De Havilland Venom

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Pix.gif De Havilland Venom FB.1 Su-27 silhouette.svg
Swiss Air Force De Havilland DH-112 Mk 4 Venom being serviced.jpg Vue de l'avion

Constructeur Drapeau : Royaume-Uni De Havilland
Rôle Avion de chasse
Premier vol
Mise en service 1952
Nombre construits 1 476
Équipage
1 pilote
Motorisation
Moteur De Havilland Ghost 103
Nombre 1
Type turboréacteur
Poussée unitaire 21,6 kN
Dimensions
Envergure 12,70 m
Longueur 9,70 m
Hauteur 1,88 m
Surface alaire 26 m2
Masses
À vide 3 674 kg
Maximale 6 945 kg
Performances
Vitesse maximale 1 030 km/h
Plafond 13 720 m
Rayon d'action 1 730 km
Armement
Interne 4 canons de 20 mm
Externe 907 kg de charge (bombes, roquettes ou réservoirs)

Le De Havilland Venom est un avion de chasse britannique des années 1950. Directement issu du De Havilland Vampire, il a été dérivé en une version capable d'opérer à partir de porte-avions, le Sea Venom, construite en France sous la désignation Aquilon. Environ 1500 exemplaires ont été produits au total, utilisés par une petite dizaine de pays dont certains (comme la Suisse) l'ont conservé jusqu'à la fin des années 1970.

Historique[modifier | modifier le code]

Le Venom[modifier | modifier le code]

En 1947, la société De Havilland équipa un Vampire d'un réacteur Ghost en remplacement du Goblin d'origine. L'amélioration des performances était telle que le Ministère de l'Air anglais commanda aussitôt deux prototypes de ce qui était alors désigné Vampire FB.8. En plus du changement de réacteur, l'avion fut alors équipé d'une nouvelle aile plus fine et plus aérodynamique, avec deux réservoirs de carburant à chaque extrémité. La partie arrière fut également modifiée, avec notamment des ailerons qui dépassaient légèrement de chaque côté des dérives.

Lorsque le premier prototype fit son vol inaugural, le 2 septembre 1949, la décision avait été prise de ne plus considérer l'avion comme une simple version du Vampire mais de lui donner un nouveau nom : le Venom. La puissance supplémentaire du Ghost et les améliorations aérodynamiques permettaient d'augmenter la vitesse horizontale de 150 km/h et de doubler la vitesse ascensionnelle. Le premier avion de série sortit d'usine en 1951 et le Venom FB.1 entra en service mi-1952 dans la Royal Air Force.

Cette première version souffrait cependant de quelques problèmes, principalement des incendies du réacteur et des faiblesses de la structure qui provoquèrent la perte de plusieurs appareils. Les pilotes se plaignaient également de l'absence de siège éjectable et de la température infernale qui régnait dans le poste de pilotage lors des déploiements dans les pays chauds. Une version FB.4 résolvant tous ces problèmes fit son premier vol le 29 décembre 1953 et entra en service en 1955.

En parallèle, De Havilland développa de sa propre initiative une version biplace, réunissant le fuselage du Vampire NF.10 (avion destiné à la chasse nocturne, avec 2 pilotes assis côte à côte et un radar) avec le réacteur et les ailes du Venom. Le prototype du Venom NF.2 fit son premier vol le 22 août 1952. Bien que peu enthousiaste sur cette version, la RAF finit par commander 90 exemplaires pour remplacer ses Gloster Meteor et Vampire NF.10. Ces avions entrèrent en service fin 1953. En cours de production, quelques modifications mineures furent apportées et donnèrent naissance à la version NF.2A.

Dès février 1953 vola le prototype de la version NF.3, équipée notamment d'un nouveau radar AN/APS-57 d'origine américaine, d'ailerons améliorés et d'un système d'éjection de la verrière (mais toujours pas de sièges éjectables). Un réacteur Ghost 104 légèrement plus puissant que le Ghost 103 d'origine est également installé. Cette version fut livrée à la Royal Air Force à partir de mi-1955, deux ans après que la Suède eût reçu les exemplaires qu'elle avait commandés.

Le Sea Venom[modifier | modifier le code]

Un réacteur Ghost

En 1951 commencèrent les essais d'une version du Venom NF.2 adaptée à l'emploi depuis un porte-avions : le Sea Venom. Désignée FAW.20, la première version fut produite à partir de mars 1953 et mise en service dans la Royal Navy l'année suivante. Elle fut suivie dès avril 1954 d'une version FAW.21 reprenant les améliorations du NF.3 et, à partir du 100e exemplaire, de sièges éjectables.

Une dernière version FAW.22 fut construite en 1957 et 1958, avec un réacteur Ghost 105 plus puissant et un radar amélioré. Ces avions furent ensuite modifiés pour être capables de tirer des missiles air-air.

L'Aquilon[modifier | modifier le code]

La France obtint une licence pour produire le Sea Venom,la version navalisée. Les réacteurs étaient construits par Fiat en Italie et l'avion par la SNCASE, qui avait déjà assemblé les Vampire français sous le nom de "Mistral". Sous la désignation Aquilon, quatre versions furent produites :

  • Aquilon 20, des Sea Venom FAW.20 assemblés à partir des pièces fournies par De Havilland
  • Aquilon 202, version biplace avec des sièges éjectables, un radar américain AN/APQ-65 et air climatisé
  • Aquilon 203, version monoplace avec un radar AN/APQ-94, capable de tirer des missiles air-air
  • Aquilon 204, version biplace d'entrainement sans canons

Le premier Aquilon fit son vol inaugural en octobre 1952, et l'avion fut mis en service en 1954 dans la flottille 11F. À partir de fin 1963, il fut interdit d'appontage et quitta le service opérationnel, mais resta encore utilisé un ou deux ans pour l'entraînement à partir de bases terrestres.

A l'export[modifier | modifier le code]

À cause de l'apparition d'avions plus modernes et plus performants, le Venom n'a pas eu autant de succès que le Vampire. Cependant, en plus de la centaine d'Aquilon construits en France (voir ci-dessus), la Suisse a construit sous licence 150 Venom FB.1 et 100 FB.4

De son côté, la Suède a obtenu 62 Venom NF.2/NF.3 produits par De Havilland mais équipés d'un réacteur Ghost construit sous licence. Dans l'armée de l'air suédoise, le Venom était désigné J33.

Enfin, quelques autres pays ont mis en œuvre le Venom, en plus petites quantités, généralement en remplacement de leurs Vampire.

Engagements[modifier | modifier le code]

Un Sea Venom de la Royal Navy touché par la DCA lors de la crise de Suez

Le Royaume-Uni a engagé ses Venom FB.4 lors de la crise du canal de Suez en 1956 puis lors d'une insurrection au Sultanat d'Oman en 1957.

La France a engagé ses Aquilon pendant la Guerre d'Algérie (1954-1962).

Variantes[modifier | modifier le code]

Un Venom irakien
  • Venom FB.1 - version monoplace initiale (523 exemplaires)
  • Venom NF.2 - version biplace de chasse nocturne (91 exemplaires)
  • Venom NF.3 - biplace, nouveau radar et autres modifications (123 exemplaires)
  • Venom FB.4 - monoplace, siège éjectable et autres modifications (250 exemplaires)
  • Venom FB.5x - version d'export du monoplace (37 exemplaires)
  • Venom NF.5x - version d'export du biplace (62 exemplaires)


  • Sea Venom FAW.20 - version biplace navalisée (50 exemplaires)
  • Sea Venom FAW.21 - nouveau radar et autres modifications (167 exemplaires)
  • Sea Venom FAW.22 - réacteur et radar améliorés (39 exemplaires)


  • Aquilon 20 - Sea Venom FAW.20 assemblé en France (4 exemplaires)
  • Aquilon 202 - biplace avec sièges éjectables et radar AN/APQ-65, construit en France (75 exemplaires)
  • Aquilon 203 - monoplace avec radar AN/APQ-94, construit en France (40 exemplaires)
  • Aquilon 204 - biplace d'entrainement, construit en France (15 exemplaires)

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