Miroiterie

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Autrefois, une miroiterie désignait soit le commerce des miroirs, soit l'usine où l'on fabriquait les miroirs. Le terme désigne aussi l'atelier, le magasin du miroitier.

Aujourd'hui, le terme de miroiterie désigne l'activité de fabrication, de commerce et de mise en œuvre de tous produits verriers pour bâtiment, verres feuilletés, verres trempés, vitrages isolants, miroirs, mais aussi du verre de protection, par exemple. De plus, le miroitier sera plus fortement sollicité pour la réalisation d'ouvrage dont il a la seule maîtrise, comme la réalisation de planchers et d'escaliers en verre, de façades vitrées techniques et d'ouvrages vitrés pour l'agencement intérieur.

Ainsi, le miroitier est un professionnel spécialiste du verre à destination du bâtiment en général. Son activité se distingue de celui du verrier ou du souffleur de verre qui travaillent le verre de façon artisanale, pour du flaconnage, de la vaisselle ou des objets d'art, par exemple.

Plus anciennement, une miroiterie est le lieu de la fabrication des glaces, les miroirs n'étant qu'une glace de petites dimensions. La miroiterie s'occupe de la transformation des plaques de verre anciennement appelée « verre à glace », en glaces. Celle-ci se faisait par la mise au tain, ou étamage des glaces. Cet art ancien, d'abord pratiqué par les Vénitiens est ensuite acquis par les Français, dans des réalisations remarquables comme la Galerie des Glaces du Château de Versailles.

Début XIXe siècle, le vitrier qui travaille des verres simple se distingue du miroitier qui lui met en œuvre des verres qui ont été traités : miroirs, verres armés, verres feuilletés. Le métier de la « miroiterie » ainsi que le terme lui-même, tend alors à éclipser celui de « vitrerie »[1].

Histoire[modifier | modifier le code]

Les miroirs sont obtenus depuis la première antiquité par polissage d'un métal (alliages divers de cuivre et de zinc, argent, or). Il semble que très tôt on les obtint aussi par juxtaposition d'une feuille de métal à une feuille de verre, comme nous le faisons encore aujourd'hui. Une première industrie s'est développée à Venise et à Monza en Italie qui fournit toute l'Europe. Les verres étaient soufflés et dépassaient rarement 1,40 m. Colbert inaugura cette nouvelle industrie en France, à Tourlaville près de Cherbourg en 1665 (à La Glacerie). La Manufacture royale de glaces de miroirs vise à concurrencer directement l'industrie verrière de la République de Venise[2].

Ce ne fut qu'en 1688 qu'un Français nommé Louis Lucas de Nehou (une autre version renseigne Abraham Thevart) fit la découverte du coulage des glaces qui sonna le glas du verre soufflé. C'est dans le Faubourg Saint-Antoine à Paris que fut établie la première fabrique de glaces coulées qui ne tarda pas (à cause de la cherté du bois, dont il fallait une grande quantité) à se transporter à Saint-Gobain, laissant seulement à Paris le travail du dégrossi, du polissage et de la mise au tain. Les glaces étaient polies mécaniquement[2].

Fabrication fin XVIIIe siècle[modifier | modifier le code]

Articles détaillés : Glace (miroiterie) et Lexique de la miroiterie.

Fabrication au XIXe siècle[modifier | modifier le code]

Au XIXe siècle l'étamage des glaces se faisait de la manière suivante : On prenait une feuille d'étain de la même dimension que la glace pour éviter les lignes de raccordement qui produisent sur la glace étamée des raies très difficiles à faire disparaître. On appliquait cette feuille sur une table de marbre ou de liais bien dressée, encadrée de bois et entourée de rigoles. Mobile, cette table pouvait recevoir diverses inclinaisons. On la rendait d'abord parfaitement horizontale et l'on étendait dessus la feuille d'étain en l'aplanissant avec une patte de lièvre ou avec un rouleau de drap. On l'imbibait ensuite complètement de mercure au moyen d'une petite quantité de ce métal que l'on promenait avec la même patte sur toute la surface. On la recouvrait ensuite d'une couche de mercure de 4 à 5 millimètres d'épaisseur. Cela fait, la glace préalablement bien nettoyée était apportée vers l'extrémité de la table et on la coulait sur la feuille d'étain de manière que le bord de la glace poussait devant lui le mercure en excès et le chassait dans les rigoles creusées autour de la table. Ce déplacement refoulait une grande partie du mercure sans qu'il reste de bulles d'air entre la glace et la lame d'étain ; les impuretés qui pouvaient se trouver à la surface du mercure étaient expulsées. On recouvrait alors la glace d'une pièce de flanelle et on la chargeait de blocs de plâtre distribués uniformément sur sa surface ; puis on inclinait la table pour faciliter l'écoulement du mercure exprimé par la pression. La glace était ensuite laissée ainsi pendant 15 à 20 jours (pour les glaces de dimension moyenne), voire un mois (pour les plus grandes), puis elle était enlevée. L'amalgame qui restait adhérent à la glace était composé d'environ 4 parts d'étain pour 1 part de mercure[2].

La technique de l'étamage inspira la fabrication d'objets d'art en verre, au travers de la technique du verre mercuré[3] qui tire son nom de la solution de mercure utilisée pour « argenter » du verre soufflé.

Fabrication aujourd’hui[modifier | modifier le code]

L'invention du miroir argenté en verre en 1856 est mise au crédit de Justus von Liebig (mais il prendrait les bases du Maître Français François Piveau[réf. nécessaire]). L'amalgame d'étain-mercure étant toxique, il le remplaça par le dépôt d'une fine couche d'argent métallique sur le verre grâce à la réduction chimique du nitrate d'argent[4]. Ce processus d'argenture permit la fabrication en masse des miroirs et rendit leurs prix abordables.

Aujourd'hui, les miroirs sont souvent produits par dépôt sous vide d'aluminium (ou d'argent).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Jean-Charles Vegliante, La traduction-migration : Déplacements et transferts culturels Italie-France XIXe-XXe siècles, L'Harmattan, 2000. Lire en Ligne
  2. a b et c Théodore Chateau, Technologie du bâtiment, ou Étude complète des matériaux de toutes espèces employés dans l'art de bâtir..., B. Bance, 1866 (Lire en ligne)
  3. (en)« Mirrored images: American silvered glass », sur Wheaton Arts (consulté le 3 décembre 2012)
  4. (de) Justus Liebig, « Ueber Versilberung und Vergoldung von Glas », Annalen der Chemie und Pharmacie, vol. 98, no 1,‎ , p. 132–139 (DOI 10.1002/jlac.18560980112)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Morisot J.M., Tableaux détaillés des prix de tous les ouvrages du bâtiment. Vocabulaire des arts et métiers en ce qui concerne les constructions (miroiterie), Carilian, (lire en ligne)

Blog sur la Miroiterie contemporaine, Histoire de la Miroiterie par un artisan miroitier.