Lavotchkine La-17

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Lavotchkine La-17
Vue de l'avion.
Lavotchkine La-17

Constructeur Drapeau : URSS Lavotchkine
Rôle Drone cible et de reconnaissance
Premier vol
Motorisation
Moteur Toumanski RD-9BK
Nombre 1
Type Turboréacteur
Poussée unitaire 1950
Dimensions
vue en plan de l’avion
Envergure 7,5 m
Longueur 8,44 m
Masses
Maximale 3 065 kg
Performances
Vitesse maximale 900 km/h
Plafond 17 000 m
Endurance 1

Le Lavotchkine La-17 (en russe : Лавочкин Ла-17) était un drone (avion sans pilote) à réaction conçu et fabriqué par le bureau d'études (OKB) Lavotchkine au début de la Guerre froide. Il fut le premier drone soviétique à devenir opérationnel[1].

Conception[modifier | modifier le code]

Cible radiocommandée[modifier | modifier le code]

Au début des années 1950, le bureau d’études Lavotchkine débuta le développement d’un avion-cible radiocommandé, pour l’entraînement des pilotes de chasse des Forces aériennes soviétiques[2] et les essais de missiles sol-air. Il reçut la désignation La-17 et les surnoms de « Mischen » ou « Watchka »[3]

L'étude remonte à 1950 et les essais en vol démarrèrent en 1953, les prototypes étant largués d'un avion porteur. La production démarra en 1956[1]. Durant les quarante années suivantes, les versions successives du La-17 incorporèrent diverses améliorations, dont un pilote automatique. Le dernier exemplaire fut construit en 1993[2].

Le La-17 est un aérodyne à réaction, de construction entièrement métallique, monoplan à aile droite médiane cantilever, avec un léger dièdre négatif. L’empennage est cruciforme, avec une dérive carrée et un empennage horizontal droit sans dièdre. Le réacteur est situé dans une nacelle ventrale sous le fuselage[1].

Il était propulsé par un statoréacteur Bondaryuk RD-900 de 800 kgp[1].

Dans la mesure où le La-17 était destiné à être abattu, tout était fait pour simplifier la fabrication (d’où les plans anguleux de la voilure et l’empennage) et éviter d’utiliser des composants onéreux. Par exemple, une petite hélice située dans le nez et actionnée par le vent relatif entraînait un générateur électrique, qui alimentait le pilote automatique et l’équipement de radio-contrôle, comme sur le petit intercepteur allemand à moteur-fusée Messerschmitt Me 163[2].

Les Soviétiques utilisèrent diverses méthodes pour lancer le La-17. La première version de série était lancée depuis un bombardier Tupolev Tu-4 (une copie du Boeing B-29)[2]. Le La-17 était contrôlé par radio. Les exemplaires qui n’étaient pas abattus atterrissaient sur le ventre, sur le sol ou sur l’eau, endommageant leur moteur[2] qui était alors purement et simplement remplacé[1].

Variantes[modifier | modifier le code]

Les premiers La-17 étaient assez peu efficaces et chers à déployer, rendant difficile une simulation d'attaque aérienne massive[1]. De plus, leur autonomie était très faible et leur système de guidage primitif[2], au point qu'une seule passe de tir était possible pour les pilotes de chasse. Le La-17M fut donc conçu afin de pallier ces problèmes[1]. Tout d'abord, pour réduire les coûts, il était catapulté du sol depuis des affûts d’artillerie modifiés[2], depuis une plate-forme circulaire[3]. Deux fusées d’appoint à poudre[3] étaient montées, une sous chaque aile, afin de fournir la poussée suffisante pour le décollage[2]. Le statoréacteur était remplacé par un turboréacteur Mikouline AM-5[3] ou Mikouline RD-9BK de 1 950 kgp peu onéreux, une version « bridée » (sans postcombustion) du réacteur du MiG-19[1],[2]. L'autonomie passait ainsi de 40 à 60 minutes de vol. Le La-17M vola pour la première fois en 1959 et fut mis en service en 1960.

La version suivante, le La-17MA, disposait d'un pilote automatique.

Le La-17MM, entré en service en 1964, était motorisé par un RD-9BKR, qui offrait les mêmes performances que le RD-9BK, mais avec une maintenance simplifiée : le cycle de fonctionnement avant révision passait de 15 à 30 heures. De plus, il permettait le vol à basse altitude[1]. Cette version disposait d'un patin pour l'atterrissage[2] et relevait le nez à ce moment-là, ce qui réduisait les risques de dommages[1].

Engin de reconnaissance[modifier | modifier le code]

Comme les États-Unis après la perte du Lockheed U-2 de Francis Gary Powers le [3], l’Union soviétique fit le constat en 1960 de la trop grande vulnérabilité des avions de reconnaissance traditionnels face aux missiles sol-air, et entreprit de réaliser un drone de reconnaissance à partir du La-17M. Il était désigné La-17R, ou TBR-1 (Takticheskiy bespilotny razvedchik : engin de reconnaissance tactique sans pilote)[4] et entra en service en 1962. Il était reconnaissable à un nez allongé de 54 cm par rapport au La-17M, contenant la charge utile : des caméras à haute résolution ou à transmission de données en temps réel[1] et des équipements de détection des radiations[2].

Quatre escadrons furent formés pour le mettre en œuvre : deux en Ukraine, un en Biélorussie et un en Lettonie. Ce système demeura en service jusque dans les années 1980. Le La-17R pouvait soit voler de façon autonome, grâce à un système de navigation intégré, soit être commandé à distance via un suivi par radar et une liaison radio. Son rayon d’action était de 200 km quand il opérait à haute altitude (7 000 mètres), et un peu moins pour les missions à plus basse altitude[4].

Les ultimes versions construites par Lavotchkine furent le La-17UM (drone-cible) et le La-17RU (drone de reconnaissance), qui partageaient beaucoup d'éléments en commun afin de rationaliser la production[1]. Lavotchkine se désintéressa de plus en plus de l’aviation « conventionnelle » pour se consacrer essentiellement aux missiles et aux engins spatiaux[3]. Les La-17 furent construits jusqu'à la fin des années 1970, lorsque le moteur RD-9 ne fut plus disponible. Sokol proposa alors le La-17K, motorisé par un R11K. Celui-ci était une version « bridée » du R11F-300 équipant le MiG-21. Le La-17K entra en service dans les forces aériennes soviétiques en tant que La-17MM. Des R11F-300 retirés du service furent modifiés en R11K. Le La-17 est resté en production jusqu'en 1993[1].

Opérateurs[modifier | modifier le code]

Drapeau de l'URSS Union soviétique

Le La-17 fut exporté vers plusieurs pays : la Chine reçut des exemplaires à la fin des années 1950 (elle en dérivera son propre drone, le CK-1 (en)) et la Syrie reçut des La-17RM dans les années 1980.

Survivants[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Aéronefs comparables

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b c d e f g h i j k l m n et o Clansman, « Lavotchkine La-17 », sur AviationsMilitaires, (consulté le 18 juillet 2018).
  2. a b c d e f g h i j k et l (en) « Lavochkin La-17M Target Drone », sur National Museum of the United States Air Force, (consulté le 18 juillet 2018).
  3. a b c d e et f Piotr Butowski et Patricl Laureau, « Les avions à réaction de Semion Alexeïevich Lavotchkine (troisième partie) », Le Fana de l'Aviation, no 212,‎ , p. 21-27
  4. a et b (en) Steven J. Zaloga, Unmanned Aerial Vehicles : Robotic Air Warfare 1917–2007, Bloomsbury Publishing, , 48 p. (ISBN 1-84908-966-3, EAN 978-1-84908-966-1, lire en ligne).

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Piotr Butowski et Patricl Laureau, « Les avions à réaction de Semion Alexeïevich Lavotchkine (troisième et dernière partie) », Le Fana de l'Aviation, no 212,‎ , p. 21-27.
  • (en) Steven J. Zaloga, Unmanned Aerial Vehicles : Robotic Air Warfare 1917–2007, Bloomsbury Publishing, , 48 p. (ISBN 1-84908-966-3, EAN 978-1-84908-966-1, lire en ligne).

Liens externes[modifier | modifier le code]

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