Prosper Giquel

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Prosper Giquel.

Prosper Marie Giquel (1835–1886), parfois écrit Gicquel, était un officier naval français[1] qui a joué un rôle important dans la modernisation de la Chine du XIXe siècle, voyant toutefois à la fin de sa vie une grande partie de ses efforts détruits par la guerre franco-chinoise. Il utilisait le nom chinois de 日意格.

Carrière[modifier | modifier le code]

Prosper Giquel arrive en Chine en 1857 avec les forces militaires de la seconde guerre de l'opium. Détaché dans un service à terre à Canton, il profite de l'opportunité pour se lancer dans l'étude du chinois[2]. Au bout de 18 mois, il parvient à une maîtrise suffisante pour tenir une conversation, et pouvoir dicter une communication à un lettré chinois. Fin 1861 les opportunités que cela lui a ouvert lui permettent d'être retenu par Robert Hart pour rejoindre le service des douanes maritimes impériales chinoises que celui-ci dirige[3], en tant que directeur du bureau de Ningpo. Il y reste jusqu'à la capture de la ville par les forces de la rébellion Taiping en décembre 1861.

Révolte des Taiping[modifier | modifier le code]

Après avoir passé le printemps suivant au service de la campagne coordonnée franco-anglaise pour chasser les rebelles hors de Shanghai, Giquel revient à Ningpo fin 1862 afin d'organiser, en réponse à la force anglo-chinoise de l'Armée toujours victorieuse (常勝軍), une force franco-chinoise qui deviendra l'Armée toujours triomphante (常捷軍). La force comptait entre 2 000 et 3 000 hommes. Le 15 mars 1863, la force, commandé par l'enseigne Paul d'Aiguebelle (德克碑) reprit la cité de Shao-hsing aux rebelles Taiping. Prosper Giquel prit les commandes de la force franco-chinoise quand Paul d'Aiguebelle retourna en France, mais la force fut bientôt dissoute en octobre 1864, en accord avec Zuo Zongtang[4].

L'arsenal de Fuzhou[modifier | modifier le code]

Prosper Giquel supervisa la construction de l'Arsenal de Fuzhou à Mawei.

En 1866 Giquel commença à être impliqué dans l'organisation et la planification du projet de l'Arsenal de Fuzhou imaginé par Zuo Zongtang. De 1867 à 1874 il servit en tant que directeur européen du projet que Shen Pao-chen dirigeait en tant qu'envoyé impérial. L'objectif de l'arsenal était de créer une flotte chinoise moderne de bateaux de guerre et de transport, et d'éduquer les techniciens chinois aux techniques européennes. Ces efforts contribuèrent au mouvement d'auto-renforcement chinois pour acquérir les connaissances occidentales (de manière similaire l'arsenal de Nankin fut placé sous la responsabilité de l'anglais Halliday Macartney (en))[5]. Une école de français est aussi présente à travers une mission d'instruction au sein de laquelle Giquel formera le jeune Tcheng Ki-tong.

Après la fin de sa période d'administration directe du projet en 1874, Giquel continua à servir l'arsenal en travaillant en tant que consultant, acheteur et codirecteur de la Mission chinoise d'instruction en 1877. L'objectif de la mission était de fournir une instruction technique avancée pour compléter le programme d'instruction de l'arsenal, et de former ainsi les premiers ingénieurs chinois.

Conseiller diplomatique[modifier | modifier le code]

À partir du milieu des années 1870, Giquel devint de plus en plus impliqué dans la diplomatie internationale. Il servit d'abord comme conseiller pendant la « crise de Taiwan » une rupture diplomatique entre le Japon et la Chine en 1874. En 1881 il aida Tseng Chi-tse à résoudre pacifiquement la question de Kouldja entre la Chine et la Russie. Giquel passa ses dernières années, entre 1883 et 1885, à essayer de mettre un terme à la guerre franco-chinoise qui avait éclaté à la suite du conflit d'influence entre la Chine et la France sur l'Indochine. Dans cette période l'évènement le plus dramatique pour Prosper Giquel fut certainement au cours de la bataille de Fuzhou en août 1884 la destruction par la marine française de l'Arsenal de Fuzhou (ainsi que de la mission d'instruction), le principal accomplissement de toute sa carrière en Chine.

Il décède à Cannes le 19 février 1886 alors qu'il s'apprêtait à repartir en Chine à la tête d'une nouvelle mission d'instruction.

Écrits[modifier | modifier le code]

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Notes[modifier | modifier le code]

  1. The Earliest Modern Government Schools in China - Page 203 par Knight Biggerstaff [1]
  2. Prosper Giquel, Comment on devient chinois., Monde chinois n°11 : Information & désinformation sur la Chine de François Guizot à François Jullien.
  3. Robert Hart and China's Early Modernization by Robert Hart, Richard p.219 [2]. Dans le cadre du mouvement d'auto-renforcement, la dynastie Qing sélectionna des étrangers pour diriger les douanes chinoises afin d'éviter la corruption
  4. The Cambridge History of China par John King Fairbank, Denis Crispin Twitchett, p.433 [3]
  5. The Rise of Modern China par Immanuel Chung-yueh Hsü p.282-283
  6. La notice de WorldCat indique que le manuscrit de cet ouvrage, localisé par Leibo lors d'un séjour en France en 1979-1980, n'a jamais été publié en français.

Références[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]