Kazakhs

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Kazaks
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Famille kazaque au Xinjiang

Populations significatives par région
Autres
Langues Kazaque
Religions Islam sunnite majoritaire

Le terme « Kazaks » désigne un peuple d'origine turco-mongole résidant au Kazakstan et dans les régions frontalières de Russie, de Mongolie, d'Ouzbékistan et dans l'ouest de la Chine.

La plupart des Kazaks appartiennent à un des trois juzes (juz, environ traduit comme la « horde ») : « Grand juz » (Ulı juz), « Juz moyenne » (Orta juz), et « Petite jüz » (Kişi juz). Chaque juz comprend des tribus et des clans.

En France, « Kazaks » est aussi la désignation officielle de tous les habitants du Kazakstan quelle que soit leur origine[1]. Cette désignation est néanmoins ambigüe et le gentilé « Kazakstanais » lui est parfois préféré[2].

Graphie et origine du nom « Kazak »[modifier | modifier le code]

Graphie[modifier | modifier le code]

En français diverses graphies du nom « Kazak » sont rencontrées :

  • Kazakh (féminin : Kazakhe ; masculin pluriel : Kazakhs ; féminin pluriel : Kazakhes) correspond à une transcription du russe Казах. C'est la graphie la plus souvent rencontrée en français. Certains auteurs ne marquent pas la différence entre le masculin et le féminin de Kazakh (ex : « une ville kazakh »).
  • Kazak (féminin : Kazaque ; masculin pluriel : Kazaks ; féminin pluriel : kazaques) correspond à une transcription du kazak Қазақ. On la trouve moins souvent en français mais elle est assez fréquente en anglais. Cette graphie est plus correcte et plus utilisée au Kazakstan dans les transcriptions en caractères latins (sur les timbres, par exemple).
  • Qazaq (généralement invariable) est la moins usitée des graphies. Le mot "Qazaq" prend son origine de la langue kazque de XXeme siecle, quand les kazaks ont utilisé la graphie latine. C'est pourtant celle qui tente de se rapprocher le plus de la véritable prononciation du nom « Kazak ». En effet, le Қ de Қазақ ne correspond pas exactement au phonème [k] mais plutôt au phonème [q] (que l'on retrouve en arabe dans qurʾān).

Origine[modifier | modifier le code]

Talgat Musabayev, cosmonaute kazakh.

Les Kazaks (peuple turco-mongol d'Asie centrale) ne sauraient être confondus avec les Cosaques (populations d'origine essentiellement slave). Il semble cependant que les deux noms aient une origine commune et viendraient du turc.

Plusieurs théories s'opposent quant à la signification de ce terme :

  • le terme de qazaq, d'origine turque signifierait « libre » ou « fuyard » ; il pourrait donc s'appliquer aussi bien aux Cosaques, populations ayant fui leurs terres d'origine pour s'organiser et vivre librement aux confins de l'empire russe, qu'aux Kazaks, peuple nomade et indépendant ;
  • qazaq désignerait, en turc toujours, une veste de cavalier. Ce mot a donné en français « casaque » et "cossac" en anglais ; les Kazaks étant, à l'origine, des cavaliers, il se peut que ce terme ait été utilisé pour les désigner.

Répartition de la population kazaque[modifier | modifier le code]

Population totale : environ 15 000 000.

Culture kazaque[modifier | modifier le code]

Nomadisme[modifier | modifier le code]

Pasteurs nomades, les Kazaks ont longtemps ignoré les frontières. À deux reprises, ils ont émigré par centaine de milliers en Chine : lors de la Première Guerre mondiale, après avoir été massacrés par les Russes parce qu'ils refusaient d'assurer l'intendance des lignes arrière, puis quand les Soviétiques les ont sédentarisés de force et voulurent collectiviser les cheptels.

Langue[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Kazakh.
panneau trilingue, kazakh, chinois et anglais à Yining

La langue kazaque appartient au groupe des Langues turques. Elle est étroitement apparentée aux autres langues d'Asie centrale : ouzbek, kirghize, ouïghour, turkmène, mais pas au tadjik qui fait partie du groupe iranien des langues indo-européennes.

Les Kazaks ont utilisé l'alphabet turc ottoman[Quand ?], calquant l'alphabet arabe. Au Kazakstan, Russie et Mongolie jusqu'à ce que le pouvoir soviétique impose l'usage de l'alphabet latin, puis l'alphabet cyrillique. Ce dernier alphabet est toujours utilisé au Kazakstan. En Chine, l'alphabet turc ottoman côtoie toujours l'écriture han, à la fois chez les Kazaks et les Ouïghours, également turcophones.

La langue kazaque a subi, dans les ex-républiques soviétiques, l'influence du russe. Une part importante du lexique récent est constitué d'emprunts à cette langue. Il en résulte une certaine différence entre le kazak parlé en ex-URSS et le kazak parlé en Chine occidentale (principalement Préfecture autonome kazak d'Ili) qui n'a pas été exposé aux mêmes influences au cours du XXe siècle, ainsi qu'à l'Ouest de la Mongolie, principalement, dans l'aimag de Bayan-Ölgii, ou ils représentent 88,7 % de la population.

Tous les Kazaks ne maîtrisent pas parfaitement cette langue. Dans le nord du Kazakstan, et surtout dans les villes ainsi qu'à Almaty, l'usage du kazak a longtemps été supplanté par celui du russe et souvent limité au cercle familial. Au lendemain de l'indépendance du pays, le kazak apparaissait comme une langue menacée. Le pouvoir en place a réagi en n'accordant le statut de langue officielle qu'à la seule langue kazaque au détriment du russe. L'enseignement du kazak est désormais obligatoire pour tous les citoyens du pays quelle que soit leur appartenance ethnique. Un grand nombre de néologismes kazaks ont également été créés pour remplacer les emprunts au russe.

Religion[modifier | modifier le code]

Les kazaks sont traditionnellement chamanistes (plus précisément tengristes) et ont été converti à l'islam sunnite de rite hanafite, probablement entre le VIIe et le VIIIe siècle et on estime que 70 % des Kazaks sont musulmans Sunnites. L'influence chamane mongole lors des grandes conquêtes de Gengis Khan a également beaucoup influencé les traditions. Comme dans différents pays turcs, sous l'influence persane, Norouz (appelée Nawriz meyrami Науріз мейрамі localement), fête du Zoroastrisme reste la fête marquant le nouvel an issu du Calendrier zoroastrien. Il y a un groupe minoritaire Chiite très important, mais son pourcentage n'est pas connu. Au Kazakstan, il n'y a pas de tensions entre les Sunnites et les Chiites, mais des tensions ethniques (par exemple, des tensions entre Kazaks et Ouzbeks). Il y a 5 % de Kazaks chrétiens orthodoxes (surtout dans le nord du pays), et protestants. Aussi, notamment du fait de l'histoire récente de l'URSS, il y a un grand nombre d’athées, ou d'incroyants, aussi bien chez les Slaves, que chez les Kazaks ou les autres ethnies d'Asie centrale. Généralement, au Kazakstan, la religion n'a pas une grande importance dans les foyers Kazaks, et la pratique religieuse est rare (tous groupes confondus). On privilégie la vie sociale et familiale. Cependant, l'identité compte beaucoup, et est visible par l'usage d'une langue, selon son appartenance ethnique, dans les foyers. Dans la vie sociale, le Kazak parle souvent deux langues, ou même, en connaît une troisième, ce qui est moins présent dans certaines zones très rurales, ou dans le sud du pays.

Une société clanique[modifier | modifier le code]

Le peuple kazak était à l'origine divisé en trois tribus appelées « Juz ».

Bien que n'ayant aucune valeur officielle, l'appartenance à telle ou telle juz continue aujourd'hui d'avoir une signification pour nombre de Kazaks. Les juz sont elles-mêmes divisées en clans, puis en familles.

À côté de ces trois tribus, d'autres groupes existent dont les Töre, descendant supposés de Gengis Khan, qui forment une sorte d'aristocratie.

Musique[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Musique kazakhe.

La musique kazaque est très influencée par la musique chamaniques mongole et les musiques du monde turc. Elle à ses propres instruments, qu'elle partage parfois avec la Musique kirghize et dont une partie est issue de la musique chamanique (percussions telle que le Asatayak, la guimbarde (shankobyz (Шаңқобыз), technique vocale du khöömei).

Littérature[modifier | modifier le code]

Alimentation[modifier | modifier le code]

Le plat national Kazak est la viande kazaque . Il est composé de nouilles plates larges faites maison, de viande de cheval bouillie et d'un bouillon versé sur le plat. Lépiochka, pain rond d'Asie centrale. Mantis, gros raviolis de viande cuits à la vapeur. L'alimentation kazaque est influencée par la cuisine russe et la cuisine turque. On y trouve des samossas, des chachliks, des salades russes... La viande de cheval y est couramment mangée bouillie ou en saucisson.

Pour les boissons, on trouve la Koumise, lait fermenté de jument et la Choubate, lait fermenté de chamelle. Le thé est également très apprécié (La ceremonie du the).

Le Kazakstan est le pays d'origine de la pomme. (D'où le nom de son ancienne capitale, Almaty signifie "pomme", de son ancien nom Alma-ata, "père des pommes".)[réf. nécessaire]

Histoire du peuple kazak[modifier | modifier le code]

Selon des récits épiques de l'époque chaybanide, les Kazaks seraient issus des tribus turques qui auraient décidé de quitter le khan chaybanide Abu-l-Khayr à la suite d'une écrasante défaite contre les Kalmouks dans les années 1460. Cette confédération tribale aurait alors pris le nom de Kazaks (les fugitifs) tandis que ceux qui choisirent de rester dans la Horde et de soutenir Abu-l-Khayr auraient pris le nom d'Ouzbeks. Les princes Djani Beg et Karay, soutenus par Esen Bugha, khan du Mogholistan, prennent leur tête.

Aux pires heures du stalinisme et de la colonisation russe, les Kazaks étaient devenus minoritaires sur leurs terres.

Personnages importants de l'histoire kazaque[modifier | modifier le code]

Écrivains[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Chokan and Murat Laumulin , The Kazaks : children of the steppes (trad. Simon Hollingworth), Global Oriental, Folkestone, 2009, 150 p. (ISBN 978-1-905246-99-1)
  • Anne-Marie Vuillemenot, La yourte et la mesure du monde : avec les nomades au Kazakstan, Academia-Bruylant, Louvain-la-Neuve, 2009, 281 p. (ISBN 978-2-87209-926-9)

Filmographie[modifier | modifier le code]

  • Laurent Jeanneau et Shi Tanding, Kazak, Kirgiz Xinjiang China, Kink Gong, Dali, 2009, 50 min (DVD)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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