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Relations entre la Chine et le Japon

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Relations entre la Chine et le Japon
Drapeau du Japon
Drapeau de la République populaire de Chine
Japon et Chine
Japon Chine

Les relations entre la Chine, civilisation plurimillénaire ayant influencé tout l'Extrême-Orient, et l'archipel du Japon, qui a reçu au premier chef cette influence culturelle, ont une histoire marquée par des échanges et des rivalités incessantes.

Ouverture du Japon et influence de la Chine

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Le Royaume de Wei aurait reçu plusieurs messagers du Yamato, le royaume de la reine Himiko (ancien Japon), en 239, 242 et 246 ; les Wei eux-mêmes auraient envoyé un groupe de messagers au Yamato en 240[1]. La période Yamato (250 - 710) est le début d'un véritable État japonais, et des relations entre les deux pays. C'est la période durant laquelle se développent au Japon l'écriture et le bouddhisme venus de Chine par la Corée à partir de 538. La victoire du clan Soga permet au bouddhisme de devenir religion officielle à la cour en 587. Le prince et régent impérial Shôtoku adopte les éléments principaux de la culture sino-coréenne du Yamato en 592, et la première ambassade officielle japonaise est inaugurée à la cour des Sui en 600.

Le Japon envoie des ambassadeurs vers la dynastie Tang à Xi'an à partir de 607[2]. Les années 645 et 646 sont marquées par un sanglant coup d'État, au cours duquel le clan Soga est écarté du pouvoir. La grande réforme de Taika est proclamée pour accélérer la sinisation de l'État du Yamato : des codes inspirés de ceux des Tang régissent alors la vie publique, le droit et le protocole de l'État. À l'instar d'une économie prospère, la culture Tang est une des plus brillantes de son époque, et entretient de nombreuses relations avec d'autres pays. De nombreux étudiants en provenance du Japon viennent en Chine durant cette période où la pensée chinoise s'est fortement ancrée dans ces pays considérés par la suite « de culture confucéenne ».

Les Japonais intègrent et transforment les apports de la civilisation chinoise à l'époque de Nara (710-794) : ils développent un système administratif, une écriture, une religion et des arts spécifiques. Les codes de l'ère Taihō en 701 vont donner naissance au régime des codes qui va régir le Japon jusqu'à la fin de l'époque de Heian (1185). L'influence chinoise chute après la dernière mission impériale en Chine en 838. La dynastie Tang est alors en déclin, et les bouddhistes chinois sévèrement persécutés, minant le respect des Japonais pour les institutions chinoises.

Guerres sino-japonaises et périodes d'isolement du Japon

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Après d'intenses relations commerciales et culturelles sous la dynastie des Tang aux VIIe et VIIIe siècles de l'ère chrétienne, le Japon se replie sur lui-même et ne cherche plus à étendre ses relations avec la Chine.

À deux reprises, en 1274 et 1281, la Chine mongole de Kubilai Khan tente d'envahir l'archipel japonais. Malgré l'écrasante supériorité militaire sino-mongole, ces projets de conquête se soldent par des défaites cuisantes.

Le Japon s'ouvre au XVIe siècle avec l'époque du commerce Nanban. En 1592, pour asseoir son pouvoir par une victoire à l'étranger, l'éphémère shogun Toyotomi Hideyoshi envahit la Corée. Cette dernière demande l'aide de l'Empereur de Chine, Ming Shenzong. Mais l'empereur redoute également Hideyoshi et lui promet la couronne des trois grandes provinces (Do) coréennes s'il les épargne. Hideyoshi est maître sur la terre ferme mais l'amiral coréen Yi Sun-sin a sérieusement mis en danger ses lignes de ravitaillements maritimes. Il ordonne alors à son armée de rentrer au pays. En 1596, il reçoit, par l'intermédiaire de l'ambassadeur, une missive de l'Empereur de Chine qu'il juge insultante. Il réunit à nouveau une armée pour châtier la Chine et reprendre la guerre en Corée, mais la maladie l'emporte le .

Après la mort de Ieyasu, premier shogun de la dynastie Tokugawa (1616), son successeur constate les prémisses d'une conquête militaire par les États européens et cesse toute relation avec l'étranger, excepté certains contacts restreints avec des marchands chinois et hollandais à Nagasaki (précisément sur l'île de Dejima). Cet isolement (sakoku) dura 200 ans, jusqu'à ce que le Commodore Matthew Perry force le Japon à s'ouvrir à l'Occident avec la convention de Kanagawa en 1854.

Relations conflictuelles

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Dans l'Histoire récente, deux guerres ont eu lieu entre ces deux pays : la guerre sino-japonaise de 1894-1895 et celle de 1937-1945. La guerre de 1894-1895 aboutit à la défaite de l'empire de Chine face à l'empire du Japon. La Chine doit céder Taïwan, les îles Pescadores et Senkaku, et la presqu'île du Liaodong (avec Port-Arthur en Mandchourie) au Japon. La Chine abandonne également sa souveraineté sur la Corée qui devient colonie japonaise.

Le début de l'ère Shōwa vit le jeune empereur du Japon et son gouvernement tomber sous la coupe de généraux affairistes et rivaux comme les daimyos de l'Époque Sengoku, n'hésitant pas à recourir à l'assassinat de leurs collègues devenus ministres qui s'opposaient à eux. Contrairement à la guerre dirigée autoritairement par un seul homme en Allemagne, l'expansionnisme militaire japonais ne suit pas un plan préconçu mais est caractérisé par un caractère anarchique et féodal avec des massacres, sans utilité militaire, de populations civiles. Le gouvernement central ne faisant qu'entériner, souvent sous la menace, les initiatives de ses chefs militaires sur le terrain. Au cours des années 1930, plusieurs chefs de guerre japonais, agissant de leur propre initiative et contrairement aux ordres reçus, envahissent des parties du territoire chinois, constituant des préludes au déclenchement officiel de la seconde guerre sino-japonaise, et y étant parfois inclus : l’invasion japonaise de la Mandchourie par le colonel puis général Seishiro Itagaki en 1931, qui aboutit à la création du Mandchoukouo, et la guerre de Shanghai en 1932. Après l'invasion par des armées japonaises, rivalisant entre elles, d'une grande partie du territoire de la république de Chine (1912-1949), la seconde guerre sino-japonaise se termine en même temps que la Seconde Guerre mondiale, après la capitulation du Japon consécutive à l'explosion de deux bombes nucléaires américaines sur son territoire et surtout à l'entrée en guerre de l'URSS. Les puissances alliées exigent que le Japon rende Taïwan à la république de Chine à partir de trois documents juridiquement contraignants : les proclamations de la conférence du Caire de 1943, la conférence de Potsdam et les actes de capitulation du Japon[3].

Après la Seconde Guerre mondiale, les relations entre la Chine et le Japon s'apaisent[4]. Après les horreurs de la guerre, des sentiments pacifistes et antimilitaristes imprègnent une large partie de la société japonaise. La fondation de la république populaire de Chine en 1949, qui fait suite à la victoire du Parti communiste sur le Kuomintang (qui conserve le pouvoir à Taïwan), est bien accueillie par de nombreux Japonais, qui voient dans la naissance de ce nouvel État l’image d’une « Nouvelle Chine » exerçant son autorité sur une nation à l’unisson et disposée à entretenir des relations amicales avec le Japon en dépit du passé. Cette vision est confortée par les réformes agraires mises en place par les communistes chinois, qui entendent moderniser l'économie et élever le niveau de vie des classes ouvrières et paysannes. En outre, les anciens prisonniers de guerre japonais démobilisés apportent souvent un témoignage positif des changements en Chine à leur retour au Japon[5]

Après la création de la République populaire de Chine (RPC) en 1949, malgré la défaite du Japon et l’abolition de sa force militaire, la République populaire de Chine continue de considérer le Japon comme un danger possible en raison de l’implication des forces américaines et japonaises dans la région. La possibilité d’une remilitarisation du Japon est depuis longtemps une source de préoccupation pour la RPC dans les relations sino-japonaises. D’autre part, certains Japonais s’inquiètent de l’influence économique et militaire croissante de la RPC[6].

Le Traité d’amitié, d’alliance et d’assistance mutuelle sino-soviétique stipulait que chaque partie se défendrait en cas d’attaque par « le Japon ou tout autre État allié », et la RPC considérait sans aucun doute avec inquiétude la position du Japon comme la principale base militaire américaine pendant la guerre de Corée. Le Traité de coopération et de sécurité mutuelles entre les États-Unis et le Japon, signé en 1951, entrave encore davantage les relations diplomatiques entre les deux pays. En établissant des relations diplomatiques avec les autorités taïwanaises en 1952, le Japon a exacerbé le fossé entre les deux nations. Le Japon a accepté Taipei comme le seul gouvernement chinois légitime, comme l’ont fait la plupart des nations occidentales à l’époque. Au début, les différences politiques entre les deux pays ne les ont pas empêchés d’élargir leurs liens officieux et, au milieu des années 1950, ils ont échangé un nombre croissant de délégations culturelles, syndicales et commerciales[7].

Les tensions entre Chine et Japon reprennent avec la guerre froide, ainsi que par le fait que le Japon reconnaisse la république de Chine (Taïwan) et pas la république populaire de Chine (Chine continentale). En 1950, la Chine et l'URSS signent un traité d'Amitié, d'Alliance et d'Assistance mutuelle, considéré par le gouvernement japonais de l'époque comme une alliance militaire dirigée contre le Japon[8], traité auquel répond en 1951 le traité de sécurité entre les États-Unis et le Japon, qui sera renégocié et signé en 1960 sous la forme du traité de coopération mutuelle et de sécurité entre les États-Unis et le Japon. Avant la fin de l'occupation du Japon par les États-Unis (1945-1952), Taïwan est reconnu indépendant par le Traité de San Francisco (1951), qui ne donne pas la possibilité à la république populaire de Chine ni à la république de Chine d'avoir voix au chapitre puisqu'ils n'y sont pas invités par les États-Unis. En 1952, le Japon et la république de Chine (Taïwan) signent un accord de paix : le traité de Taipei.

La République populaire de Chine a commencé une politique de contrôle du Japon par le commerce, la « diplomatie populaire «, les contacts avec les partis politiques d’opposition japonais et la pression sur Tokyo pour qu’il rompe ses relations avec Taipei. Cependant, en 1958, la RPC a cessé ses échanges avec le Japon, croyant ostensiblement que les concessions commerciales n’avaient pas permis d’atteindre des objectifs politiques. Par la suite, la RPC a exigé du gouvernement japonais qu’il ne lui soit pas hostile, qu’il ne bloque aucune tentative de rétablir des relations normales entre les deux pays et qu’il ne se lance dans aucun complot visant à établir deux Chines dans le cadre d’un plan d’amélioration des relations politiques[9].

Malgré l'existence de ces tensions politiques, le développement des échanges commerciaux et culturels augmente entre les deux pays à partir des années 1950[8]. En 1958 eut lieu cependant l'incident de Nagasaki : lors d'un rassemblement philatélique organisé sous les auspices de l'organisation d'amitié sino-japonaise, un Japonais appartenant à un groupe d'extrême droite abaissa le drapeau de la république populaire de Chine ; un mois auparavant, le premier ministre Nobusuke Kishi avait déclaré que si un tel évènement se produisait il ne pourrait pas être possible d'appliquer le Code Criminel relatif aux dommages envers les drapeaux étrangers, puisque le Japon ne reconnaissait pas le gouvernement sur le continent. « Tout au plus cela serait une question de dommage à la propriété privée individuelle, ou quelque chose comme ça »[8]. Le gouvernement chinois pense alors que l'incident de Nagasaki avait été provoqué par la politique de violente hostilité envers la Chine du gouvernement de Kishi. Il en résulte un arrêt complet des échanges commerciaux entre les deux pays pendant quatre ans[8],[10].

Pendant les années 1960, la Chine prend ses distances avec l'URSS ; en conséquence la Chine et le Japon augmentent leurs échanges commerciaux, notamment avec l'achat par la Chine d'installations industrielles, financé par des crédits à moyen terme auprès de la Japan Export-Import Bank. Néanmoins, à la suite de protestations de la république de Chine (Taïwan), ces achats industriels sont interrompus. En conséquence le gouvernement chinois (continent) réagit en réduisant ses importations du Japon, et en intensifiant ses attaques contre le Japon en le traitant de « laquais » (en chinois : 走狗, « chien qui accourt ») des États-Unis, le traité liant les États-Unis et le Japon ayant été renégocié en 1960.

Les relations entre la Chine et le Japon connaissent également un déclin supplémentaire pendant la Révolution culturelle. Le rétablissement officiel des relations diplomatiques intervient en 1972[4]. En 1978 est même signé le traité de paix et d'amitié entre le Japon et la république populaire de Chine. Les difficultés rencontrées par les réformes de Deng Xiaoping renforcent cependant les tensions : pour éviter que l'ouverture économique n'entraîne une réforme politique, le régime chinois se replie idéologiquement et met en avant des thématiques nationalistes dans lesquelles le Japon prend une nouvelle importance, notamment sur des questions historiques[4]. Depuis la fin des années 1990, ces thématiques réapparaissent dans certains courants du Parti Communiste Chinois et dans la population chinoise.

Dans les années 1960, l’Union soviétique a brutalement expulsé les experts soviétiques de la RPC, mettant la RPC dans une situation financière précaire. La RPC avait peu d’options, l’une d’elles consistait à établir des relations plus formelles avec le Japon. Tatsunosuke Takasaki, membre du Parti libéral démocrate (LDP) et de la Diète, ainsi que le directeur de l’Agence japonaise de planification économique, se sont rendus en République populaire de Chine pour signer l’accord Liao-Takasaki, qui améliorera les relations commerciales entre les deux pays. Les achats chinois d’installations industrielles devaient être financés en partie par des prêts à moyen terme de la Japan Export-Import Bank (JEXIM). L’accord a également permis à la RPC d’ouvrir une mission commerciale à Tokyo et, en 1963, il a permis au gouvernement japonais d’approuver l’exportation vers la Chine continentale d’une usine de fabrication de textiles synthétiques d’une valeur d’environ 20 millions de dollars, la banque garantissant la transaction. À la suite des protestations du ROC, le Japon a cessé d’exporter des usines à paiement différé. La RPC a réagi en baissant ses échanges commerciaux avec le Japon et en intensifiant ses attaques de propagande contre le Japon en tant que « chiot qui court » des États-Unis[11].

Situation actuelle

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Le Japon, solide allié des États-Unis depuis 1945 alors qu'il était son ultime rival durant la Seconde guerre mondiale, est aujourd'hui confronté à la montée en puissance de la Chine qui est devenue la première puissance économique asiatique et même mondiale devant les États-Unis en termes de PIB à parité de pouvoir d'achat en . Le Japon a signé l'Accord de partenariat transpacifique après que la Chine l'a invité à intégrer l'ACFTA (la zone de libre-échange ASEAN avec la Chine) mise en place en 2010. De plus, les deux pays aspirent à un leadership au sein de la zone Asie. Selon WikiLeaks, le Japon mettrait sur pied depuis 2008 un service de renseignement extérieur rattaché au Naichō, dont la cible prioritaire est la Chine et son allié nord-coréen[12].

Entre 2006 et 2010, les responsables politiques japonais et chinois ont signalé que les relations bilatérales avaient connu un « bris de glace « et une « fonte de la glace «, mais qu’aucune des questions fondamentales liées à l’histoire et aux territoires contestés n’avait été résolue, laissant un « iceberg « virtuel sous la surface[13]. Le Pew Research Center a mené un sondage d’opinion auprès de l’ensemble de la population chinoise au printemps 2008, qui a révélé que 69 % des japonais avaient une perception négative de la Chine. Alors qu’a l’inverse, 38 % des chinois désigne le pays du soleil levant comme un ennemi. De plus, 76 % des chinois pensent que le Japon n’a toujours pas présenté des excuses digne du nom pour ses actions envers le peuple chinois au cours de la seconde guerre sino-japonaise[14].

Jusqu'en 2010, le Japon disposait de la meilleure marine d'Asie, bien que les traités qui ont fait suite à la Seconde guerre mondiale ne lui permettent que de se défendre[15] ; la marine chinoise a depuis dépassé son retard vis-à-vis du Japon sur le plan de la puissance navale. Le Japon possède des navires très modernes et dotés de systèmes Aegis[15]. La Chine a acheté un ancien porte-avions à l'Ukraine[16]. Elle l'a baptisé Shi Lang et lui a fait faire sa première sortie en mer le mercredi . La Chine devrait mettre plusieurs années à acquérir le groupe aéronaval qui lui permettra de rendre ce porte-avions complètement opérationnel[17]. Néanmoins, ce nouveau bâtiment est une marque de prestige avec une portée symbolique importante[18]. En outre, la Chine a démarré la construction d'un porte-avions entièrement chinois[16]. Deux nouveaux porte-avions de 50 000 tonnes sont en cours de construction à Shanghai, et seront lancés entre 2016 et 2020. Les nouveaux porte-avions seront probablement équipés avec les avions de la marine fabriqués en Chine ou les versions navales des chasseurs Sukhoi russes Su-33[19].

Conflits territoriaux

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Les îles Senkaku (尖閣諸島, Senkaku-shotō?), appelées en chinois Diàoyútái Qúndǎo (钓鱼台群岛 / 釣魚台群島) ou simplement Diaoyu par certains médias internationaux, se situent au nord-est de Taïwan et au sud-ouest d'Okinawa Hontō, dans la mer de Chine orientale. Cet archipel inhabité est contrôlé par le Japon depuis 1895 et le traité de Shimonoseki, mais est revendiqué par la république de Chine (Taïwan), ainsi que par la république populaire de Chine. Administrativement, ces îles dépendent de la ville d'Ishigaki sur l'île éponyme, dans la préfecture d'Okinawa, située à 170 km. Géographiquement, pour le Japon, elles font donc partie de l'archipel Sakishima, avec les îles Yaeyama et Miyako (plus au sud), et donc des îles Ryūkyū. Elles sont cependant plus proches de l'îlot de Pengjia appartenant à la république de Chine (Taïwan), situé à 140 km[20].

L'intérêt de ces îles est économique, avec les gisements potentiels d'hydrocarbures situés à proximité, notamment celui de Chunxiao/Shirakaba, ainsi que stratégique pour la marine chinoise[15]. Taïwan comme la Chine n'ont pas fait valoir leurs revendications avant la découverte de ces gisements en 1972 et c'est en cela qu'il y a aujourd'hui polémique. La Chine défend ainsi qu'historiquement, avant 1895[21] et l'occupation des Japonais, ces îles avaient toujours été siennes. Le Japon s'en défend en indiquant qu'après sa défaite à la fin de la Seconde Guerre Mondiale, la Chine et Taïwan ont attendu 1972 et la découverte des gisements pour les réclamer.

L'île Oki-no-tori (沖ノ鳥島, Okinotori-shima?) est un atoll japonais situé à 1 740 km de Tōkyō, au milieu de la mer des Philippines. L'atoll est le point le plus au sud du Japon, et fait officiellement partie de l'archipel d'Ogasawara (sous-préfecture d'Ogasawara). Si Okinotorishima est considéré comme une île par le Japon, la Chine considère qu'il s'agit uniquement de rochers, et que le Japon ne peut pas établir autour d'eux une zone économique exclusive (ZEE) selon l'article 121 de la convention des Nations unies sur le droit de la mer[22],[23]. Cette ZEE couvre environ 400 000 km2, avec de nombreuses ressources halieutiques et très certainement des gisements minéraux (manganèse, cobalt, lithium)[24].

En , le Japon prend également position sur le conflit en mer de Chine méridionale, estimant que la Chine tente de passer en force pour prendre le contrôle de zones disputées, et l'accusant d'y mener d’énormes opérations de remblaiement, transformant des récifs coralliens en ports et en infrastructures diverses, afin de gagner du terrain sur l’eau et d’étendre leur souveraineté au grand dam de leurs voisins[25].

Tensions politiques

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Les relations sino-japonaises se tendent dans les années 2000 par l’attitude du gouvernement japonais vis-à-vis du passé militaire nippon pendant la Seconde guerre mondiale. On peut notamment citer les visites du Premier ministre japonais Junichiro Koizumi au sanctuaire de Yasukuni dédié aux âmes des soldats morts pour l'empereur, dont plusieurs généraux condamnés pour crimes de guerre, ainsi que le révisionnisme des manuels d’histoire japonais, qui aboutit à la guerre des manuels en 2005. La république populaire de Chine n’est ainsi pas favorable à ce que le Japon devienne membre permanent du Conseil de sécurité des Nations unies.

Dans le contexte de l’alliance militaire nippo-américaine, la déclaration conjointe américano-japonaise de février 2005, dans laquelle les deux gouvernements ont exprimé leur « intérêt stratégique pour une résolution pacifique de la question de Taïwan », entraîne d’importants mouvements antijaponais en Chine en mars et avril 2005. Toutefois, le remplacement au poste de Premier ministre du Japon de Junichiro Koizumi par Shinzo Abe permet l’organisation avec Hu Jintao d’un sommet bilatéral, en , permettant d’aplanir les différends entre les deux États.

À partir de 2004, une série d'incidents autour des îles Senkaku ravivent le conflit territorial autour de cet archipel et provoquent des tensions diplomatiques et nationalistes entre les deux pays ainsi qu'une relance de leur course aux armements[26],[27]. En 2008, Japon et Chine s'accordent sur l'exploitation commune de possibles champs de gaz et de pétrole dans la zone Chunxiao/Shirakaba à la limite de leurs ZEE respectives, sans la mettre en pratique[15]. Selon une enquête du Yomiuri Shinbun et de Xinhua en 2009, 50 % des Chinois estimeraient que les relations bilatérales sont bonnes, et 43 % mauvaises, contre respectivement 45 et 47 % des Japonais[28].

En , après l'arrestation du capitaine d'un bateau de pêche chinois ayant éperonné un bateau de garde-côtes japonais à proximité, les relations entre les deux pays s'enveniment, et l'on assiste de nouveaux à des manifestations antijaponaises en Chine[27]. À la suite de la libération du capitaine et à une rencontre entre les deux Premiers Ministres Wen Jiabao et Naoto Kan, les tensions s'apaisent en octobre, et les ministres de la Défense japonais et chinois conviennent de mettre en place un système de liaison afin d'éviter toute nouvelle crise diplomatique[29]. Néanmoins le , de nouvelles manifestations ont lieu en Chine (Chengdu, Zhengzhou, Xi'an) et au Japon (Tokyo), impliquant respectivement plusieurs milliers et un millier de participants[30]. Une enquête gouvernementale menée en octobre révèle que seuls 20 % des Japonais déclarent aimer la Chine, et 77,8 % non, un niveau jamais atteint depuis 1978[31]. En , les résultats de l'enquête Yomiuri Shinbun/Xinhua se sont nettement détériorés : 81 % des Chinois estimeraient que les relations bilatérales sont mauvaises contre 90 % des Japonais, 79 % des Chinois pensant que le Japon n'est pas digne de confiance, contre 87 % des Japonais pour la Chine[28].

Depuis 2009, les dirigeants du parti communiste chinois semblent avoir adopté une attitude plus dure sur la scène internationale, probablement dans l'objectif de la succession politique de 2012 (choix du 18e Comité permanent du bureau politique du Parti communiste chinois)[32]. Alors que le Japon montre une volonté d'affirmation de ses intérêts dans la région face à la Chine, de plus en plus souvent dénoncée comme menaçante[32]. Ainsi, en conséquence de l’augmentation de l’activité navale de la Chine près de ses eaux territoriales, le ministère japonais de la défense décide en d’augmenter le nombre de ses sous-marins de 16 à 22 entre 2011 et 2015, un record pour le pays, tout en diminuant les forces présentes sur Hokkaido, face à la Russie[33],[34]. En , la Chine porte plainte contre le ministère japonais de l'éducation à cause de manuels scolaires présentant les îles Senkaku comme japonaises[35].

Fin , un diplomate de l'ambassade de Chine à Tokyo soupçonné d'espionnage et autres activités illégales quitte le Japon[36]. Premier secrétaire de l'ambassade et ancien membre des services secrets chinois, il avait auparavant refusé de répondre à la police venue l'interroger[37].

En 2015, le gouvernement japonais s'est opposé à l’inscription du massacre de Nankin au registre de la mémoire du monde de l’Unesco, faite selon lui « sur la base de déclarations unilatérales de la Chine ». Des organisations nationalistes japonaises contestent l'existence du massacre ; l'ancienne ministre de la Défense et députée Tomomi Inada tient des propos négationnistes et estime nécessaire de « rétablir l’honneur du Japon face aux injures infondées de la Chine ». Le Premier ministre Shinzo Abe avait pris la tête en 1997 d'un groupe de députés qui entendaient faire « supprimer des manuels scolaires les descriptions sur le massacre ». De nos jours, les manuels scolaires citent encore le massacre de Nankin, mais brièvement, et sans évoquer le nombre des victimes[38].

En aout 2022, après une déclaration des chefs de la diplomatie du G7 appelant à la résolution pacifique du différend entre la Chine et Taïwan, la Chine annule une rencontre prévue entre son ministre des Affaires étrangères et son homologue japonais, et tire des missiles balistiques qui atterrissent dans la zone économique exclusive (ZEE) du Japon, lors d'exercices militaires autour de Taïwan. Cette période de tension fait suite à la visite à Taïwan de la présidente de la Chambre des représentants des États-Unis, Nancy Pelosi[39].

Partenaires économiques

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À la suite de la signature du Traité de paix et d’amitié avec la Chine en 1978, le Japon débute un programme d’aide publique au développement envers la Chine en 1979, qui ne cessera qu'en 2018. Dans les années 1980, cette aide se concentre sur le développement des grandes infrastructures, et dans les années 1990, sur les systèmes d’approvisionnement en eau et en gaz, et sur les mesures de réduction de la pauvreté. Dans les années 2000, des efforts plus importants sont versés dans les aspects « soft » du développement, comme la protection de l’environnement et la formation des ressources humaines. En 2010, le PIB de la Chine dépasse celui du Japon et le pays devient la seconde puissance économique mondiale, une opposition à donner une aide publique à la Chine grandit alors au Japon et conduit à une baisse rapide du montant fourni. Le programme s’est principalement concentré ces dernières années sur les questions ayant un effet direct sur le Japon, comme la pollution atmosphérique, le contrôle des maladies contagieuses et la sécurité alimentaire, et a le plus souvent été accordée sous forme de coopération technique[40].

Le développement au Japon dans les années 1970 de l'automobile et du matériel de transport, de la construction navale, de l'électronique et de l'optique permet des transferts technologiques et industriels vers la Chine au début du XXIe siècle, s’appuyant sur une division internationale du travail verticale très hiérarchisée : le Japon exporte des produits manufacturés à fort contenu technologique, tandis que la Chine se concentre sur les produits à faible coût de main d’œuvre. Or, la poursuite du processus de développement en Chine fait qu'elle commence à rattraper le niveau de technicité du Japon, entraînant un changement de modèle économique, dit « des sauts de grenouilles », avec une division internationale du travail plus horizontale et une interdépendance économique accrue entre les pays asiatiques (le Japon exportant des biens d’équipement et des produits intermédiaires, la Chine des produits finis)[41].

La Chine est depuis 2002 le premier fournisseur du Japon (22 % des importations en 2009, 19 % en 2008), devant les États-Unis (11 %) et l’Australie (6 %), et depuis 2009 son premier client avec 19 % des exportations japonaises, devant les États-Unis (16 %) et l’Union européenne (12 %)[42].

En 2009, le Japon est également le premier fournisseur de la Chine avec 12 % de ses importations devant Hong Kong (10 %) et la Corée du Sud (9 %), et le troisième client avec 8 % de ses exportations derrière les États-Unis (20 %) et Hong Kong (12 %)[43].

Les industries de pointes nippones dépendent de l'approvisionnement chinois en terres rares, qui couvre en 2010 95 % de l'offre mondiale de terres rares[44]. Ces composés métalliques entrent dans la fabrication des éoliennes, des écrans plasma et des téléphones portables, « cœur de la croissance nippone »[45]. Pour se placer en position de force, Pékin a annoncé en qu'elle souhaitait diminuer de 72 % l'exportation de terres rares vers le Japon. Celui-ci cherche à se libérer de sa dépendance en cherchant de nouveaux fournisseurs au Viêt Nam, au Kazakhstan, au Brésil, au Canada et en Mongolie[45],[46]. Il cherche également à produire de nouveaux matériaux à base de métaux moins rares ainsi qu'à perfectionner le recyclage des produits électroniques[47].

En , les deux pays concluent des accords bilatéraux destinés à faciliter et renforcer le commerce et les investissements, à la suite d'une réunion entre les premiers ministres Yoshihiko Noda et Wen Jiabao[48],[49]. Depuis le , le Japon et la Chine échangent directement leur monnaie sans passer par le dollar[48].

Le Premier ministre du Japon, Shinzō Abe, a réalisé une visite en Chine, du 25 au afin de « confirmer un renforcement de la coopération économique bilatérale, tout en mettant de côté les questions [...] touchant à la géopolitique »[50].

Le gouvernement japonais dévoile en 2020 un programme de deux milliards de dollars visant à aider les multinationales japonaises à quitter la Chine[51].

Références

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  1. Masumi Shibata, Le Kojiki : chronique des choses anciennes, Maisonneuve & Larose 1997 (ISBN 9782706812750)
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  3. Gary Diplomat, « No, Taiwan’s Status Is Not Uncertain » (consulté le )
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  5. « Le communisme chinois vu depuis le Japon : de l’empathie à l’antipathie », sur nippon.com,
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Articles connexes

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Bibliographie

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