Saab 37 Viggen
| Saab Sk 37 Viggen | ||
Saab 37 'Viggen', au meeting de Sanicole en 2019. | ||
| Constructeur | ||
|---|---|---|
| Rôle | Avion multirôle | |
| Premier vol | ||
| Mise en service | ||
| Date de retrait | ||
| Nombre construits | 327 exemplaires | |
| Équipage | ||
| 1 pilote | ||
| Motorisation | ||
| Moteur | Volvo RM8B | |
| Nombre | 1 | |
| Type | Turboréacteur avec postcombustion | |
| Poussée unitaire | 72,2 kN à sec 125 kN avec PC |
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| Dimensions | ||
| Envergure | 10,60 m | |
| Longueur | 16,30 m | |
| Hauteur | 5,60 m | |
| Surface alaire | 52,20 m2 | |
| Masses | ||
| À vide | 9 500 kg | |
| Maximale | 20 000 kg | |
| Performances | ||
| Vitesse maximale | 2 125 km/h (Mach 2,0) | |
| Plafond | 18 000 m | |
| Rayon d'action | 2 000 km | |
| Armement | ||
| Interne | 1 canon de 30 mm | |
| Externe | 7 000 kg de charges, sous 7 points d'emport externes | |
| modifier |
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Le Saab 37 Viggen (Tonnerre, en suédois) est un avion multirôle conçu et construit par la Suède dans les années 1960, et dont la première variante a été mise en service le [1]. Il se caractérise par une aile delta, des plans canards, et un système d'inversion de poussée permettant des atterrissages courts.
Genèse du programme Fpl System 37
[modifier | modifier le code]En 1952, alors que l'avion d'attaque Lansen entre en production et que l'intercepteur Draken est encore en phase de développement, il est déjà question de les remplacer. La force aérienne suédoise étudie diverses configurations, avec le concours du constructeur aéronautique Saab. Les réflexions débutent avec le projet 1300, un intercepteur de bombardiers supersoniques. Le besoin évolue rapidement et on adjoint au projet la capacité d'attaque au sol[2].
En 1956, le projet 1350 ou A 36, ébauche un bombardier stratégique. Il ne verra jamais le jour, la Suède abandonnant son programme nucléaire militaire. Le projet 1400 est lancé la même année pour répondre au besoin de décoller et d'atterrir sur de courtes distances[1]. Il laisse place au projet 1500/37 en 1958. Une variante de ce nouveau projet prévoit l'utilisation de tuyères orientables, à l'image du prototype P.1127 de Hawker Siddeley (projet 1500-01).
Le , après neuf ans de recherches, l'armée de l'air émet une demande officielle[3]. pour la conception du Fpl System 37, un chasseur d'attaque et de reconnaissance. Les exigences sont de pouvoir voler à Mach 1 à basse altitude et Mach 2 à haute altitude, de pouvoir opérer à partir de portions de route de 500 mètres de long[2], et de s'intégrer au système de défense STRIL 60. Deux moteurs différents sont envisagés : le Rolls Royce Spey, qui équipe déjà le F-4 Phantom II, et le Bristol Olympus.
Le de la même année, l'armée suédoise impose finalement l'utilisation d'un moteur civil, le Pratt & Whitney JT8D, qui sera lourdement modifié et construit sous licence par Volvo Aero. Saab soumet son projet 1534 le [4]. Il combine plusieurs particularités : des plans-canards fixes équipés de volets, une aile delta, et un inverseur de poussée. La mise en œuvre et la maintenance de l'avion devant pouvoir être effectuée par des réservistes peu entraînés, les ingénieurs trouvent des solutions pour faciliter le changement du moteur et rendre accessibles les composants électroniques[1].
Le projet est accepté à la fin de l'année 1962, et prend officiellement le nom de Viggen[5] (nom suédois désignant à la fois une espèce de canard et le bruit de tonnerre émis par le marteau du dieu Thor). Le développement de l'avion est aussitôt lancé.
Développement
[modifier | modifier le code]Cinq variantes sont prévues, chacune ayant un rôle bien défini :
- AJ 37 : attaque au sol (Attack-Jakt) ;
- Sk 37 : biplace d'entrainement (Skol) ;
- SF 37 : reconnaissance photo, avec 6 caméras dans le nez (Spaning Foto) ;
- SH 37 : reconnaissance et surveillance maritime (Spaning, Havsövervakning) ;
- JA 37 : interception (Jakt).
Les travaux commencent par l'élaboration de la variante AJ.
AJ 37
[modifier | modifier le code]Moteur et inverseur de poussée
[modifier | modifier le code]Volvo Aero transforme le moteur initial JT8D pour le doter d'une post-combustion, et le rebaptise RM8. L'intégration de ce moteur de plus de 2 tonnes au diamètre imposant amène plusieurs changements notables : le canon interne initialement prévu est supprimé, l'avion est raccourci de presque 1 mètre, et les trains d’atterrissage sont logés dans les ailes et non plus dans le fuselage. Cela amène deux autres changements : l'aile médiane devient une aile basse[1], et les trains sont disposés en tandem (une roue devant l'autre) afin de rentrer dans le volume de l'aile[6].

Un inverseur de poussée est installé à l'arrière de l'appareil. Il est constitué de trois plaques en forme de "dents" qui viennent obstruer la sortie de la tuyère afin de dévier l'air chaud vers l'avant au travers de trois évents.
Ordinateur de bord
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A l'époque, la présence à bord d'un navigateur est jugée indispensable pour réduire la charge du pilote pendant les vols[1]. Mais les ingénieurs de Saab, forts de leur travaux récents sur l'ordinateur D2 et sa version commerciale D21, sont en mesure de concevoir un système électronique de navigation embarqué fiable et simple d'utilisation, à même de remplacer le navigateur. Ils mettent au point le CK37, premier ordinateur de vol avec circuits intégrés, auquel ils associent un viseur tête-haute (SI) et un indicateur central (CI) sur lequel est affiché le plan de vol.
Un Lansen A 32A, désigné "Alfa", est utilisé pour tester le CK37[7].
Radar sol
[modifier | modifier le code]L'entreprise Ericsson est chargée de produire ce qui deviendra le PS-37/A : un radar sol embarqué d'une porté de 120 km, capable de représenter la topologie du terrain en vue de dessus, de repérer et de suivre des cibles navales ou terrestres, d'alerter le pilote de l'imminence d'un impact avec le sol, de fournir une solution de tir pour les armements air-sol, et d'estimer la géolocalisation de l'appareil. L'écran du radar doit être intégré à l'indicateur central de sorte que le dessin du plan de vol soit superposé à la représentation graphique du terrain, formant ainsi une carte dynamique.
Là encore, un Lansen A 32A, désigné "Gamma", est équipé du radar pour les premiers essais en vol[1].
TILS
[modifier | modifier le code]Un système d'émission/réception inspiré de l'ILS baptisé TILS est conçu spécialement pour le Viggen par une entreprise américaine afin de faciliter la phase d'atterrissage sur des pistes improvisées, même par mauvais temps ou de nuit.
L'émetteur, mobile, peut être déployé sur n'importe quelle piste ou route. Lorsque l'avion est en phase d'approche, l'émetteur détecte sa direction et son altitude relatives à la piste et les lui transmet continuellement. L'avion affiche alors au pilote le chemin qu'il doit emprunter pour se poser.
Dérive rabattable
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Le Viggen doit pouvoir être stocké dans un hangar haut de 4,50 mètres aussitôt après son atterrissage. L'appareil mesurant 5,60 mètres de haut, on lui adjoint une dérive rabattable manuellement par un mécanicien juché sur l'aile.
Essais en vol
[modifier | modifier le code]Le premier des sept prototypes, 37-1, fait son vol inaugural le . Son pilote d'essai, Erik Dahlström, déclare que l'appareil est aisé à manœuvrer.
Un pilote d'essai meurt après s'être éjecté au sol par accident, en 1968[8].
Les vols d'essai mettent en évidence une perte de stabilité en vitesse supersonique. Une "bosse" est bientôt ajoutée en amont de la dérive pour corriger ce problème. Des décrochements (dog tooth) sont intégrés au bords d'attaque de l'aile afin de prévenir les décrochages en cas de forte incidence.
Les essais d'atterrissage court au moyen de l'inverseur de poussée démarrent en 1969. Deux sorties de piste se soldent par la destruction des appareils, mais les pilotes sont indemnes. Les enquêtes révèlent des causes différentes :
- : l'air dirigé vers l'aile et la dérive ont mené à la perte de contrôle au sol ;
- : l'amplitude restreinte de la direction du train avant n'a pas permis au pilote d'appliquer une correction suffisante[1].
Ces deux problèmes réglés, l'inverseur de poussée du Viggen ne causera pas d'autres accidents[9].
Armement
[modifier | modifier le code]A sa sortie le , l'AJ 37 peut être équipé de :
SK 37
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L'avion école SK 37 se distingue de la variante AJ par la présence d'une place arrière à l'usage du pilote instructeur. Celle-ci occupe le volume normalement dévolu à l'un des réservoirs de carburant, ce qui diminue l'autonomie de cette nouvelle variante[10].
L'angle d'attaque du Viggen à l'atterrissage étant assez élevé (15,5°), le pilote instructeur n'a aucun moyen de visualiser la piste. Pour y remédier, un périscope est installé de chaque côté du fuselage, entre les deux membres d'équipage.
Le , le premier vol du prototype, dénommé 37800, permet d'identifier des problèmes de stabilité en lacet induits par la protubérance de la verrière du pilote instructeur. Ils sont rapidement corrigés par la greffe d'un aileron plus grand élaboré pour la variante JA[4].

SF / SH 37
[modifier | modifier le code]La variante SF, dédiée à la reconnaissance photo, est conçue pour remplacer le Draken S 35E. Elle est équipée de 6 caméras dans le nez et de divers autres capteurs, mais est dépourvue de radar. Le premier vol de l'appareil a lieu le [6].
La variante SH, dédiée à la reconnaissance maritime, vient en remplacement du S 32C Lansen. Elle est équipée d'une caméra et du radar PS-371/A[11], une version modifiée du radar de l'AJ qui lui permet de repérer et de suivre les navires, et peut emporter deux missiles anti-navire Rb 04E. L'appareil démarre ses essais vol le [6].
Ces deux variantes peuvent être équipées d'une paire de missiles infrarouges Rb 24 comme moyen d'auto-défense.

JA 37
[modifier | modifier le code]Le développement de l'intercepteur JA 37 est lancé en 1972. L'aviation de chasse a beaucoup évolué depuis le début du programme Viggen, dix ans plus tôt. S'il était déjà prévu d'équiper cette nouvelle variante d'un radar dédié à la chasse, il est désormais jugé indispensable de le doter également d'un canon interne, d'un moteur plus puissant, de surfaces de contrôle plus robustes, d'une électronique de bord plus avancée, et d'un plus grand volume interne de carburant[1]. Ces nouvelles contraintes rendent impossible l'utilisation à l'identique de la cellule commune aux autres variantes.
Le canon suisse de 30 mm Oerlikon KCA (en) est retenu pour équiper le Jaktviggen, mais il s'avère rapidement que les ondes de choc provoquées par ses tirs génèrent des vibrations importantes qui nuisent à l'électronique de bord et menacent l'intégrité structurelle de l'avion. Les ingénieurs finissent par trouver une solution pour atténuer ces ondes de choc[1].
Volvo fait évoluer son moteur pour le rendre plus puissant et moins sensible au pompage. Il en résulte le RM8B, plus lourd et légèrement plus long que son prédécesseur, renommé RM8A. Le nouveau fuselage est allongé et renforcé en conséquence[6].
De l'extérieur, le Jaktviggen se distingue par son canon ventral, un fuselage légèrement plus long, l'apport de deux servomoteurs supplémentaires sous les surfaces de contrôle de l'aile, et une dérive redessinée et plus grande qui garantit la stabilité de l'appareil en lacet.
Ericsson développe pour le JA 37 un radar Doppler pulsé, le PS-46/A, doté de la capacité look-down/shoot-down[6]. Capable de guider le missile Skyflash, un dérivé de l'AIM-7 Sparrow, vers sa cible, il a également la charge de fournir au pilote une solution de tir lors de l'emploi du canon.
Un nouvel ordinateur de bord est choisi : le SKC-2037 conçu par l'américain Singer-Keafott et fabriqué sous licence par Saab sous le nom CD107[7]. Le cockpit reçoit deux nouveaux instruments :
- Un indicateur tactique, TI, qui affiche les données de vol, de navigation et les informations radar. Il remplace l'indicateur central (CI) des autres variantes ;
- Un indicateur de cible, MI, qui affiche des informations sur la cible.
Le premier vol du prototype a lieu le .
Déploiement dans l'armée de l'air suédoise
[modifier | modifier le code]L'AJ 37 commence sa carrière au sein de la flottille F7, basée à Såtenäs, en 1971, avant d'être également déployé dans les flottilles F6 (Karlsborg) et F15 (Söderhamn). L'avion-école SK 37 est livré l'année suivante.
Suivront les variantes SH, SF et JA mises en service respectivement en 1975, 1977 et 1980[6] au sein des flottilles F13, F17 et F21.
Doctrine
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Adaptabilité
[modifier | modifier le code]Capable de décoller et d'atterrir sur des portions de voies de 500 mètres de long, le Viggen est en parfaite adéquation avec le système suédois Bas 60 : un réseau résilient constitué de bases aériennes étendues et de pistes d'atterrissages sur autoroute. Si une base est attaquée, il est redirigé vers une autre piste ou route, et guidé lors de la phase d'approche par le TILS, un système d'aide à l'atterrissage capable de détecter des stations ILS mobiles.
Attaque au sol
[modifier | modifier le code]Sa vitesse de Mach 1 à très basse altitude permet les attaques éclair de type pop up sur des cibles prédéterminées. Le pilote se rend très rapidement dans la zone de combat en se collant au terrain afin de ne pas s'exposer aux tirs, grimpe subitement à l'approche de la cible afin de la localiser, puis plonge sur elle pour l'abattre, avant de retourner à sa base en volant toujours le plus bas possible.
Attaque navale
[modifier | modifier le code]Le radar air-sol de l'appareil permet de détecter et de traquer les navires en mer. Ses deux missiles radar Rb-04E, une fois tirés sur la cible, sont autonomes : ils détectent la cible la plus proche et s'y dirigent en rasant la surface de l'eau. Une patrouille de quatre Viggen peut ainsi attaquer 8 navires différents en un seul vol.
Interceptions du Baltic Express
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Pendant la guerre froide, l'armée de l'air américaine envoie régulièrement des SR-71 Blackbird en reconnaissance au-dessus de la Mer Baltique. Ces missions, communément appelées Baltic Express, survolent les eaux internationales le long d'une route immuable : l'appareil survole le Danemark, longe les côtes soviétiques, fait le tour de l'île suédoise de Gotland, puis retourne là d'où il vient. Opérant à 25 km d'altitude et à une vitesse proche de Mach 3, le Blackbird est théoriquement hors de portée des intercepteurs.
Tirant avantage de l'aspect routinier de ces vols et des informations fournies par les bases radar suédoises au datalink du JA 37, les pilotes suédois s'entraînent régulièrement à intercepter les SR-71. La méthode employée consiste à faire face au Blackbird avec une vitesse de rapprochement d'environ Mach 5, et à gagner de l'altitude au bon moment afin de ne pas rater la courte fenêtre offerte. Plusieurs pilotes de Viggen parviennent ainsi à simuler un verrouillage radar.
Évènements notables
[modifier | modifier le code]Le , le sous-marin soviétique S-363 s'échoue tout près de la base suédoise de Karlskrona. Le pays est en état d'alerte. Plusieurs Viggen sont envoyés pour patrouiller la zone, certains armés de missiles anti-navire Rb 04E[1].

Le , la rencontre d'un SH 37 et d'une paire de Su-15 Flagon au large de Liepaja se solde par la perte d'un des appareils soviétiques et le décès se son pilote. L'avion suédois, envoyé en reconnaissance lors d'un important exercice de la marine soviétique en Mer Baltique, est suivi de près par les intercepteurs lors d'un premier vol. A son retour sur zone après un ravitaillement, l'un des intercepteurs le prend en chasse. Le pilote du Viggen entame des manœuvres à basse altitude pour semer son poursuivant. Lors d'un piqué, le pilote du Su-15 ne parvient pas à redresser son appareil, qui explose au contact de l'eau[12].
Le , deux JA 37 et deux AJ 37 se succèdent pour escorter un SR-71 américain ralenti et en perte d'altitude, souffrant d'une avarie au milieu d'un vol de reconnaissance en Mer Baltique. Ils rejoignent l'appareil à l'est de Gotland, et l'accompagnent jusqu'à ce qu'il atteigne le Danemark. L'équipage du SR-71 parvient à se poser sur la base allemande de Nordholz[13].
Conflits
[modifier | modifier le code]Le Viggen n'a été engagé dans aucun conflit ouvert.
Modernisation et retrait progressif
[modifier | modifier le code]Le Viggen restera en service une trentaine d'années, sa carrière se voyant prolongée à cause du retard pris par le programme Gripen. Entre 1993 et 1996, une centaine de SF 37, SH 37 et AJ 37 reçoivent différentes améliorations, parmi elles la possibilité d'emporter six missiles AIM-9 Sidewinder au lieu de deux. Ces appareils modernisés reçoivent respectivement les désignations AJSF 37, AJSH 37 et AJS 37.
En sus, les AJSH et AJS reçoivent deux nouveaux armements développés spécifiquement pour le Saab 39 Gripen, le missile anti-navire Rb15 et le lanceur de sous-munitions Bk90.
À la fin des années 1990, une trentaine de JA 37 sont modernisés à leur tour et portés au standard JA 37 D. La mise à jour de l'avionique permet l'emport du nouveau missile air-air AIM-120 AMRAAM.
Alors que le chasseur de guerre électronique J 32E Lansen termine sa carrière en 1997, l'armée de l'air suédoise décide de le remplacer. Sur les dix-sept biplaces SK 37 produits, dix seront reconvertis pour la guerre électronique entre 1998 et 2000 sous la désignation SK 37E[14].
Les derniers Viggen sont finalement retirés du service en 2005, laissant définitivement la place aux Saab 39 Gripen. Aucun avion n'a été exporté.
Le , un Viggen SK 37E se pose à l'aéroport du Bourget pour intégrer la collection du Musée de l'Air et de l'Espace. Il y est stationné sur le parking extérieur[14].
Accidents
[modifier | modifier le code]Entre et , trois appareils sont perdus à cause d'une faiblesse structurelle de l'aile delta[15],[16],[17]. Les premiers exemplaires de série avaient été construits avec une aile moins renforcée que celle des avions suivants, et durent être renvoyés en usine pour une remise à niveau.
Sur l'ensemble des accidents survenus en service, la moitié sont attribués à des erreurs humaines (collisions), un quart est attribué à une panne du moteur (pompages, pannes mécanique, incendies).
En tout, une vingtaine de pilotes sont décédés à bord du Viggen. Le premier d'entre eux, un pilote d'essai, a déclenché son siège éjectable par inadvertance alors que l'appareil se trouvait au sol[18].
Le , un pilote de l'armée suédoise a raté son flyby et blessé huit personnes, dont trois gravement, en les survolant de trop près avec son JA 37 en position cabrée, postcombustion activée. Les personnes qui n'ont pas eu le temps d'évacuer la zone ont été violemment projetées par le souffle et ont reçu des brûlures et d'autres séquelles[19].
Variantes
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- AJ 37 d'attaque au sol (premier vol le ), avec radar air-sol et capacité secondaire d'interception (106 exemplaires) ;
- Sk 37 biplace d'entraînement en tandem (premier vol le ). Il dispose d'une dérive plus grande et emporte systématiquement un réservoir externe sous le fuselage, pour compenser la réduction de la capacité des réservoirs internes due à la présence du deuxième siège. Il n'est pas équipé d'un radar (17 exemplaires) ;
- SF 37 de reconnaissance photo (premier vol le ), équipé de 6 caméras dans le nez et de divers autres capteurs, mais dépourvu de radar (28 exemplaires) ;
- SH 37 de reconnaissance maritime (premier vol le ) avec un radar amélioré et optimisé pour sa mission, une nacelle sous le fuselage recevant des équipements de reconnaissance nocturne, d'une caméra de prises de vue à grande distance et de contre-mesures électroniques (28 exemplaires) ;
- JA 37 d'interception (premier vol le ), avec un réacteur RM8B plus puissant, une avionique complètement différente des autres Viggen, un radar air-air et un canon de 30 mm plaqué sous le fuselage (149 exemplaires) ;
- AJS 37 : version améliorée des AJ 37, SF 37 et SH 37 (une centaine d'avions modifiés).
Dans les arts et la culture populaire
[modifier | modifier le code]Filmographie
[modifier | modifier le code]Cinéma
[modifier | modifier le code]L'appareil est montré à l'écran d'un téléviseur dans Hibernatus.
Télévision
[modifier | modifier le code]Série
[modifier | modifier le code]Il apparait également dans plusieurs épisodes de Whiskey On The Rocks.
Jeux vidéo
[modifier | modifier le code]L'AJ37 Viggen était disponible aux côtés du F-4 Phantom, du Panavia Tornado, du Mig 27, du F-111F Aardvark et du F-15 Eagle, dans le jeu Fighter Bomber distribué par Activision en 1989 (Atari ST et Commodore Amiga, Amstrad CPC et ZX Spectrum).
Il apparaît dans le jeu de stratégie RTS Wargame: Red Dragon.
Le JA 37 et l'AJ-37 sont disponibles dans le jeu de combat militaire en ligne War Thunder.
L'AJS 37 est pilotable dans le jeu de simulation de combat DCS World.
Notes et références
[modifier | modifier le code]- 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 (sv) Ulf Edlund, Hans Kampf, System 37 Viggen, Lund, Svensk Flyghistorisk Förening, 2009
- 1 2 (en) Musée Aeroseum de Göteborg, « The journey to the Viggen »
, sur Aeroseum.se - ↑ Giovanni de Briganti, « L'armée de l'air suédoise : Le Viggen et ses variantes », Le moniteur de l'aéronautique, no 49, , p. 37
- 1 2 key.aero - DATABASE: Saab 37 Viggen Development
- ↑ « NYTT SAAB-PLAN SENSATION ERSÄTTER DRAKEN LANSEN », Dagens Nyheter, , p. 1
- 1 2 3 4 5 6 (en) « SAAB 37 Viggen »
, sur AirVectors.net - 1 2 (en) « DatasaabsVänner - Central Computer for aircraft Saab 37, Viggen »
, sur datasaab.se - ↑ (en) Flight Safety Foundation, « Friday 31 May 1968 - Saab AJ 37 Viggen »
, sur Aviation Safety Network - ↑ (en) Flight Safety Foundation, « Saab 37 Viggen »
, sur Aviation Safety Network - ↑ (en) « SAAB J 37 Viggen »
, sur AviationsMilitaires.net - ↑ (en) Newark Air Museum, « SAAB Viggen AJSH 37 37918 NAHR – Significant »
, sur Newark Air Museum - ↑ (en) Darion Leone, « The story of the Su-15 that crashed after it tried to follow a SH 37 Viggen reconnaissance aircraft performing aerobatic manoeuvres at low altitude to shake off the Flagon »
, sur The Aviation Geek Club - ↑ (en) Michael Napier, In Cold War Skies - NATO and Soviet air power, 1948-89 [« Dans les cieux de la guerre froide - Forces aériennes de l'OTAN et soviétiques, 1948-89 »], Bloomsbury USA, 2020 (ISBN 9781472836885)
- 1 2 Musée de l'Air et de l'Espace du Bourget, « Saab Sk 37E Viggen »
, sur Musée de l'Air et de l'Espace - ↑ (en) Flight Safety Foundation, « Registration 37011 »
, sur Aviation Safety Network, - ↑ (en) Flight Safety Foundation, « Registration 37014 »
, sur Aviation Safety Network, - ↑ (en) Flight Safety Foundation, « Registration 37005 »
, sur Aviation Safety Network, - ↑ (sv) Archives nationales suédoises, « Flygvapenhaverier 1914–2007 »
, sur Riskarkivet.se, - ↑ (en) Dario Leone, « Swedish Air Force member tells the story of when a JA-37 Viggen did a fly-by at an altitude of two meters and injured eight people on the ground »
, sur The Aviation Geek,
Voir aussi
[modifier | modifier le code]Bibliographie
[modifier | modifier le code]- (en) L. F. E. Coombs, Control in the Sky : The Evolution and History of the Aircraft Cockpit, Barnsley, Pen & Sword Aviation, , 320 p. (ISBN 1-84415-148-4).
- (en) Donald David et Jon Lake, Encyclopedia of world military aircraft, Londres Westport, CT, Aerospace AIRtime Pub, , 443 p. (ISBN 978-1-874023-95-1).
- Björn Olson, En bok om Saab-Scania [« The Saab-Scania Story »], Stockholm, Streiffert & Co, , 167 p. (ISBN 91-7886-014-8).
- (en) Bill Gunston et Mike Spick, Modern air combat : the aircraft, tactics and weapons employed in aerial warfare today, New York, Crescent Books Distributed by Crown Publishers, , 224 p. (ISBN 0-517-41265-9).
- (de) Bill Gunston et Mike Spick, Moderne Kampfflugzeuge : Technik, Taktik u. Bewaffnung, Dietikon, Zürich, Stocker-Schmid u.a, , 148 p. (ISBN 3-7276-7062-2).
- Jackson, Paul. "Saab 37 Viggen". World Air Power Journal, Volume 13, Summer 1993, p. 46–89. London: Aerospace Publishing, (ISBN 1-874023-17-4).
- Nativi, Andrea. "Viggen, Il Caccia Venuto dal Freddo." (in Italian) RID magazine, June 1993, p. 20–36.
- Taylor, J.W.R. "SAAB 37 Viggen (Thunderbolt)". Jane's All the World's Aircraft 1980-81. London: Jane's Publishing Company Limited, 1981. (ISBN 0-531-03953-6).
- (en) John Taylor (Ed.), Jane's all the world's aircraft, 1988-89, Londres New York, Jane's, (ISBN 0-7106-0867-5).
- This Happens in the Swedish Air Force (brochure). Stockholm: Information Department of the Air Staff, Flygstabens informationsavdelning, Swedish Air Force, 1983.
- Williams, Antony G. and Dr. Emmanuel Gustin. Flying Guns, The Modern Era. Marlborough, Wiltshire, UK: The Crowood Press, 2004. (ISBN 1-86126-655-3).
- Wilson, Stewart. Combat Aircraft since 1945. Fyshwick, Australia: Aerospace Publications, 2000. (ISBN 1-875671-50-1).
- Winchester, Jim, ed. "Saab AJ/SF/SH Viggen". Military Aircraft of the Cold War (The Aviation Factfile). London: Grange Books plc, 2006. (ISBN 1-84013-929-3).
- Encyclopédie illustrée de l'aviation no 12 - 1982
Articles connexes
[modifier | modifier le code]Aéronefs comparables
- Dassault Mirage F1
- F-4 Phantom II
- Mikoyan-Gourevitch MiG-23
- Mikoyan-Gourevitch MiG-27
- Yakovlev Yak-45 (en)
Ordre de désignation
Saab B3 - Saab B5 - Saab 17 - Saab 18 - Saab 21 - Saab 29 - Saab 32 - Saab 35 - Saab 37 - Saab 39
Articles connexes
Liens externes
[modifier | modifier le code]- (en + sv) Site sur le SAAB 37 Viggen.
- (sv) Vigg, The Tufted Duck.