Tupolev Tu-160

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Tupolev Tu-160 Blackjack
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Un Tu-160 Blackjack au salon aéronautique de Moscou
Un Tu-160 Blackjack au salon aéronautique de Moscou

Constructeur Drapeau : URSS Tupolev
Rôle Bombardier stratégique
Statut En service
Premier vol
Mise en service 1987
Nombre construits 35
Équipage
4 (pilote, copilote, officier de bombardement, opérateur des systèmes)
Motorisation
Moteur Kouznetsov NK-32
Nombre 4
Type Turboréacteurs à double flux
Poussée unitaire 245 kN
Dimensions
Tu-160 3-view graphic.svg
Envergure 52 m
Longueur 50 6 m
Hauteur 12 8 m
Surface alaire 360 m2
Masses
À vide 117 950 kg
Carburant 148 000 kg
Avec armement 267 625 kg
Maximale 270 000 kg
Performances
Vitesse maximale 2 200 km/h (Mach 2,1)
Plafond 18 000 m
Vitesse ascensionnelle 4 000 m/min
Rayon d'action 12 300 km
Charge alaire 743 kg/m2
Rapport poussée/poids 0,37
Facteur de charge ?
Armement
Interne 40 000 kg d'armement dans 2 soutes ventrales, 12 missiles de croisière Kh-55 ou 24 missiles Kh-15P
Avionique
Radar d'attaque "Obzor-K", radar de suivi du terrain Sopka'

Le Tu-160 (en russe Белый Лебедь, soit « cygne blanc », code OTAN Blackjack) est un bombardier lourd supersonique soviétique construit par le bureau d'étude Tupolev pendant la guerre froide pour l'arsenal nucléaire de la Russie. Ses ailes sont à géométrie variable ; sa masse maximale au décollage en fait le plus gros avion supersonique au monde.

Conception[modifier | modifier le code]

Un Tu-160, train d’atterrissage sorti.

En 1973, pendant la guerre froide, la course aux armements est très importante entre les deux superpuissances. Les Américains développent alors le Rockwell B-1 Lancer. En réponse, les Soviétiques commencent le programme du bombardier « multi-mission ». Trois constructeurs aéronautiques furent dans la course : Tupolev avec un avion basé sur le Tupolev Tu-144, le Miassichtchev M-18 (en), et un Soukhoï basé sur le T-4.

Même si le projet de Miassichtchev semblait le plus prometteur, Tupolev fut choisi parce qu'il était le seul à avoir la capacité et l'expérience pour mener à son terme un projet très ambitieux et complexe. Cependant, Tupolev utilisa des éléments du projet Miassichtchev M-18.

Le projet du B-1 fut arrêté le 30 juin 1977 par les Américains avant d'être relancé en 1981. Cependant les Soviétiques continuèrent le Tu-160, et le les essais en vol commencèrent. Le camp occidental eut connaissance du projet à partir de novembre 1981 grâce aux satellites espions.

La production commença en 1984. Au début, 150 appareils auraient dû être construits, mais par suite de restrictions budgétaires, seulement 35 (dont 2 prototypes) furent construits jusqu'à l'arrêt de la production en 1992.

Plus tard, la Russie a repris l'amélioration et la production de l'appareil. Le premier exemplaire a été livré en mai 2000. En 2015, selon Ria Novosti, 6 Tu-160 seront livrés[1].

Engagements[modifier | modifier le code]

Les escadrilles commencèrent à être formées en mai 1987 au sein de l'aviation à long rayon d'action. Jusqu'en 1991, dix-neuf avions servirent dans le 184e régiment de l'air en Ukraine. Après l'éclatement de l'URSS, ces avions devinrent ukrainiens bien qu'en 1999 un échange se fît entre la Russie et l'Ukraine qui donna alors huit de ses appareils pour rembourser sa dette. L'Ukraine, ayant officiellement renoncé aux armes nucléaires, a détruit les autres « Blackjacks » en sa possession dont le dernier en février 2001.

En juillet 2006, il n'y a plus que quatorze Tu-160 russes en service[2]. Il est prévu de les maintenir en service. Un contrat de modernisation a même été accordé à la société KAPO (Kazan Aircraft Production Organisation). L'amélioration devrait porter principalement sur l'équipement électronique. Mais aujourd'hui, les principaux sous-traitants ont disparu et pour procéder aux réparations, il faut récupérer les pièces sur les quatre carcasses entreposées à Joukovski.

En janvier 2008, deux Tu-160 russes ont mené une mission d'entraînement au-dessus du golfe de Gascogne. Ils ont été escortés jusque là par des chasseurs norvégiens et britanniques. Cet événement marque symboliquement la volonté de la Russie de reprendre un statut de puissance militaire stratégique majeure.

Le 10 septembre 2008, l'arrivée au Venezuela de deux Tu-160 russes pour des vols d'entraînement est saluée par le président vénézuélien Hugo Chávez qui annonça qu'il piloterait l'un d'eux. La Russie réaffirme ainsi sa présence à travers le monde, sans liaison, dixit le discours officiel, avec la situation dans le Caucase[3].

Le 10 juin 2010, deux Tu-160 réalisèrent un vol d'entraînement au pilotage sur zones sans repères et au ravitaillement en vol au-dessus des eaux neutres de l'océan Glacial Arctique et du Pacifique. Ces vols durèrent 23 heures, ce qui correspondait à un nouveau record pour cet appareil. Le record précédent était de 21 heures. Durant leur périple de 18 000 km, ils furent ravitaillés à deux reprises par des Iliouchine Il-78.

En mai 2012, le 121e régiment de la Garde, basé à Engels, de la 22e division de la Garde de bombardiers lourds de la 37e armée aérienne a onze Tu-160 en service[4].

Leur baptême du feu a lieu le 17 novembre 2015 lors de l'intervention militaire de la Russie en Syrie[5].

Le 17 février 2016, à 10h39, les radars norvégiens repèrent deux Tu-160 à proximité de leur espace aérien, qui sont de nouveaux détectés à 14h50, à l’ouest de l’Irlande. À 15 h, les deux appareils russes s’engagent au-dessus de la Manche. La Royal Air Force fait alors immédiatement décoller deux Eurofighter Typhoon. L’alerte est sérieuse et rappelle le survol similaire effectué par des Tu-95 en janvier 2015. L’un de ces appareils, le Aleksandr Golovanov, a été engagé à plusieurs reprises sur le front syrien. Un Rafale, de l’escadron de chasse Gascogne, basé à Saint-Dizier, décolle en alerte pour rejoindre les intrus. Un Mirage 2000-5, de l'escadron de chasse Cigognes, stationné à Lann-Bihoué, en Bretagne, est aussi envoyé. Les deux Tu-160 sont alors escortés par les quatre chasseurs de l’OTAN jusqu’à une soixantaine de kilomètres du Touquet, à la longitude de Dieppe. Ils finiront par rebrousser chemin afin d’éviter le survol des eaux territoriales françaises ou britanniques. L'information est rendue publique début mars 2016 par l'Armée de l'air française, avant d'être relayée dans la presse[6].

Variantes[modifier | modifier le code]

  • Tu-160SK : version commerciale (avion civil), jamais construite
  • Tu-160M : bombardier de plus grande taille capable d'emporter des missiles hypersoniques Kh-90 (5 000 km franchissable)
  • Tu-160P : prototype d'un avion très longue portée
  • Tu-160PP : prototype de brouilleur de radar
  • Tu-160R : prototype d'avion de reconnaissance
  • Tu-160K : prototype d'avion lanceur de la fusée Kretschet-P
  • Tu-160W :

Autres caractéristiques[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Russie: six Tu-160 livrés à l'aviation à long rayon d'action en 2015 », sur RIA Novosti,‎ (consulté le 1er janvier 2015).
  2. Strategic aviation - Russian strategic nuclear forces
  3. (fr)« Venezuela : Déploiements russes massifs de concert avec Chávez », Défense et Sécurité internationale, no 41,‎ , p. 10 (ISSN 1772-788X) :

    « Ce qui a rapidement été perçu comme une réponse de la Russie aux déploiements américains dans le port géorgien de Poti cache cependant d'autres réalités. Premièrement, le fait que la Russie cherche à s'opposer aux États-Unis dans une zone où ces derniers tentent, avec la remise en place de la 4e Flotte, de ré-institutionnaliser dans leur architecture de défense. Deuxièmement, le déploiement des Tu-160 fait suite au refus cubain d'abriter des bombardiers stratégiques sur l'île, en représailles à l'accord américano-polonais sur le « bouclier » antimissile »

  4. (en)« Strategic aviation », sur Russian strategic nuclear forces,‎ (consulté le 27 août 2012)
  5. « Syrie: baptême du feu pour l'aviation stratégique russe », sur Sputniknews,‎ (consulté le 19 novembre 2015).
  6. La Voix du Nord, « Deux bombardiers russes interceptés par l’Armée de l’air au large du Touquet », sur La Voix du Nord (consulté le 7 mars 2016)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) The directory of the world's weapons, Bookmart Ltd,‎ (ISBN 978-1-8560-5348-8)
  • (en) Paul Eden (éditeur), Encyclopedia of modern military aircraft, London, Amber Books Ltd,‎ , 512 p. (ISBN 978-1904687849).
  • (en) Paul Jackson, Jane's all the world's aircraft, 2003-2004, Coulsdon, Surrey, UK Alexandria, VA, Jane's Information Group,‎ (ISBN 0-7106-2537-5)
  • (en) Michael J. H. Taylor, Brassey's world aircraft & systems directory, 1996/97, Lonson, Brassey's (UK,‎ (ISBN 1-8575-3198-1)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Aéronefs comparables


Liens externes[modifier | modifier le code]