (en) « Chinese J-20 Stealth Fighter In Taxi Tests », sur aviation.week.com,
  15. Benaouda Abdeddaim, « Embarras stratégique en Chine : quand son avion de chasse vole avec un moteur russe... », sur BFM TV, (consulté le 11 décembre 2018)
  16. a et b « Airshow China 2018 : Cockpit, soutes, démonstration… le J-20 se dévoile davantage », sur http://www.eastpendulum.com/, (consulté le 11 décembre 2018)
  17. (en) Michael J Pelosi et Dr Carlo Kopp, « A Preliminary Assessment of Specular Radar Cross Section Performance in the Chengdu J-20 Prototype »
  18. « Le J-20 est-il vraiment furtif ? », sur info-aviation.com
  19. Henri Kenhmann, « L’avion de combat J-20 est (officiellement) entré en service », sur eastpendulum.com, (consulté le 14 mars 2017)
  20. http://psk.blog.24heures.ch/archive/2019/07/29/entree-en-service-du-j-20-%C2%A0wellong%C2%A0-%C2%A0-867759.html Entrée en service du J-20 « Wellong » !
  21. « Chine : profession « reverse engineer » », sur ttu.fr, (consulté le 8 avril 2016).

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Dr Carlo Kopp, « The Strategic Impact of China's J-XX (J-20) Stealth Fighter », Air Power Australia, no NOTAM #70,‎ (lire en ligne)
  • (en) Dr Carlo Kopp et Peter A. Goon, « Technical Report APA-TR-2011-0101 - Chengdu J-XX (J-20) Stealth Fighter Prototype; A Preliminary Assessment. », Air Power Australia,‎ (lire en ligne)
  • (en) Andreas Rupprecht, « Enter the Dragon: The Chengdu J-20. », Combat Aircraft Monthly, Ian Allan Publishing, nos 12/3,‎ , p. 34 à 41

Lien externe[modifier | modifier le code]